Lundi 23 mai 2011 1 23 /05 /Mai /2011 09:05

Francois1eren1515300 Photographies 1 et dernière : Portrait de François 1er jeune d'après François Clouet (ce qui me semble étrange car le roi est né en 1494 et le peintre vers 1515) beaucoup moins connu que celui de Jean Clouet (1475/1485-1540) (voir ici) mais joli avec ce vert si caractéristique de notre mémoire dont il est question dans plusieurs articles de ce blog comme celui intitulé En vert et contre tout ?  A noter cet autre portait de François 1er (à cheval) de l'école de Jean Clouet (voir ici). © RMN/ Harry Bréjat .
LeonoredeSapata300 Photographie 2 : Doña Leonor Zapat (Léonore de Sapata : 1530- 1537) par Jean Clouet. Dessin conservé à Chantilly au musée Condé. © RMN/ Harry Bréjat. La coiffure de cette dame de la Renaissance rappelle la mode du XIXe siècle dont il est question dans l'article intitulé : Boucles, macarons et papillotes. Dans le même style de coiffure voir les portraits de Marie de Portugal (ici) et d'Éléonore d'Autriche (ici) composés par le même artiste.
Les visages de l’exposition ‘Les Clouet de Catherine de Médicis : Portraits dessinés de la cour des Valois’ au musée Condé du domaine de Chantilly (jusqu'au 27 juin) sont tout à la fois des témoignages précieux d'histoire, d'intimité et d'art. Ces oeuvres dont la plupart sont rapidement crayonnées sont des instantanés. Commandées par Catherine de Médicis (1519-1589), elles sont dans le goût résolument moderne de la famille de Médicis dont la plupart des membres sont de grands collectionneurs et mécènes très actifs durant la Renaissance italienne mais aussi pendant la française avec notamment cette reine et régente de France.
L’exposition présente 90 portraits de grands personnages de la cour de France sous François Ier (1494-1547, roi de France à partir de 1515), Henri II (1519–1559 qui commence à régner en 1547) et ses fils. Il s'agit d'oeuvres de Jean Clouet (1475/1485-1540), le père, et François Clouet (vers 1515-1572), le fils,  tous deux peintres à la cour des rois de France. Le musée Condé possède une collection unique au monde de 366 portraits dessinés par ces deux artistes issue en grande majorité d’une des toutes premières collections d’art graphique connue et constituée par Catherine de Médicis. HenriII300 Comme l'explique le dossier de presse : « Avec une véritable passion, la reine recueille et commandite plus de 550 portraits dessinés par les meilleurs artistes de son époque. Soigneusement rangées dans des boîtes et portant le nom de leur modèle, ces feuilles révèlent une facette intime et délicate de la personnalité de Catherine, qui se révèle fine observatrice et exigeante dans ses choix. Ses dessins furent légués à sa petite-fille, grande duchesse de Toscane, et furent conservés à Florence, chez les Médicis, avant d’être découverts par un peintre anglais au début du XVIIIe siècle, puis dispersés, vendus aux amateurs d’art. Le duc d’Aumale, propriétaire de Chantilly et grand collectionneur du XIXe siècle, fit l’acquisition de la plus grande partie d’entre eux en 1889 (collection Carlisle), signant de la sorte leur retour à leur pays d’origine. » « Avec les Clouet, naît donc une mode - celle du portrait dessiné - une génération d’artistes et une tradition française unique, à tel point qu’ « à la fin du XVIe siècle encore le « crayon » est, en France, tout simplement synonyme de "portrait" » (Alexandra Zvereva, voir p.9). Le style de Jean et François est influencé par les primitifs flamands, notamment leur réalisme un peu austère. Du père au fils, le trait évolue : le premier pratique un dessin assez libre, encore proche de l’esquisse, tandis que le second s’attache plus aux détails et préfère un traitement minutieux des sujets. A travers eux, le dessin s’émancipe [...]. Autrefois cantonné à l’atelier, comme un outil de travail parmi d’autres, il fait désormais l’objet de commandes et le nombre de « dessinateurs » augmente pour répondre à la forte demande. Germain Le Mannier, Benjamin Foulon ou Pierre Dumonstier sont quelques-uns des continuateurs de l’art des Clouet.  »
Photographie 3 : Henri II roi de France (1519-1559) de François Clouet, vers 1547. Ce dessin se trouve au musée Condé  à Chantilly. © RMN/ René-Gabriel Ojéda.

 

Découvrez "Les Clouet de Catherine de Médicis" au Musée Condé à Chantilly sur Culturebox !

Francois1eren1515repris300

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : Expositions
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 19 mai 2011 4 19 /05 /Mai /2011 10:24

catalogueAguttes24mai-copie-1

Photographie : Première de couverture du catalogue de la vente Aguttes du 24 mai à Lyon Brotteaux. Cliquer sur l'image pour accéder au catalogue.
dansesXVIIe500 Photographies : 'Scène de bal avec une joueuse d'épinette' de Frans Francken II (1581-1642) sur panneau de chêne (de trois planches, non parqueté). Dimensions : 69 x 107 cm. Cette composition est signée sur le dessus du clavecin : « Frans Franken FISV ». © Photographie d'ensemble provenant du catalogue Aguttes.
concerta J'ai choisi de vous présenter ici deux tableaux du XVIIe siècle de la vente Aguttes du 24 mai à Lyon Brotteaux peignant une scène de bal et l'autre un déjeuner dans un parc. L'intérêt du premier réside entre autres dans la présentation sur le devant, de l'orchestre composé d'une joueuse d'épinette, d'une chanteuse et d'un joueur de luth. L'accoutrement de la musicienne est particulièrement de mode à cette époque, avec sa coiffure blonde rappelant celle romaine appelée en « nid d'abeilles » ou en « diadème » et celle 'à la Fontanges' de la fin du XVIIe, sa fraise tout autour du cou (quand la danseuse a encore l'ancienne collerette) qui ajoute à la rigidité de son vêtement sombre très serré au niveau du buste, avec des épaules hautes, un corset et une ceinture ; alors que sa robe en vertugadin est très ample et tombe sur une jupe rouge écarlate. Pendant que les uns dansent, un couple sur la gauche est attablé et entouré de victuailles.
dejeunerdansjardin500 Photographies : Peinture sur toile du XVIIe siècle provenant de l'atelier de Cristoph Jacobsz van der Lamen intitulée 'Le déjeuner dans un parc'. Elle fait 47 x 65 cm. Elle est signée en haut à gauche et datée : « c. van der lamen fecit 1653 ». Il s'agit d'une « reprise de la composition vendue le 29 juin 2005 (Hôtel Drouot, Me Joron-Derem, collection lolita Lempicka et à divers) ». © Photographie d'ensemble provenant du catalogue Aguttes.
dejeunerdansjardindetails Dans la seconde oeuvre, je retiens surtout les habits des personnages : l'usage des dentelles aussi bien pour les femmes que pour les hommes ; la robe d'un bleu tendre de la jeune femme de gauche dans laquelle s'échoue sa gorge au teint d'albâtre, ses bijoux de perles et ses agrafes d'or, ses cheveux dorés ; ceux du jeune homme qui lui tient la main et qui tombent en boucles sur ses épaules, son col (rabat) de dentelle caractéristique du XVIIe, son noeud sur la poitrine (les rubans et la dentelle étant des accessoires très prisés de la mode de ce siècle), ses chaussures semblant surmontées d'une guêtre et ayant sur le devant une très grosse décoration en forme de disque plat ; et puis la stature du personnage de dos avec son chapeau à la longue plume blanche, son rabat de dentelle qui couvre une chemise dont le peintre rend parfaitement l'aspect soyeux, ses bottes semblant elles aussi avoir leur 'disque' et puis surtout son manteau dont le drapé est noué autour de la taille pour former un énorme noeud dans son dos.
© Article LM

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 16 mai 2011 1 16 /05 /Mai /2011 09:01

seine catalogueAgutte18mai Photographie : Tableau sur toile de Pieter Bout (1658 – 1719) : Paris vue de la Seine, Notre Dame, le pont Neuf et à droite la tour de Nesle, de 99 x 139 cm, proposé à la vente par Aguttes  le mercredi 18 mai à Drouot-Richelieu. Si le tableau reste très simple dans le traitement de son sujet avec en avant plan un grouillement de gens du peuple parisien affairés sur le fleuve, l'usage des tons 'or' rappelle la richesse que celui-ci apporte. Cliquer sur l'image du catalogue pour accéder à celui-ci. © Photographies provenant du catalogue Aguttes.
Paris est en grande partie fondée autour de son fleuve la Seine qui durant des siècles est la principale voie commerciale. C'est par lui que les richesses s'acheminent et se répandent grâce aux nautes. Encore aujourd'hui le symbole de cette ville est un bateau. Son nom pourrait émaner de « Bar Isis » : « la barque d'Isis » mais plus certainement de la tribu gauloise des Parisii  (dont le nom viendrait plutôt de 'chaudron') dont les pièces d'or conservées sont souvent d'une grande beauté et témoignent de la richesse de cette région. L'île de la Cité ressemble à un navire avec comme figure de proue l'église Notre Dame, elle même édifiée sur un ancien temple. Jusqu'au XIVe siècle, cette île rassemble les pouvoirs royal (avec le palais royal) et ecclésiastique (avec Notre Dame et l'Hôtel-Dieu). Aujourd'hui encore elle en concentre de nombreux : judiciaire (palais de Justice), administratif (préfecture de police, tribunal de commerce),  sanitaire (Hôtel-Dieu : le plus ancien et le seul hôpital de la capitale jusqu'à la Renaissance, rasé et reconstruit au XIXe siècle) et épiscopal (église Notre-Dame). Le pont-Neuf est à la poupe de ce 'navire' et jusqu'au XIXe siècle est un passage névralgique de la capitale permettant de traverser d'une rive à l'autre. Dans le volume I de Tableau de Paris, Louis Sébastien Mercier occupe tout un chapitre à ce pont dont voici le début : « Le Pont-neuf est dans la ville, ce que le cœur est dans le corps humain, le centre du mouvement & de la circulation ; le flux & le reflux des habitants & des étrangers, frappent tellement ce passage, que pour rencontrer les personnes qu'on cherche, il suffit de s'y promener une heure chaque jour. Les mouchards se plantent là, & quand au bout de quelques jours, ils ne voient pas leur homme, ils affirment positivement qu'il est hors de Paris. Le coup-d'œil est plus beau de dessus le Pont-royal ; mais il est plus étonnant de dessus le Pont-neuf. Là, les Parisiens & les étrangers, admirent la statue équestre de Henri IV, & tous s'accordent à le prendre pour le modèle de la bonté, & de la popularité. »

© Article LM

Par La Mesure de l'Excellence
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 09:10

RichelieuEsculape300 Photographie 1 : Ensemble en marbre représentant Esculape, le dieu de la Médecine, et son fils Telesphore, conservé au département des Antiquités grecques, étrusques et romaines du musée du Louvre à Paris. © RMN / Stéphane Maréchalle.
Photographie 2 : Groupe de Vénus et Cupidon. Marbre du Ier- IIe siècle après J.-C. conservé au même département du musée du Louvre.  © RMN, cliché Hervé Lewandowski.
Photographie 3 : Bacchus dit Bacchus Richelieu. Marbre de 208 x 93 x 53 cm conservé au même département du musée du Louvre. © RMN, cliché Hervé Lewandowski.
RichelieuVenusDionysos300 Jusqu'au 13 juin 2011, le château aujourd'hui disparu du cardinal de Richelieu (1585-1642) de la ville du même nom est à l'honneur. Le musée des beaux-arts d'Orléans, celui de Tours, et le musée municipal de Richelieu exposent des objets d'art et témoignages de cette bâtisse reconstruite sur les plans de Jacques Lemercier dès 1631, et où son éminence entrepose quelques chefs-d'oeuvre de sa collection de peintures, de tentures et de sculptures en particulier antiques achetées spécialement à Rome pour décorer façades, intérieurs et jardins du château. Grand collectionneur, on estime la collection de sculptures antiques de Richelieu à quelque quatre cents pièces.
De prestigieuses peintures agrémentent entre autres le cabinet du Roi qui abrite des tableaux de Mantegna, Lorenzo Costa et Pérugin du studiolo d'Isabelle d'Este, acquis vers 1630 avec le palais ducal de Mantoue, et trois Bacchanales de Nicolas Poussin.
Parmi les oeuvres que je trouve particulièrement belles, il y a la série des Quatre Éléments. Le cardinal de Richelieu charge l'artiste Claude Deruet (1588-1660) de quatre tableaux devant décorer le cabinet de la reine Anne d'Autriche avec : L'Air, La Terre, L'Eau et Le Feu. Ceux-ci étalent le faste de quelques réjouissances d'alors : chasse, parade, patinage, fête. Il s'agit d'un témoignage de la mode de l'époque particulièrement intéressant. Les femmes ont un teint blanc, de longues robes soyeuses aux couleurs tendres. Comme pour les hommes leur tête porte un joli chapeau agrémenté de longues plumes. Même les chevaux en ont ; ils sont aussi magnifiquement arnachés. Leur crinière et leur queue sont coiffées en de larges et longues chevelures ondulées touchant presque le sol. Couleurs tendres, or et traits délicats ruissèlent dans ces tableaux dans lesquels on ressent l'influence des débuts de la Renaissance et de la modernité d'une époque.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : Expositions
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 25 avril 2011 1 25 /04 /Avr /2011 12:13

terenceadelphes2personnagesdetail300 Photographies 1 et 3 : Bois gravé du XVe siècle ou du XVIe, avec deux personnages aux longs cheveux dont l'un affublé d'un chapeau à grandes plumes.  © LM. 

Photographie 2 : Première page de la partie intitulée  'Des Cheveux des Français' du livre de Guillaume-François-Roger Molé Histoire des Modes Françaises, ou Révolutions du costume en France, Depuis l’établissement de la Monarchie jusqu’à nos jours. Contenant tout ce qui concerne la tête des Français, avec des recherches sur l’usage des Chevelures artificielles chez les Anciens, Amsterdam et Paris, chez Costard, Libraire, rue Saint-Jean-de-Beauvais, 1773, in-12 (16,6 x 10 cm). © LM.

Photographie 4 : Détail d'une estampe originale du XVIIe siècle d’Abraham Bosse (1604  - 1676). © LM.

Si la mode masculine actuelle des cheveux courts date de l'époque napoléonienne, auparavant une belle coiffure s'apprécie le plus souvent à l'épaisseur et la longueur des cheveux. C'est une marque de virilité, cela depuis l'Antiquité, pendant le Moyen-âge et jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Les cheveux reviennent à la mode avec les romantiques dans les années 1830, puis dans les années 1960. La beauté des cheveux est aussi une marque de noblesse. descheveuxdesfrancais300 Comme l'écrit M. Molé, dans son Histoire des Modes Françaises, ou Révolutions du costume en France … (1773) : « C'est la coutume des Rois de France, dit Agathias [VIe siècle après J.-C.], de ne se faire jamais couper les cheveux, mais de les conserver depuis le moment de leur naissance : ils laissent ceux de derrière flotter avec grâce sur leurs épaules ; ils partagent ceux de devant sur le sommet de la tête, & les  rejettent des deux côtés : en général leur chevelure n'est ni hérissée, ni dégoûtante comme celle des Turcs & des Barbares, ni liée ou cordelée toute ensemble sans grâce, sans agrément : ils ont diverses manières de la tenir propre ; ils en ont grand soin […] Les cheveux, dans ces temps reculés, étaient en si grande vénération qu'il n'y avait point d'autre manière de dégrader un Prince que de lui raser la tête. » Durant les mille ans du Moyen-âge de nombreuses façons de se coiffer sont à la mode : parfois avec des cheveux longs, parfois courts. C'est une époque très riche en modes diverses, pleine d'inventivité, d'audaces et de goût notamment en ce qui concerne les parures de la tête. « Henri III & ses mignons ranimèrent le goût des Français pour les cheveux frisés. Ils ne tentèrent pas cependant d'introduire la mode des longues chevelures : au contraire, ils affectèrent de laisser les oreilles découvertes. C'était de leur part un raffinement de coquetterie : ils ne relevaient leurs cheveux que pour laisser voir en liberté les perles & les diamants qu'ils suspendaient à leurs oreilles. Henri II fut le premier qui tenta d'usurper cette parure destinée aux femmes. Henri III suivit son exemple, & l'on conçoit aisément que cette nouveauté eut des sectateurs : l'art de la frisure fit aussi des progrès : on frisa le toupet, le dessus, le derrière, & les côtés de la tête. Cet apprêt consistait à former, avec les cheveux, des espèces de rouleaux ou cercles distingués les uns des autres. On nommait ces petits cercles des bichons. Le règne, trop court, d'Henri IV ne fut pas si favorable à la toilette de la tête que celui des favoris : mais ce Prince laissa un successeur, qui fit éclore une nouvelle révolution. Louis XIII était fort jeune lorsqu'il parvint à la couronne. En grandissant, il conserva ses cheveux. Sous de pareils auspices, les belles chevelures acquirent de la réputation. Elles commencèrent par s'arrondir autour de la tête ; elles cachèrent ensuite les oreilles, & finirent par flotter sur les épaules. […]  Ce qui affligeait surtout les rigoristes, c'est que l'usage s'était introduit parmi les Prêtres de se laver la tête avec des eaux de senteur, de répandre sur les cheveux des parfums exquis […] Les têtes Sacerdotales ne furent pas les seules qui éprouvèrent les lois du changement : le goût pour les longues chevelures dégénéra bientôt en manie. Il n'est pas donné à tout le monde d'avoir beaucoup de cheveux, encore moins d'en avoir de très longs ; on eut recours à l'art & sous ses auspices on brava la nature. Ce fut dans ce moment de vertige que s'introduisit la mode des bonnets à cheveux, connus sous le nom de perruques. J'en donnerai l'histoire dans le supplément. Cette mode, dès son origine, fut portée à l'excès. Non seulement les têtes chauves & les têtes rousses s'empressèrent de lui rendre hommage ; celles mêmes que la nature avait le plus favorisées, préférèrent des cheveux postiches à leurs cheveux naturels. Par une bizarrerie assez difficile à comprendre, l'amour des cheveux causa leur perte : les perruques se multiplièrent ; presque toutes les têtes furent tondues […] Malgré ces contestations les cheveux, du moins ceux que l'on avait épargnés, acquéraient de jour en jour un nouvel éclat ; les terenceadelphes2personnagesrecadre300 toupets surtout commencèrent à jouer un rôle intéressant sur la tête des Français : réduits d'abord à une simple touffe de cheveux, ils s'emparèrent par la suite de toute la largeur du front, & dégagèrent entièrement les tempes. Afin de leur donner une certaine consistance qui les rendît commodes, on les roula sur un fer chaud : cet expédient procura pour la seconde fois des toupets frisés. Une autre invention apporta un changement notable sur le peu de têtes chevelues qui existaient encore. Depuis le retour des cheveux flottants, les hommes s'étaient bornés à se laver, à se parfumer la tête. Les femmes au contraire semaient sur leurs cheveux une certaine poudre blanche, qui n'avait été inventée que pour les nettoyer. Les Dames de la Cour & les filles de joie étaient mêmes les seules qui eussent pris cette licence. Les petits maîtres envièrent aux femmes ce prétendu agrément. Plusieurs d'entre eux parurent en public avec des cheveux poudrés, & cette frivolité eut des approbateurs. D'abord les hommes se contentèrent de mêler la poudre avec les cheveux : peu-à-peu ils s'accoutumèrent à la répandre avec profusion sur leur tête, & bientôt cette mode fut générale. Hommes, femmes, enfants, vieillards, tous firent usage de la poudre; toutes les têtes devinrent blanches. Cette révolution influa sur le goût de la nation relativement à la couleur des cheveux. On avait toujours estimé en France, même parmi les hommes, la couleur blonde, comme la plus douce, la plus agréable. Les cheveux noirs offraient quelque chose de trop dur ; les blancs annonçaient la décrépitude, ils étaient peu estimés. Depuis l'introduction de la poudre, les cheveux blancs sont venus en honneur : tout homme assez heureux pour en avoir de bonne heure, se fit une gloire de ne plus les cacher : une chevelure blanche est comptée au nombre des plus belles parures. Sur ces entrefaites le dix-huitième siècle parut. Il vit les Français applaudir à la poudre, à la frisure, aux beaux toupets ; mais il ne tarda pas à s'apercevoir qu'ils commençaient à se dégoûter des longues chevelures. Pour les contenter, il n'imagina pas d'autre moyen que de leur procurer le double avantage de jouir quand ils voudraient & des cheveux longs & des cheveux courts. Plein de ce projet, il fit éclore de nouvelles modes. La première, la plus simple de toutes, consistait à réunir avec une rosette les cheveux qui flottaient sur les épaules, & à les attacher lorsque les circonstances l'exigeaient. Cette mode, qui procura les cheveux en cadenettes, dura peu, & l'on vit arriver, pour la chevelure des hommes, ce qui était arrivé un demi siècle auparavant pour la queue des chevaux. Les Parisiens, pendant un temps, se prirent de belle passion pour les chevaux à courte queue : c'est ce qui fit dire à Bassompierre, lorsqu'en 1642 il sortit de prison où il était resté vingt ans, qu'il ne trouvait d'autre changement dans le monde, si ce n'est que les hommes n'avaient plus de barbe, & les chevaux plus de queue. Bientôt, les habitants de Paris se jetèrent dans l'extrémité opposée ; les chevaux à la queue large & flottante furent recherchés. La girouette tourna pour la troisième fois : sa nouvelle position fit désirer en même temps & les queues longues & les courtes queues : pour contenter un goût si bizarre, on s'avisa de renfermer la queue des chevaux dans un étui, qu'on était libre d'ôter lorsqu'on le désirait : l'invention parut commode, les hommes s'en emparèrent. Ce fut alors que les Français imaginèrent les bourses espèce de petit sac de taffetas dans lequel ils enfermèrent leurs cheveux, & d'où ils les retiraient Bossecourtisandetail300 lorsque la nécessité l'exigeait, ou que les circonstances le permettaient. Les rosettes ne furent pas néanmoins abandonnées ; elles s'attachèrent aux bourses, dont elles devinrent le principal ornement. D'abord les bourses ne furent employées que dans les voyages, que pour courir le matin en chenille ou pendant la pluie : il eût été indécent de paraître avec cet ajustement devant les Grands, & surtout dans les cérémonies. Avec le temps les bourses ont acquis quelque considération : il leur a été permis de se montrer dans les meilleures compagnies, & les Prêtres, après les avoir méprisées, ne s'obstinèrent plus à soutenir qu'on devait se marier avec des cheveux flottant. Les cheveux de derrière la tête étant ainsi renfermés, ceux des côtés furent taillés : les oreilles reparurent, & depuis ce temps elles n'ont plus été cachées. Quelques particuliers s'avisèrent aussi de tresser les cheveux : ils renouvelèrent même l'ancienne mode des cheveux en queue ; mais il s'en faut bien qu'ils lui aient donné son premier lustre. Un simple ruban noir qui enveloppe les cheveux, voilà maintenant ce qu'on appelle une queue. Lorsque les queues parurent, la mode voulait qu'elles fussent très grosses, très-longues, très-pointues. Les petits maîtres, toujours extrêmes, associaient à leurs cheveux des cheveux étrangers ; par ce moyen ils se procuraient de belles queues. Quelques-uns d'entre eux voulurent multiplier cet ajustement, & introduire l'ancien usage des queues sans nombre. Leurs tentatives n'eurent aucun succès : il fut décidé que les hommes n'auraient qu'une queue ; qu'ils ne la ramèneraient point sur la poitrine, comme cela se pratiquait dans le sixième siècle, mais qu'ils la renverraient sur leurs épaules, & qu'elle ne serait généralement admise que chez les Militaires & les voyageurs. Les tresses reçurent un traitement moins rigoureux. Elles eurent la liberté de s'approprier toutes les couleurs : il leur fut même permis d'être bariolées, c'est à-dire composées de rubans de couleurs différentes. Deux jolies rosettes eurent ordre de se placer aux deux extrémités. Malheureusement cette élégance fut de peu de durée ; les tresses subirent le sort des queues; la couleur noire devint leur partage. Les bourses sont pareillement vouées au noir, & malgré leur élévation, elles n'ont point encore quitté cette livrée. Leur forme a seulement varié : les premières bourses étaient quarrées, d'une grandeur moyenne, & devaient paraître remplies de cheveux. Pour se conformer au goût dominant, on avait la précaution de les remplir avec du crin. Vinrent ensuite les bourses extraordinairement petites & fort étroites par le haut, qui furent remplacées par les bourses d'une grandeur démesurée. Le crin disparut en même temps : plus une bourse était plate, plus on la trouvait admirable. Les rosettes subirent aussi diverses variations : cavalierenecharpe300 on s'avisa de les associer à la frisure, elles furent poudrées , & cette folie ne manqua point de partisans. La manière de disposer les cheveux sur le devant de la tête, & des deux côtés, éprouva pareillement différentes révolutions. L'invention des perruques avait porté l'art de la frisure à un degré de perfection auquel on n'aurait jamais pensé qu'il put parvenir. Libres de donner à des cheveux postiches mille formes différentes, les Maîtres Perruquiers n'épargnèrent ni peines ni soins pour piquer la vanité des petits maîtres ; & c'est à leur industrie que nous sommes redevables de ces fameuses frisures, auxquelles bien des hommes attachent une partie de leur mérite. Le nombre de ces frisures est presque infini. Chaque année, chaque mois, chaque semaine en produit de nouvelles : on a vu successivement paraître des têtes frisées en béquille, en graine d'épinards, en bâtons rompus ; hier c'était en aile de pigeon ; aujourd'hui à la débâcle, & mille autres manières qu'il serait fort difficile de faire connaître sans le secours de la gravure. Il sera plus aisé d'exposer ici le tableau des apprêts qu'exigent ces diverses frisures, ou, pour me servir du terme consacré par l'usage, de ces différentes colures. Si jamais, o race future ! il vous prenait envie de remettre en vigueur nos sublimes colures, souvenez-vous bien que quand les cheveux sont taillés suivant la forme qu'on veut leur donner, il faut les prendre par pincées, les rouler sur eux-mêmes, & les envelopper dans un morceau de papier triangulaire. Chaque pincée de cheveux ainsi roulée & enveloppée, se nomme une papillote. Si vous désirez savoir combien une chevelure peut fournir de papillotes ? Je vous répondrai que cela dépend du genre de la frisure & de l'abondance des cheveux. Communément la tête d'un petit maître contient cent cinquante, deux cent rouleaux. Lorsque cette première opération sera finie, vous passerez chaque papillote entre les deux pattes d'un fer chaud. Prenez garde que la chaleur ne soit trop grande ; vous auriez bientôt détruit votre propre ouvrage. Pour ne pas vous y tromper, voici un signe. Quand le fer ne brunit plus le papier, allez, pressez ; vous êtes parvenus au degré de chaleur nécessaire. N'opérez pas néanmoins avec trop de précipitation, craignez que votre main ne bronche ; la position est délicate : en voulant décorer l'idole, souvent on la défigure. Les papillotes étant ainsi pressées ; laissez les refroidir. Vous enlèverez ensuite le papier, vous réunirez tous les rouleaux avec cet instrument si ancien, si commode, & si connu, que l'on nomme un peigne : sous ses auspices vous mêlerez les cheveux autant qu'il sera en votre pouvoir. C'est ce qu'on appelle crêper. Ceci étant achevé, partagez de nouveau les cheveux, dégagez les faces du toupet & le toupet des cheveux de derrière ; vous formerez alors des boucles, ou marons, & la frisure sera ébauchée. Une opération d'une nouvelle espèce se présente. Prenez de cette poudre blanche, dont j'ai déjà parlé ; vous la pétrirez avec une espèce de matière grasse, appelée pommade : par le moyen de cette pâte vous collerez, vous mastiquerez chaque boucle, chaque maron, & l'obligerez à prendre, à garder la forme que vous désirez. Si cette gomme ne suffit pas, ayez recours aux épingles noires ; elles assujettiront à votre gré toutes les boucles, tous les marons. Le dernier apprêt consiste à prendre avec un instrument, que l'on nomme houppe, de la poudre blanche, & à la secouer légèrement sur les cheveux jusqu'à ce qu'ils en soient entièrement couverts. Allez maintenant consulter votre miroir. Cette opération termine la toilette ; la colure est achevée. Peut-être, ô race future ! cavalierenecharpedetail300 trouverez vous cette méthode sale, bizarre & minutieuse ? Elle est cependant universellement reçue. Oui , telle est en général la manière d'enjoliver les têtes d'à présent. Elle est même commune en France, au Seigneur comme à son valet, aux personnes du monde comme aux gens d'Église. Si l'on en excepte quelques Moines, & les habitants de la Campagne, toutes les têtes Françaises sont frisées, poudrées, mastiquées. Je crois superflu d'observer, qu'il aurait été ridicule de surcharger d'un chapeau une tête si artistement arrangée. Cet ancien ornement a donc été sacrifié à la frisure : il n'a pas été néanmoins abandonné tout-à-fait. On le porta d'abord à la main par la suite il se plaça du côté gauche, & la mode s'introduisit de porter les chapeaux sous le bras. Qu'il me soit permis d'observer que c'est pour la troisième fois que le côté gauche est devenu le dépositaire des ornements de tête. Les aumusses se sont emparées du bras, les chaperons de l'épaule, tout le monde sait où les chapeaux sont placés ; j'ignore comment nos descendants s'y prendront, s'ils inventent quelque ajustement de tête, & s'ils s'en dégoûtent, toutes les places sont occupées. Il est facile de concevoir que le chapeau ne se trouva pas à son aise sous le bras gauche ; c'est ce qui le força de prendre une forme nouvelle : sa calotte s'est aplatie, ses bords se sont couchés, il est devenu un ornement presque inutile. »

Article LM

Photographies 5 et 6 : Gravure du temps de Louis XIV : « Cavalier en Écharpe. Il est galant déterminé - Jetant ses cheveux en arrière - Et prêt à fournir la Carrière - Dans un bal après le dîner. » © LM.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 19 avril 2011 2 19 /04 /Avr /2011 16:31

epee-cluny-300 Photographie : Epée du sacre des rois de France, dite « Joyeuse » ou « Épée de Charlemagne », en or, pierres précieuses, perles de verre, argent doré, acier et velours brodé. L'ensemble fait 100,5 cm de long sur 22,6 cm.  Elle est conservée à Paris au département des Objets d’art du musée du Louvre. © Service presse Rmn-Grand Palais / Droits réservés. Ce joyau sera visible lors de l'exposition L'Epée : usages, mythes et symboles qui se déroulera du 27 avril au 26 septembre 2011 au musée national du Moyen Âge (musée de Cluny) à Paris. Il sera présenté parmi d'autres épées prestigieuses dont certaines sont des emblèmes nationaux.
Je suis un inconditionnel de la paix. Celle-ci ne peut être sans la justice. L'épée (avec la balance) en est un symbole. Elle l'est aussi dans certaines traditions de la sagesse (voir par exemple en Asie l'iconographie de Manjushri). C'est un emblème de pouvoir comme celle prénommée Excalibur de la légende arthurienne. De nombreuses épées sont associées à des pays telle l'épée dite de Charlemagne à la France. D'après Wikipedia le pommeau daterait de la fin de l'époque carolingienne (Xe siècle), les quillons ayant la forme d'un dragon composant la garde du XIIe siècle et la fusée (poignée) du XIIIe ou du XIVe siècle. La plaque du fourreau ornée de pierreries aurait été fabriquée au XIIIe siècle et le velours fleurdelisé du fourreau remonterai au sacre de Charles X (1825). Elle a le même nom que l'épée de Charlemagne (roi des Francs de 768 à 814) dont elle est peut-être issue avant les nombreux remaniements puisque seul le pommeau est de cette époque. Elle s'appelle 'Joyeuse' : « De l'ancien français Joiel: "joyeux/joyaux", fém. Joiele: "joyeuse", issu du francique Gawi: "joie". » Elle est associée au fameux cri « Montjoie ».
Photographie : 'Lancelot au pont de l’épée'. Détail du coffret : 'L’Assaut du château d’Amour et scènes de romans courtois'. Fabrication parisienne du premier tiers du XIVe siècle, en ivoire et cuivre doré. Ses dimensions sont : 9,7 x 25,7 x 16,7 cm. Il est conservé à Paris, au musée de Cluny - musée national du Moyen Âge. © Service presse Rmn - Grand Palais / Franck Raux. assautduchateaudamour300

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : Expositions
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 12 avril 2011 2 12 /04 /Avr /2011 00:51

Photographie : Tenture du 'Triomphe des dieux', d’après Giovanni da Udine, intitulée 'Le triomphe de Minerve', détail, Bruxelles, atelier de F. Geubels, tissage du 3e quart du XVI siècle, 5,03 x 5,65 m, Paris, Mobilier national.
Après la belle exposition sur les bronzes du garde-meuble impérial et royal de 1800 à 1870 (voir article ici), le Mobilier national nous offre un nouveau parcours très intéressant dans la Galerie des Gobelins  à partir d'aujourd'hui, 12 avril, intitulé 'L'éclat de la renaissance italienne : Tissages d'après Raphaël, Giovanni da Udine, Jules Romain', regroupant une vingtaine de tapisseries des XVI, XVII et XVIIIe siècles s'inspirant de modèles de trois grands artistes de la Renaissance italienne : Raphaël (1483 -1520), Giovanni da Udine (1487 – 1564) et Giulio Romano connu en France sous le nom de Jules Romain (1499 - 1546). Presque toutes les tapisseries proviennent de la collection du roi Louis XIV. Trois sont des acquisitions pour le Musée des Gobelins de la fin du XIXe siècle. Quelques tapis perses (dont un particulièrement beau) et des faïences de la Renaissance agrémentent cette exposition aux grandes et somptueuses tapisseries faites de fils de soie, de laine et d'or. A noter un majestueux Neptune du XVIe siècle, un « repas chez Syphax » (XVIIe siècle) avec une belle lumière, et surtout des tentures du XVIe siècle des 'Triomphes des dieux' d'une grande féérie. D'autres et nombreuses tapisseries sont martiales et souvent très viriles (dans l'acceptation antique de ce terme), certaines rappelant, comme une vanité, l'horreur et le triomphe amer de la guerre.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : Expositions
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 7 mars 2011 1 07 /03 /Mars /2011 08:28

cassette en cabinet Dans le cadre de sa vente à l'hôtel Drouot du 16 mars prochain, Europ Auction présentera parmi de nombreux objets d'art des meubles de qualité, dont certains estampillés par d'importants ébénistes du XVIII° siècle. Le catalogue est disponible ici. Les photographies et les descriptions entre guillemets proviennent de la maison de vente aux enchères.
Photographie 1 : Le premier meuble que j'ai choisi est une « cassette en cabinet, en placage de bois de violette, marqueté en feuilles formant des motifs géométriques » d'époque Louis XIV. La partie supérieure est amovible grâce à un mécanisme fonctionnant avec une manivelle et des tires-fonds. Il fait 1,25 m de haut, 0,89 m de large et 0,57 m de profondeur. « Conçu pour être mobile cet ensemble est un rare témoin d'un type de meuble qui connut une grande ferveur au milieu du XVIIe siècle. Le terme de " cassette en cabinet " apparait dans l'inventaire du cardinal Mazarin, dressé en 1661, et dans celui de Pierre Gole, ébéniste privilégié du roi Louis XIV, travaillant à la manufacture des Gobelins qui en produit au moins un exemplaire conservé aujourd'hui au musée des Arts Décoratifs de Paris. »
Photographie 2 : « Table de salon en bâti de chêne et placage de bois de rose. Le plateau chantourné est décoré d'une marqueterie de petits carrés contenant un quatre-feuilles, disposés régulièrement sur un fond de cubes dans un large encadrement marqueté d'une frise de postes fleuries ; il est également cerné d'une galerie ajourée en bronze ciselé et doré. tabledesalon Le plateau coulissant vers l'arrière et ouvrant par un tiroir avec serrure à double pêne découvre une tablette écritoire garnie d'une soie moirée bleue, flanquée sur la droite d'un compartiment avec un nécessaire à écrire. La ceinture chantournée est décorée d'une marqueterie de cubes sans fond de sycomore teinté (bois tabac), bois de rose et bois de violette. Elle repose sur quatre hauts pieds d'un galbe très étiré terminés par quatre petits sabots en bronze ciselé et doré. Attribuée à Jean-François Oeben (1721-1763), reçu maître en 1761. Époque Louis XV, vers 1760. H 74,5, L 58,5, P 37 cm. Jean-François Oeben est défini par Pierre Kjellberg dans son ouvrage sur « le mobilier français du XVIIIe siècle » comme l'un des plus grands ébénistes parisiens de la seconde moitié du XVIIe siècle. Il est remarquable à plus d'un titre, par l'harmonie, la finition parfaite de ses meubles et par la beauté de sa marqueterie. Allemand d'origine, Jean-François Oeben a été actif une quinzaine d'années. Il arrive a Paris vers 1742-1745. Grâce à son talent, il est mentionné, dès 1751, dans les galeries du Louvre et à partir de 1754, il demeure aux Gobelins puis à l'Arsenal. Parallèlement, il est nommé Ébéniste du roi puis Ébéniste-mécanicien du roi. Il comptait parmi ses clients la haute noblesse française, telle que la Marquise de Pompadour et des membres de la famille royale. Sa production est d'une grande homogénéité et la facture de ses meubles est très particulière, ce qui facilite les attributions. Travaillant sur les territoires de la Couronne, il n'était pas obligé d'être reçu à la maîtrise et d'apposer son estampille sur les pièces quittant son atelier. Parmi les petits meubles, qui constituent la partie prépondérante de la production d'Oeben, figure une grande variété de modèles à écrire. Ils sont souvent d'une invention étonnante, ainsi les tables mécaniques et à transformation, dont le plateau glisse en arrière en découvrant des casiers équipés d'écritoires ou de flacons firent sa réputation. »
bureau380 Photographies 3 et 4 : « Bureau plat toutes faces, en placage de palissandre et bois de rose marqueté en feuilles dans des encadrements de filets. La ceinture de forme chantournée ouvre bureaudetail par trois tiroirs et en simule trois sur le côté opposé. Il repose sur quatre pieds cambrés se terminant par des sabots. Riche ornementation de bronzes ciselés et dorés tels que chutes d'angles, poignées de préhension, écoinçons, lingotière à agrafes et sabots. Dessus de cuir brun à vignettes dorées aux petits fers. Estampille LARDIN, Andre-Antoine Lardin (1724-1790), reçu maître le 1er juillet 1750. Époque Louis XV. H 79, L 193, P 100 cm. André-Antoine Lardin avait tout d'abord établi son atelier rue de Charenton à l'enseigne du "Bois de Boulogne ", puis déménagea quelques années plus tard rue Saint-Nicolas. Son oeuvre témoigne de la très grande diversité de sa production. En effet, il réalisa de nombreux meubles d'Époque Louis XV privilégiant les placages de bois de rose et de violette marquetés en feuilles dans des encadrements de palissandre. Sous le règne de Louis XVI, il continua une production simple, mais élégante, dont certaines réalisations, notamment marquetées, suggèrent une collaboration avec certains de ses confrères. » Dessus est posé un « cartonnier en bois de placage de palissandre et bois de rose de forme chantournée ». Il « ouvre par sept tiroirs, tous gainés de cuir brun, décorés de vignettes dorées aux petits fers. Époque Louis XV ».
Photographie 5 : Psyché du XIXe siècle « en acajou et placage d'acajou à décor d'incrustation de filets de laiton doré. » Le fronton est « en chapeau de gendarme », et « les montants en colonnes détachées à cannelures garnies de laiton doré surmontés de pommes de pin et terminés en toupies. » Elle repose sur un piétement à enroulement. psyche

Par La Mesure de l'Excellence
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 09:50

Lorrain Ostie300gd Photographie 1 : Paysage avec l’embarquement de sainte Paule à Ostie de Claude Lorrain (vers 1600 – 1682). 1639-1640. Huile sur toile de 211 x 145 cm. Madrid, Museo Nacional del Prado. © Museo Nacional del Prado.

Les Galeries nationales du Grand Palais à Paris présentent du 9 mars au 6 juin 2011 une exposition organisée par la Rmn (Réunion des musées nationaux), intitulée : Nature et idéal : le paysage à Rome 1600–1650 Carrache, Poussin, Le Lorrain …
La peinture de paysage est un art particulièrement florissant dans l'Europe du XVIIe siècle qui s'adonne à un  certain hédonisme pictural. Le foisonnement des natures mortes en est un autre exemple : bouquets de fleurs, paniers de fruits, tables approvisionnées etc. Certains artistes se spécialisent dans cette peinture où on cherche à figer l'émotion épicurienne de l'instant et des sens volatils. A cette époque des libertins, nombres de peintures et autres gravures représentent les cinq sens sous la forme de métaphores, avec par exemple une dame à sa table de toilette pour représenter la vue, un jardin pour l'odorat, une table achalandée pour le goût, des musiciens pour l'ouïe, un baiser pour le toucher.
Parfois le paysage est le sujet même de la peinture. Il peut être très humanisé comme dans L’embarquement de sainte Paule à Ostie (photographie 1) de Claude Lorrain (1600-1682) dominé par l'architecture. Ce qui surprend surtout c'est la lumière qui se dégage des paysages de cet artiste. Celle-ci en est le plus souvent le thème majeur, le personnage principal. Dans cette peinture les couleurs de l'arc-en-ciel se déploient de bas en haut dans la profondeur des formes pour se centraliser dans la lumière même du soleil d'où tout semble venir et aller.

Photographie 2 : Paysage avec les funérailles de Phocion de Nicolas Poussin (1594 – 1665). 1648. Huile sur toile. 117.5 x 178 cm. Collection particulière. © National Museum of Wales, Cardiff.

PoussinPhocion500 Les personnages, même mythiques ou héroïques, peuvent ne devenir qu'une composante du paysage comme dans le tableau de Nicolas Poussin (1594-1665) représentant les funérailles de Phocion. Mais le lieu est ici très humanisé avec ses routes, sa ville, ses activités humaines, et la mort autre résultante de la vie qui bien que d'un grand personnage n'a que la faveur d'un premier plan parmi les multiples petites scènes actives ou immobiles qui forment l'harmonie du tableau à la manière de notes de musiques sur une portée, dans une manière particulière à Nicolas Poussin, dont on cherche dans la peinture vainement le secret de cette ordonnance à la manière qu'on le fait de celle de la vie. Le paysage c'est cela : le mystère de la création ou de la vie de l'homme dans son environnement. Ajoutons quelques mots sur Phocion (402 - 318 av. J.-C.). Plutarque  écrit qu'avant de boire la cigüe, celui-ci constate qu'un de ceux condamnés avec lui se lamente. « Et alors, dit le grand homme, tu n’es pas content de mourir avec Phocion ? » (voir ici la Vie de Phocion d'après Plutarque). Cette anecdote dénote un humour qui couronne sa sagesse. Malgré sa réputation d'homme vertueux, Cornélius Népos nous explique en 34 avant J.-C. : « La haine de la multitude contre lui fut si forte, qu’aucune personne libre n’osa lui rendre les derniers devoirs. Il fut donc enseveli par des esclaves. » (Wikisource). C'est cet épisode qui est décrit dans cette peinture de Nicolas Poussin, dans une atmosphère où, avec subtilité et sensibilité, est expliqué comment la mort, ou la vie, emporte même l'homme vertueux. Pourtant la vertu dans ce  dernier renoncement laisse une 'impression' qui est celle de ce tableau : un paysage où chaque chose et chaque être ont leur fonction dans l'instant. C'est peut-être cette compréhension qui est la vertu.

Dans la peinture suivante qui est aussi de Nicolas Poussin : Bacchanale à la joueuse de guitare, le paysage est en second plan, la scène bacchique étant le sujet principal. On note de façon plus explicite ce que j'ai dit sur l'harmonie propre à ce peintre, avec les personnages, les formes et les couleurs qui sont autant de notes picturales sur la portée musicale de ce tableau où la guitare accompagne les rythmes dionysiaques que le vin suscite.
poussinBacchanale500 Photographie 3 : Bacchanale à la joueuse de guitare de Nicolas Poussin, datant de vers 1627-1630. Il s'agit d'une huile sur toile de121 x 175 cm conservée à Paris, au Département des Peintures du Musée du Louvre. © service presse Rmn-Grand Palais / Daniel Arnaudet.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : Expositions
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 26 janvier 2011 3 26 /01 /Jan /2011 22:32

cafedeparisplanlarge650 Photographies : Café de Paris sur le boulevard des Italiens. Illustration provenant de la revue La Mode datant de 1837. Ouvert au mois de juillet 1822 à Paris, ce café est situé à côté du Café Tortoni célèbre au temps des merveilleuses et des incroyables. Le Café de Paris est fréquenté notamment par des artistes comme George Sand et Alfred de Musset.
cafedeparis300 J'ai écrit un précédent article sur les cafés parisiens à partir d'une gravure que j'ai achetée à Drouot représentant le Café Royal d'Alexandre : Les cafés de Paris en 1787. J'ai découvert depuis une estampe (cliquer ici) peignant un incendie de hautes coiffures au Café Royal d'Alexandre  qui présente une femme avec sur la tête une volumineuse composition qui prend feu lorsqu'elle passe sous un lustre. Le jeune homme qui l'accompagne a lui aussi une chevelure élevée de même que la personne derrière le comptoir. Le Café Royal d'Alexandre doit donc être à l'époque de cette mode un lieu de rendez-vous des petits maîtres. Comme nous l'avons vu dans l'article précédemment cité, cet endroit a de très hautes portes et est spacieux, assez pour accueillir ces élégants.

Aujourd'hui, sur la devanture principale du Café Procope, un médaillon en marbre indique : « ~ Café Procope ~ ici Procopio dei Coltelli fonda en 1686 le plus ancien café du monde et le plus célèbre centre de la vie littéraire et philosophique au 18e et au 19 e siècles. Il fut fréquenté par La Fontaine, Voltaire, les Encyclopédistes, Benjamin Franklin, Danton, Marat, Robespierre, Napoléon Bonaparte, Balzac, Victor Hugo, Gambetta, Verlaine, et Anatole France. » Ce café est le plus ancien subsistant de Paris, peut-être d'Europe si ceux d'Autriche, d'Angleterre n'existent plus ; et du monde si on considère que ce genre est né en Europe. Seulement cette mode nous vient d'Orient. La plante produisant le café provenant d'Éthiopie et la boisson qui l'utilise s'étant répandue depuis le Yémen jusqu'en Turquie bien avant de s'implanter en Europe, peut-être reste-t-il de ces lieux de réunion plus anciens dans ces contrées.

L'histoire des cafés parisiens est encore très présente dans Paris. L'un des plus anciens, le Procope, fondé vers 1684 est toujours en activité. Il en reste beaucoup d'autres rappelant la vie artistique et littéraire française, des modes et des usages, de véritables îlots de culture témoins de moments importants de la vie sociale parisienne, depuis les cafés des Lumières, en passant par le Café de la Paix sur les boulevards (XIXe siècle) ; les cafés de Montparnasse durant les années folles et les surréalistes (début XXe) avec La Closerie des Lilas, La Rotonde ou La Coupole ; Les Deux Magots et le Café de Flore dans le quartier Saint-Germain particulièrement virulents au temps des existentialistes (après guerre, années 50) …
procope650 Photographies du dessus : Extérieur du Café Procope du côté du passage couvert et intérieur.
cafedelapaixinterieurexterieur Photographies du dessus : Café de la Paix sur le boulevard de la Madeleine, intérieur et extérieur.
larotondelacoupole640 Photographies du dessous : Cafés de Montparnasse avec La Rotonde et La Coupole.


CafeStGermain600 Photographies du dessus : Cafés de Saint-Germain avec le Café de Flore et Les Deux Magots.

Et puis à côté de chez moi il y a Le Café Charbon dans le quartier Oberkampf ; peut-être un 0824charboninterieurpeinturea300 reliquat des endroits populaires et festifs auvergnats des XIXe et XXe siècles devenus très à la mode dans le dernier tiers du XXe siècle dans des rues comme celles de Lappe et d'Oberkampf ou bien une reconstitution (si quelqu'un a des informations précises ?).
Photographies : A gauche, intérieur du Café Charbon, avec ses décorations de style ou réellement du XIXe siècle. Au dessous, extérieur du café. elegantesaunou0608veaucasinojuinfloue1300

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

RégiePub collaborative

guide-entretien-reliure

Présentation

Syndication

  • Flux RSS des articles

A savoir

PLUS DE 300 ARTICLES PUBLIES, PLUS DE 180000 VISITEURS UNIQUES...

 
Pour recevoir gratuitement par courriel la
LETTRE D'INFORMATION régulièrement, faites parvenir votre adresse électronique à:
lamesure@lamesure.fr  

 

DROIT D'AUTEUR

Les textes, les photographies et les vidéos de ce blog sont protégés. LM autorise les autres à reproduire, distribuer et communiquer cette création au public en échange de :
-         Ne pas modifier le contenu pour créer une œuvre dérivée ;
-         Ne pas utiliser cette création à des fins commerciales - à moins qu'ils n'obtiennent notre autorisation ;
-         Toujours citer la source et son adresse
www.lamesure.org ...

Copyright La Mesure de l'Excellence et Le Menn Richard

COPYRIGHT

You are free to copy, distribute, display, and perform the work under the following conditions :
- You must give the original author credit.
- You may not use this work for commercial purposes.
- You may not alter, transform, or build upon this work.
- You must indicate the source : www.lamesure.org ...
Any of the above conditions can be waived if you get permission from the copyright holder.

LE BILAN MENSUEL. Au mois d'octobre, ce sont 4110 visiteurs uniques et 7490 pages vues. Si vous souhaitez voir les statistiques de l'administration du blog, cliquez ici. Date de création du blog : 11 avril 2007. Nombre d'articles publiés : 316 (dont 313 de LM). Nombre de visiteurs uniques (au 31/10/11): 188717. Nombre de pages vues (au 31/10/11): 363403.

Il y a actuellement 8 personne(s) sur ce blog

PROPOSEZ VOS ARTICLES


JE SUIS A LA RECHERCHE DE COLLABORATIONS
N’HESITEZ PAS A ME CONTACTER: lamesure@lamesure.fr 

Recommander

Informations

PAGERANK DE LM
PageRank Actuel


La plupart des réalisations internet de LM sont faites à partir de
LOGICIELS LIBRES

 

 

La-Mesure80.jpg

Copyright © 2007 - 2011
La Mesure de l'Excellence
L
e Menn Richard

Tous droits réservés


lesamusementsdeparisreliurefacedetaila300lll

EN CHANTIER !

     
lamesure.org

  Est-ce que quelqu'un sait comment intégrer un moteur de recherche sans pub ??

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés