La Villa Flora et le musée Marmottan

Cet article fait suite à celui présentant l'exposition Villa Flora - Les temps enchantés : la collection particulière d'Arthur et Hedy Hahnloser-Bühler qui se déroule jusqu'au 07 février 2016 au Musée Marmottan Monet à Paris.

Il y a trois raisons d'aller voir cette exposition : le jardin du Ranelagh qui se trouve à côté, le musée Marmottan Monet et cette exposition.

Le jardin du Ranelagh, ou du moins le quartier autour se prolongeant jusqu'au bois de Boulogne, a une histoire particulière. Dès la fin du XVIIIe siècle les jardins de l'ancien château de la Muette sont un lieu à la mode. Le bal du Ranelagh ouvre en 1774 avec son café et son restaurant. Il est encore en vogue au XIXe siècle. Pendant la Révolution française, ces jardins sont un des rendez-vous des muscadins. Incroyables et merveilleuses s'y promènent pendant tout le Consulat et l'Empire.

S'il ne semble rester pas grand chose dans le jardin du Ranelagh rappelant la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe, ce n'est pas le cas dans l'hôtel particulier qui accueille le musée Marmottan Monet. Celui-ci possède une importante collection de cette époque, avec des très belles salles décorées avec du mobilier et des objets d'art de cette période. Les bronzes notamment sont magnifiques, de même que les portraits, comme ceux peints par Louis Léopold Boilly (1761-1845)... Ce musée abrite aussi des œuvres du Moyen-âge (en particulier une importante collection d'enluminures), d'autres de Berthe Morisot (1841-1895) et de Claude Monet (1840-1926), ainsi que des exemples de tous les grands maîtres et des peintres moins connus des mouvements impressionniste et postimpressionniste.

Quant à l'exposition sur la Villa Flora, elle présente des chefs-d’œuvre de Félix Vallotton (1865-1925), Giovanni Giacometti (1868 -1933), Édouard Vuillard (1868-1940), Henri Matisse(1869-1954), Paul Cézanne (1839-1906), Vincent van Gogh (1853-1890), etc.

J'ai particulièrement été impressionné par l'usage de la couleur chez certains de ces artistes. Vallotton utilise une palette très fine de verts, et déploie dans certains de ses tableaux, comme dans celui intitulé L'Estérel et la baie de Cannes, une intelligence de 'l'espace de la couleur', où les teintes entrent dans l'esprit et y façonnent leur environnement, leurs formes qui n'existent pourtant plus par le dessin (les traits ont disparu) mais par les lumières que les coloris font surgir. Il s'agit d'une véritable expérience méditative où la matière est forme et couleur et lumière et esprit. La peinture, sa matière, est couleurs et par-là-même lumières. C'est l'agencement de ces teintes qui créent les contours, autant sur le tableau que dans notre esprit qui recompose par les rayonnements chamarrés qu'il découvre dans l'oeuvre un espace. Tout cela, on ne peut le ressentir en voyant une photographie d'un de ces tableaux, car la matière picturale est importante ; c'est elle qui est lumière : la couleur (matière) utilisée selon le rythme du peintre, donnant non seulement à voir un paysage ou des êtres mais une réalité actuelle, ouvrant un champ de couleurs en notre esprit, exprimant une impression, donnant à voir la palette infinie que la lumière crée par les formes. Il semble que comme dans l'exposition sur les mystères d'Osiris (voir ici) on est dans une initiation... mais intimiste.

Photographie de gauche : Costume du personnel masculin de l'accueil, avec un logo reprenant Impression soleil levant de Monet. © LM.

Photographie de droite : « Vincent van Gogh. La Fête du 14 juillet à Paris. 1886. Huile sur toile. Collection particulière, Villa Flora, Winterthur. » Si la photographie ne donne rien, le tableau lui est magnifique... très inspirant... on se baigne littéralement à l'intérieur.

Photographies ci-dessous prises dans le jardin du Ranelagh et autour. © LM.

Photographies ci-dessous : Quelques exemples de salles avec de nombreux objets d'art Premier Empire. Celle de droite donne sur une autre avec de nombreux portraits faits par Louis Léopold Boilly (Je n'ai pas eu le droit de faire davantage de photographies). Au milieu de l'image se trouve une statue en marbre blanc de L'Amour et Psyché (école d'Antonio Canova : 1757-1822). © LM.

Photographies ci-dessous : Peintures de Félix Vallotton. © LM.

Photographie ci-dessous : Édouard Vuillard, La partie de dames, 1906. © LM.

Photographies ci-dessous : À gauche - Vincent van Gogh, Le Semeur, déjà présenté dans le premier article. © Hahnloser/Jaeggli Stiftung, Winterthur. Photo Reto Pedrini, Zürich. À droite - Détail du tableau. Van Gogh sème la peinture sur la toile comme des graines dans la terre. La toile (la terre) est visible comme on le constate sur la photographie de gauche. La couleur s'y infiltre comme en notre esprit afin d'y germer en espace fait de lumières.

Blavy Rosine 06/11/2015 16:20

Ji'ai apprécié l'ensemble de cette collection et l'harmonie qui s'en dégage;très impressionnée par la fete du 14 Juillet de Van Gogh que je découvraais et séduite par les anémones d'Odilon Redon entre autres