Souvenirs

Il y a des éléments de l'histoire parisienne dont il ne reste que les souvenirs. Ils sont comme cette silhouette (voir photographie) qui a sans doute été faite intentionnellement sur le crépi d'un mur des hauteurs de Ménilmontant. Elle est à côté d'une borne qui indique : « Ici se trouvait la propriété occupée en 1832 par un groupe d'adeptes du saint-simonisme regroupés sous l'autorité de Prosper Enfantin, dit le Père Enfantin (1796-1864). Le comte de Saint-Simon (1760-1825) fut l’un des précurseurs de la philosophie positiviste et de la science sociale ; il prônait l'avènement d'une société industrielle, gérée par les producteurs, où s'harmonisaient spontanément les intérêts des chefs d'entreprise et des ouvriers. À Ménilmontant, les saint-simoniens, habillés d'un pantalon blanc, d'un gilet rouge et d'une tunique violette, vivaient une vie communautaire et fraternelle, et se livraient aux travaux manuels en chantant des cantiques. Le dimanche, ils recevaient la visite de nombreux curieux amusés par leurs extravagances. La communauté se sépara rapidement pour des raisons financières, et la maison fut mise en vente en 1835. »

Le quartier de Ménilmontant, ainsi que celui voisin de Belleville, ont beaucoup été marqués par des mouvements d'émancipation. C'est à Belleville que les vésuviennes, une communauté de jeunes ouvrières républicaines, s'organisèrent lors de la Révolution de 1848. La Bellevilloise fondée en 1877 par des ouvriers mécaniciens inspirés par le proudhonisme, est un lieu qui existe toujours à Ménilmontant (rue Boyer) ; il est aujourd'hui dédié à la restauration, aux concerts, soirées, expositions etc. En cherchant je pourrais trouver d'autres endroits...

Tout cela rappelle une certaine effervescence intellectuelle et libertaire.

Pour finir voici une citation de Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) que je trouve intéressante : « L’anarchie c’est l’ordre sans le pouvoir ». N'est-ce pas cela la véritable démocratie ?

Photographie prise en août 2015.