La Mode

Jeudi 19 mai 2011 4 19 /05 /Mai /2011 10:24

catalogueAguttes24mai-copie-1

Photographie : Première de couverture du catalogue de la vente Aguttes du 24 mai à Lyon Brotteaux. Cliquer sur l'image pour accéder au catalogue.
dansesXVIIe500 Photographies : 'Scène de bal avec une joueuse d'épinette' de Frans Francken II (1581-1642) sur panneau de chêne (de trois planches, non parqueté). Dimensions : 69 x 107 cm. Cette composition est signée sur le dessus du clavecin : « Frans Franken FISV ». © Photographie d'ensemble provenant du catalogue Aguttes.
concerta J'ai choisi de vous présenter ici deux tableaux du XVIIe siècle de la vente Aguttes du 24 mai à Lyon Brotteaux peignant une scène de bal et l'autre un déjeuner dans un parc. L'intérêt du premier réside entre autres dans la présentation sur le devant, de l'orchestre composé d'une joueuse d'épinette, d'une chanteuse et d'un joueur de luth. L'accoutrement de la musicienne est particulièrement de mode à cette époque, avec sa coiffure blonde rappelant celle romaine appelée en « nid d'abeilles » ou en « diadème » et celle 'à la Fontanges' de la fin du XVIIe, sa fraise tout autour du cou (quand la danseuse a encore l'ancienne collerette) qui ajoute à la rigidité de son vêtement sombre très serré au niveau du buste, avec des épaules hautes, un corset et une ceinture ; alors que sa robe en vertugadin est très ample et tombe sur une jupe rouge écarlate. Pendant que les uns dansent, un couple sur la gauche est attablé et entouré de victuailles.
dejeunerdansjardin500 Photographies : Peinture sur toile du XVIIe siècle provenant de l'atelier de Cristoph Jacobsz van der Lamen intitulée 'Le déjeuner dans un parc'. Elle fait 47 x 65 cm. Elle est signée en haut à gauche et datée : « c. van der lamen fecit 1653 ». Il s'agit d'une « reprise de la composition vendue le 29 juin 2005 (Hôtel Drouot, Me Joron-Derem, collection lolita Lempicka et à divers) ». © Photographie d'ensemble provenant du catalogue Aguttes.
dejeunerdansjardindetails Dans la seconde oeuvre, je retiens surtout les habits des personnages : l'usage des dentelles aussi bien pour les femmes que pour les hommes ; la robe d'un bleu tendre de la jeune femme de gauche dans laquelle s'échoue sa gorge au teint d'albâtre, ses bijoux de perles et ses agrafes d'or, ses cheveux dorés ; ceux du jeune homme qui lui tient la main et qui tombent en boucles sur ses épaules, son col (rabat) de dentelle caractéristique du XVIIe, son noeud sur la poitrine (les rubans et la dentelle étant des accessoires très prisés de la mode de ce siècle), ses chaussures semblant surmontées d'une guêtre et ayant sur le devant une très grosse décoration en forme de disque plat ; et puis la stature du personnage de dos avec son chapeau à la longue plume blanche, son rabat de dentelle qui couvre une chemise dont le peintre rend parfaitement l'aspect soyeux, ses bottes semblant elles aussi avoir leur 'disque' et puis surtout son manteau dont le drapé est noué autour de la taille pour former un énorme noeud dans son dos.
© Article LM

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 25 avril 2011 1 25 /04 /Avr /2011 12:13

terenceadelphes2personnagesdetail300 Photographies 1 et 3 : Bois gravé du XVe siècle ou du XVIe, avec deux personnages aux longs cheveux dont l'un affublé d'un chapeau à grandes plumes.  © LM. 

Photographie 2 : Première page de la partie intitulée  'Des Cheveux des Français' du livre de Guillaume-François-Roger Molé Histoire des Modes Françaises, ou Révolutions du costume en France, Depuis l’établissement de la Monarchie jusqu’à nos jours. Contenant tout ce qui concerne la tête des Français, avec des recherches sur l’usage des Chevelures artificielles chez les Anciens, Amsterdam et Paris, chez Costard, Libraire, rue Saint-Jean-de-Beauvais, 1773, in-12 (16,6 x 10 cm). © LM.

Photographie 4 : Détail d'une estampe originale du XVIIe siècle d’Abraham Bosse (1604  - 1676). © LM.

Si la mode masculine actuelle des cheveux courts date de l'époque napoléonienne, auparavant une belle coiffure s'apprécie le plus souvent à l'épaisseur et la longueur des cheveux. C'est une marque de virilité, cela depuis l'Antiquité, pendant le Moyen-âge et jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Les cheveux reviennent à la mode avec les romantiques dans les années 1830, puis dans les années 1960. La beauté des cheveux est aussi une marque de noblesse. descheveuxdesfrancais300 Comme l'écrit M. Molé, dans son Histoire des Modes Françaises, ou Révolutions du costume en France … (1773) : « C'est la coutume des Rois de France, dit Agathias [VIe siècle après J.-C.], de ne se faire jamais couper les cheveux, mais de les conserver depuis le moment de leur naissance : ils laissent ceux de derrière flotter avec grâce sur leurs épaules ; ils partagent ceux de devant sur le sommet de la tête, & les  rejettent des deux côtés : en général leur chevelure n'est ni hérissée, ni dégoûtante comme celle des Turcs & des Barbares, ni liée ou cordelée toute ensemble sans grâce, sans agrément : ils ont diverses manières de la tenir propre ; ils en ont grand soin […] Les cheveux, dans ces temps reculés, étaient en si grande vénération qu'il n'y avait point d'autre manière de dégrader un Prince que de lui raser la tête. » Durant les mille ans du Moyen-âge de nombreuses façons de se coiffer sont à la mode : parfois avec des cheveux longs, parfois courts. C'est une époque très riche en modes diverses, pleine d'inventivité, d'audaces et de goût notamment en ce qui concerne les parures de la tête. « Henri III & ses mignons ranimèrent le goût des Français pour les cheveux frisés. Ils ne tentèrent pas cependant d'introduire la mode des longues chevelures : au contraire, ils affectèrent de laisser les oreilles découvertes. C'était de leur part un raffinement de coquetterie : ils ne relevaient leurs cheveux que pour laisser voir en liberté les perles & les diamants qu'ils suspendaient à leurs oreilles. Henri II fut le premier qui tenta d'usurper cette parure destinée aux femmes. Henri III suivit son exemple, & l'on conçoit aisément que cette nouveauté eut des sectateurs : l'art de la frisure fit aussi des progrès : on frisa le toupet, le dessus, le derrière, & les côtés de la tête. Cet apprêt consistait à former, avec les cheveux, des espèces de rouleaux ou cercles distingués les uns des autres. On nommait ces petits cercles des bichons. Le règne, trop court, d'Henri IV ne fut pas si favorable à la toilette de la tête que celui des favoris : mais ce Prince laissa un successeur, qui fit éclore une nouvelle révolution. Louis XIII était fort jeune lorsqu'il parvint à la couronne. En grandissant, il conserva ses cheveux. Sous de pareils auspices, les belles chevelures acquirent de la réputation. Elles commencèrent par s'arrondir autour de la tête ; elles cachèrent ensuite les oreilles, & finirent par flotter sur les épaules. […]  Ce qui affligeait surtout les rigoristes, c'est que l'usage s'était introduit parmi les Prêtres de se laver la tête avec des eaux de senteur, de répandre sur les cheveux des parfums exquis […] Les têtes Sacerdotales ne furent pas les seules qui éprouvèrent les lois du changement : le goût pour les longues chevelures dégénéra bientôt en manie. Il n'est pas donné à tout le monde d'avoir beaucoup de cheveux, encore moins d'en avoir de très longs ; on eut recours à l'art & sous ses auspices on brava la nature. Ce fut dans ce moment de vertige que s'introduisit la mode des bonnets à cheveux, connus sous le nom de perruques. J'en donnerai l'histoire dans le supplément. Cette mode, dès son origine, fut portée à l'excès. Non seulement les têtes chauves & les têtes rousses s'empressèrent de lui rendre hommage ; celles mêmes que la nature avait le plus favorisées, préférèrent des cheveux postiches à leurs cheveux naturels. Par une bizarrerie assez difficile à comprendre, l'amour des cheveux causa leur perte : les perruques se multiplièrent ; presque toutes les têtes furent tondues […] Malgré ces contestations les cheveux, du moins ceux que l'on avait épargnés, acquéraient de jour en jour un nouvel éclat ; les terenceadelphes2personnagesrecadre300 toupets surtout commencèrent à jouer un rôle intéressant sur la tête des Français : réduits d'abord à une simple touffe de cheveux, ils s'emparèrent par la suite de toute la largeur du front, & dégagèrent entièrement les tempes. Afin de leur donner une certaine consistance qui les rendît commodes, on les roula sur un fer chaud : cet expédient procura pour la seconde fois des toupets frisés. Une autre invention apporta un changement notable sur le peu de têtes chevelues qui existaient encore. Depuis le retour des cheveux flottants, les hommes s'étaient bornés à se laver, à se parfumer la tête. Les femmes au contraire semaient sur leurs cheveux une certaine poudre blanche, qui n'avait été inventée que pour les nettoyer. Les Dames de la Cour & les filles de joie étaient mêmes les seules qui eussent pris cette licence. Les petits maîtres envièrent aux femmes ce prétendu agrément. Plusieurs d'entre eux parurent en public avec des cheveux poudrés, & cette frivolité eut des approbateurs. D'abord les hommes se contentèrent de mêler la poudre avec les cheveux : peu-à-peu ils s'accoutumèrent à la répandre avec profusion sur leur tête, & bientôt cette mode fut générale. Hommes, femmes, enfants, vieillards, tous firent usage de la poudre; toutes les têtes devinrent blanches. Cette révolution influa sur le goût de la nation relativement à la couleur des cheveux. On avait toujours estimé en France, même parmi les hommes, la couleur blonde, comme la plus douce, la plus agréable. Les cheveux noirs offraient quelque chose de trop dur ; les blancs annonçaient la décrépitude, ils étaient peu estimés. Depuis l'introduction de la poudre, les cheveux blancs sont venus en honneur : tout homme assez heureux pour en avoir de bonne heure, se fit une gloire de ne plus les cacher : une chevelure blanche est comptée au nombre des plus belles parures. Sur ces entrefaites le dix-huitième siècle parut. Il vit les Français applaudir à la poudre, à la frisure, aux beaux toupets ; mais il ne tarda pas à s'apercevoir qu'ils commençaient à se dégoûter des longues chevelures. Pour les contenter, il n'imagina pas d'autre moyen que de leur procurer le double avantage de jouir quand ils voudraient & des cheveux longs & des cheveux courts. Plein de ce projet, il fit éclore de nouvelles modes. La première, la plus simple de toutes, consistait à réunir avec une rosette les cheveux qui flottaient sur les épaules, & à les attacher lorsque les circonstances l'exigeaient. Cette mode, qui procura les cheveux en cadenettes, dura peu, & l'on vit arriver, pour la chevelure des hommes, ce qui était arrivé un demi siècle auparavant pour la queue des chevaux. Les Parisiens, pendant un temps, se prirent de belle passion pour les chevaux à courte queue : c'est ce qui fit dire à Bassompierre, lorsqu'en 1642 il sortit de prison où il était resté vingt ans, qu'il ne trouvait d'autre changement dans le monde, si ce n'est que les hommes n'avaient plus de barbe, & les chevaux plus de queue. Bientôt, les habitants de Paris se jetèrent dans l'extrémité opposée ; les chevaux à la queue large & flottante furent recherchés. La girouette tourna pour la troisième fois : sa nouvelle position fit désirer en même temps & les queues longues & les courtes queues : pour contenter un goût si bizarre, on s'avisa de renfermer la queue des chevaux dans un étui, qu'on était libre d'ôter lorsqu'on le désirait : l'invention parut commode, les hommes s'en emparèrent. Ce fut alors que les Français imaginèrent les bourses espèce de petit sac de taffetas dans lequel ils enfermèrent leurs cheveux, & d'où ils les retiraient Bossecourtisandetail300 lorsque la nécessité l'exigeait, ou que les circonstances le permettaient. Les rosettes ne furent pas néanmoins abandonnées ; elles s'attachèrent aux bourses, dont elles devinrent le principal ornement. D'abord les bourses ne furent employées que dans les voyages, que pour courir le matin en chenille ou pendant la pluie : il eût été indécent de paraître avec cet ajustement devant les Grands, & surtout dans les cérémonies. Avec le temps les bourses ont acquis quelque considération : il leur a été permis de se montrer dans les meilleures compagnies, & les Prêtres, après les avoir méprisées, ne s'obstinèrent plus à soutenir qu'on devait se marier avec des cheveux flottant. Les cheveux de derrière la tête étant ainsi renfermés, ceux des côtés furent taillés : les oreilles reparurent, & depuis ce temps elles n'ont plus été cachées. Quelques particuliers s'avisèrent aussi de tresser les cheveux : ils renouvelèrent même l'ancienne mode des cheveux en queue ; mais il s'en faut bien qu'ils lui aient donné son premier lustre. Un simple ruban noir qui enveloppe les cheveux, voilà maintenant ce qu'on appelle une queue. Lorsque les queues parurent, la mode voulait qu'elles fussent très grosses, très-longues, très-pointues. Les petits maîtres, toujours extrêmes, associaient à leurs cheveux des cheveux étrangers ; par ce moyen ils se procuraient de belles queues. Quelques-uns d'entre eux voulurent multiplier cet ajustement, & introduire l'ancien usage des queues sans nombre. Leurs tentatives n'eurent aucun succès : il fut décidé que les hommes n'auraient qu'une queue ; qu'ils ne la ramèneraient point sur la poitrine, comme cela se pratiquait dans le sixième siècle, mais qu'ils la renverraient sur leurs épaules, & qu'elle ne serait généralement admise que chez les Militaires & les voyageurs. Les tresses reçurent un traitement moins rigoureux. Elles eurent la liberté de s'approprier toutes les couleurs : il leur fut même permis d'être bariolées, c'est à-dire composées de rubans de couleurs différentes. Deux jolies rosettes eurent ordre de se placer aux deux extrémités. Malheureusement cette élégance fut de peu de durée ; les tresses subirent le sort des queues; la couleur noire devint leur partage. Les bourses sont pareillement vouées au noir, & malgré leur élévation, elles n'ont point encore quitté cette livrée. Leur forme a seulement varié : les premières bourses étaient quarrées, d'une grandeur moyenne, & devaient paraître remplies de cheveux. Pour se conformer au goût dominant, on avait la précaution de les remplir avec du crin. Vinrent ensuite les bourses extraordinairement petites & fort étroites par le haut, qui furent remplacées par les bourses d'une grandeur démesurée. Le crin disparut en même temps : plus une bourse était plate, plus on la trouvait admirable. Les rosettes subirent aussi diverses variations : cavalierenecharpe300 on s'avisa de les associer à la frisure, elles furent poudrées , & cette folie ne manqua point de partisans. La manière de disposer les cheveux sur le devant de la tête, & des deux côtés, éprouva pareillement différentes révolutions. L'invention des perruques avait porté l'art de la frisure à un degré de perfection auquel on n'aurait jamais pensé qu'il put parvenir. Libres de donner à des cheveux postiches mille formes différentes, les Maîtres Perruquiers n'épargnèrent ni peines ni soins pour piquer la vanité des petits maîtres ; & c'est à leur industrie que nous sommes redevables de ces fameuses frisures, auxquelles bien des hommes attachent une partie de leur mérite. Le nombre de ces frisures est presque infini. Chaque année, chaque mois, chaque semaine en produit de nouvelles : on a vu successivement paraître des têtes frisées en béquille, en graine d'épinards, en bâtons rompus ; hier c'était en aile de pigeon ; aujourd'hui à la débâcle, & mille autres manières qu'il serait fort difficile de faire connaître sans le secours de la gravure. Il sera plus aisé d'exposer ici le tableau des apprêts qu'exigent ces diverses frisures, ou, pour me servir du terme consacré par l'usage, de ces différentes colures. Si jamais, o race future ! il vous prenait envie de remettre en vigueur nos sublimes colures, souvenez-vous bien que quand les cheveux sont taillés suivant la forme qu'on veut leur donner, il faut les prendre par pincées, les rouler sur eux-mêmes, & les envelopper dans un morceau de papier triangulaire. Chaque pincée de cheveux ainsi roulée & enveloppée, se nomme une papillote. Si vous désirez savoir combien une chevelure peut fournir de papillotes ? Je vous répondrai que cela dépend du genre de la frisure & de l'abondance des cheveux. Communément la tête d'un petit maître contient cent cinquante, deux cent rouleaux. Lorsque cette première opération sera finie, vous passerez chaque papillote entre les deux pattes d'un fer chaud. Prenez garde que la chaleur ne soit trop grande ; vous auriez bientôt détruit votre propre ouvrage. Pour ne pas vous y tromper, voici un signe. Quand le fer ne brunit plus le papier, allez, pressez ; vous êtes parvenus au degré de chaleur nécessaire. N'opérez pas néanmoins avec trop de précipitation, craignez que votre main ne bronche ; la position est délicate : en voulant décorer l'idole, souvent on la défigure. Les papillotes étant ainsi pressées ; laissez les refroidir. Vous enlèverez ensuite le papier, vous réunirez tous les rouleaux avec cet instrument si ancien, si commode, & si connu, que l'on nomme un peigne : sous ses auspices vous mêlerez les cheveux autant qu'il sera en votre pouvoir. C'est ce qu'on appelle crêper. Ceci étant achevé, partagez de nouveau les cheveux, dégagez les faces du toupet & le toupet des cheveux de derrière ; vous formerez alors des boucles, ou marons, & la frisure sera ébauchée. Une opération d'une nouvelle espèce se présente. Prenez de cette poudre blanche, dont j'ai déjà parlé ; vous la pétrirez avec une espèce de matière grasse, appelée pommade : par le moyen de cette pâte vous collerez, vous mastiquerez chaque boucle, chaque maron, & l'obligerez à prendre, à garder la forme que vous désirez. Si cette gomme ne suffit pas, ayez recours aux épingles noires ; elles assujettiront à votre gré toutes les boucles, tous les marons. Le dernier apprêt consiste à prendre avec un instrument, que l'on nomme houppe, de la poudre blanche, & à la secouer légèrement sur les cheveux jusqu'à ce qu'ils en soient entièrement couverts. Allez maintenant consulter votre miroir. Cette opération termine la toilette ; la colure est achevée. Peut-être, ô race future ! cavalierenecharpedetail300 trouverez vous cette méthode sale, bizarre & minutieuse ? Elle est cependant universellement reçue. Oui , telle est en général la manière d'enjoliver les têtes d'à présent. Elle est même commune en France, au Seigneur comme à son valet, aux personnes du monde comme aux gens d'Église. Si l'on en excepte quelques Moines, & les habitants de la Campagne, toutes les têtes Françaises sont frisées, poudrées, mastiquées. Je crois superflu d'observer, qu'il aurait été ridicule de surcharger d'un chapeau une tête si artistement arrangée. Cet ancien ornement a donc été sacrifié à la frisure : il n'a pas été néanmoins abandonné tout-à-fait. On le porta d'abord à la main par la suite il se plaça du côté gauche, & la mode s'introduisit de porter les chapeaux sous le bras. Qu'il me soit permis d'observer que c'est pour la troisième fois que le côté gauche est devenu le dépositaire des ornements de tête. Les aumusses se sont emparées du bras, les chaperons de l'épaule, tout le monde sait où les chapeaux sont placés ; j'ignore comment nos descendants s'y prendront, s'ils inventent quelque ajustement de tête, & s'ils s'en dégoûtent, toutes les places sont occupées. Il est facile de concevoir que le chapeau ne se trouva pas à son aise sous le bras gauche ; c'est ce qui le força de prendre une forme nouvelle : sa calotte s'est aplatie, ses bords se sont couchés, il est devenu un ornement presque inutile. »

Article LM

Photographies 5 et 6 : Gravure du temps de Louis XIV : « Cavalier en Écharpe. Il est galant déterminé - Jetant ses cheveux en arrière - Et prêt à fournir la Carrière - Dans un bal après le dîner. » © LM.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 26 janvier 2011 3 26 /01 /Jan /2011 22:32

cafedeparisplanlarge650 Photographies : Café de Paris sur le boulevard des Italiens. Illustration provenant de la revue La Mode datant de 1837. Ouvert au mois de juillet 1822 à Paris, ce café est situé à côté du Café Tortoni célèbre au temps des merveilleuses et des incroyables. Le Café de Paris est fréquenté notamment par des artistes comme George Sand et Alfred de Musset.
cafedeparis300 J'ai écrit un précédent article sur les cafés parisiens à partir d'une gravure que j'ai achetée à Drouot représentant le Café Royal d'Alexandre : Les cafés de Paris en 1787. J'ai découvert depuis une estampe (cliquer ici) peignant un incendie de hautes coiffures au Café Royal d'Alexandre  qui présente une femme avec sur la tête une volumineuse composition qui prend feu lorsqu'elle passe sous un lustre. Le jeune homme qui l'accompagne a lui aussi une chevelure élevée de même que la personne derrière le comptoir. Le Café Royal d'Alexandre doit donc être à l'époque de cette mode un lieu de rendez-vous des petits maîtres. Comme nous l'avons vu dans l'article précédemment cité, cet endroit a de très hautes portes et est spacieux, assez pour accueillir ces élégants.

Aujourd'hui, sur la devanture principale du Café Procope, un médaillon en marbre indique : « ~ Café Procope ~ ici Procopio dei Coltelli fonda en 1686 le plus ancien café du monde et le plus célèbre centre de la vie littéraire et philosophique au 18e et au 19 e siècles. Il fut fréquenté par La Fontaine, Voltaire, les Encyclopédistes, Benjamin Franklin, Danton, Marat, Robespierre, Napoléon Bonaparte, Balzac, Victor Hugo, Gambetta, Verlaine, et Anatole France. » Ce café est le plus ancien subsistant de Paris, peut-être d'Europe si ceux d'Autriche, d'Angleterre n'existent plus ; et du monde si on considère que ce genre est né en Europe. Seulement cette mode nous vient d'Orient. La plante produisant le café provenant d'Éthiopie et la boisson qui l'utilise s'étant répandue depuis le Yémen jusqu'en Turquie bien avant de s'implanter en Europe, peut-être reste-t-il de ces lieux de réunion plus anciens dans ces contrées.

L'histoire des cafés parisiens est encore très présente dans Paris. L'un des plus anciens, le Procope, fondé vers 1684 est toujours en activité. Il en reste beaucoup d'autres rappelant la vie artistique et littéraire française, des modes et des usages, de véritables îlots de culture témoins de moments importants de la vie sociale parisienne, depuis les cafés des Lumières, en passant par le Café de la Paix sur les boulevards (XIXe siècle) ; les cafés de Montparnasse durant les années folles et les surréalistes (début XXe) avec La Closerie des Lilas, La Rotonde ou La Coupole ; Les Deux Magots et le Café de Flore dans le quartier Saint-Germain particulièrement virulents au temps des existentialistes (après guerre, années 50) …
procope650 Photographies du dessus : Extérieur du Café Procope du côté du passage couvert et intérieur.
cafedelapaixinterieurexterieur Photographies du dessus : Café de la Paix sur le boulevard de la Madeleine, intérieur et extérieur.
larotondelacoupole640 Photographies du dessous : Cafés de Montparnasse avec La Rotonde et La Coupole.


CafeStGermain600 Photographies du dessus : Cafés de Saint-Germain avec le Café de Flore et Les Deux Magots.

Et puis à côté de chez moi il y a Le Café Charbon dans le quartier Oberkampf ; peut-être un 0824charboninterieurpeinturea300 reliquat des endroits populaires et festifs auvergnats des XIXe et XXe siècles devenus très à la mode dans le dernier tiers du XXe siècle dans des rues comme celles de Lappe et d'Oberkampf ou bien une reconstitution (si quelqu'un a des informations précises ?).
Photographies : A gauche, intérieur du Café Charbon, avec ses décorations de style ou réellement du XIXe siècle. Au dessous, extérieur du café. elegantesaunou0608veaucasinojuinfloue1300

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 17 janvier 2011 1 17 /01 /Jan /2011 11:09

lafoliedujourdetail12300aaclair.jpg lafoliedujour.jpg Photographies du haut et de droite : Gravure de Salvatore Tresca (1750-1815), artiste sicilien né à Palerme et établi à Paris. En 1788 il grave « divers sujets à la manière pointillée anglaise » (Histoire de l'art pendant la Révolution 1789-1804 par Jules Renouvier et Anatole de Montaiglon, 1863). Il est à l'origine de plusieurs estampes caricaturant des incroyables, la plupart signées « Tresca sculp. » : Les Croyables au Perron, Les Croyables au tripot, Point de convention, et La Folie du jour. Les trois premières estampes représentent de vrais et faux incroyables : des agioteurs, des joueurs de carte, une merveilleuse qui refuse une avance malhonnête d'un incroyable. Dans la quatrième qui est celle présentée ici : « un jeune homme, en culotte collante, et une jeune femme, en robe diaphane, dansent un pas de boléro devant un ménétrier. On ne saurait imaginer une mise en scène plus piquante des travers et des grimaces des habitués des bals de l'hôtel Mercy et de l'hôtel Thélesson. » (ibid.). La signature laisse à penser que Salvatore Tresca s'inspire de l'oeuvre d'un artiste. On a ainsi attribué certains des dessins à l'origine de ces gravures à Louis-Léopold Boilly (1761-1845). Les deux protagonistes de l'image dansent donc soit le boléro soit une valse. La merveilleuse porte une des toilettes du Directoire que la baronne de Vandey appelle  dans son ouvrage intitulé Souvenirs du Directoire et de l'Empire (1848) « simples et élégantes », très transparente comme celle qu'elle décrit : « Sa robe en tulle n'avait en dessous qu'une mousseline tellement claire, qu'on pouvait distinguer la couleur de ses jarretières. » Ici on aperçoit sous la longue robe une véritable mini-jupe. Cela accentue le caractère lascif de cette chorégraphie suggéré aussi par le mouvement où les corps et les regards se croisent aux rythmes du violon. La caricature du musicien en alcoolique, assis au milieu de bouteilles de vin, avec la pièce de monnaie dans sa bouche donnée pour sa prestation, insiste sur l'aspect assez 'licencieux' de cette danse ; que le titre de l'estampe rend encore plus flagrant : 'La Folie du jour'.
Photographie de gauche : costumepaerisien1802clair300 Gravure datée de 1802, ayant pour légende : « Costume de Bal », et représentant une merveilleuse et un incroyable dansant.

Le boléro comme la valse sont des danses importées à Paris à la fin du XVIIIe siècle. Dans son livre déjà cité, la baronne de Vandey relate un épisode où, après un dîner chez M. de Talleyrand, on demande à un des frères Garat (soit le tribun, soit le chanteur à la mode) tout juste revenu d'Espagne de danser un boléro avec Mme Talien. C'est une nouvelle manière à la mode au temps du Directoire et par la suite ; mais peut-être moins que la valse qui supplante après la Révolution les danses de cour comme le menuet. Elle est d'abord pratiquée par les jeunes merveilleuses et incroyables. Elle se s'adonne en couple fermé, et s'associe parfaitement avec les nouveaux vêtements légers et donnant beaucoup de liberté aux mouvements ainsi que les chaussures sans talon permettant de passer facilement de pas sautés à des pas glissés.
Photographies : Danses d'avant la Révolution. Gravures provenant d'un almanach allemand de 1779 : Zachenbuch zum Nuken und Bergnugen, Goetingen, J. C. Dieterich, avec de nombreuses gravures liées à la mode et pratiques civiles de cette époque et ayant des légendes en allemand et français. La première est intitulée 'Habillements de Danse' et la seconde 'La Danse'. almanachallemand1779danses531

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 13 décembre 2010 1 13 /12 /Déc /2010 10:18

les promenades de paris 300

LES PROMENADES DE PARIS. C'est le titre d'une « Comédie en Trois Actes, Mise au Théâtre par Monsieur Mongin & représentée pour la première fois par les Comédiens Italiens du Roy dans leur Hôtel de Bourgogne, le sixième jour de Juin 1695. » La pièce se déroule dans deux importantes promenades parisiennes que sont le bois de Boulogne et les Tuileries. Elle met en scène une « fille de qualité », Elise, ayant trois amants : un « capitaine de dragons », un « jeune homme de famille » et un « homme de robe ». Ce dernier vieux mais riche, pour la séduire s'habille en petit-maître et lui offre un somptueux repas au bois de Boulogne, des spectacles et concerts aux Tuileries. Colombine, la suivante d'Elise, a comme amants les trois valets des prétendants de sa maitresse. Cette oeuvre donne quelques informations sur cette gigantesque promenade qui part des Tuileries, puis à partir du tout début du XVIIIe siècle aussi des Boulevards, et se prolonge par le Cours (parallèle aux Champs-Elysées) et se poursuit jusqu'au bois de Boulogne.  
LE BOIS DE BOULOGNE. La pièce commence au bois de Boulogne qui est décrit comme un lieu de promenade, d'enivrement, de gastronomie et de plaisirs : « C'est dans ce lieu délectable, / C'est dans ce charmant séjour, / Que les plaisirs de la table / Font venir ceux de l'amour. » Endroit   « … Où l'on sait la contraindre à flirter la linotte ! / Dans ces lieux la Coquette à la bisque se rend ; / Et pour la bisque aussi la Prude / Permet dans cette Solitude / Ce que partout elle défend. » Je ne sais ce que signifie exactement 'flirter la linotte', mais la linotte est un oiseau particulièrement joli (voir Wikipedia). 'Se rendre à la bisque' peut sans doute se traduire par : 'en profiter', 'profiter de la circonstance heureuse'.
lespromenadesdeparisfrontispicedetaila300 LES TUILERIES. Ces promenades sont véritablement un lieu de réjouissance et de spectacle où les acteurs sont aussi les spectateurs, c'est à dire les promeneurs. On y va au persil. Je parle longuement de ce phénomène, typiquement parisien et au fondement de la mode actuelle, dans l'article sur le Cours. Voici une manière d'aller au persil : « ELISE. Mais comment donc faut-il se promener ici, Colombine ? - COLOMBINE. Comme tout votre sexe, Mademoiselle. Il faut comme toutes les belles, ne pas hasarder ici une démarche naturelle. Êtes-vous avec moi dans la grande Allée, par exemple ; il faut me parler toujours sans rien dire, pour sembler spirituelle ; rire sans sujet, pour paraître enjouée ; se redresser à tous moments, pour étaler sa gorge ; ouvrir les yeux, pour les agrandir, se mordre les lèvres pour les rougir, parler de la tête à l'un, de l'éventail à l'autre, donner une louange à celle-ci, un lardon à celle-là. Enfin, radoucissez-vous, badinez, gesticulez, minaudez, & soutenez tout cela d'un air penché ; vous voilà à peindre aux Tuileries. Entrez en lice. » C'est une des manières de faucher le persil. Il y en a d'autres. On retrouve un petit peu de cela aujourd'hui chez les mannequins, lorsqu'ils sont sur le podium ou en séance.
Un autre passage décrit la promenade des Tuileries et celle du Cours. La première est présentée avec de petits châteaux, des terrasses et des jets d'eau et surtout quatre principales allées. Il y a la grande allée où le beau monde s'étale, et trois allées plus discrètes avec une comprenant des bancs pour parler à loisir, une autre « sombre » et « touffue » où se donnent les rendez-vous galants, et une quatrième pour les solitaires. On apprend aussi que certains s'y laissent enfermer la nuit pour s'y adonner aux plaisir de l'amour. A côté des Tuileries, le Cours est décrit comme la grande allée des équipages où on parade avec chevaux et carrosses. Voici ce passage : « Comment s'appelle ce château, / Ces terrasses & ces jets d'eau ? / Ces allées surtout ? / Qu'est-ce que ces allées ? / ARLEQUIN. / Voici comme vulgairement / La chose est appelée. / Tiens, devant nous premièrement / Voila la grande allée. / PIERROT. /  La grande allée ? / ARLEQUIN. / C'est la carrière du beau monde. / C'est là qu'avec grand appareil, / Au petit couché du soleil, / Viennent se mettre en montre & la brune & la blonde. / C'est là qu'on met à l'étalage / Dentelles, étoffes, & rubans ; / C'est-là que tous les ambulants / Viennent mettre à l'encan leur taille & leur visage. / C'est là que l'on se donne un public rendez-vous ; / Que tous les beaux objets se trouvent, / Et que tous ils se désapprouvent, / Parce qu'ils se ressemblent tous. / Voilà en peu de mots ce que c'est que la grande allée. Pour ces petites d'à-côté, l'une est l'allée de la fronde ou du contrôle. / lespromenadesdeparispartitions1300clair PIERROT. / Ces allées où sont ces bancs ? / ARLEQUIN. / Oui, c'est là qu'on s'assit pour médire à son-aise. / Que l'on parle du beau, du mauvais, & du bon ; / Enfin c'est là que tout se pèse, / Et qu'à chaque passant on taille le lardon. / PIERROT. / Et cette allée-ci si sombre & si touffue ? / ARLEQUIN. C'est l'allée des rendez-vous. / Ce qu'on dit, ce qu'on fait en semblable retraite, / Se devine assez entre nous. / Mais cette allée est fort discrète ; / Et dont bien en prend aux jaloux. / PIERROT. / Et cette autre allée où l'on ne se promène que seul à seul ? / C'est le séjour de la Misanthropie, / C'est là qu'un noir chagrin, que la mélancolie, / Se promènent matin & soir ; / Et là bien des humains se plaisant seuls, font voir / Qu'on peut se plaire, quoi qu'on dise, / En fort mauvaise compagnie. / PIERROT. Mais qu'est-ce que je vois là-bas ? Tatidié ! Quel bagage ! Qu'est-ce donc que cette allée-là ? / ARLEQUIN. / Où donc ? / PIERROT. Hé, là où se promènent tous ces chevaux & ces carrosses. / MEZZETIN. / Hé , c'est le Cours. / PIERROT. / Allons, faisons une descente dans ce Cours. / Je n'ai jamais vu tant de beau monde. Allons donc.  / ARLEQUIN. / Tout doux ; fantassin ni piéton / Ne vont jamais en ce canton. / L'on n'étale aux Tuileries / Qu'habits, rubans, modes, & broderies ; / Ici pour briller, tout mortel / Prend un mérite personnel ;  / Mais au Cours près duquel nous sommes, / Là ce sont les chevaux qui font valoir les hommes ; / Et parmi ces humains, & parmi ces chevaux, / Qui vont de mon côté, qui reviennent du vôtre, / On pourrait prendre l'un pour l'autre, / Sans faire de grands quiproquos. / Ces ballots, par exemple, & ces larges visages / Qui remplissent eux seuls de si grands équipages, / Ces gens, d'esprit comme de corps épais, / De leurs coureurs sont- ils pas les images ? / Mais, Cours, à tant de sots favorable carrière, / Parmi tous ces beaux chars, tous ces beaux étalons, / Que penses-tu de voir en carrosse à deux fonds, / Ceux que jadis tu vis derrière ? / C'est ici qu'un vrai spectre, un remède d'amour, / Est un Soleil en Carrosse à trois glaces ; / Six Chevaux bien croupés au Cours, / Entraînent après eux les cœurs, les ris, les grâces. / Un mérite roulant est une flèche, un dard, / Auquel il n'est point de rempart, / Et l'on ne trouve point de belle, / A qui les roues d'un beau Char, / Ne fassent tourner la cervelle. / Mais arrête, vois-tu ce petit animal, / Ce jeune Phaeton, qui pour frapper la vue, / Par une route trop battue, / Court en Carrosse à l'Hôpital ? / D'autres ambitieux, qui pour fuir cet outrage, / Aux dépens de leur ventre étalent un beau train ? / Vous autres bourgeois de village, / De cette ville aimeriez-vous l'usage, / Et vous réduiriez-vous à n'avoir pas du pain, / Pour avoir un bel équipage ? / Des chevaux bien nourris courent sous ce feuillage, / Dont les Maîtres meurent de faim. / Et ces chevaux de bonne mine, / Qui font si bien aller un Carrosse en ces lieux, / Font bien mal aller la cuisine. / Enfin dans ce grand Cours chacun à qui mieux mieux / Vient jeter de la poudre aux yeux. / Mais voici l'heure de mon concert, la nuit approche ; serviteur, Monsieur le Manan. / A nous revoir ici ce soir au clair de lune. / PIERROT. / Comment ? est-ce qu'on vient ici la nuit ? / lespromenadesdepariscarrosse300 ARLEQU1N. Sans doute ; & minuit c'est la plus belle heure des Tuileries. (Arlequin chante :) / Ce beau jardin que l'on admire / Est ordinairement, le jour, / Le théâtre de la Satyre, / Et la nuit celui de l'amour. / Dans le jour, la Blonde & la Brune / Y font étaler leurs attraits ; / Mais au demi clair de la Lune, / On y voit leurs charmes secrets. / PIERROT. Ah ! je souhaite donc que la nuit vienne au grand galop. Voilà qui est admirable, qu'on voit de si belles choses aux Tuileries, quand on n'y voit goutte ! (Pierrot s'en va.) »
Photographies : Les Promenades de Paris. Cette pièce, entière avec son frontispice et ses partitions des chansons, provient sans doute de la première édition ou d'une autre du tout début du XVIIIe siècle de : Le Théâtre Italien de Gherardi ou Le Recueil Général de toutes les comédies & scènes Françaises jouées par les comédiens Italiens du Roi pendant tout le temps qu'ils ont été au service. Enrichi d'estampes en taille douce à la tête de chaque comédie, à la fin de laquelle, tous les airs qu'on y a chantés se trouvent gravés-notés avec leur basse-continue chiffrée. Tome VI, de la page 87 à 160 avec 4 pages de musique in fine. Format : In-12 (15.5  x 9 cm). Le frontispice représente Arlequin en « fiacre » (cocher)  avec son carrosse en arrière plan, dans le bois de Boulogne, se versant à boire, entouré d'Elise (ici prénommée Isabella personnage de la commedia dell'arte et d'après Wikipédia nom de « la première femme à monter sur scène dans la capitale française ») et de Colombine. Même si la gravure est assez grossière d'exécution, elle n'en reste pas moins touchante et un véritable document sur les promenades parisiennes de la fin du XVIIe siècle.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 9 décembre 2010 4 09 /12 /Déc /2010 21:46

armoirebressane300 Photographies 1 à 4 : « Exceptionnelle armoire bressane à chapeau de gendarme », datée de 1849, proposée sur le site de la galerie Antiquités Rigot spécialisée dans le mobilier de qualité et les objets d'art du XVIIIème siècle et du début XIXème.
armoirebressanedetail300 Les armoires ont une place toute particulière dans le mobilier ancien. Chaque maison française, même la plus modeste, possède une ou plusieurs armoires. On y range et protège de la poussière des vêtements et du linge. Elles apparaissent au XVIe siècle, et remplacent souvent dans cet usage les coffres, comme le feront aussi à partir de la fin du XVIIe les commodes. Chaque région donne son style à ce meuble courant et apporte un charme particulier accentué par la dextérité  et l'intelligence du menuisier qui le réalise. Le mobilier provenant de la Bresse, ancienne province française, principalement rurale, située dans les régions Rhône-Alpes, Bourgogne et Franche-Comté, affiche ainsi son propre style. Celui-ci est très recherché pour ses caractéristiques, et en particulier l'armoire qui en est la pièce la plus emblématique. Les antiquaires de la famille Rigot, installés à Lyon, sont bien placés pour proposer des exemples de qualité. Celui exposé ici a toutes les caractéristiques de l'armoire bressane avec la beauté de son bois (cette région possède de nombreuses variétés d'arbres notamment fruitiers) et la juxtaposition armoirebressane2detail300 de deux essences offrant du relief et une harmonie supplémentaire accentuée par les différences de couleurs, sa corbeille fleurie striée comme une coquille Saint-Jacques, ses cordons moulurés s'enroulant en spirales, ses glands de passementerie accompagnés de draperie, son mélange de style Louis XV avec ses courbes rocailles et ses formes arrondies, et des styles Louis XVI et du début du XIXe siècle avec ses décors de palmettes ... Ce qui ajoute au charme de cette pièce c'est, outre la qualité du travail, l'harmonie des formes inspirées de la nature (pampres, fleurs stylisées, palmettes, rocaille …) faisant penser au style Art nouveau de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Pourtant elle est caractéristique de la production bressane. Selon la tradition, dès la naissance d'une fille dans une ferme, un arbre est planté. Lorsque celle-ci devient nubile, son père le coupe pour faire fabriquer une telle armoire afin de l'offrir en dot à la futur mariée. Les initiales de la jeune fille peuvent y être gravées ainsi qu'une date, généralement celle de la création du nouveau foyer : ici 1849.

armoireprovence300

Photographies 5 à 13 : Armoire provençale en noyer mouluré et sculpté de 2,73 mètres de hauteur, 1,53 m. de large et 63 cm de profondeur.
armoireprovence3300.gif armoireprovencelyre.gif armoireprovencesaisons La armoireprovencedetails galerie Rigot Antiquaires m'a transmis les photographies et une description d'une autre armoire sans doute aujourd'hui vendue. Ce meuble, dans sa patine d'origine, est de la fin du XVIIIe siècle et provient de Provence (Nîmes). La corniche contient une sculpture en ronde-bosse figurant une allégorie familiale de l'Amour avec un nid garni d'oeufs et deux colombes se becquetant. En dessous le carquois et les flèches d'Eros croisent une torche enflammée. Ils sont réunis par une couronne de laurier enrubannée emblème de l'hyménée et de la victoire (le laurier). La symbolique est donc empruntée au mariage et à un amour durable et fort induit par les branches de chêne dans lesquelles la scène baigne. Les thèmes du bonheur, du plaisir, de la longévité et de l'abondance se lisent aussi dans les représentations d'instruments de musique, de corbeilles garnies et des quatre saisons. Plus qu'un simple meuble, il s'agit d'un véritable autel dédié à l'harmonie dans la famille à qui il appartient. C'est aussi le miroir de cette vie qui se transmet à travers les générations et que l'on vient puiser dans le linge quotidien, notamment le blanc que l'on porte tout près de soi et qui rassure de sa douceur et de son odeur ... sans doute de lavande. Cette jolie symphonie qui se joue tout au long des années et au rythme du temps et des saisons, danse sur les courbes de ce meuble dans une musique du bonheur. Comme le dit une description de Rigot Antiquités : « Malgré la force du décor et ses dimensions imposantes, le rythme des surfaces et l'articulation du rocaille et du répertoire Louis XVI complété par les ajouts de la traverse, donnent à notre armoire l'apparence d'une étonnante légèreté. »

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 1 décembre 2010 3 01 /12 /Déc /2010 14:40

mouchoirXVIIIe300 Photographie 1 : Mouchoir d'époque XVIIIe siècle en dentelle d'à peu près 34 x 42,5 cm.

Dans le vocabulaire de l'élégance d'autrefois, il y a des détails qui ont leur importance. Le mouchoir en est un. Il est une marque du raffinement de celle ou celui qui l'utilise. La finesse de ce linge, la beauté de sa dentelle, le parfum qu'il exhale, la subtilité de ses motifs et l'originalité de leur arrangement, sont autant de signes de la qualité d'un individu. La personne qui n'a pas de quoi s'offrir un bel habit, peut révéler sa distinction avec ce tissu, la délicatesse de son âme. Un homme peut apprendre de la sensibilité d'une femme qu'il ne connaît pas, par la simple vue de son mouchoir et la manière dont cette délicatesse lui est révélée : par quels gestes, quels jeux. Il s'instruit de jusqu'où l'aventure peut aller. Une dame qui fait choir son mouchoir dans le but qu'il soit ramassé donne le gage capotedemousselinebrodéedetaila300 d'un premier abandon et la promesse d'un effeuillage plus poussé si l'amant potentiel en est digne. Si elle laisse toucher et sentir son mouchoir, c'est qu'elle se donne. L'expression 'jeter le mouchoir' sert du reste à exprimer un choix galant. D'après le Dictionnaire de L'Académie française de 1798, cela « Se dit figurément et proverbialement, pour, Choisir à son gré entre plusieurs belles femmes celle dont on préférera de jouir, comme on prétend qu'en use chez les Turcs le maître d'un Sérail, qui déclare la favorite en lui jetant le mouchoir. On eût dit en le voyant parmi ces femmes, qu'il n'avoit qu'à jeter le mouchoir, qu'il étoit dans son sérail. Il est familier. » Les dames françaises du XVIIIe siècle sont les premières à utiliser ce stratagème galant, mais avec beaucoup plus de subtilité et de discrétion …

Dans la première moitié du XIXe siècle, il est de bon ton pour les hommes de laisser leur mouchoir sortir d'une poche : voir article intitulé 'Les originales élégances de 1803'. De toutes les façons, il n'y a rien dans la panoplie de l'élégance qui ne soit pas au profit du rythme du jeu et du plaisir de celui-ci.

Photographie 2 : Femme de 1807 avec un mouchoir. Détail de la planche 809 du Journal des dames et des modes,  « Capote de Mousseline Brodée. ». Dimensions : 19,8 x 11,5 cm.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 29 novembre 2010 1 29 /11 /Nov /2010 11:40

bouclesXVIIIe500a Photographies du dessus : Détails de gravures du dernier tiers du XVIIIe siècle.
Photographies du dessous : - La première planche date de 1830 et provient du Journal des Dames et des Modes : « Coiffure ornée de rubans de gaze par Mr. Hulot, Rue de la Michaudière, N°29 ... » - La seconde est issue de la même revue et date de 1831 : « Coiffure exécutée par Mr. Victor Plaisir ... » Dans le premier exemple les cheveux forment un chignon au sommet du crâne avec sur le haut des tresses, le tout agrémenté de rubans, et de deux macarons sur les tempes. Dans le second les cheveux sont tous ramenés en chignon au dessus de la tête et sur le derrière, avec une partie lisse et une autre tressée, le tout agrémenté de perles et de fleurs. Coiffures18301831500
bouclesXIXe200 Photographies de gauche : Exemples de coiffures de 1817 à 1845.
Les cheveux bouclés sont très à la mode en France, en particulier aux XVIIe et XVIIIe siècles. De nombreux exemples sont exposés sur mon site www.lebonton.com en particulier à la page consacrée aux périodiques de mode et à celle traitant de la coiffure. Une chevelure dense et bouclée exprime la virilité d'un homme dans toutes les couches de la société et la beauté d'une femme. D'où l'usage de perruques parfois immenses et presque toujours frisées, de fers à friser et de papillotes.
Dans les années 1815-1845 à peu près, en pleine époque romantique où les Nouvelle-France se laissent pousser les cheveux longs, il est de bon ton d'avoir une coiffure dépassant en boucles des chapeaux au niveau des tempes. Cela donne, chez les dames comme chez les hommes, d'étonnants exemples, avec des cheveux frisés sur les côtés, gonflés parfois comme des chignons. Chez les femmes il s'agit de ce qu'on appelle 'les macarons', ce qui consiste à séparer les cheveux au milieu du haut du crâne en deux parties égales pour les réunir en une forme arrondie sur chaque oreille. Ces macarons sont sans doute parfois factices car lorsque les dames n'ont pas de chapeau, l'équilibre est obtenu par un haut chignon (lui aussi certainement parfois faux) souvent de plusieurs dizaines de centimètres. Les hommes eux se contentent de boucler leurs cheveux au niveau des oreilles. Au XIXe siècle, les hommes qui ne portent plus beaucoup de perruques utilisent, comme les femmes, les papillotes et un fer à friser. Il y a tout un art des papillotes. La mythologie du héros gaulois chevelu, créée au siècle de Victor Hugo, trouve sans doute son origine dans le soin que le sexe masculin apporte, comme le féminin, à sa chevelure. Cependant les exemples de l'histoire de la coiffure masculine française nous dévoilent une plus grande finesse que celle des représentations des Gaulois exécutées au XIXe siècle. Il suffit de se rappeler les perruques poudrées du temps de Louis XIV !
Photographies ci-après : 1 - Lithographie du XIXe siècle (années 1830) de Daumier tirée de la revue Le Charivari, de la série 'Types parisiens' (planche 35), avec pour légende « Un coup de feu ! ». Format : 22 x 26 cm. « Imp. D'Aubert & Cie. ». L'image représente l'intérieur d'un salon de coiffeur parisien qui fait un thermobrossage à un client justement pour que la coiffure de celui-ci ait du volume au niveau des oreilles. 2 - Estampe en pleine page provenant d'un journal avec un texte au dos. Elle fait partie de la collection « Petites misères » et a pour légende : « Bon ! V'là mon fer qu'est trop chaud à s t'heure (dit le Merlan) ah ! Bé Dam ! Tant pire ! » Il est marqué au crayon 1840. On lit dans le Dictionaire critique de la langue française (Marseille, Mossy 1787-1788) que l' « On appelle populairement Merlans, les garçons perruquiers. » 3 - Estampe en pleine page, sans doute tirée d'un livre ou d'un journal avec un texte au dos que l'image illustre. Elle fait partie de la collection « Musée Pour Rire » et a pour légende : « J'ai ta lettre chérie, O mon Ernest, je la presse sur mon coeur et la couvre de mes baisers … Qu'il m'est doux de penser que tu en fais autant de la mienne ! Comme l'amour sait poétiser les choses les plus vulgaires ! Ton Elise. Ernest s'en fait des Papillotes. » papillottesXIXea500 Photographie : Détail d'une illustration pleine page de la revue La Mode, datant de 1837. triodetail300

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 12 novembre 2010 5 12 /11 /Nov /2010 07:02

lavieheureuse1903300 Photographie : La Vie Heureuse, novembre 1903, numéro 11, Hachette & Cie, Paris au 79 boulevard Saint-Germain. Dimensions : 36,2x25,7 cm

La mode hippie est née aux États-Unis dans les années 1960. Cependant cette page de couverture de la revue La Vie Heureuse date de 1903, et semble montrer que quelques prémisses existent déjà avant … même en France. Pourtant à cette époque les corsets sont de rigueur. Ce n'est qu'en 1906 que Paul Poiret (1879-1944) remet au goût du jour les robes des merveilleuses à la taille haute et annonce l'abandon du corset. Comme quoi rien n'est figé … surtout pas dans la mode.

Une spéciale dédicace à toute la jeunesse. Pour qu'ils aient un monde de paix, d'amour et de liberté : notamment sans nucléaire et sans dictatures.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 10 novembre 2010 3 10 /11 /Nov /2010 07:17

gentilshommesduXVIesiecle300 gentilshommesduXVIesiecledetail300 Photographies 1 et 2 :  Vignette gravée provenant sans doute d'un livre d'époque du XVIe siècle représentant deux gentilshommes entourés de leur armée. Leurs habits sont caractéristiques de cette époque. Celui ayant une moustache porte : un chapeau volumineux avec des plumes, un collet, un pourpoint avec des manches volumineuses, des hauts-de-chausses à crevés (mode vestimentaire où sont cousues des 'déchirures' laissant voir un tissu intérieur), des chausses etc.
En France, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, la noblesse et ses gentils, sont parmi les garants de l'élégance et du bon ton. Un gentilhomme est un noble de naissance au sens antique du terme. nosgentilshommesdetail300 On lit dans Le Grand vocabulaire français de 1769 que les gentils aux temps des romains sont des gens de guerre composant « des compagnies de soldats prétoriens, ou destinés à la garde du prétoire ou palais de l’Empereur ». Ils reçoivent des terres à titre de bénéfices. La monarchie française imite les romains. Les gentils ou gentilshommes défendent le royaume et le roi qui leur donne en contrepartie des terres. Cette noblesse a de nombreuses codifications, ne serait-ce que dans ses blasons. Au XIXe siècle, après la Révolution, elle revient à la mode. Les soirées dans les châteaux sont retranscrites dans certains journaux, notamment de mode, et on y parle du Grand Monde (ce sera le sujet d'un autre article).
Photographies 3 et 4 :  Estampe de Cham (1818-1879) intitulée : « Nos gentils hommes » avec pour légende : « Au diable les préjugés » : « - Tu sais mon vieux Crésus de tailleur ? J'ai épousé sa fille .. j'étais décavé, me voilà refait ! … - Je vois que tu as bien su prendre tes mesures ! » Un décavé est une personne s’étant ruinée au jeu ou s’étant faite 'plumer' par une femme de mauvaise compagnie (voir article : Les faux élégants). Cette planche fait partie d'une série de vingt lithographies de Cham (1818-1879) publiées en 1846 (Paris, Aubert) intitulée : Nos gentils hommes : goût, tournure, élégance, moeurs et plaisirs de la jeunesse dorée. Les gentilshommes qui y sont dépeints sont chevelus avec de longues moustaches et d'impressionnants favoris, des habits à carreaux et rayures, des cols hauts, des cravates ressemblant à d'immenses noeuds papillon, des pantalons serrés à pattes d'éléphant et des chaussures garnies d'un noeud sur le devant. nosgentilshommes300

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

RégiePub collaborative

guide-entretien-reliure

Présentation

Syndication

  • Flux RSS des articles

A savoir

PLUS DE 300 ARTICLES PUBLIES, PLUS DE 180000 VISITEURS UNIQUES...

 
Pour recevoir gratuitement par courriel la
LETTRE D'INFORMATION régulièrement, faites parvenir votre adresse électronique à:
lamesure@lamesure.fr  

 

DROIT D'AUTEUR

Les textes, les photographies et les vidéos de ce blog sont protégés. LM autorise les autres à reproduire, distribuer et communiquer cette création au public en échange de :
-         Ne pas modifier le contenu pour créer une œuvre dérivée ;
-         Ne pas utiliser cette création à des fins commerciales - à moins qu'ils n'obtiennent notre autorisation ;
-         Toujours citer la source et son adresse
www.lamesure.org ...

Copyright La Mesure de l'Excellence et Le Menn Richard

COPYRIGHT

You are free to copy, distribute, display, and perform the work under the following conditions :
- You must give the original author credit.
- You may not use this work for commercial purposes.
- You may not alter, transform, or build upon this work.
- You must indicate the source : www.lamesure.org ...
Any of the above conditions can be waived if you get permission from the copyright holder.

LE BILAN MENSUEL. Au mois d'octobre, ce sont 4110 visiteurs uniques et 7490 pages vues. Si vous souhaitez voir les statistiques de l'administration du blog, cliquez ici. Date de création du blog : 11 avril 2007. Nombre d'articles publiés : 316 (dont 313 de LM). Nombre de visiteurs uniques (au 31/10/11): 188717. Nombre de pages vues (au 31/10/11): 363403.

Il y a actuellement 8 personne(s) sur ce blog

PROPOSEZ VOS ARTICLES


JE SUIS A LA RECHERCHE DE COLLABORATIONS
N’HESITEZ PAS A ME CONTACTER: lamesure@lamesure.fr 

Recommander

Informations

PAGERANK DE LM
PageRank Actuel


La plupart des réalisations internet de LM sont faites à partir de
LOGICIELS LIBRES

 

 

La-Mesure80.jpg

Copyright © 2007 - 2011
La Mesure de l'Excellence
L
e Menn Richard

Tous droits réservés


lesamusementsdeparisreliurefacedetaila300lll

EN CHANTIER !

     
lamesure.org

  Est-ce que quelqu'un sait comment intégrer un moteur de recherche sans pub ??

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés