Lundi 3 mars 2008 1 03 /03 /Mars /2008 10:16

undefined LES ALMANACHS DE MODE. Au XVIIIe siècle, on voit fleurir une grande variété d’almanachs dont certains sont de formats particulièrement petits et dont beaucoup concernent la mode. Les coiffures fournissent les sujets les plus récurrents des gravures des ouvrages dédiés à la Mode.
undefined SOUVENIR A LA HOLLANDAISE, enrichi de nouvelles coiffures les plus galantes, où se trouve celle de l’Insurgente, faisant suite à Almanach de Toilette, et au Bijou dédié aux Dames de bon goût, qui se vend séparément avec tablettes économiques, perte et gain, Paris, Desnos, 1783 (in-18 : 7 x 11 cm). Chaque coiffure est présentée par son nom et est suivie d’une chanson, puis sur une autre page d’un commentaire sur son appellation et d’une gravure très fine et coloriée la présentant sur une femme de buste, dans un médaillon au dessous duquel est indiqué le nom : Bonnet à la candeur, Bonnet dans le Costume Asiatique dit au mystère, Baigneuse d’un nouveau goût, Le Parterre galant, Toque lisse avec trois boucles détachées, Coiffure en crochets avec une échelle de boucles, Bonnet au Levant, Pouf d’un nouveau goût, Coiffure en rouleaux avec une boucle, Toque à l’Espagnolette, Chapeau tigré… Suivent des pages « pour écrire à chaque jour de la Semaine, ses Pensées, rendez-vous, Souvenirs, Etc. » et d’autres « pour écrire dans les intervalles de chaque jour du mois la Recette & Dépense de la Maison, la Perte & Gain, & à la fin se trouve une Table de Récapitulation pour chaque mois, & autres feuillets blancs pour écrire ses affaires particulières, & ce que l’on désirera, avec le Stylet adapté au Livret, qui en fait la fermeture. » Avec à la fin, le calendrier de l’année 1783. La reliure est dans son maroquin rouge d’origine, avec triple filet, dos orné, pièce de titre de maroquin vert et tranches dorées. Elle possède un emplacement en trois parties pour un stylet permettant de fermer le livre.
ALMANACH DE GOTHA. Délicieux petit almanach avec reliure en carton et parchemin et tranches dorées. Il contient des gravures et articles de mode. Almanac de Gotha contenant diverses connaissances curieuses et utiles pour l’année 1789, Gotha chez C. G. Ettinger. Page de titre suivie de quatre gravures de mode intitulées « Coiffures de Paris » (Coeffures de Paris) avec deux planches de modèles en bustes et deux planches de chapeaux : à la Theodore ; de velours noir ; à la Provençale ; avec aigrette esprit de plumes ; bonnette ; Pouf à la Tarare ; Coiffure simple ; Chapeau/bonnet à crénaux ; Bouffant et frisure en crochets ; Bonnet à grande gueule de Loup ... Cet almanach contient de nombreux articles dont plusieurs sur la mode : les pantoufles, les talons hauts, les perruques, la poudre à cheveux, le savon, l’art de tricoter, les gants ... Un autre propose de véritables publicités : « Monsieur Pain marchand – parfumeur à Paris a inventé pour la peau, une pâte liquide, ou une espèce de baume, qui la rend douce, & et n’est pas nuisible. » ; « Madame Tasse marchande de fard de la cour, demeurant à Paris rue Coquillère vend un fard rouge sans odeur, préparé avec [l’essence de Saquis ??] ; plante, dont les sultanes du sérail de Constantinople, usent de préférence. Un pot de ce fard coûte 12, 18, & même 30 livres ». L’Almanach de Gotha naît dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Il contient des gravures et articles sur la mode jusqu’à la fin de ce siècle. Bien que publié en Allemagne, il est rédigé en Français avec des thèmes très parisiens jusqu’à la fin de sa publication en 1944. Le but de cet almanach est de lister les maisons régnantes, les branches cadettes … d’Europe.
undefined LA TOILETTE. Le mot de « toilette » vient d’une petite toile, très fine, qui au Moyen-âge est employée pour envelopper les vêtements et les protéger des insectes et de la poussière. On y range aussi des objets divers, en particulier ceux dont une dame a besoin pour embellir son visage et ajuster sa coiffure. Les toilettes sont placées chaque soir dans des cassettes de nuit, puis déployées le matin. Au XVIIe, le sens du mot s’élargit pour définir l’ensemble des objets de la garniture. Cependant, on désigne toujours le même tissu par le nom de « toilette ». Ce serait au XVIIIe siècle que le terme désigne en plus le meuble sur lequel on place ce qui est nécessaire à se parer. On l’appelle aujourd’hui ‘table de toilette’ ou ‘coiffeuse’. Au XVIIIe siècle, les dames de qualité font deux toilettes : de propreté et d’apparat. L’une est intime. L’autre est mondaine car on y reçoit. La seconde toilette est un instant où on échange des billets doux, où on reçoit ses amants … ; on y accueille des marchands de rubans ou autres fournisseurs ... ; on se fait coiffer ...
DAME A SA TOILETTE. Gravure d'une femme à sa toilette. Livre du XVIIIe siècle. Sur la table divers éléments sont reconnaissables. Il y a la boîte à poudre avec la houppe, des boîtes (à mouches, à fard…), des petits pots couverts. Ces objets peuvent être en différentes matières précieuses comme l’or, l’argent, la porcelaine, la faïence, le verre, le cristal… Le miroir est toujours présent, parfois partiellement couvert d’un tissu. Derrière elle : le pot de chambre.
« L’HEUREUX MOMENT ». Cette estampe représente une dame à sa toilette accueillant son ami. Sa composition est particulièrement intéressante. La perspective n’est pas respectée ce qui donne un aspect très décoratif accentué par les volutes rococos du premier plan et le drapé. La table de toilette est mise en avant sur les personnages. Estampe du XVIIIe siècle d’A. Aveline (peut-être Pierre Alexandre Aveline - 1702-1760) d’après Nondon le Fils, éditée par Chereau au Coq (pour Paris chez Chereau rue St Jacques au Coq), avec Privilège du Roi (C. P. R.). J.-F. Chéreau (1732-1794) est un graveur et marchand d'estampes de Paris.
undefined POTS A FARD. Sur le tissu de toilette posé sur la table de nombreux objets sont disposés. Il y a le miroir évidemment, et puis d’autres ustensiles dont plusieurs pots. Ils sont généralement de formes cylindriques, plus ou moins grands, avec un couvercle muni d’une prise. Les pots à pommade contiennent des pommades de senteur (odoriférantes) pour les cheveux, le teint, le visage ou les lèvres... On fait usage de cires pour la barbe. Les pots à fard et les pots à onguent conservent leurs matières respectives. Ces deux pots couverts de toilette sont du XVIIIe siècle. Ils sont en porcelaine tendre de Saint-Cloud ou de Paris avec des décors de baldaquins typiques. La porcelaine du XVIIIe est particulièrement belle, délicate et raffinée.
EVENTAIL du XVIIIe siècle, papier et ivoire, avec une peinture représentant une dame assise devant sa table de toilette. On remarque à gauche une boîte à perruque ouverte posée sur une table. L’éventail est un objet d’élégance et d’expression. Sa manipulation est un langage. La façon de le tenir suit un phrasé dont les codes ne sont pas figés mais s’adaptent aux situations. Ce vocabulaire est subtil et surtout plaisant. Chaque parure, chaque mouvement, chaque trait de la parole, deviennent des messages : quelques regards équivoques, des gestes lascifs, un mouchoir qui tombe ... D’une manière générale le style est un verbe.
undefined LE JARDIN DE TIVOLI est un des endroits où les gens à la mode comme les Merveilleuses et les Incroyables aiment à se retrouver. Il est l’œuvre d’un des fils du riche financier Boutin qui fait construire en 1766 ce parc sur 8 hectares vers l’actuel emplacement de la gare Saint-Lazare. Le nom lui est donné en référence aux jardins de Tivoli près de Rome ; mais on l’appelle aussi ‘ La Folie Boutin’. Il n’en reste rien aujourd’hui. Mais jusqu’au début du XIXe, on y trouve une multitude d’attractions. On y joue au jeu de bague, au tape-cul, on y boit, on y danse, on y croise des automates, on y applaudit des comédiens et des danseuses, on y assiste à des illuminations, on y fait des rencontres … Les deux gravures proposées ici proviennent de "Mode du Jour" et sont d'époque 1er Empire.
"LE JEU DU TAPE-CUL AU JARDIN DE TIVOLI".
"LES AMUSEMENTS DE LA BAGUE CHINOISE AU JARDIN DE TIVOLI".
undefined UNE CANNE D'INCROYABLE. Partie centrale (fût) en racine torsadée piquée par des insectes.
LA REPONSE INCROYABLE. Les témoignages d’époque qui nous restent des Incroyables sont surtout des caricatures. Ici, c’est la façon dont ils utilisent des circonvolutions qui est raillée et les mœurs anciennes que symbolise ici l’Anglais habillé à la manière du XVIII e siècle avant que l’Antiquité devienne à la mode. L’absurde maniéré est une façon qu’utilisent ces Incroyables pour se démarquer et marquer leur univers en parfait décalage avec le commun. « LA REPONSE INCROYABLE 1. [l'Anglais (à droite)] Bon jour Mylord ! Je suis charmé de vous voir à Paris, comment vous portez-vous ? 2. [l'Incroyable] Je vous suis obligé de votre gracieuse demande, mais ne pouvant répondre de moi-même, je vais dépêcher un courrier à Londres ; et à son retour, je saurai la réponse que je dois vous faire. » Gravure sans doute de la fin du XVIIIe siècle. Depeuille officiait à cette époque.
undefined « CAFE DES INCROYABLES. Ma parole d’honneur ils le plaisante. 1797. » Gravure présentant un café où se réunissent des Incroyables en 1797. Le titre reprend une de leurs expressions récurrentes : « Ma parole d’honneur » ; et la suite est volontairement humoristique puisque le « ils le plaisante » est dans une orthographe sens dessus dessous faisant justement référence à leur façon de prononcer. Tous les Incroyables sont ici affublés d’une perruque blonde (ou d’une coupe ?) 'en oreilles de chien'. Certains portent des chapeaux qui sont de deux styles différents. Ils ont deux boucles d’oreilles rondes et assez grandes, une cravate qui couvre le menton, une culotte, des bas avec des motifs, des souliers pointus… Ils tiennent des cannes ; ont des lunettes, des faces-à-mains ou une lorgnette. Un garçon sert du café. Le décor est de style néo-classique et le dessinateur/graveur (qui a signé RLL) s’est représenté lui-même sur la droite dans l’ombre, avec son stylet. Les Incroyables s'amusent à se reluquer les uns les autres ou lorgner d’autres personnes extérieures à leur cercle. Leurs manières semblent élégantes et amusées. Leur façon de regarder d’une manière ostentatoire les autres est accentuée, presque caricaturée, par les postures et tous les objets qui leur servent à observer et avec lesquels ils jouent. Les Incroyables, sous le Directoire, sont des hommes qui affichent une recherche extraordinaire dans leur mise et leur langage. Ils prennent l’habitude de ne pas prononcer le "r". C'est ce qu'on appelle un 'garatisme' qui consiste en un grasseyement mis à la mode par le chanteur Garat. On prononce par la gorge certaines consonnes et en particulier les "r". Cette gravure est un document d’exception et rare sur les Incroyables, même si les Merveilleuses manquent au tableau.
L’EMBARRAS DES QUEUES. Ici Merveilleuses et Incroyables sont réunies dans cette estampe de Le Bon Genre du début du XIXe siècle intitulée « L’embarras des Queues. ». Elle représente deux Merveilleuses suivies de deux Incroyables s’étant pris, semble-t-il, leurs bâtons dans les traînes des élégantes. On remarque outre la panoplie caractéristique, les binocles-ciseaux à la taille de l’un des protagonistes qui sont des genres de faces-à-main (lunettes que l’on tient entre ses doigts) utilisées par les Merveilleuses et Incroyables. Le Bon Genre a été édité de 1800 à 1822, tout d’abord en 115 dessins humoristiques au format in-8° (d'à peu près 22 x 25 cm) commencés en avril 1800. En 1817 les 104 premières planches ont été rééditées.
undefined LES MERVEILLEUSES ET L’ANTICOMANIE. Les Merveilleuses sont appelées de cette manière dès le milieu du dix-huitième siècle. Elles adoptent des modes excentriques, et après le 9-Thermidor (27 juillet 1794) et sous le Directoire (1795-1799) s'habillent de transparentes robes à l'antique, à la ceinture haute, avec de grands chapeaux à brides. Les vêtements ne sont plus amples pour les femmes ce qui leur donne des allures élancées. L'accoutrement est moins riche, beaucoup plus simple qu'auparavant. Le modèle de cette gravure du Journal des Dames et des Modes présenté ici a la tenue caractéristique antiquisante. Elle date de l’An 9 (1800) et le texte indique « Coiffure Antique ornée de Perles. Robe à taille longue ». La tunique est cintrée haut, comme c’est la mode à l’époque. Elle a des motifs en feuilles de chêne, alors que le châle lui a des fleurs et des feuilles d’acanthe.
CHAPEAUX DE MERVEILLEUSES. Gravure tirée d’une revue de modes de la fin du XVIIIe siècle ou du tout début du XIXe représentant des chapeaux de Merveilleuses rehaussés à l’aquarelle. Il s’agit là des couvre-chefs typiques des Merveilleuses de la fin du siècle qui ont de longues visières que certaines caricatures montrent disproportionnées.
undefined LE DEBUT DES CHEVEUX COURTS
COIFFURE A LA VICTIME. Cette autre estampe du Journal des Dames et des Modes date de 1798 et est « dessinée d’après nature sur le Boulevard des Capucines. » La jeune fille a une « chevelure en porc-épic. Schall à Mouches. Rubans en Cothurnes. » Ce genre de coiffure aurait été institué en solidarité avec des condamnés à l’échafaud, cette coupe imitant celle de ces derniers ou dernières avant de passer à la guillotine. On lui donne alors le nom de « coiffure à la victime ». Les ‘bals des victimes’, ouverts à la fin de la Révolution à ceux ayant perdu au moins un de leurs proches à la guillotine, généralisent la mode des robes gréco-romaines et des cheveux ‘à la victime’ c'est-à-dire coupés au ras de la nuque à la manière de ceux exposés au couperet.
COIFFURE A LA TITUS. Les découvertes archéologiques du XVIIIe siècle mettent au goût du jour des coupes de cheveux courts appelées « coiffures à la Titus » du nom du fils de Brutus que l’acteur François-Joseph Talma (1763 - 1826) joue avec cette coupe qu’il garde en ville. Gravure du tout début du XIXe siècle intitulée : « Costume Français Habit à Grand Colet remontant. Cheveux à la Titus. »
  Nous n’avons fait ici qu’effleurer le sujet et présenter seulement une partie de notre collection qui est proposée à la vente. Les modes françaises du XVIIIe siècle et des siècles précédents nous offrent des trésors de finesse, de bon goût, de plaisir et d’inventivités à redécouvrir. En vous promenant maintenant sous les arcades du Palais-Royal vous retrouverez un écrin de finesse, d’exclusivité et d’ouverture unique. C’est là  qu’au XVIIe siècle la première Précieuse : la marquise de Rambouillet, tient salon ; que les modes qui se répandent dans tout l’Occident se font et que le « bon ton » est donné ; que parmi un imbroglio de gens de toutes sortes (des prostitués aux agioteurs [spéculateurs]) on trouve les plus belles dames de Paris et tout ce que l’élégance fait alors de mieux. Si au XVIIIe siècle Paris est le centre du monde, le centre de Paris est le Palais Royal ! undefined

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 16 février 2008 6 16 /02 /Fév /2008 14:00

undefined undefined Photo de gauche : Prise récemment dans les galeries du Palais Royal. La publication de photographies de monuments historiques est sujette à autorisations mais l'administratrice du Palais Royal a donné la sienne pour ce blog.

Photo  de droite : Gravure du XVIIIe siècle, rehaussée à l’aquarelle à l'époque, intitulée L'Elégant au rendez-vous du Palais Royal. La tenue de ce plaisant est presque entièrement mouchetée, dans un goût « léopard » à la mode à cette époque.

N’OUBLIEZ PAS DE VENIR A L’EXPOSITION QUI SE DEROULERA A PARTIR DU 23 AU 29 FEVRIER DE 15h A 18H DANS LA PETITE SALLE EN FACE DU RESTAURANT L’INC(R)OYABLE AU 26 RUE DE RICHELIEU.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /Fév /2008 08:20

Lorsqu'on contemple des enluminures de manuscrits des XV ou XVe siècles représentant des scènes de la vie quotidienne, on est étonné par la diversité des accoutrements, des couleurs, des matières des tissus, des coupes qui réutilisées aujourd'hui témoigneraient d'une modernité certaine et seraient d’une grande nouveauté. La mode médiévale a subi d’importantes mutations au cours de ses mille ans, de même que la mode française en générale. Il suffit de comparer des vêtements utilisés d’un siècle à l’autre, ou d’une génération à une autre pour constater ces bouleversements. Mais plus passionnant encore est de découvrir à travers ces représentations, l’élégance, la finesse en mouvement, la créativité mise en œuvre et le jeu avec les éléments constitutifs de la mode et des belles manières. Les grands yeux noirs d’une petite maîtresse ou d’un petit maître au teint et cheveux blancs comme neige, aux joues et aux lèvres pourpres, aux habits exquis aux couleurs délicates mais éclatantes, parsemés de rubans, de dentelles, de tissus chatoyants et de nouvelles inventions, laissent présager de façons plus délicates que celles de danseuses ou danseurs classiques. Certains ressemblent à des poupées, n’existant que pour eux-mêmes, pour la seule énigme et vérité qu’est l’apparence, sans rien en moins, ni en plus, mais tout entièrement en elle et son rythme, en la beauté transcendante de la nature en son paroxysme. Les gravures qui m’inspirent ce texte je n’ai pas pu les avoir, et ne peux vous en montrer les photographies pour cause de droits. Mais j’espère plus tard vous dévoiler de ces petites maîtresses et petits-maîtres aux allures de poupées de chiffon, de fils d’or et d’argent … dont la vue de chacun vous ouvre le regard comme le ferait une toute nouvelle couleur jamais rencontrée par vos yeux et dont l’apparition a à voir avec de la féérie, celle qu’on donne en contes aux enfants et qui est l’âme même du monde.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 1 février 2008 5 01 /02 /Fév /2008 05:47

L'exposition que nous allons présenter tous les jours du 23 au 30 février de 15h à 18h au passage Potier du 26 rue de Richelieu se situe certes dans une minuscule salle, mais dans un site chargé d'Histoire. undefined Tout d'abord c'est à côté du Palais Royal, lieu qui garde son mélange d'exclusif et  d’ouverture, un écrin de raffinement, une île de courtoisie et de paix longtemps le refuge de la Modernité et qui peut toujours l’être. Avant que Richelieu y construise son Palais, la Précieuse marquise de Rambouillet y a son hôtel et y fait salon. Au XVIIIe siècle, c’est la place de tous les plaisirs, des plus jolies filles, des dernières modes, des meilleures boutiques, des élégant(e)s… mais aussi un endroit de culture.  C’est à cette époque semble-t-il que la Bibliothèque du Roi s’installe rue de Richelieu. Son public s’élargit et les philosophes des Lumières y puisent une grande partie de leur inspiration.

LE 26 RUE DE RICHELIEU

Quand on travaille sur les antiquités, il est toujours nécessaire de se référer aux documents originaux et non pas aux informations de seconde-main qui donnent seulement des directions de recherches permettant d’aboutir aux sources d’époque. Voici cependant de nombreuses informations indirectes concernant le 26 Rue de Richelieu où va se dérouler l’exposition. Dans Wikipedia on peut lire : « En 1782, Antoine Beauvilliers, cuisinier du prince de Condé et officier de bouche du comte de Provence, reprend la formule de Boulanger et ouvre, dans un cadre raffiné, la « Grande Taverne de Londres », au 26 rue de Richelieu à Paris. Il propose aux clients de manger comme à Versailles. Le service des vins est fait en bouteille, comme à Londres, à la mode à cette époque. C'est là le premier véritable grand restaurant de Paris, qui restera pendant plus de vingt ans sans rival. ». Certains prétendent que c’est à cet endroit que Rose Bertin (la marchande de modes de Marie-Antoinette) ouvre une boutique ; d’autres disent qu’elle y habite ; d’autres que c’est la camériste de la Reine qui y loge. Il y aurait même dans la cave un faux puits, comblé par la suite, qui serait un passage secret allant jusqu’au Palais-Royal. Enfin voilà tout ce que les habitants du quartier nous apprennent.

LE PALAIS ROYAL

undefined Autour du Palais-Royal il se dit encore beaucoup plus de choses. Mais sur ce sujet les documents originaux sont très nombreux. Il est certain que c’est un lieu à la mode au XVIIIe siècle. Le tome II du livre Tableau de Paris (nouvelle édition, Amsterdam 1783) a tout un chapitre consacré au ‘Palais-Royal’ (chapitre CLXII) dont voici un passage : « […] Là sont les filles, les courtisanes, les duchesses & les honnêtes femmes, & personne ne s’y trompe. Là, on se regarde avec une intrépidité qui n'est en usage dans le monde entier qu' à Paris, et à Paris même que dans le palais-royal : on parle haut, on se coudoie, on s' appelle, on nomme les femmes qui passent, leurs maris, leurs amans ; on les caractérise d'un mot ; on se rit presqu'au nez, et tout cela se fait sans offenser, sans vouloir humilier personne. On roule dans le tourbillon, on se prodigue les regards avec un abandon qui laisse toujours aux femmes le dernier : un peintre aurait tout le temps de saisir une figure, et de l'exprimer à l'aide du crayon. Je ne me pique pas d'être physionomiste ; j'ai fait mon tour d'allée plusieurs fois ; je n'ai songé alors qu'à voir les beautés qui y circulaient ... »

Photo 1 : "Jeune Elégant Se promenant aux Palais Royal pour fixer les Caprices de sa Soirée." Estampe gravée par Guyot (sans doute Laurent Guyot, 1756 - après 1806) d’après Watteau. Cette gravure représente un promeneur élégant du Palais Royal. Sa badine, sa cambrure, ses lunettes, son habit vert, les gros boutons … marquent une élégance de la fin du XVIIIe siècle et début du XIXe époque à laquelle cette estampe peut être datée.

Photo 2 : Mercier, Louis-Sébastien (1740-1814), Tableau de Paris, nouvelle édition, Amsterdam, 1783, tome II, 335 pages, 10x17cm. La publication de Tableau de Paris commence en 1781. Les mœurs parisiennes y sont décrites dans sept volumes et plus de mille chapitres. Le tome II relate entre autres les modes de Longchamp (chapitre CXXII), des revendeuses à la toilette (chapitre CLXVI), des coiffures (chapitre CLXVII), des parures (chapitre CLXVIII), des marchandes de modes (chapitre CLXXIII), des maîtres d’agréments (chapitre CLXXIV), des bijoux (chapitre CLXXVI.) , des promenades (chapitre CLXXVIII), de la mode (chapitre CLXXVI) et du palais-royal (chapitre CLXII).

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 28 janvier 2008 1 28 /01 /Jan /2008 21:51

undefined undefined

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 24 janvier 2008 4 24 /01 /Jan /2008 11:52

undefined La mode française offre des surprises de taille. Voir passer rapidement devant ses yeux lors d'une vente une gravure peinte d'un Petit-maître représenté avec une grâce particulière laisse l'impression magique d’un monde à redécouvrir, pourtant proche de nous puisque faisant partie de notre patrimoine et si loin de ce que nous sommes aujourd’hui. La gravure de la Petite-maîtresse que je présente ici est beaucoup plus anodine. Elle est de la fin du XVIIIe siècle ; est intitulée Petite Maitresse en Robe à la Polonaise de toile peinte garnie de mousseline, lisant une lettre, et fait 19,5 x 28 cm (empreinte du cuivre).
Mais qu’entendons-nous par petites maîtresses et petits-maîtres ? Voici quelques définitions de l’époque :

PETIT-MAITRE.
- " On appelle ainsi un jeune homme, qui se distingue par un air avantageux, par un ton décisif, par des manières libres et étourdies. " Le Dictionnaire de l'Académie Français, 5ème Edition, 1798.
- " Jeune homme, qui se distingue par un air avantageux, par des manières libres et étourdies.  L'origine de ce mot est le temps de la Fronde. "On avait appelé la cabale du Duc de Beaufort, celle des Importants, on appelait celle du Prince de Condé, le parti des Petits-Maîtres, parce qu'ils voulaient être les maîtres de l'État. Il n'est resté de tous ces troubles d'autres traces que ce nom de Petit-Maître, qu'on applique aujourd'hui à la jeunesse avantageuse et mal élevée. Siècle de Louis XIV. Un Petit-Maître, avec ses grimaces, est aussi loin du caractère d'un galant homme, qu'un faux dévot, avec son air sanctifié, est éloigné du caractère d'un homme véritablement religieux… Petite-maîtresse, femme, qui affecte les manières d'un petit-maitre.  Celui-ci est plus nouveau, parce que le ridicule qu'il représente est devenu depuis quelques années plus outré et plus commun. " Féraud, Jean-François, Dictionaire critique de la langue française. Marseille, Mossy, 1787-1788.

PETITE-MAITRESSE.
- " Il se dit d'une femme qui, relativement à son âge, a les mêmes ridicules que le petit-maître a dans le sien. " Le Dictionnaire de l'Académie Français, 5ème Edition, 1798.

Comme c’est souvent le cas concernant les élégants maniérés, les témoignages qui nous restent sont surtout des caricatures ou des critiques (voir les Précieuses ridicules de Molière ou les gravures caricaturant les Merveilleuses et les Incroyables à la fin du XVIIIe siècle). Voici une de ces critiques sous la forme du chapitre IV (pp. 29-38) intitulé ‘Des Petits-Maîtres’ du livre de François-Antoine Chevrier (1721-1762) : Les Ridicules du siècle (Londres, 1752). Passages (l'orthographe a parfois été modifié mais pas la ponctuation) : " Un jeune homme avait jadis la réputation de Petit-Maître, lorsque mis magnifiquement il savait se présenter avec aisance, ses discours, sans êtres solides, n’étaient qu’extraordinaires, & ses sentiments partagés entre le goût du public & la façon de penser, avaient un air de vérité sous le voile de la fausseté la mieux marquée ; d’ailleurs plus indiscret qu’indécent dans le propos, livré par goût & par usage à ce ton équivoque, qui annonce moins l’esprit que le désir d’en afficher, sa conversation était une rapsodie de jeux de mots usés, & de réflexions plus libres qu’ingénieuses ; tel était le Petit-Maître du vieux temps […]. Le Petit-Maître du siècle est un homme qui joint à une figure avantageuse, un goût varié pour les ajustements ; amateur de la parure, il doit marier agréablement l’agrément avec la magnificence ; esclave de la mode & des préjugés du jour, il n’est point asservi à ces mots usés, follement consacrés parmi nous, sous les noms de raison & de vertu ; copie exacte de la femme du grand monde, s’il diffère d’elle, ce n’est que par un supplément d’extravagances & de ridicules ; jaloux de plaire sans être amoureux, il cherche moins à être heureux que la gloire de le paraître ; constant dans ses écarts, léger dans ses goûts, ridicule par raison, frivole par usage, indolent à flatter, ardent à tout anéantir, ennemi du public qu’il voudrait cependant captiver rien à ses yeux n’est supportable que lui-même ; encore craint-il quelquefois de se voir sensé, dans l’appréhension de se trouver moins aimable. […] Il ne faut pas se persuader qu’avec toutes les qualités que je viens de détailler dans ce chapitre instructif, on soit en droit de s’annoncer comme Petits-Maîtres ; il y a encore deux attributs indispensables à désirer, la naissance & la jeunesse. […] Les Grâces, Petites-Maîtresses, ne sont pas de ces douairières pesantes, qui forcées de marcher avec symétrie, ne parlent que le compas à la main ; la vivacité, tranchons le mot, l’étourderie est leur apanage : aussi volubile dans le jargon, qu’inconsidéré dans le propos, un Petit-Maître ne doit jamais réfléchir, & il faut qu’il déraisonne constamment plutôt qu’il s’expose à ennuyer une minute […]. Un Petit-Maître qui dans les commencements de ses prospérités a vu deux ou trois femmes de réputation, de ces femmes nées pour donner de l’éclat à un personnage même ordinaire ; cet homme devient dès-lors possesseur de toutes les beautés […]. " undefined

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 21 janvier 2008 1 21 /01 /Jan /2008 16:31
undefined
Par La Mesure de l'Excellence
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 18 janvier 2008 5 18 /01 /Jan /2008 15:25

undefined undefined undefined Cette estampe met en scène de façon à peine caricaturale les suiveurs femmes et hommes de la mode française de l'autre côté de la Manche. Le coiffeur représenté a la tournure caractéristique d’un Macaroni. En Angleterre on appelle ainsi les jeunes extravagants s’inspirant à leur manière des modes continentales : italiennes, françaises … d’où leur surnom. Quant aux dames, elles sont ici habillées à la façon du continent avec une haute chevelure assortie de divers ornements (des plumes), type de coiffure mise au goût du jour à Paris. Le tout est à peine caricaturé et subtilement amusant, car à cette époque cela se passe véritablement comme cela dans toute l’Europe qui suit le goût français : le coiffeur juché sur un tabouret, la servante tenant dans ses mains un panier rempli de fioritures prêtes à être ‘plantées’ sur la tête de la dame assise devant sa table de toilette. Le titre quant à lui n’est pas flatteur pour cette mode pourtant caractéristique du XVIIIe siècle : "The Preposterous Head Dress or the Feathered Lady", (« La coiffure absurde ou la dame emplumée »). La gravure date de 1776 (« "Pub by M Darly, 39 Strand March 20, 1776" »). Le nom de l’artiste 'Matthias Darly' est indiqué : caricaturiste, graveur et même designer de son époque (il dessine de nombreux meubles). Il a sa propre boutique à Londres au « 39 Strand March 20 ».

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 14 janvier 2008 1 14 /01 /Jan /2008 16:17
undefined Eau-forte en vente au GRENIER DE VAUBAN 66210 Mont Louis 0468042198 christian.pecout@orange.fr

 

Aquatinte du début du XIXe siècle de Louis-Philibert Debucourt (1755-1832) dessinateur et sculpteur, de 44 x 33 cm. Cette gravure présente de jeunes gens jouant le jugement antique de Pâris. Au lieu d’une pomme d’or sur laquelle est marquée « à la plus belle », c’est une orange qui est offerte à la gagnante. C’est un ‘Incroyable’ aux cheveux courts « à la Titus » (voir article du 12 novembre 2007 : Le Journal des Dames et des Modes) qui joue le rôle de Pâris et trois Merveilleuses ceux d’Héra, Athéna et Aphrodite. La mode des cheveux courts apparaît à la fin du XVIIIe siècle chez les jeunes gens, avec la mode de l’Antique. Petit à petit les longues coiffures des hommes avec leurs nattes, leurs peignes et leurs rubans disparaissent, et avec elles les perruques. Certains Romantiques cependant  s’affichent ‘Nouvelle France’ avec des cheveux longs.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 9 janvier 2008 3 09 /01 /Jan /2008 10:57

undefined C’est en réaction aux mœurs grossières de la cour d'Henri quatre et au laisser-aller ambiant, que la délicatesse du dix-septième siècle trouve refuge chez des dames de qualité qui entreprennent de raffiner les manières et le langage. On se rassemble dans la chambre d'une de ces instigatrices. Les femmes et les hommes qui lui rendent visite s'assoient autour d'elle, dans l'espace appelé "la ruelle", entre le mur et le lit où leur hôtesse les reçoit. Cette habitude d'accueillir chez soi un public choisi et d'embellir ainsi sa pensée se nomme "tenir" ou "faire" salon. Au début du dix-septième siècle, ceux qui savent briller par leur esprit aiment à se retrouver dans la chambre bleue de l'Hôtel de Rambouillet (vers 1608-1648) situé dans l’actuel Palais Royal. Vincent Voiture en particulier est le grand animateur de ce salon. On y rencontre Malherbe, Mme de Sévigné, Vaugelas, Madame de La Fayette, Guez de Balzac, Corneille… Les habitués excluent toute pédanterie et admirent les belles pensées sans prétention. Au salon de Rambouillet succède celui de Mlle de Scudéry. Modeste logis comparé aux autres hôtels particuliers du Marais, il réunit tous les samedis de la seconde moitié du siècle ce que compte Paris de femmes et d'hommes de lettres. Plutôt tournés vers la littérature, les habitués continuent la tradition des romans fleuves avec pour référence L'Astrée d'Honoré d'Urfé. Mlle de Scudéry publie La Clélie où se déploie la fameuse "Carte du Tendre". D'autres salons parisiens sont moins célèbres car moins fréquentés et moins mondains. Des deux hôtels de Nevers établis sur les rives de la Seine, le premier est tenu par la comtesse du Plessis-Guénégaud et est ardemment attaché à Fouquet. Citons les salons bourgeois comme celui de Mme Scarron et les cercles aristocratiques de Mme de Sablé et de Mme de Sully. 

Le "calendrier des ruelles" indique les jours de réception. Dans les salons, se développe principalement l'art de la conversation. Elle doit être libre, enjouée,  naturelle, légère, honnête. Ce terme s'applique aussi bien au comportement, à l'intelligence, à l'élégance des manières, qu'aux agréments de l'esprit. L'honnêteté s'exprime dans le raffinement des mœurs et la justesse du goût. C'est une manière de penser imprégnée de délicatesse étrangère à toute pédanterie. On y discourt aussi bien des subtilités de l'amour que de problèmes grammaticaux. La littérature est un des sujets privilégiés. On converse sur des ouvrages. Leurs auteurs viennent  les lire. On organise des concours de poésie... Le thème de discussion privilégié est l'amour : "L'amour et le mariage sont-ils compatibles ?", "Quel est l'effet de l'absence en amour ?". Les termes réalistes qui éveillent des images insupportables sont éliminés : vomir, balai, rhume, se marier... Ils sont remplacés par des périphrases : "être d'une humeur communicative", "laisser mourir la conversation". Le miroir est le "conseiller des grâces". Les pieds sont les "chers souffrants", les sièges les "commodités de la conversation"... De nouveaux mots sont créés comme obscénité, incontestable, enthousiasme... On en défend certains face à l'Académie : "car". De ce mouvement fleurit une nouvelle sensibilité littéraire qui a contribué à la formation de la langue française. Le goût ‘frustre’ de l'aristocratie de l'époque est remplacé par des comportements et des langages raffinés. La gente féminine a joué un grand rôle dans cet épanouissement. La Précieuse revendique des droits pour la femme. Elle oppose à l'amour vulgaire et charnel, l'amour épuré, la "tendre amitié", librement consentie. Elle met à la mode le premier type de "femme d'esprit", hostile au mariage. Elle préfère le flirt ; propose le mariage à l'essai reconductible chaque année.

undefined Derrière l’histoire de ces Précieuses du XVIIe siècle caricaturées par certains comme Molière et parfois caricaturales, se cache une vérité très profonde de la culture protégée dans l’histoire par de grands mécènes français femmes et hommes ayant un véritable amour des arts et le savourant avec un extrême brio. Parmi ces esthètes sont des dames rassemblant autour d’elles tout ce qu’il y a de plus fin. Aliénor d’Aquitaine (née vers 1122), est un des plus grands protecteurs des arts du XIIe siècle et de ses poètes les troubadours (les « trouveurs » des rimes les plus délicates). Elle est la petite fille de Guilhem IX (1071-1126), duc d’Aquitaine et sixième comte de Poitiers, considéré comme le premier troubadour (poète de l’art courtois, de la fin’amor : amour fin) et le premier écrivain de l’Europe médiévale à s’exprimer en langue vulgaire. Elle est aussi la mère de l’un d’entre eux Richard Cœur de Lion. Marie de Champagne (1174-1204) en est un autre exemple. Elle convie autour d’elle des artistes célèbres comme Chrétien de Troyes en particulier connu pour ses romans arthuriens… D’autres femmes contribuent à ce foisonnement et cela surtout jusqu’à la fin du XVIIIe siècle avec les salons qui sont des réminiscences de pratiques antiques (banquets, dialogues…) redécouvertes à la Renaissance mais aussi propagées par le Moyen-âge. C’est ainsi qu’il est de bon ton au XVIIe siècle de s’affubler de noms antiques comme dans l’exemple de la photo 1 où Jean-Louis Guez de Balzac (1597-1654) s’adresse à la Précieuse Marquise de Rambouillet dont il côtoie le salon, en s’appelant lui-même « le Romain » (Les Oeuvres diverses du Sieur de Balzac. Seconde édition, Paris, P. Rocolet, 1646, in-4). Mais on sait aussi puiser dans une culture moins lointaine et même d’en inventer une nouvelle. Ces manières ressurgissent à la Renaissance avec des regroupements, souvent animés par des femmes, comme celle de la photographie 2 qui préfigure la Précieuse, femme d'esprit et de lettres. Il s’agit d’une petite gravure (10 x 14 cm) du XVIIe siècle provenant sans doute d’un livre, représentant un portrait de buste de Sibille de Sève (XVIe siècle) sous lequel est inscrit : « Mademoiselle Sibille de Scève, Lyonnaise excellente en l’art poétique et rareté d’esprit » (Mamoiselle Sibille de Seve Lionoise Excellente en l’art Poetique et rareté D’esprit). Sibylle Scève est une poétesse et intellectuelle lyonnaise, parente (peut-être la sœur) de Claudine et du célèbre écrivain Maurice Scève (1501-1564) qui est le représentant avec Louise Charlin Perrin Labé (vers 1525-1566), appelée aussi La Belle Cordière, de ce qu’on nomme aujourd’hui l’école Lyonnaise qui comprend entre autres Claude de Taillemont, Charles Fontaine, Pontus de Tyard et de nombreuses femmes comme Jeanne Gaillarde, Christine de Pisan, Pernette du Guillet, Clémence de Bourges, Claudine et Sibylle Scève, sans compter les visiteurs occasionnels comme Clément Marot, Melin de Saint-Gelais, avec probablement Bonaventure des Périers et Rabelais.

Après la pièce de Molière Les Précieuses ridicules, les Précieuses se font plus rares. Cependant d’autres femmes font salons et s’entourent de beaux esprits pendant que les Petites-maîtresses et les Petits-maîtres dont nous allons parler dans un prochain article restent maniérés, avec certains tout particulièrement incroyables.

Depuis l’Antiquité, un savoir humaniste et courtois, plein de finesse, d’amour et de sagesse, se rassemble dans des cercles d’une richesse inouïe, remplis de résurgences de savoirs anciens et de découvertes nouvelles, de connaissances et de créations. Dans chacun d’entre eux s’invente un nouveau monde à la manière des Trouvères qui trouvent de nouvelles rimes. Avec eux la langue se rénove, les manières changent, la modernité toujours renouvelée se répand. Il y a un dicton qui dit que la seule chose qui ne change pas c’est le changement. La Modernité est la matérialisation de cela !

Par La Mesure de l'Excellence
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

RégiePub collaborative

guide-entretien-reliure

Présentation

Syndication

  • Flux RSS des articles

Informations

PAGERANK DE LM
PageRank Actuel


La plupart des réalisations internet de LM sont faites à partir de
LOGICIELS LIBRES

 

Il y a actuellement 6 personne(s) sur ce blog

Copyright © 2007 - 2012
La Mesure de l'Excellence
L
e Menn Richard

Tous droits réservés

lesamusementsdeparisreliurefacedetaila300lll

     
lamesure.org

  Est-ce que quelqu'un sait comment intégrer un moteur de recherche sans pub ??

La-Mesure80.jpg
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés