La chevalerie à la mode : pages, écuyers et menins.

page300lmVous savez que ce blog est particulièrement consacré à l'histoire des modes en France et des individus qui les portent et les renouvellent. Certains des codes utilisés par cette jeunesse mignarde sont empruntés à la chevalerie. A ce sujet j'ai déjà publié un article sur Le gentilhomme et un autre sur Le prince. Voici maintenant présentés brièvement les pages, écuyers et menins.
Photographie 1 : Gravure du début du XIXe siècle représentant une actrice jouant le rôle d'un page : « Madame DESMARES, T … Y. Artiste du Vaudeville. Rôle du Page dans AGNES SOREL. Vaudeville en 3 Actes. Chez Martinet, Rue du Coq ». La feuille fait 18 x 12 cm et le cadre 16,8 x 12 cm.
leschevaliersfrancaistitrerecadre300lmPhotographies 2 & 3 : Page de titre représentant un écuyer provenant  de l'almanach de 1823 intitulé Les Chevaliers Français suivi de Petit Souvenir des Dames. L'intérieur contient des histoires de chevaliers illustrées par six gravures hors texte. Nous sommes là en plein dans la mode romantique 'néo-gothique' que je traite dans l'article intitulé : Les modes gothiques et le style troubadour du XIXe siècle.
L'édition de 1762 du Dictionnaire de l’Académie française donne cette définition de l'écuyer :  « Se disait autrefois d'un Gentilhomme qui suivait & accompagnait un Chevalier, & portait son écu, lui aidait à prendre ses armes & à se désarmer. Un Chevalier était accompagné de son Écuyer. Autrefois les jeunes gens de la plus haute qualité ne portaient leschevaliersfrancaistitredetailnb300lmque le titre d'Écuyer, jusqu'à ce qu'ils eussent été faits Chevaliers avec les cérémonies qui se pratiquaient en pareil cas. Aujourd'hui, Écuyer est le titre que portent les simples Gentilshommes & les Anoblis. Il est défendu de prendre la qualité d'Écuyer, si l'on n'est noble. [...] »
Dans l’ancienne chevalerie, avant d'être un écuyer, on est page à peu près jusqu’à l’âge de quatorze ans. D’après la première édition du Dictionnaire de l’Académie française (1694), le page est un « Jeune Gentilhomme habillé de livrées, & servant auprès d'un Roi, d'un Prince, d'une Princesse, d'un Seigneur, ou d'une Dame. ».
L'édition de 1762 définit le menin comme étant : « un homme de qualité attaché particulièrement à la personne de M. le Dauphin, de M. le Duc de Bourgogne, &c. » Le nom peut être employé au féminin comme au masculin pour une jeune personne noble au service d'un membre d'une famille royale. Il désigne de même des jeunes gens extrêmement élégants et dignes. Ce genre de raffinés de haute naissance existent depuis la haute Antiquité. Les peintures présentant des familles nobles de la Renaissance italienne en offrent des exemples fameux.

© Article et photographies LM