Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /2009 08:01

Trois premières photographies : Gravure du XVIIIe siècle intitulée 'Tailleur d'Habits, Outils'.

Le tailleur est un personnage important de la mode française, dont l'utilité s'estompe pourtant petit à petit avec l'apparition des grands magasins au milieu du XIXe siècle, de la haute couture à la fin de ce même siècle puis de la confection et du prêt-à-porter au XXème (dans les années cinquante).

Honoré Daumier (1808-1879) en caricature un pour sa série des Types Français avec le texte suivant. : « Le tailleur. Il marche cambré, les épaules en porte manteau et les coudes en dehors. Ses habits coupés dans le dernier genre jurent souvent avec ses bottes et son chapeau, il a presque toujours un nom très euphonique, tel que Wahatekermann ou Pikprunmann. » La Caricature du 10 décembre 1881 présente le tailleur comme l’homme d’affaire du gommeux et expose ainsi l’importance qu’il occupe dans la vie de l’élégant du XIXe siècle. Aujourd’hui les tailleurs parisiens sont peu nombreux. Les métiers liés à la mode en général se raréfient. Même les créateurs importants et les grandes maisons ne font plus que du prêt-à-porter, la haute couture se cantonnant à un rôle de vitrine du savoir-faire de la maison. Il n’est pas improbable qu’avec la mondialisation et l’enrichissement des pays autrefois producteurs à bas prix, le marché de la mode revienne en France et que les créateurs et tailleurs refassent leur apparition ! Il est certain que l’élégance y gagnerait même chez ceux qui ont peu d’argent ; car quand on regarde comment s’habillent une merveilleuse ou un incroyable, on remarque que leurs habits sont parfois assez simples de réalisation. La richesse n’occupe qu’une petite part des éléments qui font l’élégance ; le goût étant beaucoup plus important. Le tailleur permet d'exprimer cela. Il donne plus de liberté individuelle à celui qui lui commande ses habits. Le client peut demander d'ajouter certaines fantaisies, accorder à sa convenance les matières … Chaque habit est unique, fait parfaitement pour celui qui l'a commandé. Jusqu’au milieu du XXe siècle, ce sont les tailleurs et les couturières qui sont avant tout sollicités pour la fabrication des vêtements. Jusque dans les années cinquante, presque chaque village français de 2000 habitants a au moins une couturière et un tailleur. Ceux qui ont connu ces époques vous le diront. Nos gandins peuvent se faire faire leurs habits sur mesure, et apporter les changements ‘tendances’ qui font toute la différence. Pas besoin de passer par les grands couturiers ni de suivre leur mode qui a elle aussi son importance dans cette vogue ; car la haute couture (ou les grandes marchandes de mode du XVIIIe siècle) est l’ambassadrice de la mode française à l’étranger. Son rôle est déterminant en cela. Le grand couturier emploie des batteries de midinettes alors que le tailleur possède un petit atelier de deux ou trois personnes. Les premiers représentent un luxe dans lequel la jeunesse à la mode (dite dorée) est souvent loin de baignée quoi qu’étant chic. La disparition des tailleurs en France marque celle de la mode française qui se retrouve coupée de ses racines, c'est-à-dire de ses créateurs improvisés qui font faire selon leur goût et la mode du moment. Le même problème existe aujourd’hui dans la restauration fine qui comme la haute couture essaie de survivre quoique totalement coupée de son terrain : les restaurants familiaux bons mais économiques et les petits fermiers proposant des produits simples mais de grande qualité. La haute couture survit aux tailleurs encore jusque dans les années 70, puis le renouvellement ne semble plus se faire … et le prêt-à-porter tout envahir. Mais les choses ne font que se modifier ; phénomène que les adeptes de la mode et du bon ton connaissent bien !

Dans d'autres articles je parlerai de la couturière et de la marchande de modes.

Photographies : Art du tailleur, Contenant le Tailleur d'habits d'hommes, les Culottes de peau, le Tailleur de corps de femmes & enfants, la Couturière, & la Marchande de modes par M. de Garsault. Édition du XVIIIe siècle avec des planches d'habits français à travers le temps, d'objets d'habillement, corsets, patrons … Cette partie provient du tome XIV de Descriptions des arts et métiers : Contenant l'art du perruquier, l'art du tailleur, renfermant le tailleur d'habits d'hommes, les culottes de peau, le tailleur de corps de femmes & enfants, la couturière & la marchande de modes, l'art de la lingère, l'art du brodeur, l'art du cirier … de Jean-Élie Bertrand édité par l'imprimerie de la Société typographique, 1780.

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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /2009 08:40

Photographie : Copied with permission from Aronson Antiquairs, © 2009 Aronson.com

Paire de tulipières 'bleu et blanc' provenant d'Aronson Antiquairs of Amsterdam (depuis 1881), en faïence de Delft de vers 1695-1705, présentée en situation. Chaque bouquetière fait 54.3 cm de haut.

La tulipe est une fleur emblématique d'une époque d'ouverture de l'Occident sur le monde et de découvertes ... en particulier des débuts d'une des grandes épopées commerciales : la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Ce renouveau est à l'origine d'une très belle page d'histoire de nos beaux-arts. Créée en 1602, la « Compagnie unie des Indes Orientales » domine de sa richesse et de sa puissance près de deux siècles et entretient le rayonnement de la peinture flamande (Vermeer, Rubens, Rembrandt …), de la faïence de Delft etc.

La tulipe provient des zones tempérées chaudes, en particulier de la Turquie et de Constantinople. Elle est introduite en Occident, dans le nord de l'Europe, depuis au moins le XVIe siècle. Au tout début du XVIIe, les bulbes de cette plante se vendent aux Pays-Bas. Les riches commerçants néerlandais se passionnent pour les plus exceptionnelles d'entre elles et en plantent à l’arrière de leurs maisons dans leurs jardins privés notamment en plein centre d'Amsterdam. Des hybrides et de nouvelles variétés sont créées, aux aspects et teintes magnifiques : marbrées, flammées … La tulipe devient rapidement une image de réussite et les bulbes les plus rares se vendent de plus en plus cher. Ceci engendre une spéculation avec quelques records. Une sorte de bourse de commerce des tulipes est même mise en place. Mais en 1637 le cours des bulbes remarquables s'effondre.

Pendant ces années, posséder les tulipes les plus recherchées est un gage de richesse. Pour les exposer on invente de nouvelles formes en particulier créées par les faïenceries hollandaises et du nord de l'Europe, très réputées (surtout celles de Delft). La fabrication de telles bouquetières se poursuit après la « tulipomanie » ; mais c'est pendant cette période que l'on a les plus prestigieux exemples. En France, on a l'habitude d'appeler ces objets, souvent impressionnants, et fabriqués par les faïenciers de Delft ou des environs : des tulipières. Ce sont de magnifiques objets.

Photographies : Copied with permission from Aronson Antiquairs, © 2009 Aronson.com

Les bouquetières présentées ici proviennent toutes du site : http://aronson.com/ Ce sont des faïences de Delft en 'bleu et blanc'. La première date de vers 1686-95 et fait 73.7 cm de haut et 53 cm de large. La paire date de vers 1695-1705 (54.3 cm de haut). La quatrième est de vers 1720 et a une hauteur de 63,5 cm.

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Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /2009 08:24
« On nomme corps, un vêtement qui se pose immédiatement par-dessus la chemise, & qui embrasse seulement le tronc depuis les épaules jusqu'aux hanches : c'est, pour ainsi dire, une cuirasse civile ; car il ne doit pas plier, mais cependant avoir assez de liant pour se prêter aux mouvements du corps qu'il renferme, sans altérer la forme, & en même temps le soutenir & l'empêcher de contracter de mauvaises situations, principalement dans l'enfance, âge faible & délicat, dans lequel les ressorts ne sont pas encore parvenus au degré de force qu'ils auront par la fuite. Il s'applique encore à un objet aussi intéressant, celui de conserver la beauté de la taille des femmes, agrément qu'il joint à tous ceux qu'elles ont en partage. Le maître tailleur qui a choisi cette branche de son art, se nomme tailleur de corps de robes & corsets ... » (Art du tailleur ... voir photographie 3) Il est chargé de fabriquer toutes les sortes de corps, corsets et quelques autres habits en rapport. Ses matériaux sont la baleine, différentes sortes de toiles et de lacets. Les baleines sont des lames dures et flexibles provenant de la mâchoire de « la grande baleine » (Descriptions des arts et métiers …).
Photographies 1, 2 et 3 : Texte et dessins de corsets provenant de l'Art du tailleur, Contenant le Tailleur d'habits d'hommes, les Culottes de peau, le Tailleur de corps de femmes & enfants, la Couturière, & la Marchande de modes de M. de Garsault (édition du XVIIIe siècle). Cette partie provient du tome XIV de Descriptions des arts et métiers : Contenant l'art du perruquier, l'art du tailleur, renfermant le tailleur d'habits d'hommes, les culottes de peau, le tailleur de corps de femmes & enfants, la couturière & la marchande de modes, l'art de la lingère, l'art du brodeur, l'art du cirier … de Jean-Élie Bertrand édité par l'imprimerie de la Société typographique en 1780. Photographie 1 : Détail d'une feuille avec de gauche à droite quatre profils de corps - « vu en-dedans, pour voir la disposition des garnitures. » - « à demi-baleine, ou corset baleiné. » - « plein de baleines » - « avec la mesure prise par le tailleur de corps, marquée par des lignes doubles sur un corps vu de profil. ». Photographie 2 : La moitié haute de la feuille représente, de gauche à droite et de haut en bas, des profils de corps - « ouvert par les côtés, pour les femmes enceintes. » - « pour les dames qui montent à cheval. » - « de cour, ou de grand habit. » - « de fille. » - « de garçon. » - « de garçon à sa première culotte. » La moitié basse présente divers autres corps et vêtements. Photographie 3 : « Le tailleur de corps de femmes et enfants. »
Au XVIIIe siècle, le corps à baleines est à différencier du corset qui lui n'en possède que parfois. Si l'on s'en réfère au Dictionnaire de l'Académie française de 1762, il y a au XVIIIe siècle deux sortes de corsets : le « Corps de cotte de Villageoises » et le « petit corps ordinairement de toile piquée & sans baleine, que les femmes mettent lorsqu'elles sont en déshabillé ». Dans cette définition, le corset se porte sur le déshabillé et ne contient pas de baleines ; ce qui n'est évidemment pas le cas du corps à baleines. Au XIXe siècle, il semble que l'on ne fait plus vraiment la distinction entre les deux : la sixième édition du Dictionnaire de l'Académie française de 1832-5 donne cette définition du corset : « Partie du vêtement des femmes qui enveloppe et serre exactement la taille, et qui se met d'ordinaire sur la chemise. » Dans son Essai sur l'influence des modes et des habillements sur la santé des hommes de 1798 (photographies 4 et 5), J. J. Brunet mentionne seulement le corps à baleines qu'il présente comme le prolongement de la ceinture : « les femmes s'en servirent pour rétrécir la taille : ce que l'on a fait depuis avec plus de succès par le moyen des corps à baleine ». Dans cet essai d'une trentaine de pages sont aussi évoqués : les bains, les habillements, la mode grecque, les bas, les jarretières, les colliers, les anneaux, les bagues, les chaussures, les chapeaux, les voiles, les cheveux, les coiffures, les poudres, les perruques, les cosmétiques ... Cette thèse étant soutenue en 1798 (à l'École de Médecine de Montpellier ville très réputée dans l'art de soigner pendant longtemps), il y est fait de nombreuses fois des allusions à la mode de l'époque s'inspirant de l'Antiquité initiée par les inconcevables et les merveilleuses comme les habillements à la grecque, les chaussures plates, les cheveux courts … C'est aussi à cette époque que l'on abandonne les corps à baleines et corsets avant d'en reprendre l'usage assez rapidement.
Photographie 6 : Illustration du chapitre intitulé : 'Le corset' de Bertall, La Comédie de notre temps : La civilité - Les habitudes - Les moeurs - Les coutumes - Les manières et les manies de notre époque, P. Plon, 1874, 2° édition.
Photographie 7 : Détail d'une gravure de la seconde moitié du XVIIIe siècle provenant d'un magazine de mode de l'époque. On remarque la silhouette de la personne sculptée en grande partie par son corset mais aussi par ses autres habits.
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /2009 21:43

Photographie de gauche : " Une cocotte. " Bertall (1820-1882), La Comédie de notre temps, 1874-1876.

Celle de droite : " COMMENT SE METTAIT UNE COCOTTE " du même livre.

Alfred Delvau écrit (Dictionnaire de la langue verte, 1867) que la cocotterie est « le monde galant, la basse-cour élégante où gloussent les cocottes. » La cocotte est dans la continuation des petites-maîtresses, même si on appelle aussi ainsi au XIXe siècle et encore au XXe, une femme aux mœurs volatiles richement entretenue. Il semble que l’on parle auparavant dans ce sens de poulette. On dit d’une personne qui se conduit en femme légère qu’elle cocot(t)e, que c’est une cocotteuse, et que celui qui la côtoie est un cocoteur. La cocotte est aussi à rapprocher des cocodettes et des cocodes, tous ces noms venant de 'coq', coquet(te)s et coquetterie.

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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /2009 19:12

Photographie : « Une biche. (Dans le désert cela s’appelle autrement.) », Bertall (1820-1882), La Comédie de notre temps, 1874-1876.

Le XIXe siècle a de nombreux noms pour désigner différentes sortes d'élégants. Les romantiques, passionnés, méprisent la vulgarité ; les dandys ou autres gommeux glissent dans une affectation pleine de tics chics ; les lionnes et lions illuminent leur monde … ; et puis les biches qui s’amusent du spectacle parisien de leur siècle. Elles sont jeunes. Certaines d’entre elles sont des actrices. Leur vie est trépidante et riche. Elles ont une nombreuse cour constituée d’hommes fortunés et de daims : de jolis jeunes hommes, plus ou moins aisés et mondains, recherchant le voisinage des biches.

On qualifie de 'haute bicherie' une classe sociale bourgeoise et fashionable. D’après Alfred Delvau (Dictionnaire de la langue verte, 1867), la définition de la biche est une création de Nestor Roqueplan datant de 1857. Voici la formulation que donne ce même dictionnaire de la ‘haute bicherie’ : « Les plus élégantes et les plus courues d’entre les coureuses parisiennes, reines d’un jour qui ne font que paraître et disparaître sur le boulevard, leur champ de bataille. »

Le nom de 'biche' est sans doute à mettre en parallèle avec celui de 'bicheuse' qui est un terme employé dans un sens voisin de celui de 'cajoleuse'. Bicher signifie embrasser. Quand deux personnes vont bien ensemble on dit qu’elles bichent bien, sinon qu’elles ne bichent pas.

Photographie : « Un daim. » Bertall (1820-1882), La Comédie de notre temps, 1874-1876.

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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 22:28

Dans l'article du 11 septembre 2008 intitulé La toilette masculine : l'art du rasage, il est un peu question de la barbière. Si le meuble de toilette le plus courant pour les femmes comme pour les hommes est au XVIIIe siècle la table de toilette, les galants utilisent aussi parfois une barbière. Elle est généralement faite pour se raser debout, haute et étroite, et comprend au moins un plateau (fréquemment avec du marbre), quelques tiroirs (pas tout le temps comme pour l'objet de la photographie), ainsi qu'un miroir souvent amovible. Rare au siècle des lumières, ce meuble est fréquent par la suite. Certains ressemblent à de hautes et étroites tables de toilette pour homme avec un aspect alliant les tiroirs du semainier ou de la commode avec au-dessus le plateau en marbre et la glace de la coiffeuse. Il est sans doute d'origine anglaise mais je n'ai trouvé aucun document permettant de l'affirmer. Il apparaît en même temps que de nombreux autres nouveaux meubles comme la psyché (grand miroir amovible permettant de se voir de pied) ou l'athénienne (aussi appelé 'lavoir' qui est sur trois pieds avec une vasque au dessus d'un plateau sur lequel on pose l'aiguière : le vase à eau pour l'ablution, le tout étant l'ancêtre de nos éviers) tous deux associés à la toilette. Un très bel exemple de barbière / commode-toilette en acajou et bronze datant du Premier Empire (1804-1814) est présenté sur le site de la Réunion des Musées Nationaux.

Photographie : Cette barbière en forme de serviteur muet provient de la Galerie Delvaille. En « acajou et placage d’acajou à base tripode et fût central en cannelures », elle est estampillée de l'ébéniste Fidelys Shey « reçu maître le 29 juillet 1788. Ébéniste d’origine allemande (Bade), il produisit des meubles Transition et surtout Louis XVI. Il accordait un soin extrême à la confection de ses meubles et n’utilisait que très rarement la marqueterie. Il fabriqua essentiellement des meubles en acajou massif travaillés avec une extrême délicatesse et ornés de bronzes sobres et fins. » Dimensions : H : 166 cm, Diam : 58 cm

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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /2009 20:00

Dans le Manuel du voyageur à Paris de Claude François Xavier Mercier de Compiègne (1763-1800) datant de la toute fin du XVIIIe siècle, le chapitre intitulé 'Cafés' commence ainsi : « Est-il rien de plus commode que ces salons proprement décorés, où l'on peut, sans être astreint à la reconnaissance, se délasser de ses courses, lire les nouvelles, se chauffer gratis en hiver, se rafraîchir à peu de frais en été, entendre la conversation, quelquefois curieuse des nouvellistes, et dire franchement son avis, sans crainte de déplaire au maître de maison. » Il règne dans les cafés d'alors une atmosphère accueillante de douce liberté baignée dans une émulsion intellectuelle et familière. L'auteur ne parle presque pas de consommation. Au contraire il écrit qu'on n'y est pas astreint à la reconnaissance tout en pouvant profiter de nombreux éléments : décor, délassement, lectures, chaleur, frais, conversations libres.

L’histoire des cafés parisiens remonte au XVIIe siècle. C’est à la toute fin du XVIIIe siècle (au temps des merveilleuses et des incroyables) qu’ils s’embellissent et deviennent des endroits chics avec des décors à l’antique, de grandes glaces, des luminaires, du marbre … C’est aussi à cette époque que certains ‘prennent’ sur le boulevard, s’ouvrent en terrasses ou dans des jardins, ce qui permet aux femmes d’en profiter, la respectabilité de certaines voulant qu’elles n’y entrent pas au début. Ainsi trouve-t-on, comme sur la gravure (troisième photographie), des garçons de cafés servant en dehors du bâtiment.

Dans son Almanach du voyageur à Paris datant de vers 1778, Luc-Vincent Thiéry fait une description rapide de la situation : « CAFES. On compte dans Paris cinq ou six cents Cafés où l'on joue aux échecs, aux dames & au domino. Ces endroits sont fréquentés par des Nouvellistes, & la Conversation y roule ordinairement sur la Gazette. Comme on y trouve presque tous les Papiers publics, d'après leur lecture, on y juge les Pièces de Théâtre & leurs Auteurs ; à qui cette espèce de Bureau académique assigne un rang. Chacun de ces Cafés a son Orateur en chef. On n'y souffre personne de suspect, de mauvaises mœurs, nuls tapageurs, ni Soldats ni Domestiques, ni qui que ce soit qui pourrait troubler la tranquillité de la Société. Dans ceux des Boulevards, il y a des Musiciens qui exécutent des symphonies : des Bouffons y chantent des Ariettes; & des Cantatrices, des airs d'Opéra-comique. Il y a des Cafés où s'assemblent les Militaires & les Étrangers ; d'autres, où il n'y a que des Juifs ; d'autres, pour les Praticiens , les Marchands, Négociants, Artisans , &c. »

Photographies : LE GRAND CAFE ROYAL D'ALEXANDRE SUR LES BOULEVARDS DE PARIS. Gravure 'vue d'optique' polychrome du XVIIIe siècle représentant le « Grand Café Royal d'Alexandre » Texte en latin et français : « Major taberna Caffe Alexandri In Majori Ambulatorio Lutaetiae vulgo boulvard » - « 35e Vue d'Optique Représentant Le Grand Café d'Alexandre sur les Boulevards de Paris. » Autres inscriptions : « Présentement chez Lachaussée rue St. Jacques. » - « A Paris chez Daumont rue St. Martin » - « Et Présentement chez Basset rue St. Jacques au coin de celle des Mathurins. Tient Fabrique de Papiers. » Dimensions : 35,4 x 45,3 cm avec le cadre.

On distingue dans la gravure des musiciens à l'intérieur du café. On remarque que le lieu est grand (large et haut), aéré, lumineux (avec de nombreuses hautes fenêtres), très ouvert sur l'extérieur (les badauds pouvant profiter du spectacle par l'extérieur) avec semble-t-il un jardin intérieur aménagé avec lustres ... Le lieu semble vraiment très plaisant. Sans doute est-ce pour cela que les cafés se multiplient rapidement. Comme nous l'avons vu, en 1778 Luc-Vincent Thiéry écrit que l'on dénombre dans la capitale « cinq ou six cents Cafés » alors que dans son Manuel du voyageur à Paris, ou Paris ancien et moderne, Pierre Villiers affirme en 1806 que l'« On compte à Paris plus de trois mille cafés ». En moins de trente ans, le nombre de ces lieux de délassement s'est donc multiplié par cinq alors que la population de la capitale continue doucement sa croissance démographique qui va cependant devenir de plus en plus importante dans les années qui suivent avec un exode rural qui amène avec lui une quantité de grisettes, arthurs, cousettes, calicots, musardines, dames aux camélias, hommes aux camélias, dames du lac, accrocheuses, lorettes, essuyeuses de plâtres, greluchons, cascadeuses, maquillées, casinettes, boule-rouges, petites dames, petit messieurs, filles de marbre, pré-catelanières, casinettes ....

Un des plus anciens cafés, toujours présent à Paris, est le Procope. Comme l'écrit dans la seconde moitié du XVIIIe siècle Louis-Sébastien Mercier dans Tableau de Paris : « Ce fut Procope qui corrigea les grands seigneurs & les poètes, les élégants de la cour & les écrivains du siècle de Louis XIV qui s'enivraient loyalement au cabaret : en leur versant du café, il leur donna un autre point de réunion ... »

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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /2009 21:54

Les plateaux-miroirs que l'on dispose au milieu d'une table richement appareillée rappellent, en miniature, les plans d'eau (ou miroirs d'eau) des jardins à la française qui en reflétant ce qui les entoure ouvrent les perspectives, donnent de la profondeur et de la grandeur, théâtralisent ce qui s'y réfléchit. L'inanimé ou l'anodin deviennent des oeuvres, un spectacle, des tableaux dont on cueille les éléments comme le convive plongeant sa main vers les mets qui lui sont proposés.

Photographies : Deux plateaux-miroirs d'orfèvrerie française du XIXe siècle en bronze argenté de la galerie Olivia & Emmanuel

Par La Mesure de l'Excellence
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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /2009 10:34

Un article (photographie) de Le Furet des salons de 1825 que je cite dans d'autres passages de ce blog, explique cette habitude de s'exprimer avec charme même dans la contrariété :

« Le petit Air boudeur.

On voit dame grecque ou romaine
Se fâcher avec majesté ;
L'Espagnole la moins hautaine
Se plaint, soupire avec fierté.
Avec calme gémit l'Anglaise,
L'Allemande a le ton de gronder ;
Mais, plus espiègle, la Française
Créa le petit air boudeur.

Marquise, duchesse, bourgeoise,
Raffolent de cet air charmant,
Est-il mortel que n'apprivoise
En aussi joli talisman ?
Un mari veut-il à sa femme
Fermer sa bourse avec rigueur,
Elle s'ouvre, dès que madame
A pris son petit air boudeur. »

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : Les Livres anciens
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Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /2009 07:24

Article et photographies de l'antiquaire M. Philippe Michaud : www.ph-michaud.com

Héritiers des premiers collectionneurs que furent Jean de Berry et son frère Louis d’Anjou à la fin du XIVème siècle, divers grands aristocrates, hommes politiques ou religieux portèrent aux XVIIème et XVIIIème siècles le goût pour les porcelaines d’Asie à un niveau exceptionnel et encore aujourd’hui inégalé. Ces ensembles furent constitués patiemment, parfois par le rachat de collections entières, souvent lors de successions, ventes aux enchères ou auprès de grands marchands merciers parisiens. Une petite vingtaine de noms, essentiellement masculins, sur ces deux siècles, peuvent aujourd’hui être retenus, tout en notant que leur collection de porcelaines de Chine (ou du Japon) n’était qu’une parmi de nombreuses et très diverses.

Le premier d’entre eux, chronologiquement, fut Armand du Plessis, cardinal de Richelieu (1585-1642), avec près de 400 pièces au Palais Cardinal (actuel Palais Royal, à Paris). Plus modestement, mais sans doute avec une grande exigence de qualité, André le Nôtre (1613-1700) offrit une garniture de 5 pièces Blanc Bleu à Louis XIV le 5 mai 1693, qui les offre à son tour au Grand Dauphin.

En ce qui concerne les collections royales françaises, Louis XIV (1638-1715), avant 1679, avait quelques centaines de pièces, secondaires, pour Versailles, Saint-Germain-en-Laye et le château du Val. De nombreuses pièces avaient été reçues comme cadeaux diplomatiques lors des ambassades de Siam en 1684 et 1686. Huit grandes urnes couvertes ornaient le Salon de Marly. En 1718 les collections comptent 2714 pièces, mais pas de cabinet de porcelaines dans les appartements royaux ou le Garde-Meuble. Les ventes de Louis XV aux Tuileries en 1752 firent chuter le nombre à 81, et dès le début des années 1780 il n’y aura plus rien. Plus passionné en ce domaine que Louis XIV, Philippe de France (1640-1701), frère du Roi, dit Monsieur, possédait 301 pièces dans l’arrière-cabinet du château de Saint-Cloud, un des rares cabinets de porcelaine princiers de France. Sans doute le plus passionné de sa famille par les porcelaines, Louis de France, dit le Grand Dauphin (1661-1711) exposait au château de Meudon 380 porcelaines à sa mort, toutes vendues aux enchères ; certaines ont été achetées par l’ambassadeur d’Auguste le Fort à Paris, Charles-Henry de Hoym ; d’autres réapparurent dans la vente du duc de Tallard en 1756 ; aujourd’hui un vase est à Dublin.

Auguste de Saxe, dit le Fort, roi de Pologne (1670-1733), reste aujourd’hui un des plus exceptionnels collectionneurs de tous les temps, se qualifiant d’atteint de la « maladie de la porcelaine », tant sa passion devint excessive. ; il acheta en 1717 le Palais Hollandais, à Dresde Neustadt pour la mise en place des porcelaines, puis la construction du Palais Japonais commença en 1722 (inachevée à la mort du roi en 1733). Le premier inventaire et la numérotation de la collection eurent lieu en 1721. Un cabinet de porcelaines fut aussi aménagé dans la tour du château de la Résidence. À partir de 1833 le conservateur de la collection Gustav Klemm (mort en 1867) vendit les « doubles » pour financer un musée international de la céramique (4875 pièces vendues, dont beaucoup de Meissen). Son successeur Théodore Graesse (mort en 1885) arrête les ventes, mais il dépose 228 pièces au château de Pillnitz et 206 à celui de Moritzburg. À partir de 1873 la collection est installée dans le Johanneum (anciennes écuries et ancien entrepôt des carrosses). Entre 1919 et 1924 l’Etat Libre de Saxe vendit des doubles pour financer de nouvelles acquisitions puis pour payer les dédommagements à l’ancienne famille royale. La collection fut peu à peu mise en place au Zwinger à partir de 1933, où elle est toujours exposée, au cœur du quartier historique de Dresde.

Deux autres grands collectionneurs de langue germanique sont à retenir : Maximilien-Emmanuel de Bavière (1662-1726), héritier de ses antécédents et transmettant son goût à ses descendants  Wittelsbach; ses collections sont aujourd’hui au palais de la Résidence, à Munich. Sophie-Charlotte de Hanovre, reine de Prusse (1668-1705) créa en 1703 au château de Charlottenburg son fameux cabinet de porcelaine, réputé le plus grand d’Europe.

Philippe d’Orléans, dit le Régent (1674-1723) développa des ensembles hérités de son père au Palais Royal et au château de Saint-Cloud ; la dispersion eût lieu lors ventes ordonnées par Louis-Philippe II d’Orléans (futur Philippe-Egalité, en 1786) ; aujourd’hui divers vases Imari sont au Louvre et au musée Cerralbo à Madrid. Contemporaine du Régent, Sybille-Auguste de Saxe-Lawenbourg, princesse de Baden-Baden (1675-1733), constitua une importante collection aux châteaux de Rastatt et la Favorite (aujourd’hui encore in situ).

Le duc de Tallard (1684-1756) réunit une importante collection dispersée en vente en le 22/03/1756 ; plusieurs pièces provenaient de la collection du Grand Dauphin. La provenance prestigieuse était bien sûr déjà très recherchée. Louis IV Henri de Bourbon Condé (1692-1740) constitua une très riche collection, surtout japonaise, au château de Chantilly ; aujourd’hui quelques pièces sont in situ. Passionné de porcelaine, il fonda comme Auguste le Fort une manufacture de renommée internationale.

Marie-Thérèse de Habsbourg (1717-1780), impératrice d’Autriche, réunit de beaux ensembles, qui sont aujourd’hui exposés dans diverses salles du palais de la Holfburg, à Vienne.

Au XVIIIème siècle, la grande figure féminine française dans le domaine du mécénat et des collections reste Jeanne, marquise de Pompadour (1721-1764), dans ses diverses résidences dont l’actuel palais de l’Elysée (hôtel d’Evreux), avec près de 300 pièces lors de l’inventaire après décès de 1764. Elle se fournissait en partie auprès des marchands merciers Gersaint et de Lazare Duvaux, qui ornaient souvent les porcelaines de montures en bronze doré ; aujourd’hui diverses collections (Getty, reine d’Angleterre…) possèdent des pièces de la collection Pompadour, en général monochromes.

Plus modestement, il faut aussi retenir Louis-Urbain Lefèvre de Caumartin (1653-1720), intendant des finances (achats à la vente du Grand Dauphin) et surtout Pierre-Louis Randon de Boisset (1708-1776), archétype du collectionneur du siècle des Lumières. Il fut l’un des plus célèbres d'entre eux. Issu d'une famille de banquiers, il devint avocat au Parlement de Paris avant de rentrer aux Affaires du Roi. Fermier Général en 1757, et l'un des personnages les plus riches du royaume, il posséda deux pièces provenant du Grand Dauphin, via le duc de Tallard puis via Julienne de Gaignat ; sa vente aux enchères eut lieu le 27/02/1777. La collection Julienne de Gaignat (ami de Watteau), présentait aussi deux pièces provenant du Grand Dauphin, via le duc de Tallard. Le duc d’Aumont (1709-1782) collectionna aussi quelques porcelaines exceptionnelles, dispersées lors de sa vente aux enchères le 12/12/1782, aujourd’hui au Louvre (achats de Louis XVI).

Le dernier de cette série fut probablement Louis-René de Rohan-Guéméné, cardinal archevêque de Strasbourg (1734-1803) qui réunit à la fin de l’Ancien Régime un très bel ensemble pour orner son pavillon chinois au château de Saverne. L’essentiel est aujourd’hui exposé au palais Rohan, à Strasbourg. Toutefois il se démarqua à la fois de ses contemporains par cet intérêt alors déjà démodé et de ses prédécesseurs en achetant quasi exclusivement de très grandes pièces, pour « décorer ».

Aujourd’hui l’intérêt des collectionneurs pour les porcelaines de Chine ou du Japon a beaucoup évolué. En dehors des porcelaines à monture de bronze doré d’époque ou de rares exemples tout à fait exceptionnels et en général recherchés par les asiatiques fortunés, le marché de l’art présente encore nombre de belles pièces à des prix très raisonnables. Il est donc toujours possible, sans élitisme, d’acquérir des pièces identiques à celles issues de certaines collections citées ci-dessus et exposées dans divers musées ou châteaux.

Illustrations : deux porcelaines du Japon, vers 1700 (vase 39,5 cm, plat 24,5 cm), portant la marque d’inventaire de la collection d’Auguste Le Fort à Dresde ; collection particulière.

Article et photographies de M. Philippe Michaud, antiquaire spécialisé dans les porcelaines de la Compagnie des Indes
www.ph-michaud.com
Par Philippe Michaud - Antiquaire - Publié dans : Les Céramiques
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drapeautibetain90.jpgLa République populaire de Chine est, dans de très nombreux domaines, la première puissance mondiale, alors qu'elle pratique la censure sur internet et les autres médias, que tous les manuscrits de livres doivent être approuvés par le gouvernement avant publication, qu'elle possède un parti unique (avec quelques partis sous-organes du PCC), qu'elle emprisonne, torture, tue ceux qui n'ont pas les mêmes convictions, qu'elle pratique les prisons noires (voir lien) etc. Cela veut dire qu'UNE DES PREMIERES PUISSANCES MONDIALES EST UNE DICTATURE. C'est tout de même très alarmant !

POUR AVOIR REALISE LE DOCUMENTAIRE CI-APRES, M. DHONDUP WANGCHEN A ETE COMDAMNE PAR LE REGIME COMMUNISTE CHINOIS A 6 ANS D'EMPRISONNEMENT.

 

 Certains ont pris la planète toute entière en otage par exemple avec le nucléaire qui est une véritable épée de Damoclès sur la tête du monde.

 

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