Mercredi 20 juillet 2011 3 20 /07 /Juil /2011 20:15

IngresPortrait300 Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) a légué à Montauban, sa ville natale, un corpus de centaines de ses dessins que le musée de cette ville complète d'autres acquisitions, conserve et étudie … recherches qui permettent non seulement d'avoir connaissance des techniques employées par l'artiste mais aussi d'appréhender la conservation d'un papier qui se transforme beaucoup dans la première moitié du XIXe siècle, se fragilisant du fait des nouveaux procédés de fabrication utilisés pour une diffusion à plus grande échelle et à moindre coût. L'exposition Ingres / Secrets de dessins, qui se déroule jusqu'au 6 novembre au musée Ingres de Montauban (voir la vidéo ici), témoigne du type de recherches que l'on peut faire afin de mieux connaître l'oeuvre d'un artiste ; et offre des clés utiles d'expertise pour les collectionneurs et les professionnels tout en éduquant les néophytes. Et puis cette exposition nous rappelle qu'Ingres est un témoin important de la vie de son époque comme le montre cette série de portraits d'hommes : un inconnu (vers 1797) - Jean-François Gilibert (vers 1804/05) - François-Marius Granet (en 1807) - Edme Bochet - Jean-Pierre Cortot (sculpteur) ; et de portraits de femmes : les deux soeurs Harvey (vers 1804) - Mademoiselle Caroline Rivière - Marie-Louise Bénard (en 1819) -  Louise de Broglie (contesse d'Haussonvilleen, en 1845) - princesse de Broglie (vers 1851-1853). 
Photographie 1 : Portrait de Madeleine Chapelle : la première femme de l'artiste. Celle-ci est habillée à la mode de vers 1813 : la capote a une haute calotte alors que la visière se rétrécit par rapport à précédemment (voir à ce sujet l'article intitulé La petite maîtresse invisible) ; la robe garde la forme de la tunique 'à l'antique' avec une taille très haute (en dessous des seins), mais la poitrine est entièrement couverte, et une fraise autour du cou rigidifie un peu plus la silhouette plus libre avant (poitrine et cou découverts) ; mais le corset n'est toujours pas de rigueur. Le papier utilisé pour ce dessin paraît assez moderne pour l'époque. Il ne semble pas être vergé et sa qualité assez médiocre comme le prouvent les nombreuses taches dont les origines peuvent être multiples : comme le contact avec un verre ou un carton de mauvaise qualité, mais qui sont souvent dues en particulier à la qualité du papier employé. Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle le papier est fabriqué à partir de chiffons. Ingresfiligrane Il est dit 'vergé' car laissant apercevoir en transparence les lignes formées au contact des vergeures (horizontales) et des chaînettes (verticales) qui composent le tamis avec lequel est fabriqué le papier. Puis de nouvelles techniques apparaissent qui vont beaucoup évoluer au XIXe siècle. Non seulement la matière du papier change avec l'utilisation de fibres végétales comme le bois et de nouvelles colles mais aussi sa fabrication à partir de machines de plus en plus sophistiquées. © Photographie Musée Ingres de Montauban.
Photographie 2 : Image en transparence d'un papier chiffon utilisé par l'artiste, avec les caractéristiques du papier vergé que j'ai évoquées dans la description de la première photographie, et le filigrane. Les filigranes sont rendus obligatoires en France dès la fin du XIVe siècle et au début du XVe. Le papetier forme avec du fil de laiton sur le tamis le dessin de sa 'maison'. La feuille produite (dont la grandeur fait généralement un double in-folio) est ensuite découpée selon les usages. Le papier d'une gravure ne contient donc pas obligatoirement de filigrane. Chaque papeterie ayant sa 'marque' qui évolue avec le temps : le filigrane devient un élément important de datation d'un papier et par là d'un dessin ou d'une gravure. Mis en juxtaposition avec toutes les autres données il peut permettre une expertise précise. © Photographie Musée Ingres de Montauban.

© Article LM

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : Expositions
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 18 juillet 2011 1 18 /07 /Juil /2011 21:07

robeGres300 Photographie d'une robe de Madame Grès. © Musée Galliera.
Le musée de la Mode (musée Galliera) possède un fonds riche de 90 000 pièces qu'il conserve et expose. La charmante équipe qui le constitue propose en ce moment deux évènements particulièrement intéressants dans leur mise en scène. L'un se déroule au Grand-Trianon de Versailles. Deux articles de mon blog lui sont consacrés : Le XVIIIe au goût du jour  et Le bon goût à nouveau de mode ? La seconde exposition a lieu jusqu'au 28 août 2011 au musée Bourdelle à Paris et s'intitule : Madame Grès, la couture à l'oeuvre au musée Bourdelle. Des vêtements, des dessins et des photographies présentent l'oeuvre de la créatrice parisienne de haute couture Madame Grès (1903 - 1993) au milieu de sculptures d'Antoine Bourdelle (1861 – 1929). Les robes de cette artiste incarnent un idéal féminin et rappellent le classicisme des tuniques des femmes grecques et romaines, où la beauté s'exhibe avec pudeur et féminité dans la délicatesse des tissus et la justesse des plis qui soulignent le corps et son mouvement dans une séduction à chaque instant renouvelée.

© Article LM

 


Madame Grès - La couture à l'œuvre par paris_musees

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 13:38

AfficheExpoMmeGeoffrin300 Jusqu'au 24 juillet 2011, la maison de Chateaubriand de  Châtenay-Malabry  accueille une exposition intitulée  Madame Geoffrin, une femme d'affaires et d'esprit.
Mme Marie-Thérèse Rodet Geoffrin (1699 – 1777)  est connue pour le salon qu'elle tient dans son hôtel particulier de la rue Saint-Honoré, où elle accueille dans le second tiers du XVIIIe siècle de nombreuses personnalités en particulier des Lumières. Cette exposition présente plus de 400 oeuvres baignant le visiteur dans cette atmosphère à la pointe de la modernité d'une époque avec en particulier : « un portrait inédit de madame Geoffrin peint par Allais (1747), un portrait inédit de madame de Rambouillet (1646) attribué à Philippe de Champaigne, une pendule ayant appartenu à Diderot, un somptueux service en porcelaine de Vienne offert par l’impératrice Marie-Thérèse à madame Geoffrin, des lettres échangées avec le roi de Pologne, Catherine II, Marie-Thérèse..., des tableaux provenant de ses collections, des œuvres dont madame Geoffrin aimait s’entourer, des tableaux de François Boucher, Claude-Nicolas Cochin, Joseph Vernet, Carle Van Loo, aujourd’hui conservés essentiellement en collections privées ... » … que du beau monde !!
A cette époque madame Geoffrin occupe le devant de la scène des salons qui contribuent à répandre  la philosophie des Lumières. Elle s'inscrit parmi les grands protecteurs des arts et des sciences  dont les sociétés se donnent en dehors de la Cour et dont je parle dans mon article intitulé Les précieuses et les femmes de lettres.  « Aidée dans son entreprise par une fortune confortable que lui procurent ses actions à la Manufacture royale des Glaces, elle crée un cercle qui séduit tous les beaux esprits du temps et connaît un succès au-delà de ses espérances. Au fil des presque quarante années de son existence, ce salon est devenu une véritable institution du XVIIIe siècle européen.
AfficheExpoMmeGeoffrindetail300 Madame Geoffrin y recevait le roi de Pologne Stanislas-Auguste Poniatowski, Diderot, Helvétius, Marivaux, Fontenelle, Voltaire, l’abbé Guillaume Thomas François Raynal (auteur d’une Histoire philosophique des Indes), Jean-Charles Philibert Trudaine de Montigny, le baron d’Holbach, Montesquieu, Sébastien Roch Nicolas Chamfort, Jean-François de La Harpe, Jeanne-Antoinette Poisson, comtesse d’Étioles puis marquise de Pompadour et maîtresse de Louis XV, Bernard-Joseph Saurin et Claude-Henri Watelet, Jean le Rond d’Alembert, Anne Léon de Montmorency-Fosseux, David Hume, Edward Gibbon et Horace Walpole... Correspondant avec Catherine II, l’impératrice Marie-Thérèse et plus encore avec Stanislas-Auguste Poniatowski, élu roi de Pologne en 1764, elle fait en 1766 un voyage à Varsovie qui lui octroie une renommée européenne. Elle est reçue à l’étranger comme une tête couronnée. À Vienne, elle accepte d’être l’ambassadrice de l’impératrice afin de promouvoir en France la renommée de celle que l’on destine au Dauphin, Marie-Antoinette. En remerciement, elle reçoit un somptueux service en porcelaine de Vienne, qui sera présenté pour la première fois au public ainsi que le grand surtout de glace commandé par madame Geoffrin afin de pouvoir présenter cette précieuse vaisselle dignement sur sa table. À lui seul, la présence dans l’exposition de ce service d’origine impériale constitue un véritable événement. »
Photographies : Affiche de l'exposition.

© Article LM

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : Expositions
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 17:27

grandtrianon650 Photographie ci-dessus : Cour d'honneur du Grand Trianon de Versailles construit par l'architecte Jules Hardouin-Mansart. Photographie LM.
robealafrancaise-copie-1 Photographies suivantes d'après © EPV / J-M Manaï, C Milet, de vêtements de l'exposition appartenant aux collections Galliera avec :
1- Dos d'une robe à la française de vers 1750-1760. « Cannetillé de soie broché polychrome, lames or et argent. »
2 - Habit de vers 1750-1760. : « Taffetas changeant, broderies au point de chaînette, fils de soie dégradé de bleus, décor brodé à disposition. »
3 - Dos de caraco et jupe de vers 1785.  « Gros de Tours en soie rayé bordé d’un ruban. »
4 - Caraco et jupe de vers 1780 – 1785.  « Taffetas de soie matelassé. »
Le château de Versailles présente dès aujourd'hui et jusqu'au 9 octobre 2011 une exposition intitulée Le XVIIIe au goût du jour. Celle-ci occupe presque entièrement le Grand Trianon. Dans ses appartements sont présentés des vêtements et quelques objets de mode du siècle des Lumières et des créations s'inspirant de ce style depuis le XIXe jusqu'à aujourd'hui, tout cela dans un bijou architectural du XVIIe décoré de vraiment splendides peintures du temps de Louis XIV et de meubles d'époque Empire.
habit-copie-1 Le goût est un élément important de la mode française … et en particulier le « bon goût » qui s'accorde très bien avec la nouveauté et la création dans ce mouvement des apparences et du changement.
Vers 1715 la robe volante ou 'battante' fait scandale lit-on sur le site des Arts décoratifs de Paris : « en raison de son inspiration issue des tenues d’intérieurs portées dans l’intimité comme la robe de chambre ». La 'robe à la française' lui succède. A cette époque et pendant tout ce siècle le vêtement masculin est principalement celui de 'l’habit à la française' composé de l’habit, du gilet et de la culotte. Evidemment il change en fonction des modes.
Dans le dernier tiers du XVIIIe « les formes se diversifient très rapidement et l’on voit apparaître la robe à la polonaise, à la circassienne, à la turque, à la levantine… toutes influencées par un exotisme plus ou moins lointain. Mais l’une des modes les plus scandaleuses est initiée par la reine elle-même. A la recherche de confort et de simplicité, Marie-Antoinette adopte à partir de 1778 une robe chemise de coton blanc qui évoque les pièces de lingerie et se fait représenter dans cette tenue en 1783 par madame Vigée-Lebrun [voir ici]. Le tableau est alors vivement critiqué lors du salon de la même année. » (Arts décoratifs).
caracoetjupejaunes A la fin du XVIIIe  on souhaite plus de commodité dans la mise. On emprunte au peuple l'usage du caraco.
Les iconographies découvertes lors de fouilles archéologiques inspirent les merveilleuses et les inconcevables qui se vêtissent 'à l'antique' : dénudées en partie, habillées de tuniques simples et transparentes à la taille haute (juste au dessous de la poitrine). Elles abandonnent le corset (corps à baleines) et portent parfois les cheveux courts. L'époque de transition de la Révolution permettra de mettre au goût du jour ces nouveautés.
Le siècle suivant, qui voit l'avènement à nouveau de la monarchie, reprend des codes vestimentaires de l'ancien régime, comme l'usage du corset et de robes décorées de rubans, de colifichets et de falbalas qui s'élargissent de plus en plus grâce à de nombreux jupons puis à la crinoline dont la crinoline 'cage' marque l'apothéose (voir un remarquable exemple ici) durant le second empire (1852-1870). 
caracoetroberouges Avec l'avènement de la troisième république (1870-1940) la robe s'affine largement pour ne garder à la fin du XIXe qu'une tournure dans le dos et une petite traîne.
Au début du XXe siècle le corset est à nouveau abandonné (mode du couturier Paul Poiret) et l'on s'inspire des inconcevables de la fin du XVIIIe pour créer de nouvelles robes beaucoup plus simples (à l'antique) et pratiques (ce qui était un des leitmotivs de la mode des merveilleuses), en particulier durant les 'années folles' qui sont aussi celles de la couturière Coco Chanel.
Dans l'après guerre Christian Dior crée des robes  'juponnantes' qui redonnent une silhouette marquée aux femmes qui les portent. Mais ce genre d'habillement est surtout l'apanage des robes du soir. Le prêt-à-porter occupe dorénavant une place hégémonique. Seuls certains créateurs comme Yves Saint-Laurent  réussissent à allier la haute-couture à une production assez massive. Mais les silhouettes restent beaucoup plus simples qu'au XVIIIe siècle, l'extravagance se cantonnant surtout aux défilés de mode qui reprennent des codes du siècle des Lumières mais souvent sans que cela ait des répercussions directes sur la mode.
Pour plus d'informations sur cette exposition voir l'article intitulé : Le XVIIIe au goût du jour.

Photographie ci-dessous : Au Grand Trianon. LM
beaumonde

© Article LM

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 5 juillet 2011 2 05 /07 /Juil /2011 21:03

detailtableau Photographie : Détail d'une peinture représentant Marie-Antoinette d'Autriche, reine de France, d’après Marie Louise Elisabeth Vigée - Le Brun.
Le musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon, qui possède une très belle collection de vêtements et de tissus anciens, présente jusqu'au  2 octobre 2011 certains habits du siècle des Lumières dans une exposition intitulée Si le XVIIIe siècle m’était conté ...
robeXVIIIe Photographie : Robe à la française. France, entre 1740 et 1750 (étoffe de 1710-1715). « Lampas fond satin de 8 liseré et broché, latté. Soie. »  © Photographie (+détail) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.
robealafrancaise Photographie : Robe à la Pompadour. France, époque Louis XV. « Satin de 8 chaîne, broderie. Soie. »  © Photographie (+détail) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.
robeblanche Photographie : Robe dite « parée ». France, entre 1780 et 1790. « Pékin liseré : taffetas, taffetas liseré et satin de 8, chaîne. Soie. Broderie : point lancé, de tige, de nœud. Soie, filé  métallique doré, paillettes. »  © Photographie (+détail) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.
habit Photographie : Habit d’homme. France, vers 1790. « Velours coupé simple corps, lancé ou liseré 1 lat, fond taffetas. Soie. Broderie : passé plat et empiétant, point lancé,  couchure. Soie, filé, cannetille et paillettes métalliques dorés, cannetille vernie de rouge.  » © Photographie (+détail) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.
caraco Photographie : Caraco avec gilet brodé. Europe, vers 1790. « Caraco : pékin rayé, ombré : satin de 8 et taffetas. Soie. Veste : pékin : satin de 8 et taffetas. Soie.  » © Photographie (+détail) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.
Ci-dessous des détails d'une broderie de veste d'homme du XVIIIe siècle d'une grande finesse.
boutonsdhabit500 Photographies : Détails au niveau des boutons d'une veste d’homme. France, fin du 18 siècle  « Taffetas calandré (?). Soie. Broderie : paillettes, cannetilles métalliques argentées, verre coloré (strass ?). Application  de broderie en relief, taffetas et tulle, de dentelles. »  © Photographies (+détails) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.

© Article LM

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 1 juillet 2011 5 01 /07 /Juil /2011 12:36

versailles2dames Photographies : A gauche La Marquise de Pompadour (1721-1764) peinte par François Boucher (1703-1770). © Photographie musée du Louvre à Paris. A droite Marie-Antoinette en 1778, en grand habit de cour par Elisabeth Louise Vigée - Le Brun. © Photographie châteaux de Versailles et de Trianon.
versaillesrobes Photographies ci-dessus : Vêtements d'époque du XVIIIe siècle provenant du musée Galliera à Paris. © EPV / J-M Manaï, C. Milet.
versaillesrobedevilleXIXe Photographie de droite : Robe de ville de vers 1850-1853. © © EPV / J-M Manaï, C. Milet.
Le titre de cet article est celui d'une exposition qui promet d'être intéressante car replaçant dans l'actualité contemporaine la mode du XVIIIe siècle. Même si dans nombre de mes articles, et bien que parlant de l'ancien, j'ai essayé de montrer que l'esprit compte plus que la forme, en particulier dans la mode où le renouvellement, le mouvement, l'invention, le style, et la modernité font office de  préceptes, il reste intéressant de constater comment des modes d'autrefois ont continué d'inspirer des créateurs et continuent de le faire. Et puis pourquoi ne pas puiser son inspiration dans ce qui a été fait quand c'est dans notre goût ?
Cette exposition, qui se déroulera du 8 juillet au 9 octobre 2011 dans les appartements du Grand Trianon du château de Versailles (www.chateauversailles.fr), présentera en miroir des costumes et accessoires du siècle des Lumières et une cinquantaine de modèles de grands créateurs des XXe et XXIe : des pièces provenant d'archives de maisons de couture et des collections du musée Galliera.
Photographie de gauche : Vivienne Westwood, collection prêt-à-porter, printemps-été 1990/1991. Vivienne Westwood est aux fondements de la mode vestimentaire punk, mouvement (florissant dans les années 1976-1979) qu'elle contribue avec Malcom McLaren son mari à créer et répandre. Tous les deux sont aussi à l'origine du mouvement post-punk appelé « New Romantic » et de la 'mode pirate' (1979-1983) lui étant associée : celle-ci utilisant des codes vestimentaires anciens en particulier venant du temps des incroyables et merveilleuses. Ce couple anglais est précurseur dans de nombreux domaines : la new-wave (si certains considèrent les New York Dolls comme annonciateurs du punk ils le sont aussi de la new-wave par certaines mises en scène), le punk, la mode pirate, le hip-hop ...  © EPV / J-M Manaï, C. Milet.
Photographie de droite :  Maison Christian Dior, collection haute couture printemps-été 2011. © Détail d'un montage photographique provenant du dossier de presse. versailleshautecouture

© Article LM

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 09:17

1802costumesdebalblancLM300 Photographie : Couple dansant en 1802 avec un mirliflor et une inconcevable.
Il y a un phénomène sur lequel je crois tout le monde est d'accord : c'est que nous bougeons. Le mouvement est à la base de la vie. Les premières théories écrites sur le théâtre et la poésie en général partent de cette constatation. La question est de savoir comment rendre ces rythmes harmonieux ? Comment bouger de manière intelligente : avec cette inspiration, ce 'je ne sais quoi' qui transmet ce plus d'âme … qui donne une âme aux choses … qui transcende … offre cette joie profonde si importante dans l'esprit français … que certains appellent le plaisir ?
Apprécier un rythme cela dépend de beaucoup d'éléments : de la condition dans laquelle on se trouve, de la culture et de l'éducation (expérience de vie) que l'on a, des mouvements vers lesquels tend notre âme etc. Il n'y a donc pas de bons et mauvais rythmes mais des adéquats. Tous ne se mélangent pas. C'est une question de multiplicité des rythmes, ce qui en fait leur richesse. Pour vivre en communauté nous avons besoin qu'un mouvement d'ensemble soit donné. Durant l'Antiquité c'est à travers la fête que cela s'exprime de la façon peut-être la plus exemplaire. Le meilleur des poètes de la cité est choisi pour la guider en composant les danses, les chants et la représentation dans son ensemble, en harmonisant, en chef d'orchestre, toutes les qualités mises en oeuvre. Et puis il y a tous les autres mouvements : individuels, familiaux, amicaux, de travail, religieux, intellectuels etc.
Finissons par la vison poétique d'une promenade dans un jardin grec durant l'Antiquité avec deux philosophes conversant en marchant sous des essences odorantes filtrant doucement un soleil distribuant à tous sa lumière.

Photographie 2 : « Le Temps de l'Après dîner. Délicieux jardins, agréable verdure, / Beaux parterres que Flore enrichit de ses dons, / D'un livre ingénieux souvent sur vos gazons / On se plaît à goûter l'amusante lecture. / Plus vif dans mes plaisirs, pour moi j'aime bien mieux / Accompagner Philis, et lire dans ses yeux / Qu'au fond de vos bosquets un solitaire asile, A nos tendres ardeurs deviendrait fort utile. » Gravure de F. Aveline le fils (François- Antoine Aveline : 1718-1780) d'après Mondon. Cette estampe fait partie d'une série d'Aveline et Mondon qui sont à l'origine de très belles gravures baroques ayant une fantaisie charmante, où les perspectives sont tronquées et le merveilleux subtilement amené dans un style rocaille parfaitement plaisant. Dimensions : 33,5 x 41,2 cm.

© Article LM letempsdelapresmidirecadrelll

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 16 juin 2011 4 16 /06 /Juin /2011 21:57

champselysees18421

champselysees18422

champselysees18423

Photographies : Estampe de 16,2 x 25,5 cm (feuille entière) intitulée : 'Les Champs Élysées.' avec pour signatures : d'après « Eugene Lami », gravée par « Chas. [pour Charles] Rolls. » Au dessous est indiqué « Aubert & Comnie. Place de la Bourse, Paris, Octobre 1, 1842. »
Eugene Lami (1800-1890) a produit notamment des dessins et peintures représentant la vie mondaine parisienne en particulier durant le règne de Louis-Philippe d'Orléans (roi des Français de 1830 à 1848) puis sous la présidence (1848) et le règne (1852-1870) de Napoléon III. Voici quelques liens vers certains de ses tableaux :
La Sortie de l'Opéra de la rue Le Peletier, 1835 (tableau inachevé) ;
Entrée de la duchesse d'Orléans dans le jardin des Tuileries à Paris, le 4 juin 1837 ;
Concert donné dans la galerie des Guise au château d'Eu, le 4 septembre 1843 ;
Réception en l'honneur de la reine Victoria et du Prince Albert au château d'Eu le 3 septembre 1843 ;
Visite de la reine Victoria à Paris en 1855.

© Article LM

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 9 juin 2011 4 09 /06 /Juin /2011 09:56

 

18172 En 1817 règne Louis XVIII. Le dandysme est à l'état de prémisse en France. C'est l'époque des beaux, fashionables, gandins et des tenues à l'élégance militaire des mirlflors, calicots ... La photographie représente deux fashionables de 1817 provenant de deux planches du Journal des Dames et des Modes.

© Article LM

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 6 juin 2011 1 06 /06 /Juin /2011 08:54

lachercheusedespritacteur300l lachercheusedesprittitre300ll Il a déjà été fait mention dans des articles de ce blog aux notions de goût et d'esprit :
Académies - Avoir de l'esprit ; Le bon goût ; Sur Le bon ton & le bon genre . Ce sont des éléments majeurs de la vie sociale et culturelle française des XVII et XVIIIe siècles.
Photographies : La Chercheuse d'Esprit, Opéra Comique. " De Monsieur Favart. Représenté pour la première fois, le [?] Février 1741. Avec le Compliment prononcé à la clôture du Théâtre, & les Airs notés. Le prix est de vingt-quatre sols. A Paris, Chez la Veuve Allouel, au milieu du Quay de Gêvres, à la Croix Blanche. 1741. Avec Approbation & Privilège du Roi. - Paris. Veuve Allouel. 1741. " On peut lire la pièce ici.
Dans cette oeuvre de Charles-Simon Favart (1710-1792), Monsieur Subtil veut se marier avec Nicette une jeune fille que sa mère (Mme Madré) dit être sans esprit. Nicette part donc en quête d'esprit. Elle trouve M. Narquois qui se vente d'avoir été obligé de quitter Paris parce qu'en ayant trop. Il lui demande : « … mais de quel espèce d'esprit voulez-vous, car il y en a de plusieurs sortes ? - NICETTE. Dame, je veux du meilleur. - M. NARQUOIS. De cet esprit, chef d'oeuvre de l'art, brillanté par l'imagination, et rectifié par le bon sens ? » M. Narquois ne pouvant rien pour elle, elle rencontre M. L'Éveillé qui se sert de son esprit pour duper. Il commence par lui faire des avances mais sa future femme arrive. Elle suggère à Nicette d'aller chercher de l'esprit ailleurs : auprès d'Alain, le fils de M. Narquois, aussi benêt qu'elle, et que la mère de Nicette souhaite épouser. Les deux jeunes personnes trouvent ainsi l'amour en cherchant à avoir de  l'esprit. Les parents ayant peur qu'ils en aient davantage décident de les marier.
lachercheusedespritpartition3decoupe400l « FINETTE.
Chaque esprit a bien son usage ;
L'esprit fin est un séducteur
L'esprit savant a pour partage
Souvent moins de bien que d'honneur,
L'esprit brillant fait grand tapage ;
Mais l'esprit doux va droit au coeur. »
Dans son ouvrage intitulé Le Temple du Goût, M. de Voltaire (1694-1778) dépeint une promenade avec des amis vers l'édifice où se trouve le dieu du Goût. Sur un ton badin il y décrit les rencontres qu'il y fait ou pas de tous les prétendants à y être. Sa critique touche aussi bien certains de ses contemporains que des auteurs et artistes plus anciens, en particulier du siècle qui le précède : le XVIIe français qui définit le goût avec passion notamment à travers sa langue, son art et sa littérature. Voltaire décrit ce temple :
« Simple en était la noble architecture;
Chaque ornement, à sa place arrêté,
Y semblait mis par la nécessité:
L'art s'y cachait sous l'air de la nature
L'oeil satisfait embrassait sa structure,
Jamais surpris, et toujours enchanté. »
En son temps, M. de Voltaire est un des représentants de ce goût du XVIIIe siècle français. La vision qu'il en a est donc intéressante. Elle se démarque de celle de Jean-Jacques Rousseau ou d'autres auteurs qui, au XVIIe siècle, donnent pourtant à l'art et à la langue de France toute leur virtuosité … Cet ouvrage se termine par ces mots du dieu du Goût :
« Adieu, mes plus chers favoris:
Comblés des faveurs du Parnasse,
Ne souffrez pas que dans Paris
Mon rival usurpe ma place.
Je sais qu'à vos yeux éclairés
Le faux goût tremble de paraître;
Si jamais vous le rencontrez,
Il est aisé de le connaître:
Toujours accablé d'ornements,
Composant sa voix, son visage,
Affecté dans ses agréments,
Et précieux dans son langage,
Il prend mon nom, mon étendard;
Mais on voit assez l'imposture,
Car il n'est que le fils de l'art;
Moi, je le suis de la nature. »
letempledugouttitretransparent300l Cette idée du goût développée par M. Voltaire s'inscrit dans celle des Lumières qui trouve sa science dans la nature même et non pas dans l'artifice de l'art. Cette nouvelle optique du parti philosophique, dont les encyclopédistes sont des représentants, basée sur la connaissance concrète, façonne jusqu'à aujourd'hui le 'goût' qui s'appuie essentiellement sur les sciences et la logique : de l'observation de la nature, laissant peu de place à la rêverie et à la fantaisie, annonçant une aire 'pragmatique' et bourgeoise qui en refusant l'ignorance n'a fait que mettre en valeur la sienne propre.
Le texte de Voltaire est visible ici ou ici.  Il a donné lieu à des comédies ayant le même titre jouées dès la même année, comme celle-ci.
Dernière photographie : Le Temple du Goût, Comédie. " A La Haye, par la Compagnie. 1733. " Il s'agit d'une parodie de l'ouvrage de Voltaire du même nom, où le protagoniste se rend au temple du goût. Avant d'y arriver il est confronté aux faux goûts. Dans le temple sont représentés les écrivains, peintres musiciens et autres artistes étant dignes selon l'auteur d'être placés dans cet édifice. Dans l'avertissement de l'édition de Beuchot, on peut lire au sujet de cette comédie : « Voltaire, dans sa lettre à Thieriot, du 9 février 1736, attribue cette comédie à Delaunay; mais elle est de l'abbé d'Allainval. Quoique portant l'adresse de la Haye, elle avait été imprimée à Mantes, chez Tellier, qui, quelques années auparavant, avait été condamné au carcan par coutumace, pour avoir imprimé les Nouvelles ecclésiastiques. Lorsqu'il eut obtenu sa grâce, les jésuites lui firent imprimer la comédie antijanséniste intitulée la Femme docteur, afin, lui dirent-ils, de réparer le mal qu'il avait fait par l'impression des Nouvelles ecclésiastiques. Dans la comédie de d'Allainval, Voltaire figure sous le nom de Momus; un personnage appelé Kafener est évidemment Falkener, à qui est dédiée Zaïre; voyez tome Ier, du Théâtre. Beaucoup d'épigrammes furent lancées contre le Temple du Goût. Boindin, qui se reconnut dans Bardus ou Bardou, avait aussi fait une comédie qu'il intitula Polichinelle sur le Parnasse, et qu'il lut en plein café …. »

© Article LM

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : Les Mesures
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

RégiePub collaborative

guide-entretien-reliure

Présentation

Syndication

  • Flux RSS des articles

A savoir

PLUS DE 300 ARTICLES PUBLIES, PLUS DE 180000 VISITEURS UNIQUES...

 
Pour recevoir gratuitement par courriel la
LETTRE D'INFORMATION régulièrement, faites parvenir votre adresse électronique à:
lamesure@lamesure.fr  

 

DROIT D'AUTEUR

Les textes, les photographies et les vidéos de ce blog sont protégés. LM autorise les autres à reproduire, distribuer et communiquer cette création au public en échange de :
-         Ne pas modifier le contenu pour créer une œuvre dérivée ;
-         Ne pas utiliser cette création à des fins commerciales - à moins qu'ils n'obtiennent notre autorisation ;
-         Toujours citer la source et son adresse
www.lamesure.org ...

Copyright La Mesure de l'Excellence et Le Menn Richard

COPYRIGHT

You are free to copy, distribute, display, and perform the work under the following conditions :
- You must give the original author credit.
- You may not use this work for commercial purposes.
- You may not alter, transform, or build upon this work.
- You must indicate the source : www.lamesure.org ...
Any of the above conditions can be waived if you get permission from the copyright holder.

LE BILAN MENSUEL. Au mois d'octobre, ce sont 4110 visiteurs uniques et 7490 pages vues. Si vous souhaitez voir les statistiques de l'administration du blog, cliquez ici. Date de création du blog : 11 avril 2007. Nombre d'articles publiés : 316 (dont 313 de LM). Nombre de visiteurs uniques (au 31/10/11): 188717. Nombre de pages vues (au 31/10/11): 363403.

Il y a actuellement 8 personne(s) sur ce blog

PROPOSEZ VOS ARTICLES


JE SUIS A LA RECHERCHE DE COLLABORATIONS
N’HESITEZ PAS A ME CONTACTER: lamesure@lamesure.fr 

Recommander

Informations

PAGERANK DE LM
PageRank Actuel


La plupart des réalisations internet de LM sont faites à partir de
LOGICIELS LIBRES

 

 

La-Mesure80.jpg

Copyright © 2007 - 2011
La Mesure de l'Excellence
L
e Menn Richard

Tous droits réservés


lesamusementsdeparisreliurefacedetaila300lll

EN CHANTIER !

     
lamesure.org

  Est-ce que quelqu'un sait comment intégrer un moteur de recherche sans pub ??

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés