Le pavillon de chasse de la Muette en forêt de Saint-Germain-en-Laye près de Paris

Je botanise régulièrement entre Achères Grand Cormier et Maisons Laffitte. À Achères Grand Cormier le RER me dépose en pleine forêt, ce qui est rare ! Trois constructions peuvent baliser ma promenade dans cette partie de la forêt de Saint-Germain-en-Laye : une croix du XVIIe siècle, une faisanderie construite par Louis XIII et le pavillon de La Muette. Ce dernier a été une première fois érigé en 1515 pour François 1er (voir ici), démoli en 1665 et reconstruit sous Louis XV en 1775 par Ange-Jacques Gabriel. Il s'agit d'un rendez-vous de chasse royal où vinrent Louis XV, Louis XVI, Napoléon 1er, Charles X, Napoléon III…

Le pavillon de La Muette a été acheté récemment par Frédéric Journès et Hristo Mavrev. Ceux-ci sont passionnés par leur acquisition, comme on le constate en parcourant leur site et en venant visiter le lieu le samedi ou le dimanche (voir horaires et dates ici).

Bien que ce bâtiment fût classé monument historique dès 1921, et qu'il fût encore utilisé dans les années 1970, l'établissement public Office national des forêts, à qui a été racheté ce pavillon de chasse, l'avait complètement abandonné ; tellement que le premier étage ne possède plus que quelques poutres, que l'eau traverse la toiture et que la cheminée de la salle principale a été volée ainsi que certainement d'autres éléments.

Aujourd'hui le site semble en de meilleures mains. Ses nouveaux propriétaires le connaissent bien, notamment grâce au mémoire de Marie Marguerite Roy de L’École du Louvre qui lui est consacré, mais qui n'a pas encore été publié. Comme l'explique M. Journès : « Madame Roy a exhumé par le menu les détails de la construction et les correspondances de Marigny et Angivilliers, les architectes en chef des bâtiments du roi, avec l'exécuteur du projet de Gabriel, Nicolas Galant. Il y a des détails très vivants sur les cheminées, réemplois du garde meuble, l'exécution des décors de menuiseries, les moindres détails de l'aménagement. Cela vaut aussi la peine de faire la visite pour comprendre la stéréotomie des tailles de pierre des sous-sols, qui m'a été montrée par un compagnon et qui a stupéfait les architectes MH avec lesquels nous travaillons. Et il y a pour finir un tour de force dans la conception de la façade nord qui ne se comprend qu'en se déplaçant. »

La tâche de restauration et d'entretien de ce lieu est importante. Je vais essayer de suivre ce parcours de restauration me rendant régulièrement dans cette forêt.

Photographies du haut : Vues d'ensemble. Le chemin de forêt, en face du bâtiment, va en droite ligne sur plusieurs kilomètres jusqu'au château de Saint-Germain.

Photographie de gauche : De gauche à droite, la maison du garde chasse, le pavillon et le puits.

Photographie de droite : Le Pavillon vu de dos, avec son belvédère.

Photographies ci-dessous : Le Pavillon vu de côté et dépendance.

Photographies ci-dessous : Vestibule central. Les boiseries sur les murs sont d'époque Louis XV de même que le pavement.

Photographies ci-dessous : Salle des officiers des chasses. La cheminée en marbre rose est d'époque Louis XIV, ramenée de Versailles par Louis XV. Elle possède un élément en ferronnerie d'art du XVIIIe siècle représentant Hercule-Héraklès filant aux pieds d’Omphale. Ici le carrelage n'est pas d'époque mais la boiserie sans doute que si.

Photographies ci-dessous : Salle octogonale, surmontée d'une terrasse belvédère destinée à suivre les chasses. La grande cheminée de cette salle a été volée.

Photographies ci-dessous : Escalier avec de belles formes.

Photographies ci-dessous : Sous-sol comprenant une première salle avec à gauche des réchauffoirs (pour faire réchauffer les plats) et un four à pain, et une seconde salle plus petite avec un four avec un mécanisme automatique pour rôtir du XVIIIe siècle provenant du château de Saint-Cloud.