Convention du Symev

Symev.gifLa Convention du Symev (Syndicat national des maisons de ventes volontaires) du mardi 2 décembre 2014 a été l'occasion de se rendre compte de l'ambiance du marché des ventes publiques aux enchères en France. 

Si le commissaire priseur, dans le cadre d'un opérateur de ventes volontaires (OVV), est susceptible de vendre aussi bien des oeuvres d'art que du matériel industriel ou de l'électroménager ... rappelons que cette profession est accessible aux titulaires d’une licence de droit et d'une licence en histoire de l'art. Bien que principalement marchande, elle nécessite une certaine sensibilité à l'art. On peut regretter que l'aspect 'amour des oeuvres et objets d'art' n'ait pas été évoqué lors de cette convention. Et lorsqu'il était question d'art c'était de contemporain. Il est vrai qu'il fait des sommes folles qui sont le reflet du malaise de notre société et d'un goût prononcé pour la 'spéculation' qui n'a cessé d'augmenter ces dernières années dans le marché de l'art.

Mais d'autres points ont été évoqués, comme l'ouverture des maisons de ventes aux différents protagonistes du marché de l'art et de l'art en général, la complémentarité des acteurs de ce secteur, la nécessité d'innover, d'avoir des démarches pédagogiques, de formation, d'information, de structurer les présentations (par exemple en thématiques), de mettre en scène les objets présentés, de s'ouvrir à internet etc.

La première table ronde était intitulée « La maison de ventes : un nouveau lieu de vies ». Elle présentait ces endroits non seulement comme marchands mais aussi comme des espaces d'expositions, de conférences, d’événements, de convivialité, culturels. Cette mutation est séduisante. Certaines suivent déjà cette direction comme Artcurial depuis près de douze ans ou Fauve Paris depuis une année.  L'hôtel de ventes Drouot-Richelieu devrait lui aussi ouvrir bientôt un espace de restauration et d'échanges. On peut déjà profiter de son quartier rempli d'antiquaires, cafés, restaurants, où se retrouvent marchands et acheteurs ; quartier se métamorphosant lors de certaines manifestations comme pour La semaine du dessin qui a lieu vers mars-avril, La semaine Art d’Asie à Drouot qui se déroulera du 5 au 15 décembre 2014, ou la Grande journée de solidarité à Drouot ! du 6 décembre, etc. Il a été proposé que les maisons de ventes se greffent davantage sur les grands événements culturels, de susciter les curiosités, d'aller vers les nouveaux acheteurs et de s'adapter à eux, notamment par Internet, et de tous les points évoqués dans le paragraphe précédent.

La seconde table ronde « La maison de ventes : méthodes d’hier vs méthodes de demain » a mis en lumière les mutations profondes du marché de l'art, des acheteurs, de leurs attentes, de la dématérialisation des ventes ... Certains comme Rémy Le Fur semblaient un peu dépités par cette évolution vers des salles de ventes avec de plus en plus d'acheteurs 'virtuels'. Pour d'autres c'était le contraire, comme pour les nouveaux acteurs d'Internet, ou bien Jean-Pierre Osenat qui paraissait ravi de ces changements. Drouot va dans le sens d'Internet en proposant de plus en plus de ventes soigneusement cataloguées, avec des enchères en direct que l'on peut aussi simplement regarder comme spectateur sur son écran, des parcours de salles grâce à des photographies dont certaines à 360°, des notices explicatives, des vidéos ... et heureusement encore la possibilité de venir voir, toucher et manipuler les oeuvres directement en venant sur place ... sauf pour les ventes entièrement dématérialisées. D'autres suivent cette voie comme Interenchères etc. 

La troisième table ronde était sur la « gestion des risques » : les garanties des acheteurs et des vendeurs, la sécurité du transport, des transactions et des paiements … Là clairement il y a un certain mécontentement vis-à-vis des législations toujours plus complexes, changeant continuellement et freinant le métier.

D'après le président du Symev, les maisons de ventes volontaires vont de plus en plus se regrouper dans une direction qu'impulse l'Union européenne. Ce n'est pas sûr que cela soit la bonne direction ... dans la mesure où elle ne mènera que vers les multinationales financières 'mangent-tout' actuelles et une industrialisation du marché de l'art qui raréfiera encore plus les acteurs de ce marché. Je crois que les structures devraient être multiples et à échelles variées, principalement humaines, afin de favoriser la diversité (diversité = richesse) et l'émergence de concepts novateurs et pérennes tournés vers l'abondance des ressources.