Miniatures d’incroyables

Je présente dans cet article deux miniatures peintes sur ivoire avec des merveilleuses et des incroyables. Elles semblent être d’époque Premier Empire ou du premier tiers du XIXe siècle, mais je n’en suis pas sûr. Si vous avez une idée, n’hésitez pas à me la communiquer.

Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux

Sur la première est peinte une attraction de rue avec une dame faisant un tour de cartes. À côté d’elle se tient un enfant et un homme habillé à la manière du XVIIIe siècle (tricorne, culotte, etc.). Les spectateurs sont une grisette avec un panier rempli, un incroyable accompagné d’une invisible et un autre incroyable, ce dernier avec un haut bicorne, une lunette, un bâton, un mouchoir sortant de sa poche, etc. Un chien urine dessus.

Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux

Sur la seconde, un couple de merveilleux salue un incroyable se faisant cirer ses chaussures. Ce dernier utilise une petite longue vue. Le chien aboie en direction du cireur au-dessus duquel une pancarte indique « Ficelle dit Brutus [?] les Chiens et-va-en-ville ». Un peigne et une paire de ciseaux sont aussi dessinés sur ce panneau, ce qui laisse à penser qu’il fait en plus office de coiffeur. Son nom romain est à la mode des incroyables.

Le violet du vêtement du personnage de gauche de la seconde miniature, dont même les chaussures sont de cette couleur, est étrange, et laisse à penser que ces petits objets d’art sont peut-être plus récents que du début du XIXe siècle. On retrouve cette couleur d’habits surtout dans les années 1890. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’objets précieux, peints avec délicatesse. Mis à part l’incroyable ci-avant cité, tous les personnages ont les caractéristiques de la mode du Directoire au début du Premier Empire (fin XVIIIe – début XIXe siècles).

La signature n’est sans doute pas de Pierre-Thomas Leclerc (vers 1740 – après 1799), qui dessine de nombreuses planches de la Galerie des Modes et Costumes Français. D’autres artistes s’appelant ainsi officient dans le premier tiers du XIXe siècle. J’ai retrouvé un graveur nommé Leclerc, un Auguste-Toussaint Leclerc (1788 – 18…), et une miniaturiste, se nommant Mlle A. Leclerc et active en 1820. On retrouve une signature semblable, mais sans le « c » à la fin du nom (qui à l’époque s’écrit souvent indifféremment « Leclerc » ou « Lecler »), dans une gravure de merveilleux du début du XIXe siècle : « C’est inconcevable, tu n’es pas reconnaissable » (voir ici).

Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses et merveilleux
Merveilleuses & merveilleux