Le moderne

MercureGalant1688PageDeTitreclair300lmPhotographie : Mercure Galant d'avril 1688. Cette revue est celle des modernes de la fin du XVIIe siècle.

Cet article fait suite à La Modernité : les Anciens et les Modernes et à Les méprisants et la réponse inc'oyable.

La modernité se place régulièrement en opposition avec ce qui la précède. Dans l'histoire elle se matérialise souvent en une querelle littéraire entre les tenants de la jeunesse et les anciens. Elle s’affirme aussi dans les habits et les usages. En France la littérature et la mode sont souvent liées. Les jeunes intellectuels aiment à se fondre dans cette modernité qui exprime leur nouveauté, et où s’invente un nouveau langage. Les précieuses du XVIIe siècle sont celles dont l’exemple exprime peut-être le mieux cette connivence entre littérature, mode et nouveauté. Viennent ensuite Charles Perrault (1628 – 1703), Bernard Le Bouyer de Fontenelle (1657-1757) et tous ceux qu'à cette époque on appelle les modernes. Le Mercure galant, dont la première parution date de 1672, est le périodique des modernes de la fin du XVIIe siècle. Les philosophes des Lumières les remplacent avec Denis Diderot (1713 - 1784) etc. Au XIXe le moderne est fashionable. Au XXe il est à l’avant-garde de la mode et des nouvelles technologies. Ce siècle se veut être celui de la modernité ... comme tous les autres. Finalement la définition qualifiant le moderne, bien que et parce qu’en rapport avec la nouveauté, est à peu près la même depuis le XVIIe siècle. Le changement est la seule chose qui ne change pas !

Dans Le Peintre de la Vie Moderne, Charles Baudelaire (1821-1867) occupe un chapitre à ‘La Modernité’ ici dans le domaine de la peinture : « La modernité, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable. Il y a eu une modernité pour chaque peintre ancien ; la plupart des beaux portraits qui nous restent des temps antérieurs sont revêtus des costumes de leur époque. Ils sont parfaitement harmonieux, parce que le costume, la coiffure et même le geste, le regard et le sourire (chaque époque a son port, son regard et son sourire) forment un tout d’une complète vitalité. […] ».

© Article et photographies LM