La Mode

Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 06:43

costumehabillemaisnondetiquette300 Le costume costumehabillemaisnondetiquette400 habillé est une tenue masculine de grande toilette, c'est à dire particulièrement soignée et recherchée. L'habit d'étiquette est une grande toilette qui suit des codes précis qui définissent une condition sociale importante de celui qui le met ou l'importance du lieu où il se porte. Celui d'apparat est rare et se revêt lors de moments d'éclat ou de grande pompe.
Photographies 1 et 2 : Planche 448 de l’an XI (1802) du Journal des Dames et des Modes, fondé à Paris en 1797, ayant pour titre : « Costume Habillé, mais non d'Étiquette » Au dessous, entre parenthèses, est indiqué : « le Chapeau et l'Épée se trouvent à droite par l'inadvertance du Graveur) » A cette époque, la culotte assez courte et le bas de soie sont encore des éléments du costume d'étiquette. Au XIXe siècle, le noir va de plus en plus en être aussi. Cette gravure est importante pour d'autres raisons : le grand bicorne, la coupe de cheveux courts et bouclés sur le devant, un usage de la dentelle provenant des générations précédentes, la cravate haute … enfin des éléments alliant une grande modernité à des codes un peu plus ancien : un mélange du dandysme naissant et du muscadin passé. Cela donne le mirliflor. On peut comparer cette gravure à celle du mirliflor que j'ai déjà présentée et qui tient lui aussi son chapeau à droite : voir article intitulé Définitions de gens à la mode en France : Beaux, Copurchics, Fashionables, Gandins, Gants jaunes, Gommeux, Jeunes France, Lionnes, Lions, Petits crevés, Pommadins, Raffinés ...
Wilipedia propose un article intéressant sur l'Étiquette. Petit à petit, au XIXe siècle, le costume d'étiquette change pour être celui du costume trois pièces noir et haut-de-forme, cela jusqu'au début du XXe.
Photographie 2 :Grande lithographie (52 x 70,5 cm) de Georges Goursat dit SEM (1863-1934) provenant d'un de ses albums publiés au début du XXe siècle (jusqu'en 1927). Elle fait partie d'un diptyque avec « Son arrivée » et « Son départ ». Ici il s'agit de la première. Tous les personnages portent des costumes semblables qui sont d'étiquette à cette époque. sonarrivee300

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 08:10

bcbgmantoux300 Photographie 1 : J'ai choisi de vous présenter la page de couverture de l'édition revue et corrigée de 1986 (France loisirs) du livre de Thierry Mantoux B.C.B.G. : Le guide du bon chic bon genre, plutôt que celle de la première édition de 1985, car je la trouve plus amusante.
J'ai insisté dans plusieurs articles sur l'importance du 'bon ton' et du 'bon genre' (voir notamment celui intitulé Le bon ton et le bon genre) dans la mode française, puis du « chic ». C'est à partir du XIXe siècle que la notion de chic apparaît. Le mot viendrait de l'argot des peintres. Il désigne, dans le vocabulaire courant, une élégance particulièrement saillante et de bon ton. Je l'ai trouvé dans un texte de 1811 dans cette acceptation. Mais il semble qu'il n'existe pas au XVIIIe siècle et avant dans le lexique de l'élégance ; bien qu'il soit alors beaucoup question de galanterie, de bon ton et de mode.
Dans la seconde moitié du XXe siècle émerge la notion de 'b. c. b. g.', abréviation de ‘bon chic bon genre’. C’est véritablement un phénomène français qui puise ses racines dans les idées de 'bon ton' et même d'aristocratie. On trouve dans cette expression les termes de 'chic’ cher au XIXe, et de ‘bon genre’ qui l'est bien avant ce siècle. Il s’agit d’un(e) jeune bourgeois(e) des années quatre-vingt, voire d'une personne de descendance noble, avec un style bien particulier : foulard ou noeud dans les cheveux, tailleur ou simple jupe droite (parfois un pantalon) lesgenschicsgyp300 pour les femmes, et pour les deux : foulard autour du cou, polo et pull-over Lacoste, chaussures Weston ou d’une autre marque chic. Le b. c. b. g. vit dans les quartiers huppés (XVIe arrondissement, XVe, 8e à Paris, Neuilly, Versailles …), utilise un langage choisi exprimé en formant avec la bouche ce qu'on appelle un 'cul de poule'. On en trouve en province, comme à Bordeaux où cette tendance perdure toujours un peu. Il est d’une bonne famille catholique, lui-même pratiquant. Il ne se mélange pas aux autres classes. Les b. c. b. g. font la fête, sortent et se marient entre eux. Ils font de grandes écoles comme l’ENA ou Sciences-Po. Certains peuvent exprimer une certaine folie festive adolescente, mais sans jamais s’écarter du cercle qui les protège : généralement leurs parents très aisés. Une fois marié, le bcbg perd son côté 'étudiant'. Les notions de carrière et de vie familiale sont très importantes pour lui (ou elle toujours). Le bcbg  pratique le 'sport' dans les lieux et clubs fashionables comme les sportsmen, sportswomen et gentlemen du sport du XIXe siècle. Il est 'propre' selon la définition ancienne, c'est à dire qu'il prend soin non seulement de son corps, mais aussi de ses habits et tournures, et même de ses moeurs (il va à l'église, a souvent été scout ...). Il vote à droite. Tous les bcbg font ressentir qu'ils appartiennent au 'monde', voire parfois à une certaine noblesse, qui rappelle (ce n'est plus alors qu'un lointain écho) la vieille courtoisie qui cependant rechignerait particulièrement à contempler leurs moeurs bourgeoises. Mais cette appartenance ne les empêche pas d'être aussi très sociables ; la sociabilité étant une chose très importante en France ; mais qui reste naturelle. lesgenschicsGypfemmeabicyclette300 Le bcbg s'écarte peu des conventions. Il balance, comme son nom l'indique, entre le chic et le bon genre. Le mot 'chic' seul porte une idée d'originalité ou de 'm'as-tu vu', éloignée du bcbg. On ne peut donc le comparer directement au copurchic dont il est question dans l'article du même nom : Copurchic, qui lui est 'ultra-chic'. Le bcbg ne pratique pas le 'suprême chic', le 'grand chic' ou de le 'dernier chic', pas plus que le 'faux chic'. Il reste de 'bon genre' quoique autrefois cette notion n'est pas non plus dépossédée de fantaisie.
Le bcbg se rapproche plus des personnages décrits par Gyp (nom littéraire de Sibylle Aimée Marie Antoinette Gabrielle Riquetti de Mirabeau, par son mariage comtesse de Martel) dans nombre de ses livres, comme dans celui ayant pour titre : Les Gens chics (1895). lesgenschicsgypshommeabicyclette300a Cet ouvrage commence par un chapitre intitulé : 'Un Beau mariage'. C'est un élément important aussi chez le bcbg comme l'exposent les auteurs de  B.C.B.G. : Le guide du bon chic bon genre et de Les Mouvements de mode expliqués aux parents (1983). L'ouvrage de Gyp se prolonge dans des lieux comme le bois de Boulogne, les Champs-Elysées, les courses à Longchamp, dans une soirée de château ... Dans Trop de chic (1900), Gyp décrit des lieux, situations et personnages chics notamment avec toujours le bois de Boulogne, mais aussi le shoping rue de la Paix (près de l’Opéra et des boulevards), les bains de mer, les voyages en wagon, à Luchon, Trouville, Vichy, en Suisse, à Houlgade, Plombières, Arcachon, Saint-Germain, à la campagne, les sociétés de charité, les bals etc.
Photographies 2, 3 et 4 : Page de couverture et illustrations de  Les Gens chics, avec 'images en couleurs par Bob ' (Paris, G. Charpentier et E. Fasquelle, 1895) de Gyp (1849-1932).
Dans son Dictionnaire de la langue verte (1867), Alfred Delvau définit le 'chic' comme exprimant spécialement le goût, la « façon pittoresque de s’habiller ou d’arranger les choses » dans le vocabulaire des petites dames et des gandins, c'est à dire des petits maîtres du XIXe siècle. En 1874, dans La Comédie de notre temps, Bertall propose tout un chapitre sur le ‘chic’ intitulé : 'Qu’est-ce que le chic' : « Le chic est le nescio quid des Latins, le je ne sais quoi du dernier siècle. Le chic est une allure, une désinvolture, un aspect, une élégance impromptue, dont la possession classe momentanément ou d’une manière durable l’être ou la chose qui en sont revêtus. chichommeclair300a Le chic est une sorte de prétention réussie. Le mot chic, mot bizarre, dérive directement des ateliers, où il était en usage bien avant d’avoir acquis ses lettres de grande naturalisation. En terme d’atelier, un croquis fait avec chic, une peinture faite avec chic, sont des oeuvres brillantes enlevées vivement et d’aplomb, d’une façon audacieuse, élégante et non compassée. On peut être un grand peintre et n’avoir aucun chic. Prud’hon, Géricault, H. Vernet, Raffet, Delacroix, avaient du chic. Ingres, David, et Gérard n’en avaient pas […] Malgré ses détracteurs, le mot chic a prévalu dans les ateliers pour désigner quelque oeuvre tout à fait supérieure ; et l’on dit très-bien : J’ai vu un Meissonier excessivement chic ! Généralement, donc, le mot chic s’emploie en bonne part. Dans les ateliers, lorsqu’on veut employer une expression d’un genre analogue, mais qui, au lieu d’un degré d’admiration, désigne un degré de moquerie, on se sert du mot touche. Voyez-moi cette touche ! A-t-il une touche ? dit-on d’un personnage dont l’accoutrement ou les allures sont grotesques ou fâcheux. Les deux mots ont émigré et sont passés dans l’usage général en français. Le mot chic, nous assure-t-on, vient du mot allemand schik, chicfemme300 qui veut dire aptitude, tournure, habileté, et que les ateliers allemands, qui généralement n’en ont guère, employaient avec une admiration de bon aloi en voyant les oeuvres françaises dans les ateliers de Paris. Si ce mot est d’origine allemande, il est devenu néanmoins éminemment français, et même, qui plus est, éminemment parisien. Le mot chic, passé dans l’usage, désigne donc généralement ce qui est brillant, élégant, doué d’allure et genreux, suivant une expression nouvellement introduite dans le langage jeune homme. On dit un homme chic. Une femme chic. Un salon chic. Un cocher anglais est chic. Une nourrice russe est excessivement chic. Le quartier Saint-Germain est chic, ainsi que le quartier Saint-Honoré. Le quartier des Batignolles ou des Jeûneurs n’est pas chic. Il y a des théâtres chics, comme l’Opéra, les Italiens, les Bouffes, les Variétés. Les autres ne sont chics que les jours de première représentation. Parmi les clubs où se réunissent les jeunes gens qui n’ont pas assez d’intérieur, les hommes mûrs qui en ont trop, et les vieux qui n’en ont plus, sans compter tous les gens mariés qui en ont besoin, pour excuser leurs fugues, comme celles de l’affaire Chaumontel (lisez Balzac !), il y a des clubs chics et des clubs qui ne le sont pas. Le seul qui ait un grand chic est le Jockey-Club.  […] Souper à la Maison d’Or, au Café Anglais ou chez Brébant, est chic … »
Photographie 5 : « UN HOMME CHIC » Bertall, La Comédie de notre temps, 1874.
Photographie 6 :  « UNE FEMME CHIC. Est-ce une grande dame ? Est-ce une petite-dame ? Peu importe ! Mais, comme dirait le gommeux d’en face, elle a du chic. » Bertall, La Comédie de notre temps, 1874.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 27 septembre 2010 1 27 /09 /Sep /2010 06:19

elegantaumouchoirclairaa400 lesupremebonton300 Dans le chapitre consacré au Consulat et à l'Empire de son Histoire de la mode en France (1858), Émile de La Bédollière écrit (pp. 163-164) : « Les élégants de 1803 se chargeaient de deux, trois et même quatre gilets, et de redingotes d'alpaga à trente-six collets ; ils mettaient tantôt des bas de soie, tantôt des guêtres de nankin, ou des bottes à revers jaunes, dites à la Souvarow. Ils introduisirent dans les salons la panne, étoffe proverbialement connue, jusqu'alors réservée aux chaudronniers et aux porteurs d'eau ; mais ils avaient soin de la doubler de taffetas blanc. " II est reçu, dit le Journal de Paris, que les petits-maîtres de l'an XII auront le pied long, les bras courts, la tête penchée en avant, ne mettront qu'un gant, porteront des bottes dans le temps le plus sec, et des bas de soie blancs par la crotte, par la pluie. Il est reçu qu'un jeune homme ne se présentera plus nulle part sans avoir une main dans la poche de sa culotte, sans relever la touffe de ses cheveux qui lui tombe sur le front. Il est reçu que les bas ne seront point tirés, que le gilet sera mal boutonné, que le bout du mouchoir sortira de la poche, que le costume noir sera le plus gai, que le chapeau aura un plumet noir, que la chemise sera de percale, qu'on portera un jabot, que les hommes ne doivent plus prendre de tabac; mais tout petit-maître peut fumer et boire-de l'eau-de-vie. " »
originaleselegances1803a300 Photographies 1 et 2 : Caricatures. A gauche détail de la gravure de droite, du début du XIXe siècle, intitulée : « Modes et Nouveautés - Le Suprême Bon Ton ». Il représente sans doute un élégant de 1803 avec ses guêtres, «  une main dans la poche de sa culotte », «  ses cheveux qui lui tombent sur le front » et le bout de mouchoir qui  sort de  sa poche. Le personnage central, de dos, a lui aussi son mouchoir apparent, et les bas de soie blancs de la description. Quant à celui de droite,  il a les cheveux en bataille à la manière de ses acolytes et comme les auront les romantiques vers 1830 (et même plus longs), une main dans la poche de sa culotte et des « bottes à revers jaunes »
Photographie 3 : Caricatures - A gauche - Cet « original », de cette gravure du début du XIXe siècle, pourrait être de 1803. Il semble porter deux vestes, ou une à deux revers. Il a un jabot et des bas de soie blancs. Quant à sa description elle est laconique : « L'Original ». - Au milieu - Il s'agit peut-être de la redingote « à trente-six collets ». Détail d'une gravure de vers 1803. - A droite - « Le Petit-maître en Chenille » de « Le Bon Genre, N°52. » On remarque son mouchoir qui sort de sa poche et sa posture (voir Le Petit-maître en Chenille). Même époque.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 16 septembre 2010 4 16 /09 /Sep /2010 06:18

merveilleuxchapeaux300 Photographie 1 : Divers 'chapeaux casques' de merveilleuses.


chapeaumerveilleuses300 Photographie 2 : Gravure tirée d’une revue de mode du tout début du XIXe représentant des chapeaux de type 'jockey'.
Dans l'article intitulé Incroyables chapeaux, je parle largement des couvre-chefs des femmes de la fin du XVIIIe siècle et du tout début du XIXe. C'est le temps des merveilleuses. La mode est aux chapeaux 'casques' ou 'jockey' ressemblant à ceux que portent les jockeys (le cheval et les courses sont alors fashionable) mais généralement avec une beaucoup plus longue visière et souvent une ou plusieurs plumes.

Vers 1804-1807 les capotes baleinées prennent le dessus. Elle sont à brides, et entourent le visage formant de véritables œillères. On les appelle aussi « invisibles », car le visage ne peut être vu que de face. Elles sont faites de taffetas, percale, crêpe, mousseline, etc.
Ces styles sont très originaux car obstruant largement la vue de celles qui les portent et ne permettant pas aux autres de voir aisément leur visage. Tous les casques et capotes ne sont pas semblables. Certains n'ont pas de longues visières. La mode nouvelle des cheveux courts permet une quantité de formes. Bonnets, toquets, chignons, voiles, coiffures à l'antique, chapeaux turcs … les exemples ne manquent pas, avec certains particulièrement surprenants comme le « bonnet à la folle » ou le chapeau « à la prussienne » (voir article précité avec une photographie de ce qui est sans doute ce couvre-chef en forme de haut-de-forme avec une aigrette en plumes de coq). Mais la mode la plus spectaculaire et caractéristique de cette époque est celle des casques et des capotes.

capotesa300 Après 1810, le bord du chapeau des capotes s’évase autour du visage et la calotte devient plus haute pour laisser la place aux cheveux plus longs et bouclés. Par la suite les capotes prennent diverses formes, certaines s'élargissant pour devenir des sortes d'entonnoirs vers 1830, d'autres continuant à ressembler aux 'invisibles'. Comme on peut le lire dans La belle histoire du chapeau féminin : « Ce sont des modifications de détails, passe [bord du chapeau entourant la calotte] plus ou moins inclinée, plus ou moins évasée, qui caractérisent telle ou telle période. » Puis cette passe « s’évase légèrement et permet de disposer en dessous  des garnitures de rubans ou de fleurs. Le bavolet devient alors plus  important et les brides plus larges. » Vers 1820 les rubans s'amoncèlent sur et sous les coiffes.
capotesdetail300a La capote devient progressivement au XIXe siècle le couvre-chef classique, convenable ; comme l'est pour les hommes le haut-de-forme. Elle a cependant beaucoup plus de possibilités de modulation que ce dernier. Les petites-maîtresses jouent sur sa grandeur, sa forme, le choix des parures qui l'accompagnent, la nouveauté du modèle etc. Mais les coiffures de ce siècle ne permettent pas toutes les fantaisies du XVIIIe.
Photographie 3  : A gauche : « Capote de Taffetas. Fichu de Cygne. » Planche n°778 datée de 1807 provenant du Journal des Dames et des Modes. A droite : « Paris Elégant, Journal des Modes, Rue Taibout 9. Robe de Soie changeante garnie de filet. Capote plissée à fleurs. Redingote doublée de velours. 20 Septembre 1838. »
Photographie 4 : Détails.
lillustrationlongchampsp221elleetlui300 Plusieurs autres caricatures font écho aux longues visières et aux larges chapeaux. La photographie que l'on trouve ici : digitalcollections.library.yale.edu est intéressante car elle représente une femme anglaise et sa progéniture habillées selon la mode française du moment qui elle-même s'inspire de l'Angleterre : 'chapeau jockey' de l'enfant ; mais aussi de l'antique : tunique sans poche … En voici une autre toujours avec un couvre-chef à très longue visière www.pemberley.com. Enfin ici sont des liens vers diverses autres images : 1806 Capote de paille , 1806 Capote de velours, 1807 Capote de paille blanche, 1er quart du XIXe siècle Adieux d'un Russe à une Parisienne.
Photographie 5 : « En 1838. Elle et lui. » Caricature. Détail de la page 221 d'un exemplaire de L'Illustration, Journal Universel, datant sans doute de 1855. Le titre de la page est 'Les Modes, depuis Pharamond [que l'on considérait alors comme le premier roi des Francs : début du Ves siècle après J.-C.] jusqu'à nos jours ; recherches historiques, à propos de Longchamps, par Marcelin'. Cette image rappelle celle de Le Suprême Bon Ton N°16  des Caricatures Parisiennes qui a pour titre 'Les invisibles en tête-à-tête'.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /Juin /2010 21:46

 

damedequaliteetantasatoiletteclair300 damedequaliteetantasatoilettedetail300 Premières photographies : « Dame de qualité étant à sa toilette ». Gravure, sans doute du XVIIe siècle collée sur un papier plus récent. La partie originale (en photo) fait 27,8 x 22,1 cm.
La dame (ou femme) de qualité est surtout associée au XVIIe siècle. Le plus souvent de condition noble, elle est fine et passe une partie de son temps dans les divertissements. François Grenaille (1616-1680) discourt sur quelques-unes d'entre elles dans son livre intitulé :
Les Plaisirs des dames (1641). La femme de qualité apprécie les bals, les concerts, les collations, la promenade. Elle passe du temps à sa toilette. Elle fréquente la Cour. Elle cultive les plaisirs des arts et des sciences, pratique les ruelles (voir Les Précieuses et les femmes de lettres), les cercles (L'art de la conversation) et autres salons ; s'adonne à la lecture et à l’étude.  Elle est sage, galante ; aime la mode, l’élégance et les expressions nouvelles. Elle invite, se rend à des dîners, se divertit à l’Opéra, à la Comédie, en allant au Cours (Le Cours) ou dans d'autres lieux à la mode ; pratique la chasse, les jeux, " l’appartement " qui consiste en des amusements accompagnés de musique et de jeux que le roi donne dans ses appartements à Versailles comme l’écrit François de Callières (1645-1717) bourgeoiseavecsonchien300 dans Des Mots à la mode et des nouvelles façons de parler. Avec des observations sur diverses manières d’agir & de s’exprimer (1692) : « ce bel assemblage de divertissements qui se trouvent dans le grand et magnifique appartement de Versailles : la musique, la danse, la collation, les liqueurs, toute sorte de jeux, la conversation, & surtout cette agréable liberté qu’on y a de bourgeoiseavecsonchienvisage300 changer de divertissements, & d’aller de plaisir en plaisir, comme les abeilles vont de fleur en fleur » … La noblesse et les manières de la dame de qualité la différencient de la bourgeoise qui souvent essaie de l'imiter comme le montrent les dernières photographies. La seconde gravure, est en effet très corrosive. Le personnage est certes avec les attributs de la dame de qualité et assez fin d'exécution ; mais la jeune bourgeoise place la couronne de fleurs, symbole nuptial et amoureux, autour de son chien …  Quant au texte qui accompagne l'image, il est sans équivoque : « Jeune Bourgeoise assise dans une promenade publique, contrefaisant la Dame de qualité en minaudant avec son chien : elle en grand chapeau en rosettes et grandes boucles à l'Américaine. » Cette estampe est gravée par Nicolas Dupin le Jeune (né en 1753) d'après Watteau fils (François Louis Joseph Watteau :1758-1823) et date du dernier tiers du XVIIIe siècle. Le visage de ce caractère est cependant joli : comme quoi on ne peut pas se fier qu'aux apparences. J'ai déjà parlé de la bourgeoise dans l'article intitulé Les faux élégants. Cette gravure fait partie de Gallerie des Modes et Costumes Français. 52e Cahier de Costumes Français, 46e Suite d'Habillemens à la mode en 1787, parue cette même année.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 07:56

 

Jean-Le-Camus Très prochainement la maison Tajan présentera trois belles ventes aux enchères à Paris. Pour commencer voici une peinture (photographie), du catalogue de celle du 21 juin, représentant un « portrait présumé de Jean Le Camus » provenant de l'« entourage de Nicolas de Largillierre » (1656-1746), de 80 x 64 cm, et datant de vers 1700. Dans un temps où la mode occupe une place très importante, on aime cependant à se faire représenter dans un drapé à l'antique. La raison en est que si la mode passe, le portrait lui doit durer dans le temps. Dans l'exemple de la peinture de la photographie, la perruque et la cravate de dentelle marquent cependant une époque. La photographie provient du catalogue : Catalogue-Tajan-210610

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 12:15

gravurerevueXVIIIecocardedetailclairretouchee300-copie-1 La cocarde tricolore de la Révolution française est un signe de ralliement qui à une période est même imposé. Elle est composée des bleu et rouge couleurs de Paris et du blanc symbole de la royauté. Avant elle, les révolutionnaires en portent une verte, les antirévolutionnaires une noire et les royalistes une blanche. C'est le marquis de La Fayette qui fait rajouter le blanc à la cocarde révolutionnaire par déférence envers Louis XVI qui le 17 juillet 1789 la met à son chapeau. « Son port est rendu obligatoire pour les hommes le 8 juillet 1792, pour les femmes le 21 septembre 1793. Le refus de porter la cocarde rend suspect la personne et peut lui valoir huit jours de prison. […] Après Thermidor, le port de la cocarde s'amenuise, même s'il est théoriquement obligatoire au moins jusqu'en 1796 » (Wikipedia). La mode doit donc faire avec.

Photographies : Gravure tirée d'une revue de mode de la toute fin du XVIIIe siècle. Le modèle de gauche porte les trois couleurs : des chaussures jusqu'au chapeau où sont attachés une cocarde et des rubans tricolores. Celui de droite est dans un style plus ancien régime, avec : un petit châle moucheté, des dentelles et une longue ceinture nouée avec des motifs pompéiens. gravurerevueXVIIIecocardetresclair300

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 09:51

 

soierie300.jpg Photographie 1 : « Soierie, Élévation perspective d'un grand dévidage placé au dessus des Moulins représenté ci-devant. » (orthographe de l'époque). Planche tirée de L'Encyclopédie de Diderot & d'Alembert et datant du XVIIIe siècle.

Si Paris est la capitale de la mode française et même encore mondiale, Lyon (et les alentours) est sans doute celle de l'industrie textile en France. Étant originaire de cette région, ou plus exactement de Saint-Etienne, je connais bien l'endroit. Dans tous les environs, le textile est jusqu'à la fin du troisième quart du XXe siècle une industrie fleurissante ; peut-être même la première ; et cela jusque dans les villages reculés où des particuliers possèdent un ou plusieurs métiers à tisser, certains en rassemblant plusieurs afin de former des ateliers avec des ouvriers.

Le metier du tisseur La « capitale des Gaules » est un carrefour commercial important ; depuis au moins les phéniciens qui venus de Méditerranée y accostent grâce au fleuve le Rhône. Au XVe siècle y transitent et se vendent de nombreuses soieries provenant d'Italie, d'où l'idée d'en fabriquer sur place, avec semble-t-il un premier essai en 1466 peu fructueux ; et un second en 1536 avec une manufacture de soie créée par un négociant piémontais fixé à Lyon et son associé. C'est ainsi qu'au XVIe siècle naît dans cette ville la corporation des ouvriers en « draps d'or, d'argent et de soie ». A partir de ce moment l'activité textile de la soie va être très fleurissante dans toute la région, suivant les évolutions technologiques avec des métiers à tisser de plus en plus sophistiqués. Entre 1827 et 1832, la ville est reliée à Saint-Étienne par l'une des premières voies ferrées au monde. Déjà à la fin du XVIIIe siècle (après 1772), l'introduction de métiers mécaniques fait de Saint-Etienne le grand centre de fabrication du ruban de soie. D'après Wikipédia : « En 1786, il y avait dans la région stéphanoise 15 250 métiers [...] produisant pour 17 millions de francs dont près de la moitié était exportée. Après les épreuves de la Révolution et de l'Empire, l'industrie du ruban connaît un essor très important et de 1815 à 1856, Saint-Étienne connaît un véritable âge d'or. Les Stéphanois réussissent à adapter la mécanique Jacquard au métier de ruban […] À la veille de la Première Guerre mondiale, la rubanerie occupait 30 000 personnes et faisait vivre avec les industries annexes plus de 80 000 personnes autour de Saint-Étienne. » Aujourd'hui on utilise peu les rubans ; mais autrefois ils sont un élément vestimentaire important. On en porte sur le chapeau, dans les cheveux, autour du cou, sur les habits, à la ceinture, aux articulations, aux chaussures ... en noeuds, cravates, cocardes, pour remplacer les boutons … En voici quelques exemples en liens : XVIIe, Marie-Antoinette, XIXe siècle.

Photographies 2 & 3 : Le Spectacle de la Nature, ou entretiens sur les particularités de l'Histoire naturelle, Qui ont paru les plus propres à rendre les Jeunes-Gens curieux, & à leur former l'esprit. Tome sixième, contenant ce qui regarde l'Homme en Société, Nouvelle Édition, Paris, 1747.

- Planche XI 'Le Métier du Tisseur vu de face' gravée par Jacques-Philippe Le Bas (1707-1783)

- Planche XXX 'La Rubanerie' par le même graveur.

Les numéros inscrits dans les planches renvoient à des définitions des parties représentées dans le livre. L'édition de 1746 est visible ici et celle de 1751 ici. La rubannerie

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 09:01

lesdangersdelacoquetterietitre Il y a toutes sortes de coqs : le cocodes, la cocodette, la cocotte, le coqueplumet, le cocardeau, le coquet et la coquette. J'ai déjà écrit un long article sur les deux derniers : Coquettes et coquetteries du XVIIe siècle ; et il est question du 'Coq' dans celui intitulé : Les faux élégants.  Dans Les dangers de la coquetterie (Paris : Buisson, 1788, 2 tomes), Marie Armande Jeanne Gacon-Dufour (1753-1835) met en scène des coquettes dépeintes sous un très mauvais jour : inconscientes, voire méchantes, n'hésitant pas à mettre en danger leurs admirateurs par leurs lubies ; aimant tous les loisirs : bals, voyages (aux 'eaux' par exemple), fêtes, jeux d'argent, modes nouvelles ... Elles veulent être le point d'attention principal, s'entourant d'aimables dont je parlerai dans un autre article. L'auteur de cet ouvrage assez moral est une femme de lettres qui écrit de nombreux textes que l'on dirait aujourd'hui féministes comme : Mémoire pour le sexe féminin contre le sexe masculin (1787) ;  Les Dangers d'un mariage forcé (1801) ; Contre le projet de loi de S***. M***, portant défense d’apprendre à lire aux femmes, par une femme qui ne se pique pas d’être femme de lettres, ouvrage contenant des réponses argumentées remettant le sieur Maréchal à sa juste place de sot, d’esprit dérangé et de bouffon réactionnaire (1801) ; De la Nécessité de l'instruction pour les femmes (1805). Parmi d'autres ouvrages elle a aussi publié sur la toilette : Manuel du parfumeur, guide pour faire des parfums, lotions, sachets, vinaigres aromatiques, maquillages, poudres et dentifrices (1825) ; et un Manuel théorique et pratique du savonnier, ou l'Art de faire toutes sortes de savons (1827).
Photographies : Les dangers de la coquetterie de Marie Armande Jeanne Gacon-Dufour (1753-1835), Paris : Buisson, 1788, 2 tomes, in-12. Manque la première page de titre et sans doute la préface. Première édition dans sa reliure d'époque. Page de titre du second tome et cul-de-lampe représentant un coq. lesdangersdelacoquetteriecoqdetail150

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 26 avril 2010 1 26 /04 /Avr /2010 07:20

theatrealusagedesjeunespersonnestitre300 Photographie : Page de titre de Théâtre à l'usage des jeunes personnes (tome quatrième, Paris, M. Lambert & F. J. Baudouin, 1780) de la comtesse de Genlis. Il contient : La Rosière de Salency, comédie en deux actes ; La Marchande de modes, comédie en un acte ; La Lingère, comédie en deux actes ; Le Libraire, comédie en un acte ; Le Vrai sage, comédie en deux actes ; Le Portrait ou les Rivaux généreux, comédie en trois actes.
Si le terme de 'baroque' est un style dont le nom a été donné par les critiques d'art au milieu du XIXe siècle, il désigne aussi depuis déjà au moins le XVIIIe siècle quelque chose d'irrégulier, de bizarre, d'inégal. On dit : un esprit baroque, une expression baroque, une figure baroque. Dans la pièce intitulée La Marchande de modes extraite du Théâtre à l'usage des jeunes personnes (Paris : M. Lambert et F.-J. Baudouin, 1779-1780) de Mme Stéphanie-Félicité Du Crest comtesse de Genlis (1746-1830), la grisette (fille de boutique) Josephine imite de façon plaisante une cliente : « Mademoiselle, de quel prix est cela ? … Deux louis, Madame … C'est horrible ! … c'est hideux ! … d'un goût … baroque ! … (Toutes les jeunes filles rient) ... »
Le mot 'rococo' lui aussi nomme un courant des beaux-arts. Il est souvent joint au style rocaille ; et désigne parfois une personne qui a une prédilection pour les choses anciennes passées de mode : une personne rococo, ayant des idées rococo ; un rococo ... On peut donc associer les gens baroques, rococos, et gothiques (voir article intitulé :
Les modes gothiques et le style troubadour du XIXe siècle) des XVIIIe et XIXe siècles, car tous suivent des modes passées.

Personnellement je trouve le style rocaille particulièrement beau. Il associe : harmonie et fantaisie, terre et esprit ... une grâce où la volupté s'allie à l'agrément du rythme (des volutes), la beauté aux plaisirs de l'intelligence. C'est un mouvement qui s'étend en France durant la Régence (1715-1723) et sous le règne de Louis XV (1715 à 1774), jusqu'à l'avènement du néoclassicisme vers 1750. Cette époque particulièrement riche  précède donc la redécouverte de l'Antique par l'intermédiaire notamment de l'archéologie ; mais aussi l'explosion des Lumières.

CoatalemDeLajoue400 Photographie (Copyright Coatalem) : Huile sur toile (H. 96 cm, L. 126,5 cm) de Jacques de Lajoüe (1686-1761) intitulée La fontaine d'Amphitrite et proposée à la vente sur le site de la Galerie Eric Coatalem.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

RégiePub collaborative

guide-entretien-reliure

Présentation

Syndication

  • Flux RSS des articles

A savoir

PLUS DE 300 ARTICLES PUBLIES, PLUS DE 180000 VISITEURS UNIQUES...

 
Pour recevoir gratuitement par courriel la
LETTRE D'INFORMATION régulièrement, faites parvenir votre adresse électronique à:
lamesure@lamesure.fr  

 

DROIT D'AUTEUR

Les textes, les photographies et les vidéos de ce blog sont protégés. LM autorise les autres à reproduire, distribuer et communiquer cette création au public en échange de :
-         Ne pas modifier le contenu pour créer une œuvre dérivée ;
-         Ne pas utiliser cette création à des fins commerciales - à moins qu'ils n'obtiennent notre autorisation ;
-         Toujours citer la source et son adresse
www.lamesure.org ...

Copyright La Mesure de l'Excellence et Le Menn Richard

COPYRIGHT

You are free to copy, distribute, display, and perform the work under the following conditions :
- You must give the original author credit.
- You may not use this work for commercial purposes.
- You may not alter, transform, or build upon this work.
- You must indicate the source : www.lamesure.org ...
Any of the above conditions can be waived if you get permission from the copyright holder.

LE BILAN MENSUEL. Au mois d'octobre, ce sont 4110 visiteurs uniques et 7490 pages vues. Si vous souhaitez voir les statistiques de l'administration du blog, cliquez ici. Date de création du blog : 11 avril 2007. Nombre d'articles publiés : 316 (dont 313 de LM). Nombre de visiteurs uniques (au 31/10/11): 188717. Nombre de pages vues (au 31/10/11): 363403.

Il y a actuellement 8 personne(s) sur ce blog

PROPOSEZ VOS ARTICLES


JE SUIS A LA RECHERCHE DE COLLABORATIONS
N’HESITEZ PAS A ME CONTACTER: lamesure@lamesure.fr 

Recommander

Informations

PAGERANK DE LM
PageRank Actuel


La plupart des réalisations internet de LM sont faites à partir de
LOGICIELS LIBRES

 

 

La-Mesure80.jpg

Copyright © 2007 - 2011
La Mesure de l'Excellence
L
e Menn Richard

Tous droits réservés


lesamusementsdeparisreliurefacedetaila300lll

EN CHANTIER !

     
lamesure.org

  Est-ce que quelqu'un sait comment intégrer un moteur de recherche sans pub ??

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés