Privatisations

Vendre les services publics à des entreprises privées est une perte de démocratie. Ce que l'on fait à la Grèce depuis des années en la forçant à céder les siens est aussi le cas dans une moindre mesure en France. La culture elle-même est menacée... d'autant plus qu'il est difficile de comprendre quelle est la direction prise par ceux qui dirigent. La création du Louvre à Lens et l'objectif d'y placer toutes les réserves présentes à Paris marquent une politique... : d'abord le musée de Lens... ensuite les réserves du Louvre juste à côté... tout cela semble planifié.

Sa culture est un des éléments faisant la force d'un pays. Dans la culture française l'ouverture au monde est primordiale et donc aux autres cultures. Comme les espèces animales ou végétales, certaines disparaissent... dont beaucoup natives de l'hexagone. Ce sont autant de trésors qui s'évanouissent, un peu comme si l'arc en ciel perdait petit à petit certaines de ses teintes.

L'uniformisation du monde se poursuit avec l'aide de deux outils principaux : la dette et les technologies de communication. Au niveau de la culture, les dettes engendrent la vente du patrimoine progressivement, et les technologies dominées par les Étas-Unis et la  langue anglaise appauvrissent les civilisations et nivellent les cultures. Les brassages humains ajoutent à cela des frontières culturelles invisibles.

Nous devons prendre conscience que nous assistons à la désagrégation du service public français en général et de la culture en particulier. Le projet de loi sur la création artistique est un exemple de cette organisation, non pas tant dans le texte même, mais tout ce qui est autour. De nombreux services sont externalisés vers le privé, et quand ils ne le sont pas ils se caractérisent trop souvent par une efficience de l'ordre du nul. Prenons l'exemple de la communication dans les services de la culture de la mairie de Paris... c'est la pire jamais vue de mon côté. Des journalistes m'ont dit être confrontés à la même chose. La mairie envoie les invitations un ou deux jours avant une manifestation. Il faut alors demander une accréditation dont la réponse positive ou négative arrive rarement avant le jour même de l'événement, quand elle arrive... Finalement c'est à l'image des artistes contemporains subventionnés, qui « organisent le néant », comme certains le disent.