Faire belle jambe

Certaines 1739AndreasNunzerFaireBelleJambe300lmfemmes apprécient de montrer leurs jolies jambes. Cette pratique est récente. Elle date du XXe siècle. Auparavant celles-ci dévoilent à peine leurs souliers, parfois leurs chevilles si elles sont un peu osées. Ce sont les hommes qui mettent en valeur les leurs, jusqu'au XIXe siècle et l'avènement du pantalon qui les cache.

Au Moyen-âge, les personnes de sexe masculin portent des vêtements laissant voir leurs jambes, en particulier à partir du XIIe siècle et surtout du XIVe.

La chausse est à la manière d'un collant qui moule la jambe, depuis les pieds jusqu'au bassin. laparisiennealondresBelleJamberetravaillee300lmAu bas Moyen-âge (XIIe-XVe siècles) elle épouse tous les contours … jusqu'aux fesses. Le sexe est quant à lui enveloppé dans une braguette ressemblant à une sorte de coque, parfois particulièrement proéminente. Le haut-de-chausses est la partie supérieure de la chausse (voir ici des exemples). Il se métamorphose au XVIIe siècle en culotte, et le bas-de-chausses en bas. Le tout est tenu par des jarretières.

La jambe masculine est à ces époques un élément important de l'élégance. Lorsqu'elle est jolie on la met en valeur et la montre volontiers ; surtout qu'elle joue un rôle dans la révérence qui est la principale façon de saluer en France jusqu'à la Révolution ; et la danse qui est une discipline importante d'une bonne éducation.

dameasatoiletterocaillebellejambe300lmAvoir une belle jambe est une marque de beauté masculine.

'Faire la belle jambe' signifie alors mettre en valeur ses jambes dans la façon de les bouger et en particulier de marcher, avoir une démarche avantageuse, ainsi que parader, faire le beau.

On dit de plus : « cela ne me rendra pas la jambe mieux faite » pour « cela ne m'est d'aucun profit » ou « cela me fait bien la jambe » ou «  cela me fait une belle jambe », expression déjà présente au XVIIe siècle dans le sens de ne pas se sentir concerné.

Photographie 1 : Détail d'une gravure du début du XVIIIe siècle.

Photographie 2 : Détail de la gravure intitulée 'La Parisienne à Londres', d'après James Gillray, parue en 1802, et présentant un couple parisien à Londres.

Photographie 3 : Détail d'une gravure de la première moitié du XVIIIe siècle se passant dans l'intimité.

Photographie 4 : « L'un fait belle Jambe et l'autre beau Jabot. » Cette petite caricature est signée de « J. A. Chevalier » (dessinateur et graveur), et est datée de 1771. Le papier  laisse à penser que celle-ci est une reproduction sans doute de la première moitié du XIXe siècle. 

BelleJambe300lm© Article et photographies LM