De l'Amitié, chez Claude Barbin, 1692.
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LA MESURE DE L'EXCELLENCE : LES PETITS MAITRES DE LA MODE
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Ce dictionnaire des petits maîtres de la mode française s’enrichit au fur et à mesure des articles publiés dans ce blog. Il
se divise en deux parties. La première répertorie les petits maîtres : J’y inclus les dames et hommes de qualité, les petit(e)s-maîtres(ses) proprement dits, les intellectuels et les artistes,
les professionnels de la mode, les faux élégants, et quelques autres. La seconde partie concerne l’environnement des petits maîtres : les lieux où on les trouve, leurs postures, les vêtements
qu’ils portent, leur toilette, les danses, la mode, le bon ton, la galanterie, la courtoisie etc. • PREMIERE PARTIE : LES PETITS MAITRES DE LA MODE • AMAZONE • ANCIEN • ANGLOMANE • ARTHUR • BCBG • BARBIER • BAS-BLEU • BEAU • BEAU-FILS • BECARRE • BICHE • BICHEUSE • BON CHIC BON
GENRE • BON TON (PERSONNE DU) • BOLIVAR • BOULE ROUGE • BOULEVARDIER • BOURGEOIS(E) • BRANCHE • CALICOT • CASCADEUSE • CASINETTE • CHIC (FEMME, HOMME) • CHICARD • COCO • COCODETTE • COCOTTE • COIFFEUR • COPURCHIC • COQ • COUSETTE • CREVE • CREVETTE • DADOUDADOUDA • DAIM • DAME DE
QUALITE • DANDY • DECADENT(E) • DECATI • DECAVE • DEMI-MONSIEUR • EFFEMINE • ENDIMANCHE • ESSUYEUSE DE PLATRES • EX-BEAU • EXISTENTIALISTE • FASHIONABLE • FAUCHEUR • FAUVE • FAUX ANGLAIS • FAUX
ELEGANT • FEMME DE LETTRES • FEMME DU QUARTIER • FILLE DE MARBRE • FRELUQUET • GALANT(E) • GANDIN • GANT JAUNE • GARCONNE • GENREUSE • GENREUX • GENTLEMAN • GENTLEMAN DU SPORT • GENTILHOMME • GENTILHOMME DU SPORT • GIGOLETTE • GOMMEUX • GRISETTE • INTELLECTUEL • INVISIBLE • JEUNE-FRANCE • JOURNALISTE DE MODE • KOKSNOFF • LIBERTIN(E) • LIONCEAU • LORETTE • MAQUILLEE • MARCHANDE DE MODE • MARIE-CHANTAL • MASHER • MENIN(E) • MERVEILLEUSE • MIDINETTE • MIGNON(NE) • MIMI-PINSON • MUSARD • MUSARDE
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De l'Amitié, chez Claude Barbin, 1692.
Photographie 1 : Gravure de la fin du XVIIIe siècle
: « Mlle Caroline Wuïet Pensionnaire de la Reine, et Membre décoré de l’Académie des Arcades.
» Composé par Muncian d’après le portrait de Mr. de Romany [sans doute François Antoine Romany - vers 1756 - 1839].
Gravé par Vangelisty (graveur de la fin du XVIIIe siècle et début XIXe). Dimensions : 26,2 x 21,9 cm. Caroline Wuiet baronne d'Auffdiener (I766-I835) est née en France. Romancière et
compositeur elle a écrit par exemple : Esope au bal de l’opéra ou Tout Paris en miniature (1802). L'Académie des arcades ou plutôt des arcadiens, est une société littéraire
fondée à Rome par Christine de Suède en 1690. Chaque membre y prend le nom d'un berger d'Arcadie, comme Mme Duplessy qui est agréée en qualité de pastourelle, sous le vocable de Bérénice, et
reçoit à titre d'apanage la province d'Argolide.
'Avoir de l'esprit' est une notion primordiale de la courtoisie et de la galanterie française. Enfin
surtout avant le XXe siècle. On trouve encore des traces de cela dans l'humour anglais dénué cependant de toute sensualité si ce n'est celle du plaisir qu'il procure. Avant de devenir tel qu'il
est aujourd'hui, c'est à dire la plupart du temps très gras, l'humour français est tout aussi fin bien que différent. Avant le XIXe siècle, en France, avoir de l'esprit est une chose primordiale
pour toute personne de qualité. Il existe un véritable 'esprit français' teinté de galanterie, de plaisir et de finesse présent particulièrement dans les cercles et autres ruelles du XVIIIe et
des siècles précédents, mais aussi ailleurs. Cet 'esprit' s'exprime aussi à travers les académies. Les écrits de Platon qui est à l'origine de la première académie, sont pleins de celui-ci.
Nombreux sont les subtils et plaisants traits d'humour qu'on peut y lire …
Depuis l’Académie de Platon, fondée à Athènes en 387 avant J.-C., de nombreuses autres académies se sont
formées, en particulier à l’époque moderne à partir de la Renaissance.
Photographie 2 : « Vincent Voiture de l'Académie française né à Amiens et mort à Paris dans un
âge fort avancé. Gravé par E. Desrochers [Etienne-Jehandier Desrochers (1668-1741)] à Paris chez Daumont rue St. Martin. En prose ainsi qu'en Poésie D'un Style délicat et fin ; Dans ses
écrits Voiture allie Le tendre et le galant, le Simple et le badin. » Il est intéressant de noter que celui-ci n'a rien publié de son vivant alors que sa notoriété de poète auprès de ses
contemporains est considérable. Il est un fait que l'esprit est une chose bien vivante qui peut très bien se passer de l'écrit ; même si celui-ci permet une transmission partielle à travers les
âges.
Lorsque le cardinal de Richelieu fonde l'Académie française en 1635, c'est en s'inspirant des cercles
des précieuses qui discutent sur les termes de la langue française. Mais les femmes n'y sont pas admises (ce qui est injuste lorsque l'on sait leur travail pour en faire ce qu'elle est
aujourd'hui) ; et ce sont de nombreux habitués de leurs lumières qui sont parmi les premiers représentants de l'Académie française, comme Vincent Voiture (1597-1648), Jean-Louis Guez de
Balzac (1597-1654), Jean Desmarets de Saint-Sorlin (1595-1676), Jean Ogier de Gombauld (1576-1666), Claude Malleville(1597-1647), Antoine Godeau (1605-1672), Philippe Habert (1605-1637), François
Maynard (1582-1646), François de Cauvigny sieur de Colomby (1588-1648), Marc-Antoine Girard sieur de Saint-Amant (1594-1661), Claude Favre de Vaugelas (1585-1650), et sans doute
d'autres.
Gilles Ménage (1613-1692), plus jeune que Vincent Voiture, est aussi un habitué des précieuses. Molière
s'est inspiré de lui pour écrire le personnage de Vadius de sa pièce Les Précieuses ridicules. Malgré ses entrées dans ce monde galant et des écrits comme son Dictionnaire
étymologique ou Origines de la langue française, il n'est jamais élu membre de l'Académie française.
Photographie 3 : « Gilles
Menage Poète et grammairien français de l'académie de Crusca établie à Florence né à Angers l'an 1613 mort à Paris l'an 1692 âgé de 79 ans. E. Desrochers fecit et excudit rue du foin près de la
rue St-. Jacques à Paris. Soit injustice soit envie Menage dans l'académie Ne put jamais être reçu Mais ses ouvrages font connaître Que jamais homme n'a mieux su Ce qu'il faut Savoir pour en
être. »
Pour finir voici un extrait du chapitre intitulé 'De la Mode' des Caractères de Jean de La
Bruyère (1645-1696) élu à l'Académie française en 1693, dans lequel il est question de l'esprit fin de Vincent Voiture et de Jean-François Sarrasin (1614-1654) ami de Gilles Ménage :
« Voiture et Sarrazin étaient nés pour leur siècle, et ils ont paru dans un temps où il semble qu'ils étaient attendus. S'ils s'étaient moins pressés de venir, ils arrivaient trop tard ; et
j'ose douter qu'ils fussent tels aujourd'hui qu'ils ont été alors. Les conversations légères, les cercles, la fine plaisanterie, les lettres enjouées et familières, les petites parties où l'on
était admis seulement avec de l'esprit, tout a disparu. Et qu'on ne dise point qu'ils les feraient revivre : ce que je puis faire en faveur de leur esprit est de convenir que peut-être ils
excelleraient dans un autre genre ; mais les femmes sont, de nos jours, ou dévotes, ou coquettes, ou joueuses ou ambitieuses, quelques-unes même tout cela à la fois : le goût de la faveur, le
jeu, les galants, les directeurs, ont pris la place, et la défendent contre les gens d'esprit. »
Des objets marquant des prochaines ventes aux enchères de Drouot sont régulièrement exposés quelques jours avenue Montaigne. Pour novembre et décembre voir : www.drouot.com. En voici certains.
Photographies 1 et 2 : Huile sur toile de Jean-Baptiste Pater (1695-1736), de 41,5 x 57 cm, intitulée
'Le galant abbé', proposée à la vente par la maison Tajan. Cette peinture représente un abbé surpris par
l'entourage d'une dame prenant un bain alors qu'il est en train d'observer la scène. Jean-Baptiste Pater est un des peintres du style rocaille (voir l'article : Le baroque et le rococo : les styles et les personnes). Ce
mouvement (le terme est approprié) qui naît en France marque les beaux-arts de la
première moitié du XVIIIe siècle (Régence et Louis XV).
Photographie 3 : « Cabinet en bois plaqué d'ébène reposant sur un piètement à trois
tiroirs postérieur. Orné en son centre d'une riche marqueterie de bois fruitier avec un léger ressaut dans la partie centrale, surmonté d'une corniche et d'une galerie à balustres et pots à feu.
Le cabinet s'ouvre sur la face par une série de douze tiroirs décorés de fleurs et de feuillages entourant une porte ornée d'un vase fleuri posé sur une table. La façade est rythmée par quatre
pilastres ornés de rinceaux se terminant par des sculptures en bronze représentant des cariatides émergeant d'une feuille d'acanthe. La perspective derrière la porte est faite de rinceaux sur
fond d'ébène, ornée de deux miroirs sur les côtés, flanqués de piédestaux destinés à recevoir une sculpture. Une seconde perspective est quant-à elle ornée de trois miroirs sur les
côtés.
Le panneau du fond amovible
reprend la disposition de la façade avec douze petits tiroirs, il est orné d'une sculpture d'Hercule et laisse découvrir trois tiroirs secrets. Les côtés sont marquetés d'un grand bouquet de fleurs reposant une table dont les pieds sont ornés de feuilles
d'acanthe et reposant sur des serres. Époque Louis XIV, Attribué à Pierre Gole (1620-1685) H 223, L 170, P 56 cm Ce cabinet datable de la seconde moitié du XVII°siècle rappelle, par la qualité de
son décor végétal, les ouvrages marquetés par les artisans privilégiés du roi Louis XIV travaillant aux Gobelins, tel Pierre Gole. Ce dernier, né en 1620 en Hollande, fait son apprentissage à
Paris et devient en 1651 ébéniste du Roi, à la majorité de Louis XIV. Les meubles qu'il réalisa en marqueterie florale pour le roi et la cour figurent aujourd'hui dans les collections publiques
les plus prestigieuses. Un cabinet très similaire à celui que nous proposons est d'ailleurs illustré dans l'ouvrage de Th. Lusingh Scheurleer sur Pierre Gole, p 137-141, on remarque que le
travail de marqueterie est identique notamment sur les tiroirs latéraux. Un second cabinet très proche est conservé au Musée des Arts Décoratifs à Paris. » Proposé à la vente par
SVV Europ Auction.
Photographie 4 : Portefeuille, d'époque XVIIIe siècle, en maroquin de couleur
« citron du Levant » entièrement brodé de fils d'argent et de couleur, vendu par la maison Marc-Arthur Kohn. Il est sur un bureau plat en acajou et placage d'acajou, d'époque Louis XV, proposé à la vente par la maison Blanchet et Associés.
Photographie : La Vie Heureuse,
novembre 1903, numéro 11, Hachette & Cie, Paris au 79 boulevard Saint-Germain. Dimensions : 36,2x25,7 cm
La mode hippie est née aux États-Unis dans les années 1960. Cependant cette page de couverture de la revue La Vie Heureuse date de 1903, et semble montrer que quelques prémisses existent déjà avant … même en France. Pourtant à cette époque les corsets sont de rigueur. Ce n'est qu'en 1906 que Paul Poiret (1879-1944) remet au goût du jour les robes des merveilleuses à la taille haute et annonce l'abandon du corset. Comme quoi rien n'est figé … surtout pas dans la mode.
Une spéciale dédicace à toute la jeunesse. Pour qu'ils aient un monde de paix, d'amour et de liberté : notamment sans nucléaire et sans dictatures.
Photographies 1 et 2 : Vignette gravée provenant sans doute d'un
livre d'époque du XVIe siècle représentant deux gentilshommes entourés de leur armée. Leurs habits sont caractéristiques de cette époque. Celui ayant une moustache porte : un chapeau
volumineux avec des plumes, un collet, un pourpoint avec des manches volumineuses, des hauts-de-chausses à crevés (mode vestimentaire où sont cousues des 'déchirures' laissant voir un tissu
intérieur), des chausses etc.
En France, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, la noblesse et ses gentils, sont parmi les garants de
l'élégance et du bon ton. Un gentilhomme est un noble de naissance au sens antique du terme.
On lit dans Le Grand vocabulaire français de 1769 que les gentils aux temps des romains sont des gens de
guerre composant « des compagnies de soldats prétoriens, ou destinés à la garde du prétoire ou palais de l’Empereur ». Ils reçoivent des terres à titre de bénéfices. La monarchie française imite les romains. Les gentils ou
gentilshommes défendent le royaume et le roi qui leur donne en contrepartie des terres. Cette noblesse a de nombreuses codifications, ne serait-ce que dans ses blasons. Au XIXe siècle, après la
Révolution, elle revient à la mode. Les soirées dans les châteaux sont retranscrites dans certains journaux, notamment de mode, et on y parle du Grand Monde (ce sera le sujet d'un autre
article).
Photographies 3 et 4 : Estampe de Cham (1818-1879) intitulée : « Nos gentils hommes » avec pour légende : « Au
diable les préjugés » : « - Tu
sais mon vieux Crésus de tailleur ? J'ai épousé sa fille .. j'étais décavé, me voilà refait ! … - Je vois que tu as bien su prendre tes mesures ! » Un décavé est une personne
s’étant ruinée au jeu ou s’étant faite 'plumer' par une femme de mauvaise compagnie (voir article : Les faux
élégants). Cette planche fait partie d'une série de vingt lithographies de Cham (1818-1879) publiées en 1846 (Paris, Aubert) intitulée : Nos gentils hommes : goût, tournure,
élégance, moeurs et plaisirs de la jeunesse dorée. Les gentilshommes qui y sont dépeints sont chevelus avec de longues moustaches et d'impressionnants favoris, des habits à carreaux et
rayures, des cols hauts, des cravates ressemblant à d'immenses noeuds papillon, des pantalons serrés à pattes d'éléphant et des chaussures garnies d'un noeud sur le devant.
Photographies : Dais du trône de Charles VII (1403-1461). Tapisserie du deuxième quart du XVe siècle, de laine et
soie, de 292 x 285 cm, acquise récemment par le musée du Louvre. © Alain Speltdoorn. Il s'agit d'un travail très fin comme le montre le détail des drapés et d'une aile. Les couleurs sont
particulièrement bien conservées. Du reste beaucoup de tapisseries médiévales sont d'une qualité polychrome exceptionnelle. Les tapisseries de la Dame à la licorne du XVe siècle en sont
une preuve : seules les restaurations du XIXe ont des couleurs passées par le temps alors que celles originelles sont d'une fraîcheur remarquable (comme on le voit très bien
ici la partie inférieure
étant une restauration du XIXe).
Voici un extrait du communiqué de presse concernant
l'acquisition du dais du trône Charles VII par le musée du Louvre :
« Ce dais, inconnu jusqu’en 2008, semble être l’unique vestige médiéval d’une
tapisserie surmontant un trône royal.
Unique par son iconographie et sa destination primitive, exceptionnelle par son intérêt
historique, cette tapisserie, classée trésor national, est un des chefs-d’œuvre de la tapisserie française. Elle rejoint au Louvre le portrait de Charles VII par Fouquet, dans l’ancienne
résidence des rois de France, au cœur de ce Paris que Charles VII reconquit en 1437. Réalisé probablement par Jacob de Littemont, le Maître de la verrière de l’Annonciation, pour Charles VII, le
dais présente, sur un fond rouge vermeil orné d’un grand soleil d’or et d’une multitude de petits soleils, deux grands anges en vol, vêtus d’une tunique bleue semée de fleurs de lys, et tenant
une couronne gemmée sommée de l’emblème royal. Ainsi, lorsque le roi était assis sur son trône, apparaissaient derrière lui deux anges qui descendaient du ciel pour le couronner, affirmant
l’essence divine de sa royauté. La tapisserie illustre ainsi la légitimité royale de Charles VII, le « petit roi de Bourges », sacré à Reims sur les injonctions de Jeanne d’Arc en
1429.
L'acquisition de ce « trésor national » a été rendue possible grâce à la Société des Amis
du Louvre ... »
Le Louvre possède d'autres exemples de tapisseries du XVe siècle comme
L'Offrande du coeur. L'offrande du coeur est une symbolique courtoise de la fin amor
médiévale.
Le musée des Arts décoratifs de Paris a aussi de très belles oeuvres telle la tapisserie
représentant Charles d'Orléans et Marie de Clèves. Charles d'Orléans (1394-1465), père de Louis XII de France (1462-1515), est un poète très
intéressant car sa poésie fait le lien entre l'ancien français et le français actuel. Elle est plus lisible, bien qu'encore difficile, pour ceux qui n'ont pas de notions d'ancien français, que
celle des poètes de la fin'amor des XIIe au XIVe siècles. On peut la lire sur www.gutenberg.org ; mais il existe des éditions contemporaines proposant des traductions des mots ardus
permettant une parfaite lecture.
Le musée national du Moyen-âge de Paris (Hôtel de Cluny), possède aussi de très nombreuses
tapisseries avec par exemple ces thèmes qui restent chers aux beaux-arts français par la suite comme : Scènes
galantes ; La Promenade ;
Le Bain.
Enfin des musées du monde entier conservent des teintures médiévales du XVe
siècle.
Wikipédia offre une claire définition du « bas bleu » et du Bas-bleuisme : « L'expression bas-bleu
apparaît au XIXe siècle pour désigner une femme de lettres. Le terme a rapidement pris une connotation péjorative, comme celui de femmes savantes chez Molière. - Histoire - Le mot est traduit de
l'anglais blue stocking et désignait au départ les habitués d'un salon littéraire présidé par une femme, Elizabeth Montagu (1720-1800), qui réunissait chez elle, une fois par semaine, des amies
qui partageaient ses goûts littéraires. Les hommes étaient admis à leurs réunions, et parmi eux, paraît-il, un certain Benjamin Stillingfleet, qui se présenta un jour en bas bleus après que son
hôtesse lui eut assuré que son salon était ouvert aux gens d'esprit, et non aux élégants. Le petit club s'appela par plaisanterie « le cercle des bas bleus », sans connotation vraiment péjorative
puisque le poème d'Hannah More, Bas-bleu, est un hommage à ces hôtesses cultivées du XVIIIe siècle, Madame Vesey ou Elizabeth Montagu. Cependant l'habitude prise dans ces salons de s'ouvrir au
mérite sans distinction d'origine sociale souleva des critiques et vers la fin du XVIIIe siècle cette mixité sociale évoqua une liberté de ton fâcheusement proche des idées nouvelles venues du
continent, idées qui avaient en Angleterre des sympathisants comme les premiers romantiques, William Wordsworth, Robert Southey, ou des philosophes comme Thomas Paine. En France le terme connut
le même sort que celui de précieuse au XVIIe siècle pour devenir une critique. Il fut adopté par les conservateurs et les réactionnaires pour stigmatiser des femmes comme Sophie Gay, George Sand,
Delphine de Girardin, et en général toutes les femmes qui affichaient des prétentions littéraires ou intellectuelles ... »
Photographie : LES BAS BLEUS. Lithographie d'Honoré Daumier (1808-1879) du journal Le
Charivari (publié 1832 à 1837) de 36 cm x 24 cm : « Les bas bleus - 1255 - Ah! ma chère, quelle singulière éducation vous donnez à votre fille?. mais à douze ans, moi, j'avais déjà
écrit un roman en deux volumes... et même une fois terminé, ma mère m'avait défendu de le lire, tellement elle le trouvait avancé pour mon âge. »
« Moi, je devins une mondaine,
une femme futile, coquette, aimant le plaisir, la vie extérieure, ce qu'alors on appelait une "cocodette" » écrit Irène de Chauffailles de Gengoux marquise de Taisey-Chatenoy dans A la Cour
de Napoléon III (Paris, 1891). Elle emploie même l'expression de femme « dans le mouvement ».
La cocodette est la compagne du cocodès. Leur période de prédilection est vers 1860, sous le second
Empire (règne de Napoléon III de 1852 à 1870). Tous deux sont jeunes, élégants et mondains, avec les 'tics' des petits maîtres d'alors. Si leur quête de raffinement et de liberté n'atteint pas
ceux des grandes dames et des grands hommes d'alors et suscitent souvent les moqueries, notamment dans la littérature, ils n'en restent pas moins de véritables élégants dont les « allures
grêles et mourantes » (voir article sur les Gommeux)
en disent long sur parfois 'la lourdeur des choses' … peu supportable pour des esprits tournés vers la légèreté et la joie. Dans Ohé ! La Grande Vie !!!, Gyp met en
scène une cocodette et un cocodès d'une manière croustillante (voir article Longchamp(s)). Ce sont les
derniers courtisans de la dernière Cour Française : celle de Napoléon III ; les derniers représentants d'un temps : « LE COCODES. – Pratique ! voilà bien les femmes d’aujourd’hui
!... mais il ne faut pas qu’une femme soit "pratique" ! c’est sa perte !... c’est sa fin !... c’est affreux, une femme pratique !... affreux !... » (Gyp, Ohé ! La Grande
Vie !!!). Évidemment il y a une certaine suffisance chez ces personnages, comme c'est le cas généralement chez les élégants à qui on donne des noms dérivés du 'coq' que l'on aime
cependant beaucoup en France ; ce dont il est question dans l'article intitulé Coquetterie. Déjà au Moyen-âge « faire le coc en pelu » signifie « faire le suffisant, l'avantageux, le plaisant ». Voir aussi l'article La cocotte.
Photographie 1 : « La cocodette, par Pépin, Étude phrénologique d'après le système de
Gall. » Illustration de la première page du journal satyrique L'Éclipse du 22 novembre 1868 représentant la tête d'une cocodette de profil. La phrénologie est le nom donné à une
théorie du neurologue allemand Franz Joseph Gall (1757-1828) sur la localisation des fonctions cérébrales dans le cerveau. Des humoristes l'ont détournée pour montrer ce que peuvent avoir dans la
tête certaines personnes à la mode. Ici le cerveau de la cocodette contient diverses parties dédiées à : la poésie, l'ingratitude, la folie, les plaisirs, la paresse, la moralité, la malice,
l'envie, la pudeur, la friandise, la méchanceté, la colère, la finesse, la jalousie, la douceur, l'astuce, le jeu, l'amour, la friponnerie, l'amour de la forme, l'impuissance, l'orgueil, la
danse, la luxure, la religion, l'attachement. On distingue dans ses cheveux deux pièces dont un rouble (de riches étrangers aiment alors venir se divertir à Paris) et une autre de 20 francs de
1868 en guise de boucle d'oreille. Des feuilles de vigne, symbole dionysiaque et de la jouissance l'ornent.
Photographie 2 : Détail de la double page centrale du journal La
Caricature du « 10 Décembre 1881 » (n° 102) intitulée « La Genèse du gommeux » avec une représentation d'un cocodès.
Je suis content de pouvoir faire un article sur la mode contemporaine, sur la coiffure et un de ses fiers
représentants : Raffel Pages (www.raffelpages.com). Son
travail est intéressant car il lie la tradition (ou plutôt l'histoire de la coiffure) à la modernité, et fait vivre ce plaisir de la mode avec finesse.
D'une famille dans le métier depuis trois générations, il a fondé, à partir de
la création d'un premier salon à Barcelone, un groupe constitué aujourd'hui de 115 salons en Espagne, en France (Paris) et en Italie (Ferrara) et de quatre académies de formation. Il a récemment
conçu un Musée de la coiffure (www.museehistoiredelacoiffureraffelpages.fr) à partir de sa seule
collection d'objets d'art anciens sur ce sujet. Créateur, entrepreneur et collectionneur : qui peut mieux parler de ce métier que lui ?
Photographie 1 : Dédicace de Raffel Pages de son livre/catalogue du musée de la coiffure lui appartenant.
Photographie 2 : Barbière, France, 1804-1815.
Photographies 3 et 4 : Modèles de la collection Raffel Pages automne/hiver.
Photographie 5 : Détail d'une gravure de 1770-1779 : 'Le Nouveau Jeu du Costume et des Coiffures des Dames'. Dimensions : 55 x
80 cm.
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