Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 12:45

frascatidebucourtensemble1650lm2 Le Frascati est un café parisien célèbre du temps des merveilleuses et incroyables et aussi d'une certaine jeunesse dorée issue sans doute de la nouvelle bourgeoisie mise à l'honneur avec la Révolution puis durant le Directoire et l'Empire. Il est difficile de faire la part entre les véritables incroyables et merveilleuses et ceux qui prennent pour modèle cette modernité sans en avoir la noblesse. Si le café Frascati est sans aucun doute assez somptueux par sa grandeur, sa décoration néo-antique, la beauté des jeunes personnes qui viennent y savourer de délicats glaces, punchs et limonades, il n'en reste pas moins aussi une maison de jeu dans laquelle de nouvelles fortunes souvent mal acquises en des temps troublés viennent y parader leur argent. Il se situe à l'angle du boulevard Montmartre et de la rue de Richelieu. C'est d'abord un hôtel particulier édifié en 1784 selon Georges Cain (Les Pierres de Paris, Paris Ernest Flammarion, 1910?) par « le riche traitant Crozat ». En 1789 il est démoli pour devenir « l'hôtel Lecoulteux de Nolay » ; « la belle terrasse seule est respectée ». En 1789, le cafetier italien Garchi l'achète. Il y fonde le café Frascati : « Ce subtil limonadier conquit Paris par l'excellence de ses glaces parfumées et la somptuosité de ses pyrotechnies. » « Chaque soir, la foule se pressait pour admirer les feux d'artifice, secouant sur Paris leurs gerbes de diamants, d'émeraudes et de rubis. En sortant de l'Opéra de la rue Richelieu (sur l'actuel emplacement du square Louvois) il était de bon ton de venir faire flamber des punchs ou écorcher des glaces chez Garchi. On promenait des frascatidebucourtensemble1300lm5 belles dans les allées « illuminées a giorno » qui s'étendaient  jusqu'au passage des Panoramas, et il n'en coûtait que " trois livres d'entrée " ». Dans Les Anglais en France après la paix d'Amiens [1802]: Impressions de voyage de Sir John Carr (1772-1832), traduit par Albert Babeau, on y lit à partir de la page 180 : « [...] Frascati, où se réunit d'ordinaire, à dix heures, après la sortie de l'Opéra, le monde élégant de Paris. On n'y paye pas de prix d'entrée, mais tout étrange que cela puisse paraître, aucune personne mal élevée ne s'y introduit, sans doute par suite du respect que la bonne société inspire à la mauvaise. […] Un escalier mène à un beau vestibule, et de là à une salle entourée de glaces et décorée de festons de fleurs artificielles. A l'extrémité s'élève une belle statue de la Vénus de Médicis. Auprès de cette statue s'ouvre une arcade donnant accès à une suite de six magnifiques pièces superbement dorées, garnies également de glaces et de lustres de cristal taillé en diamants, qui brillaient comme autant de petites cascades étincelantes. Chaque chambre était comme un foyer de lumière ; l'on y prenait des glaces ou du café. On communiquait d'une pièce à l'autre par des arcades ou des portes à deux battants ornées de glaces. Le jardin, petit, mais disposé avec art, se compose de trois allées bordées d'orangers, d'acacias et de vases de roses ; à l'extrémité s'élèvent une tour dressée sur un rocher, des temples et des ponts rustiques ; de chaque côté, de petits berceaux en labyrinthe. Une terrasse s'étend le long du boulevard, dont elle commande l'aspect ; elle est bordée de beaux vases de fleurs et se termine à chaque extrémité par des sortes d'avenues décorées de miroirs. Là, dans le cours d'une heure, l'étranger, partagé entre la surprise et l'admiration, peut voir près de trois mille femmes les plus belles et les plus distinguées de Paris, dont les joues ne sont plus désormais défigurées sous les ravages du rouge, et qui, par l'harmonie et la grâce de leur extérieur, le porteraient à croire que les plus aimables figures de la Grèce, dans son époque la plus brillante, revivent et se meuvent devant ses yeux. »
Il semble que le High-life tailor rachète le bâtiment ou celui construit à sa place (voir l'article intitulé Le high-life). Ce grand magasin de mode, comme il s'en fabrique beaucoup dans la seconde moitié du XIXe siècle, s'installe alors à l'intérieur.
Photographies :  « Frascati », « Dessiné d'après un Croquis pris sur le Lieu, et Gravé par P. L. Debucourt. » Il s'agit de Philibert Louis Debucourt (1755-1832), artiste dont les gravures marquent la production de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe. Il s'est fait notamment une spécialité des images de mode à l'époque des incroyables et merveilleuses. L'estampe représente le café Frascati en 1807. Cette gravure est peut-être d'époque. Le papier vergé est épais.

frascatidebucourtensemble1650lm1 frascatidebucourtretouchedetail10lm frascatidebucourtensemble1650lm3 frascatidebucourtensemble1650lm4 © Article LM

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Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 12:19

1292 Pomander-Hector Guimard300 Photographie : Pomander datant de vers 1900. © Parfumerie Fragonard, Grasse - Antica Namur 2011. Au sujet des objets de senteur lire mon article Les Objets de parfums que l'on porte sur soi au XVIII e siècle.
Du 11 au 20 novembre 2011 se déroule à Namur en Belgique la trente-cinquième édition d'Antica Namur : salon d'art et d'antiquités qui réunit 155 antiquaires. Le thème de cette année est « le parfum ».
Photographie : Scène de carnaval à Venise avec danseurs, circa 1757, huile. © Tiepolo, Lux Art Gallery (Crouzet), Antica Namur. 3326 Carnaval Venise(c)Tiepolo-Lux Art415


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Mercredi 2 novembre 2011 3 02 /11 /Nov /2011 19:31

Dorure300 La 17ème édition du Salon International du Patrimoine Culturel a lieu du 3 au 6 novembre 2011 au Carrousel du Louvre. Cette année est mis en valeur le patrimoine urbain, avec les différentes empreintes du passé que l'homme conserve dans ses villes. Et comme le dit le communiqué de presse : « Aujourd’hui, se pose le défi de la mise en valeur économique et sociale de ces constructions historiques. La valorisation de ces édifices implique en effet un travail de réappropriation vivante, de sorte à les intégrer harmonieusement à notre cadre de vie contemporain. L’enjeu central consiste donc à apprécier ce patrimoine comme élément culturel mais aussi à le faire vivre comme élément actif de nos villes d’aujourd’hui et de demain, pour le touriste comme pour l’habitant. Ce travail de mise en valeur passe avant tout par la préservation physique de ces héritages. Cette étape est d’autant plus cruciale pour le patrimoine des grandes métropoles où les risques de dégradations sont multiples. La conservation-valorisation du patrimoine urbain nécessite l’effort conjoint de plusieurs acteurs, publics et privés et spécialistes de diverses disciplines. Dans ce puzzle, l’artisan d’art joue un rôle essentiel. Détenteur d’un savoir-faire traditionnel, il comprend et sait répondre aux besoins spécifiques d’un monument ou du mobilier qu’il renferme. L’essence même de son travail consiste à respecter l’esprit de l’édifice ou de la pièce de mobilier, en alliant judicieusement méthodes ancestrales et techniques contemporaines. »

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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 18:46

boulerougejeunesfillesrecadree300lm Photographies 1 à 3 : Estampe du XIXe siècle : « QUARTIER DE LA BOULE ROUGE. Le soir où il n'y a ni Ranelagh, ni Mabille, ni Château-Rouge. » Mabille, Ranelagh et Château-rouge  sont trois célèbres maisons de bals du XIXe siècle. Les deux avant-dernières photographies de l'article La contredanse et la valse ainsi que la fin de celui-ci décrivent comment on danse alors dans ces lieux. © Photographies LM.
Photographie 4 : Illustration intitulée « La lorette » du chapitre LXIV « Les grisettes et les lorettes » de Tableau de Paris d'Edmond Texier de 1853 (tome second). © Photographie LM.
Photographies 5 et 6 : Illustration intitulée « Vue intérieure du Ranelagh » de Tableau de Paris d'Edmond Texier de 1853 (tome second). © Photographies LM.
Photographie 7 : Illustration intitulée « Vue générale du Château-Rouge, près la grande salle de bal » de Tableau de Paris d'Edmond Texier de 1853 (tome second). © Photographie LM.
boulerougejeunesfillesrecadreedetail1300lm Pendant des siècles Paris occupe une place importante dans la vie festive française et même mondiale : le monde entier venant s'y amuser, en particulier au XIXe siècle. La capitale s'agrandit alors énormément et de nouveaux quartiers se forment au-delà des anciens remparts (les boulevards) : quartiers de Notre-Dame-de-Lorette ou de la Boule-Rouge. De nouveaux immeubles sont édifiés qui ne demandent qu'à être remplis. Ces lieux modernes et peu chers sont investis par toute une jeunesse, en particulier féminine ; souvent issue de l'exode rural, et à qui on donne parfois le nom de ces quartiers : les 'lorettes' ou les 'boule-rouge'. Quelques-unes viennent à Paris pour y étudier ou travailler sérieusement ou pour y fonder une famille. D'autres sont en particulier là pour jouir de la vie parisienne et de ses attractions multiples : théâtres, cafés, parcs et surtout bals, ainsi que des rencontres qui peuvent s'y faire : un étudiant au futur prometteur, un lord ou un riche parisien cherchant un amour ou une maîtresse à entretenir, donnant la possibilité à celles-ci de s'enrichir rapidement par le mariage ou en devenant une demi-mondaine. Ces jeunes filles qui se placent donc entre les demi-mondaines et les grisettes qui sont toutes deux les sujets d'articles précédents, forment un nouveau genre. Elles sont jeunes, belles, assez séduisantes, un peu bohèmes et cherchant à profiter de la vie et des qualités que la nature leur a données.
boulerougejeunesfillesrecadreedetail2300lm D’après Alfred Delvau (1867), le nom de LORETTE daterait de 1840 et appartiendrait à Nestor Roqueplan. Edmond Texier dans son Tableau de Paris (1853) écrit que les possesseurs d’immeubles dans le nouveau quartier de Notre-Dame-de-Lorette, « consentirent à recevoir dans chaque maison, préalablement ornée d’un concierge, quelques-unes des ces vierges folles, actrices, grisettes dépaysées, femmes galantes de toute sorte, qui escomptent joyeusement l’avenir en dépensant leur jeunesse avec le plus de gaieté possible. La seule condition qui leur fût imposée consistait à garnir leurs fenêtres de rideaux, afin de simuler la population qui manquait alors. » D’où le nom d’« essuyeuses de plâtres » que l’on donne à certaines car habitant dans des immeubles fraîchement peints.
atableaudeparis1853lalorette300lm Le Dictionnaire de la langue verte (1867) définit ainsi l’ESSUYEUSE DE PLÂTRES : « Lorette, petite dame, parce que ce type parisien, essentiellement nomade, plante sa tente où le hasard le lui permet, mais surtout dans les maisons nouvellement construites, où l’on consent à l’admettre à prix réduits, et même souvent pour rien. C’est ainsi qu’on fait essuyer les ponts aux soldats. »
La lorette possède généralement un arthur : « un protecteur riche et généreux, doublé de quelques-uns de ces messieurs qu’on nomme les Arthurs, et sur lesquels elle ne perçoit que des contributions indirectes. » c'est-à-dire des entrées de théâtre s’il est feuilletoniste, des portraits et des toiles s’il est peintre. « plus souvent il appartient à la race estimable des commis dans les maisons de modes, et partage ses loisirs entre le canotage et l’adoration de la lorette. » Mais toutes les lorettes ne sont pas vénales. Il y en a de nombreuses sortes comme l’explique Maurice Alhoy (1802-1856) qui publie en 1841 une Physiologie de la lorette avec des dessins de Gavarni. L’arthur est plus un amant de cœur des petites dames comme l’est le greluchon pour une femme entretenue par un autre homme. Le Dictionnaire de l’Académie française datant de 1762 définit ainsi le greluchon : « Nom qu'on donne à l'amant aimé & favorisé secrètement par une femme qui se fait payer par d'autres amants. Il est familier & libre ».
atableaudeparis1853ranelagh300lm Une jeune femme qui préfère faire la fête plutôt que de travailler est appelée une NOCEUSE : « Drôlesse de n’importe quel quartier, qui fuit toutes les occasions de travail et recherche tous les prétextes à plaisir. » (Delvau, op. cit.). La MUSARDINE est plus spécifiquement « Habituée des Concerts-Musard, - où n’allait pas précisément la fine fleur de l’aristocratie féminine. Le mot a été créé par Albéric Second en 1858. » (Delvau, op. cit.). L'habituée de la musette est une MUSETTE. La PRÉ-CATELANIÈRE est une « Petite dame drôlesse, habituée de bals publics, - du pré Catelan et de Mabille. »
Les noms qualifiant la lorette sont nombreux, comme la CASCADEUSE qui d’après Alfred Delvau (Dictionnaire de la langue verte, 1867) est une « Fille ou femme qui, - dans l’argot des faubouriens, - laisse continuellement la clé sur la porte de son cœur, où peuvent entrer indifféremment le coiffeur et l’artiste, le caprice et le protecteur. » ou la MAQUILLÉE : « Lorette, casinette, boule-rouge, petite dame, - dans l’argot des faubouriens. ». Ce même dictionnaire donne une définition de la BOULE ROUGE : « Fille ou femme galante qui habite le quartier de la Boule-Rouge, dans le faubourg Montmartre. atableaudeparis1853ranelaghdetail300lm Comme les mots ne manquent jamais aux hommes pour désigner les femmes, - du moins une certaine classe de femmes, - ce nom, qui succédait à celui de lorette et qui date de la même époque, a été lui-même remplacé par une foule d’autres, tels que : filles de marbre, pré-catelanières, casinettes, musardines etc. ». On peut donc ajouter à la liste la FILLE DE MARBRE et la CASINETTE.
PÊCHE À QUINZE SOUS est une « Lorette de premier choix, - dans l’argot des gens de lettres, qui consacrent ainsi le souvenir du Demi-Monde d’Alexandre Dumas fils. »
Parmi tout cela, il y a la TRAVIATA : la « Fille perdue, dans l’argot des élégants qui n’osent pas dire cocotte. Introduit pour la première fois en littérature par l’Evénement (numéro du 1er octobre 1866). » Alfred Delvau donne aussi les définitions de la GIGOLETTE et du gigolo : « Gigolette, s. f. Jeune fille qui a jeté sa pudeur et son bonnet par-dessus les moulins, et qui fait consister son bonheur à aller jouer des gigues dans les bals publics, - surtout les bals de barrière. Je crois avoir été un des premiers, sinon le premier, à employer ce mot, fort en usage dans le peuple depuis une quinzaine d’années. J’en ai dit ailleurs (Les Cythères parisiennes) : « La gigolette est une adolescente, une muliéricule. Elle tient le milieu entre la grisette et la gandine, - moitié ouvrière et moitié fille. Ignorante comme une carpe, elle n’est pas fâchée de pouvoir babiller tout à son aise avec le gigolo, tout aussi ignorant qu’elle, sans redouter ses sourires et ses leçons. » « Gigolo, s. m. Mâle de la gigolette. C’est un adolescent, un petit homme. Il tient le milieu entre Chérubin et don Juan, - moitié nigaud et moitié greluchon. Type tout à fait moderne que je laisse à d’autres observateurs le soin d’observer plus en détail. » Puis le mot de gigolo désigne un jeune homme assez élégant d’apparence dont les manières et les moyens d'existence sont douteux, avant d’être associé dès le début du XXe siècle à un homme galant qu’on utilise pour danser et que les femmes mûres entretiennent afin de se montrer et coucher avec. Ces mots viendraient de 'gigue' qui désigne soit un instrument de musique, soit une danse, soit une grande femme maigre. On dit « danser la gigue ». Les définitions de gigolos et gigolettes sont donc originellement associées à la danse ; et dans la première moitié du XXe siècle, c’est surtout dans les dancings (comme certains de Montparnasse) que l’on rencontre les gigolos. 'Gigolo' désigne aussi un souteneur, et les gigolettes sont ses prostituées.
atableaudeparis1853chateaurouge300lm Les hommes peu instruits ou pauvres qui essaient de paraître élégants et dignes sont appelés des demi-messieurs ou des petits messieurs, alors que la PETITE DAME est une jeune femme qui se donne les manières d’une dame au XIXe siècle mais qui n’en a pas la classe bien que souvent d’autres attraits charmants. Les petites dames ont leurs manières et vocabulaire. Elles disent ‘bec’ au lieu de ‘bouche’, parlent de ‘lever un homme’, emploient le mot de ‘chic’, de ‘bichette’ comme petit nom d’amitié ou d’amour, birbette ou birban pour un archi-vieillard, leur compagnon est parfois appelé leur Arthur ...
Cette comédie parisienne du XIXe siècle est assez amusante avec aux extrêmes d’un côté ses grisettes, cousettes, lorettes, et de l’autre ses lionnes, lions, dandys, gants jaunes, gommeux, copurchics  … et puis toute la panoplie des demi-mondaines et femmes frivoles, sans compter les beaux, cocodès, cols cassés, petits crevés, bas bleus, gandins, jeune-France, mirliflors, pommadins, gommeux et tant d'autres . Évidement  la basse-cour qui est le sujet de cet article (la haute cour est associée aux demi-mondaines) ne sont pas ce qu'il y a de plus intéressant pour la mode : contrairement aux grisettes qui bien qu'assez pauvres sont très actives dans leur travail souvent associé à la mode, dans leur passion pour celle-ci, et dans leur façon de la divulguer et l'imaginer avec des 'riens' qui font tout le charme des parisiennes. Il est certain que la France du XIXe siècle, devenue de plus en plus bourgeoise, garde cependant un style créatif et une liberté de ton qui contribue à son charme.
On peut lire ici une Physiologie de la lorette par M. Maurice Alhoy avec des vignettes de Gavarni datant de 1841.

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Vendredi 28 octobre 2011 5 28 /10 /Oct /2011 19:49

Tasse Photographie 1 : Jatte pour service à thé, en porcelaine de Nyon, « ornée de deux paysages inscrits dans des cadres ovales de teinte rose, vers 1790. » © Cliché́ Musée de Nyon. Exposition Helvetica. Porcelaine de Nyon - Musée Royal de Mariemont. De talentueux miniaturistes Assiette travaillent au XVIIIe siècle dans les nouvelles manufactures de porcelaine dure qui voient le jour en Europe depuis la découverte de son procédé de fabrication au début de ce siècle. Rapidement, des peintres miniaturistes de talent sont utilisés pour orner cette nouvelle prestigieuse matière. Certains mettent au point de nouvelles couleurs. Comme la production de porcelaine blanche est plus rapide à produire qu'à décorer, certaines sont vendues à des décorateurs indépendants (des Hausmalerei) qui réalisent les décors dans leurs locaux et vendent les articles à leur compte.
Photographie 2 : Assiette, en porcelaine de Nyon, « orné́e du monogramme GGW pour Georg Gustave, baron de Wrangel (1728-1795). » © Cliché Musée de Nyon. Exposition Helvetica. Porcelaine de Nyon - Musée Royal de Mariemont CREDIT.
Photographie 3 : Paire de rafraîchissoirs, décor aux pavots © Cliché Musée de Nyon. Exposition Helvetica. Porcelaine de Nyon - Musée Royal de Mariemont. Je présente d'autres rafraîchissoirs du XVIIIe siècle dans l'article intitulé Se rafraîchir.
PairedeRafraichissoirs Du 28 octobre 2011 au 12 février 2012, le musée royal de Mariemont en Belgique propose l'exposition Helvetica. Porcelaine de Nyon – porcelaine suisse dʼaujourdʼhui. « Parmi les oeuvres exposées à Mariemont se comptent des tasses au décor particulier, voire inédit, des pièces monogrammées, un service au décor « napolitain » ainsi que de nombreuses porcelaines de grande qualité ». « La manufacture de porcelaine de Nyon est fondée en 1781. Elle sera la dernière à voir le jour en Europe. Sa production s'inscrit alors pleinement dans lʼair du temps, dans le style néo-classique, et avec des modèles calqués sur ceux des manufactures parisiennes. Au niveau de la matière elle-même, Nyon peut rivaliser en finesse avec la blancheur des porcelaines françaises grâce à un approvisionnement en kaolin livré directement de Limoges [voir l'article sur La porcelaine française du XVIIIe siècle]. La qualité de la céramique est soulignée par son décor qui laisse le centre de l'objet libre de tout motif afin de souligner la blancheur transparente de la matière autant que l'absence de défauts de cuisson . »
Cette exposition est aussi l'occasion de visiter le musée royal de Mariemont qui possède une riche collection créée par Raoul Warocqué avec des livres rares et « des œuvres représentatives des grandes civilisations d’Europe et d’Asie, ou du passé de sa région ».

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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 18:09

boulesasavonetepongeXVIIIe650

Régulièrement il est question de toilette dans ce blog. En France, elle a une importance toute particulière. Voici quelques objets du XVIIIe siècle sur ce sujet de la collection Edouard Cochet présentés dans la vente aux enchères de Fraysse & associés du mercredi 9 novembre à l'Hôtel Drouot à Paris.
Premières photographies avec de gauche à droite : 1 - Boule à savon « en porcelaine de Saint-Cloud à décor d'écailles de poisson et d'une fleur à huit pétales au centre. La monture en argent. Maître orfèvre indéterminé. Pour la monture, Paris, 1726-1732. Diamètre: 8,3 cm. » 2 - Boule à savon « en argent. Elle pose sur un piédouche uni comme la partie basse de la demi-sphère. La partie haute à charnière et bouton est repercée d'un fin décor d'enroulements feuillagés et quatre feuilles partant d'une rosace centrale. Gravée d'armoiries surmontées d'une couronne comtale. Maître orfèvre Marien Lemoine, reçu en 1715. Paris, 1732-1733. Poids: 198 g. » 3 et 4 - « Paire de boules à savon et éponge en argent. Elles posent sur un piédouche à contours en dégradé. Le corps est composé de deux parties demi-sphériques délimitées par un jonc et des filets. La boule à éponge est repercée de rosaces et d'enroulements dans la partie haute et sous la bordure dans la partie basse. Gravées au centre, postérieurement, d'armoiries d'alliance. Maître orfèvre François Joubert, reçu en 1749. Paris, 1750. Hauteur: 10 cm - Poids: 472 g. » © Catalogue  Fraysse & associés.
2aiguieresetleurbassin650 Photographies avec de gauche à droite : 1 - « Aiguière et son bassin en argent. Elle pose sur un piédouche décoré de rocailles et côtes torses en rappel sur le corps de forme balustre et sur le couvercle. Anse à enroulement, ajourée de feuillages et surmontée d'un escargot. Le bassin est de forme ovale à contours avec une bordure agrémentée de rocailles et d'enroulements sur fond amati. L'ensemble est gravé d'armoiries surmontées d'une couronne de marquis. Maître orfèvre Sauveur Ier Clerc, reçu en 1735. Avignon, vers 1760-1770. Hauteur de l'aiguière:  26,5 cm - Longueur du bassin : 37 cm Poids de l'ensemble : 1 876 g Modèle influencé par les dessins de Pierre Germain. » 2 - «  Aiguière et bassin en argent. Le bassin ovale à contours bordés de filets enrubannés en rappel sur le piédouche de l'aiguière et la bordure du bec verseur. L'ensemble est gravé de roseaux, guirlandes de laurier maintenues par des rubans et branchages feuillagés. L'anse à enroulements est recouverte de roseaux, les attaches rocailles comme la prise du couvercle à charnière (seul une trace incomplète du poinçon de l'orfèvre figure sur le bassin. Dégravée. Monogramme postérieur). Maître orfèvre François Joubert, reçu en 1749. Paris, 1764-1765. Longueur du bassin: 33,5 cm - Hauteur de l'aiguière: 25 cm Poids: 1 849 g. » © Catalogue  Fraysse & associés.
flambeauxetboites650 Photographies avec de gauche à droite : 1 - « Paire de petits bougeoirs de toilette en argent. La base ronde à décor de côtes torses et filets en rappel sur l'ombilic le fût et le binet. Les bobèches (sans poinçon) sont unies. La base et les bobèches sont gravées « Duroure ». Maître orfèvre Alexis Loir, reçu en 1733. Paris, 1743-1744. Hauteur: 12 cm - Poids: 587 g Ancienne collection Andrieu. » 2 - « Paire de boîtes de toilette en argent uni. De forme rectangulaire avec un couvercle mobile en dégradé, gravées au centre d'armoiries de la famille Sergent d'Hendecourt. A l'intérieur se trouve une seconde boîte avec un couvercle à glissière. Maître orfèvre Edme Le Graigneur. Saint-Omer, vers 1772. Longueur: 12,1 cm - Largeur: 7,1 cm - Hauteur: 7 cm - Poids: 765 g. » © Catalogue  Fraysse & associés.
potsdetoilette350 Photographies avec de gauche à droite : 1 - « Pot en porcelaine de Chantilly, la monture en argent. Il est décoré d'oiseaux et de branchages fleuris et feuillagés inspirés des décors Kakiemon. Le couvercle mobile se termine par trois fleurs de volubilis. La monture en argent décorée de filets. Pour la monture, décharge de Paris 1744-1750. Hauteur: 18,5 cm. » 2 - « Paire de petits pots en porcelaine de chantilly, le couvercle mobile avec une monture en vermeil. De forme cylindrique, elles sont décorées de branchages fleuris et feuillagés accompagnés d'insectes. Le couvercle à légère doucine se termine par une fleur sur une terrasse de trois feuilles. Pour la monture en vermeil, Paris, 1744 - 1750. Diamètre: 5,2 cm - Hauteur: 5,5 cm. » © Catalogue  Fraysse & associés.

© Article LM

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Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 09:43

dameasatoiletterocailleblanc500lm Comme dameasatoiletterocaillemiroira500lm je vous l'ai dit précédemment, le blog de La Mesure de l'Excellence change. Je vais créer une encyclopédie du petit-maître, une sorte de dictionnaire.

Chaque nouvel article reprendra les anciens s'il y en a sur le même thème afin de créer une définition pour chaque type et sujet.

En fonction du temps que j'aurai et des aides extérieures disponibles (pour le moment aucune), je continuerai à écrire des articles sur d'autres horizons : antiquaires, musées, maisons de ventes aux enchères etc.

Photographies : Gravure d'époque XVIIIe siècle (sans doute de la Régence : 1715-1723), représentant une petite maîtresse à sa toilette. © Photographies LM.

© Article LM


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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 08:48

aedouard&butler1910300alm Photographie 1 : Détail d'une estampe de Sem de 1910 intitulée : « chez EDOUARD & BUTLER » : « - Monseigneur, c'est tout à fait pour vous ... ».
Photographie 2 : Illustration intitulée « Un Arthur de magasin » du chapitre LXIV « Les grisettes et les lorettes » de Tableau de Paris d'Edmond Texier de 1853 (tome second).
Cet article fait suite à ceux intitulés : Les petites mains de la mode française 1 : les grisettes, cousettes et trottins. Les petites mains de la mode française 2 : Les midinettes, femmes du quartier et les mimi-pinsons. Dans celui sur les grisettes, les cousettes et les trottins, j'écris que celles-ci ont des équivalents masculins : les grisets et les trottins. Les jeunes garçons apprentis ont leur place dans cette agitation élégante parisienne. Après tout de nombreux grands noms de la mode ont commencé en étant des cousettes et des arthurs, comme Rose Bertin, Aristide-Jacques Boucicaut fondateur du Bon marché, Alfred Chauchard qui, nous apprend Wikipedia,  débute en étant « commis au magasin Au Pauvre Diable aux appointements de 25 francs par mois »,  le grand couturier Paul Poiret, la styliste Jeanne Lanvin qui « commence à travailler atableaudeparis1853unarthurdemagasin300lm dès l'âge de 13 ans, en 1880, dans la boutique de chapeaux de « Madame Félix », rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris », Coco Chanel, Pierre Cardin, Jean Bousquet créateur de Cacharel,  le coiffeur Alexandre de Paris  … Les exemples sont très nombreux, et les commis de mode ambitieux aussi à ces époques où Paris est la capitale de toutes les audaces, de la mode et de la création. Aujourd'hui l'industrie de la mode est très différente du fait principalement du prêt-à-porter et d'une fabrication qui se fait presque exclusivement à l'étranger, notamment en Chine.
On appelle parfois 'ARTHUR' ces commis que l'on retrouve à vendre des tissus ou autres articles de mode. Ils sont des amants de grisettes mais surtout des femmes entretenues telles que celles qu'on appelle les « petites dames » et qui les prennent comme amoureux pour l'amour et non pour l'argent, tout cela au XIXe siècle. Il en sera question dans un prochain article sur les lorettes.

Au sujet du CALICOT, Alfred Delvau, dans son Dictionnaire de la langue verte (deuxième édition, Paris, E. Dentu, 1867),  le définit ainsi  : « Commis d'un magasin de nouveautés, - dans l'argot du peuple. Le mot date de la Restauration, de l'époque où les messieurs de l'aune et du rayon portaient des éperons partout, aux talons, au menton et dans les yeux, et où ils étaient si ridicules enfin avec leurs allures militaires, qu'on éprouva le besoin de les mettre au théâtre pour les corriger. Calicote, s. f. Maîtresse de commis de nouveautés. » russomanie300 Au début du XIXe siècle, après le premier Empire, il est de bon ton pour les hommes d'avoir l'air militaire. Tenues de cheval, bottes et éperons, ne sont plus de mauvais goût même en société. On se donne des airs anglais, de soldat russe etc. Cette mode est caricaturée dans un vaudeville intitulé : Le Combat des montagnes ou La Folie Beaujon, représenté pour la première fois en juillet 1817 au théâtre des Variétés. Le texte est visible ici : books.google.com. Voilà ce qu’écrit le Mercure de France d’août 1817 au sujet de cette pièce : « On demandait à un étranger qui revenait de Paris, ce qu’il y avait remarqué pendant son séjour : " J’y ai vu, répondit-il, tous les militaires en bourgeois, et tous les bourgeois en militaires ". Nous avons une foule de gens qui se sont passionnés pour le métier des armes depuis que la paix est faite. Chacun veut avoir l’air d’avoir fait campagne ; et tel qui n’a jamais été à la barrière lorsqu’il aurait pu y rencontrer l’ennemi, porte aujourd’hui des moustaches et des éperons comme un officier de hussards ; c’est un travers du jour, et il était difficile qu’il échappât aux auteurs du Combat des montagnes, dans la revue piquante qu’ils ont faite de toutes les folies à la mode. Pour rendre ce ridicule plus saillant, ils nous l’ont montré dans calicotdejeuner300 la personne d’un certain M. Calicot, marchand de la rue Vivienne ; son belliqueux accoutrement n’en contraste que mieux avec sa paisible profession … » P. Avenel écrit en 1866 dans Les Calicots : " Le costume que les Calicots affectaient de porter en 1817, et que Brunet avait reproduit sur la scène, était ainsi composé : bottes ornées d’éperons, pantalon blanc tombant sur la botte, gilet piqué jaune, habit chicorée la crème (expression du tailleur d’alors), c’est vert mélangé de blanc. "

Photographie : Détail de la gravure de 'Le Goût du Jour, N° 30' intitulée : 'La Russomania'. Cette tenue est celle que prend le calicot, et tel qu'il est représenté sur de nombreuses autres gravures comme dans une estampe conservée à la Bibliothèque de France (voir ici) datée de 1817 où trois hommes sont nommés d'après un tissu (casimir, calicot, pékin) avec pour texte principal : « Prenez y garde !! Il existe une vraie différence entre le Casimir Français, le Calicot de Paris et le vrai Pekin anglais ! ».

Il semblerait que par la suite on continue à appeler ‘calicot’ un jeune ouvrier travaillant dans le luxe et la mode dont il prend certaines manières.

Photographie : " Le déjeuner d’un calicot ". Carte postale du début du XXe siècle.

© Article LM

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 20:13

amidinette&gommeux300lm Photographie 1 : Détail d'une carte postale de vers 1904, représentant sans doute une midinette avec son carton de magasin s'étant faite arroser par un jardinier. Celui-ci est  sermonné par un gommeux : « Un jeune gommeux, Peut-être amoureux, S'approcha pour blâmer le jardinier honteux. » © Photographie LM. Au sujet des gommeux cliquer ici.
Photographie 2 : Détail d'une carte postale d’avant 1904 d'une série représentant une midinette ayant une anicroche avec un cireur de chaussures devant le Panthéon (dessiné sur toile) : « UNE MIDINETTE 1 – Lui – C'est ce joli petit péton-là... qui va gagner la course des Midinettes ?... » © Photographie LM.
Photographie 3 : Carte postale intitulée « Petite midinette ». © Photographie LM.
amidinetteunjolipetitpeton300lm Cet article fait suite à celui sur Les grisettes, les cousettes et les trottins. Au XIXe siècle on donne à celles-ci de nombreux autres noms, car Paris qui s'agrandit énormément compte un nombre très important de ces ouvrières dont beaucoup travaillent dans la mode. Aujourd'hui les petites mains de la mode et du luxe ont presque disparu en France. Il ne reste que des artisans. Alors qu’avant les années cinquante la MIDINETTE et le trottin égayent les rues parisiennes de leur beauté simple mais élégante. Ces grisettes disparaissent  avec le prêt-à-porter et la fin du sur-mesure (voir article intitulé Le tailleur).
Le nom de 'midinette' est utilisé à la fin du XIXe et au XXe pour désigner les jeunes filles travaillant dans la mode. Elles sont souvent représentées dans les premières cartes-postales. Avant elles il y a donc les grisettes, cousettes et trottins (et pendant pour celles-ci) et puis les femmes du quartier, les mimis, les mimi-pinsons, les pré-catélanières, et les musardines, musettes et noceuses qui sont des habituées des lieux dansant peu mondains et dont je parlerai dans l'article sur les lorettes. Les grisettes parisiennes sont en effet assez libres. Elles n’hésitent pas à draguer, sortir, avoir une ribambelle de jeunes hommes autour d'elles … La FEMME DU QUARTIER est une « Grisette qui a la spécialité de l’étudiant et qui se garderait bien de frayer avec les bourgeois ou les militaires de peur de déplaire à Paul de Kock. On dit aussi Femme de l’autre côté (sous-entendu) de la Seine. » (Delvau, Alfred, Dictionnaire de la langue verte, apetitemidinette300lm deuxième édition, Paris, E. Dentu, 1867). Quant à la MIMI-PINSON, c'est un personnage d'un poème d'Alfred de Musset (1810-1857) intitulé Mimi Pinson, profil de grisette  repris dans d'autres oeuvres et s'inspirant d'un genre de grisette que l'on appelle ainsi depuis.
Photographies : Page de couverture de la revue Femina du 1er Décembre 1903 (n°69) contenant un article sur  « La Sainte-Catherine ». © Photographies LM. Voici des passages du texte : « Tous les ans au 25 Novembre, la Sainte-Catherine, qui est la fête de toutes les jeunes filles, est célébrée avec une solennité particulière dans les ateliers parisiens où les « Midinettes » la préparent avec un soin religieux. Il est donc naturel que nous invitions aujourd’hui nos lectrices à une promenade dans un atelier un jour de Sainte-Catherine. […] Passons à la fête – nuancée cette fois de quelque mélancolie – des petites ouvrières parisiennes. Ce sont les couturières qui la célèbrent avec le plus d’entrain, puis les modistes. Chez les fleuristes et les plumassières la tradition se perd, peut-être parce qu’elles n’ont pas sous la main tous les éléments du fameux bonnet. Ah ! ce bonnet ! qui pourra jamais dire combien de talent et d’ingéniosité sont dépensés pour la confection de cet extravagant et anachronique couvre-chef. On y passe des nuits, on y dépense des sommes folles – jusqu’à dix francs ! – les ateliers rivalisent pour ce chef-d’œuvre que la propriétaire, après ce jour de plaisir mélangé de tristesse, serrera comme une r aFeminadec1903couverture300lm elique dans son armoire… Donc le bonnet est prêt. La midinette – non mariée, ne l’oublions pas – qui compte vingt-cinq printemps révolus est désignée. Il ne s’agit plus que de réunir les fonds pour faire une modeste bombance et payer aussi les frais du bonnet. On se cotise d’abord, puis en chœur on vient ensuite « taper » la patronne, c’est-à-dire solliciter d’elle sa cotisation, laquelle couvre en général, la moitié des frais. Ou bien on a recours, pour arrondir la somme, à la bourse de particuliers renommés pour leur générosité et qui ne se font jamais prier, comme ceci arriva l’an dernier au comte d’Haussonville, membre de l’Académie Française. Voici la description du bonnet classique : il est en forme de béguin et en mousseline de soie ; il porte deux nœuds jaunes et deux bouffants de chrysanthèmes jaunes ; il est orné à profusion de rubans jaunes, de symboliques fleurs d’oranger et muni d’une gigantesque épingle au motif plus ou moins biscornu. Après un déjeuner où, selon les moyens, le vin blanc cacheté, le cidre mousseux, le saumur pétillant, l’extra-dry, coulent à flot, on fait appel à l’art ( !) de musiciens ambulants. Des bals s’organisent dans l’atelier soigneusement débarrassé. Enfin, une des ouvrières offre le bonnet à celle de ses camarades qui remplit les conditions traditionnelles. A cinq heures, sortie en pompe, dans la curiosité des badauds amassés. Ensuite, dîner, sous la présidence de la patronne, invitée. S’il reste quelques francs on va au théâtre afin de clôturer dignement cette journée mémorable. Grâce à l’initiative de M. Gustave Charpentier, l’auteur de Louise, et de nombreuses personnalités parisiennes, l’accès de certains établissements est gratuit. Et voilà comment, chaque année, on célèbre la Sainte-Catherine, patronne des jeunes et des vieilles filles. Ne cherchons pas ce qu’il peut y avoir de tristesses inavouées, d’illusions flétries sous tant de gaité … Il n’y a qu’à Paris que l’on puisse ainsi refouler une grosse larme dans un sourire … »

aFeminadec1903couverturedetail300lm © Article LM

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
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Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 20:13

Le blog de La Mesure de l'Excellence change. Il se recentre en particulier sur ce que j'appelle les petits-maîtres de la mode. C'est un boudoir à ma mesure : la meilleure des mesures étant de se connaître soi-même et de s'accepter tel-quel.

 

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Toilette
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