Vendredi 23 avril 2010
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Il est
souvent question dans ce blog des mouvements de mode français : ce que j'appelle la petite maîtrise de l'élégance. Jusqu'à présent je me suis arrêté aux existentialistes des années cinquante. Il
est vrai que l'après guerre change énormément la donne : et le débarquement américain est aussi celui d'une culture de masse. Finis les tailleurs et les couturiers pour les profits du
prêt-à-porter. Les années soixante qui prônent un retour à la liberté avec les hippies sont rattrapées par les débuts d'une crise qui n'est toujours pas finie en Occident aujourd'hui et qui
s'exprime dans la jeunesse par le no-future punk dans les années soixante-dix. Durant les années quatre-vingt l'inspiration continue à venir d'Angleterre avec quelques esthètes libertaires
anglais comme Malcolm McLaren et d'Amérique avec le hip-hop. En France cela se passe un peu dans la Haute couture, dans les boîtes de nuit /concerts parisiennes de Les Bains-douches et du Palace
(ajouter le Gibus plus rock-and-roll et moins 'bourgeois'), dans le mouvement « sono mondiale » avec Jean-François Bizot à Bastille, la musique latino du Balajo rue de Lappe, les
sapeurs (SAPE = Société des ambianceurs et des personnes élégantes) au nord de Paris (surtout dans les 2ème, 10ème, 11 ème et 18ème arrondissements), les rappeurs chantant en français en banlieue
etc. Le président de la République de l'époque (François Mitterrand) utilise le mot de « branché » à la télévision afin de montrer qu'il est dans le coup et Jacques Lang lance le
concept de la soupe culturelle néo baba subventionnée qui sonne la fin des branchés. Mais qu'est-ce qu'en fait un branché ? C'est un new-wave à la française, qui exprime son no-future post-punk
non pas seulement en jouant sur le second degré en s'habillant en col-blanc et en dansant comme une machine, mais surtout en étant toujours au fait des dernières nouveautés afin de s'y délecter
et de jouir de ce sentiment de liberté que suscitent les avant-gardes. Les branchés peuvent donc être classés dans cette lignée des petits maîtres telle qu'elle est établie dans ce blog et
résumée ici.
Photographie : Première de couverture de la bande-dessinée intitulée La Fin des Branchés de Jean Rouzaud (1983) présentant la pérégrination d'un
branché dans la première moitié des années quatre-vingt.
Durant les années quatre-vingt les sapeurs occupent une place importante dans la petite-maîtrise de la vie parisienne. Si certains se fondent dans la 'sono
mondiale', la plupart restent en parallèle de celle-ci avec leurs soirées, concours, lieux … En ce moment à Paris, jusqu'au 11 juillet 2010 au Musée Dapper (35 bis, rue Paul Valéry ; 75016
Paris), tout un pan de l'exposition 'L'Art d'être un homme' fait la part belle à 'L'Univers de la Sape' : www.dapper.com.fr. « Des photos d'artistes mises en espace témoignent de la vitalité de la Société des
ambianceurs et des personnes élégantes, dont l'acronyme « Sape » désigne un art de se vêtir à l'occidentale initié par des Africains fort inventifs. Une célébration visuelle qui
documente en finesse ce mouvement vestimentaire né dans les métropoles congolaises, notamment Brazzaville et Kinshasa. » Je ne suis pas encore allé voir cette exposition mais les deux
photographies libres de droit du musée sont intéressantes.
Photographies :
Visuels sur l'exposition "L'univers de la SAPE" toutes deux prises à Brazzaville au Congo. La première (quartier de Bacongo) est l'oeuvre d'Héctor Mediavilla et date du 18 décembre 2005. La
seconde s'intitule 'La Sape' ; est de Baudouin Mouanda, et semble de 2008. © Héctor Mediavilla / Pandora / Picturetank. © Photo Baudouin Mouanda, 2008. A noter en particulier les couleurs,
les cravates : et la façon particulièrement originale dont est nouée la violette … dans un pur style créatif ! Pour les sapeurs, Paris est la capitale de la SAPE. Il est indubitable qu'ils font
partie de la lignée des petits maîtres de l'élégance française telle que redécouverte dans ce blog.
Par La Mesure de l'Excellence
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Lundi 19 avril 2010
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Trois premières
photographies : Avec de gauche à droite des gravures de la première moitié du XIXe siècle : - « Le Bon Genre, N° 97. Les Montagnes Russes de la Barrière du Roule. » Elle se situe à
l'actuelle Place des Ternes. - « Le Bon Genre, N° 99. La Ramasse. » - « Le Bon Genre, N°105. Montagne artificielle de Belleville. » L'emplacement de la barrière de Belleville
est sur le boulevard du même nom au niveau de la rue du Faubourg-du-Temple à Paris. Elle est réputée aussi pour ses guinguettes particulièrement durant la période du Carnaval. Il est émouvant de
voir les collines champêtres de ce lieu aujourd'hui recouvert d'immeubles, de goudron et de béton. Ceci dit, depuis un certain temps Belleville renoue avec la fête et s'engage dans l'Art
avec de plus en plus de galeries.
Photographies suivantes : Détails des gravures.
Théâtres, concerts, bals, guinguettes, parcs d'attractions, fêtes, spectacles variés, cafés, jardins … les lieux de délassement ne manquent pas à Paris au début du
XIXe siècle. Durant cette période, de
nouvelles distractions font leur apparition comme les montagnes russes ; ainsi appelées car le concept est emprunté aux constructions enneigées
construites en
Russie pour y faire de la luge. Celles-ci étant très populaires, on en érige ailleurs mais en utilisant des voitures roulant sur des rails. À Paris, 'La montagne de Belleville' semble être la
première en France. Elle ouvre vers 1812-1816 et est vite suivie de nombreuses autres comme les « montagnes françaises » aussi appelées « promenades aériennes » du parc
d'attractions de la Folie Beaujon (voir article Wikipedia). Les barrières de Paris, qui sont des bâtiments ouvrant sur la campagne autour de la capitale, proposent de l'espace
pour de telles constructions. Elles sont situées aux portes de la ville et ont pour fonction de récupérer le droit de douane (octroi) de certaines marchandises rentrant dans la cité. Il en existe
dans la capitale au moins depuis le XIIe siècle ; et sous Louis XVI on en compterait 57. On donne par extension le nom de 'barrière' à la campagne entourant celles-ci. Ces terres environnantes
sont souvent dédiées à la fête avec de nombreuses guinguettes ou d'autres attractions comme ces 'montagnes' qui sont les nouveaux lieux à la mode pour les jeunes élégants du temps des
calicots comme le montre le titre du vaudeville en un acte de Scribe et Dupin intitulé : Le Combat des Montagnes ou la folie Beaujon datant de 1817 (voir article intitulé
: Le calicot)
Photographies en liens : Voici des images glanées sur Internet
représentant les Montagnes françaises du Jardin Beaujon : 1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6.
Enfin en cliquant ici, vous trouverez un article intéressant sur les montagne parisiennes : russes, françaises, suisses, égyptiennes
…
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Lundi 12 avril 2010
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Photographies :« Tapisserie laine et soie. H. : 150 cm [...] Bruxelles. Vers 1650. » Il s'agit d'une bordure verticale « d’une tapisserie d’un des fameux
ateliers bruxellois, datant de l’âge d’or de ces tisserands. » Elle représente « des angelots portant des paniers de fleurs et des personnages sans doute les commanditaires, entourés de
fruits et de fleurs. » Cette représentation rappelle celle médiévale des couples courtois.
Le vendredi 16 avril, la Maison Claude Aguttes organise une vente aux
enchères Haute époque à Paris. Le catalogue est visible ici et en pdf ici. J'ai choisi de vous présenter deux tapisseries du XVIIe siècle (les photographies et descriptions
entre guillemets proviennent du catalogue). Faciles à transporter et très décoratives, les tapisseries sont particulièrement prisées depuis le Moyen-âge.
Photographies :« Importante tapisserie des Flandres
Audenarde [du]
début XVII° siècle [avec] Psyché contemplant l'amour endormi. [...] 285 x 330 cm. »
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Vendredi 9 avril 2010
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Photographies : Frontispice d'un
livre de 1669, représentant Horace sur le Mont Hélicon avec quatre muses et le cheval ailé Pégase. À ses pieds sont les armes de l'Amour avec : l'arc, le carquois et les flèches. Il est couronné
des lauriers des poètes. L'ouvrage porte son nom : Quintus Horatius Flaccus. Il a été édité à Paris (chez viduam Claudii Thiboust, et Petrum Esclassan è regione Colllegii Regii »), est daté de 1669, et contient des
scholies (notes philologiques servant à éclairer un texte), annotations et commentaires de Joanne Bond : John Bond (1550-1612) un philologue et homme politique britannique, auteur d'une édition
des œuvres d'Horace accompagnée de notes, parue à Londres en 1614 et réimprimée par la suite. Depuis l'Antiquité certains textes ont eu le privilège d'avoir des scholies d'auteurs permettant une
transmission actualisée de ces ouvrages.
Cette gravure est dans le style des
iconographies des grands poètes antiques telles que véhiculées depuis le Moyen-âge jusqu'au XIXe siècle avec Orphée ou le roi David. Orphée en particulier est celui qui sait charmer par ses
mélodies qui attendrissent même les coeurs les plus durs.
Horace (65-8 av. J.-C.) est un poète romain dont la lecture est pour moi toujours un plaisir ; comme c'est le cas quand je lis nombre d'autres auteurs antiques. Il faut rendre hommage aux
traducteurs qui nous transmettent ces textes venus de temps ou de régions reculés. Paris en réunit de nombreux dans les différents centres de recherche et plusieurs bibliothèques spécialisées
existent où on peut s'abreuver de grec ancien, de latin, de sanscrit, de chinois ancien et d'une quantité d'autres langues … Pour ce qui est des traductions des 'classiques' antiques, il est
nécessaire de mentionner la 'Collection des universités de France' (dite «Collection Budé» ) de la 'Société
d'édition Les belles lettres' dont le travail est remarquable et cela depuis des dizaines d'années. L'objectif qui lui est assigné est de présenter « tous les textes grecs et
latins jusqu’à la moitié du VIe siècle, mis à jour et accompagnés de traductions françaises nouvelles, d’introductions, de notices, de notes et d’un apparat critique. Les introductions réunissent
l'ensemble des renseignements nécessaires à la compréhension générale de l'auteur et de l'œuvre. Les notices étudient les questions de date, de composition, de sources, des différentes parties de
l'œuvre. Les notes, au bas des pages de traduction ou en fin d'ouvrage, fournissent certaines explications historiques. Plusieurs volumes récents comportent même un commentaire plus ou moins
développé, selon la nature de l'œuvre. [Ces volumes sont] imprimés sur papier teinté de longue conservation fabriqué spécialement pour la collection. » Et si ces ouvrages sont assez chers,
ils sont cependant consultables dans plusieurs bibliothèques.
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Mardi 6 avril 2010
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Photographie 1 : Bixia yuanjun : « la
souveraine des nuages de l’aurore ». Dynastie Ming, XVe siècle. The Art Institue of Chicago, don Mrs Samuel G. Rautboard. Bronze avec traces de polychromie. H. 96, 5 cm.
Depuis le 31 mars et jusqu'au 5 juillet 2010, une exposition au Grand-Palais de Paris, s'intitulant La voie du Tao, présente quelques oeuvres sur le thème du Taoïsme, notamment sur
les légendes des immortels qui me sont particulièrement
chères. Elles existent en Extrême-Orient comme en Occident ; mais elles sont (comme
celles sur les dragons) plus vivaces en Asie. Voici ce que l'on peut lire à leur sujet dans le dossier de presse de l'exposition : « La croyance en l’existence d’immortels est attestée dès
le IVe siècle avant notre ère, bien avant celle d’un élixir de longue vie, voire d’immortalité. Ce fut d’abord, au IIIe siècle avant notre ère, le fait d’un groupe de fangshi
[Littéralement, « hommes à techniques
»] très actif dans la province du Shandong,
qui imagina qu’au large des côtes trois îles abritaient de tels êtres et qu’ils possédaient l’élixir de longue vie ... »
Photographie 2 : Détail d'un « Vase avec les Huit immortels offrant des pêches de longévité à Xi Wang Mu. Dynastie Qing, période Kangxi, 18e siècle.
Musée Guimet, Paris. Porcelaine Famille verte émaillée. H. 45 cm ; D. 18.9 cm »
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Vendredi 2 avril 2010
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Sont exposés ici
quelques objets de la vente du 7 avril à Paris organisée
par Millon & Associés et visible sur www.interencheres.com. Photographies et descriptions proviennent du catalogue.
Photographie 1 : « Paire de chaussures de femme, pour l'été, époque Louis XV. Sans différenciation gauche-droite. Talon recouvert de cuir blanc,
empeigne de toile rose clair doublée de peau blanche, gansée de taffetas bleu. Portées, la ganse de soie détériorée. Provenance : Ancienne propriété de la famille Lur-Saluces. »
Photographie 2 : « Gilet d'homme à basques, époque Louis XVI. Satin ivoire, abondement brodé dans une vive polychromie, sans patte de col, complet de ses 9 boutons de nacre,
doublure et dos en toile de lin. Bel état malgré légère usure. »
Photographie 3
: « Important coffre, la façade à décor peint et évidé de trois registres de scènes galantes, séparées par des personnages et surmonté d'une frise d'angelots musiciens, les flancs
représentent l'un l'astronomie, l'autre la géométrie. Le plateau est orné à l'intérieur de scènes galantes dans des réserves surmontées d'animaux fantastiques, il est muni de deux poignées
latérales en fer forgé. Frioul, (Vénetie) XVIIe siècle. H : 62 cm, L : 177 cm, P : 64 cm »
Photographie 4 :
« Petit bonheur du jour de forme rectangulaire en placage de bois de rose marqueté de filets, la partie supérieure ouvre deux vantaux coulissants, un casier et deux petits tiroirs. Il
présente un plateau formant écritoire démasquant trois casiers, et ouvre à deux tiroirs en façade et repose sur des pieds cambrés. Estampillé G. CORDIÉ. Époque Louis XV (Restaurations) H : 97, 5
cm, L : 64, 5 cm. »
Photographie 5 : « Fauteuil en bois sculpté et doré. Il repose sur des pieds console réunis par une entretoise en H moulurée et sculptée. France, Époque Louis XIV. H : 124 cm, L :
67 cm, P : 53 cm (Dorure postérieure) Très belle garniture de tapisserie à décor de volatiles (Perroquet et colombes). »
Photographie 6 : « Tapisserie d'Aubusson du XVIIIe siècle à décor de deux volatiles sur un fond de lac et de châteaux entouré de verdure. Signé dans le bas GMR Aubusson (galon
rapporté). Dans le haut figure un blason avec la couronne d'un comte et l'ordre de Saint-Esprit avec des initiales BPV. Bordure à guirlandes de fleurs. Très bon état. 260 cm x 380
cm. »
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Jeudi 25 mars 2010
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Photographie 1 :
« Assiette en faience de Moulins décor polychrome dit "à la campanule". Diam.: 23,5cm. XVIII°siècle. » La perspective employée ici est très fantaisiste : ce qui fait le charme de ce genre de
décor.
Dans un précédent article, j'ai présenté des
exemples de décors « des Indes » sur de la faïence de Delft des XVIIe et XVIIIe siècles (voir
article ici). Ce thème se répand dans tout le reste de l'Europe. De nombreuses manufactures de faïence françaises suivent ce goût pour la porcelaine dure asiatique et les décors
« indiens » ; imitent les motifs, et s'inspirent de son merveilleux. Il en résulte des exemples d'une grande fantaisie et d'un imaginaire qui parfois étonne. Christophe Perlès, qui a un goût très sûr et raffiné pour la céramique en particulier française des XVIIe et XVIIIe siècles, propose sur son
site plusieurs exemples de cette époque.
Les photographies et descriptions entre guillemets proviennent du site
: www.cperles.com.
Photographie 2 : « Assiette en faience de Marseille décor polychrome dit aux chinois et asteroïdes. Atelier de Leroy. Diam. 24,5cm.
XVIII°siècle. »
Photographie 3 : « Assiette en faience de Moulins, décor polychrome de deux chinois attablés
dans un paysage oriental. Diam. 23cm. XVIII° siècle. »
Photographie 4 : « Plat en faience de Rouen, décor polychrome dit "à la pagode". Attribué à l'atelier de Guillebaud. Restauré. Diam. 34.2cm.
XVIIIe siècle. »
Photographie 5 : « Assiette en faience de Rouen, décor polychrome dit "à la pagode". Atelier de
Guillebaud. Marquée. Diam. 24cm. XVIII° siècle. »
Photographie 6 : « Plat en faience de
Strasbourg, décor polychrome au chinois. Marqué JH 108/74. Atelier de J.Hannong. Long. 37cm. XVIII°siècle. »
Photographie 7 : « Assiette en faience de Rouen,
décor polychrome dit "à la guivre". (accidentée) Diam. 25cm. XVIII°siècle. » En France, Nevers et Rouen sont les premières manufactures de céramique à imiter les scènes chinoises à la fin du
XVIIe. Le décor « à la guivre » est assez caractéristique. La guivre est un serpent fantastique dont le nom caractérise le dragon des décors occidentaux sur céramiques des XVIIe et
XVIIIe siècles.
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Publié dans : Les Céramiques
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Lundi 22 mars 2010
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Photographies : Gravure du XIXe siècle, de 34,6 x 25,7 cm, de la série Ces Petites Dames, feuillet 11, de « CH
Vernier » avec pour texte : « Hé bien ! Après, qu'est-ce qu'il y a d'étonnant que j'aie des Cors-de-chasse aux oreilles, vous portez bien au milieu du visage un nez en trompette !
... »
Au XIXe siècle, on donne le nom de 'petites dames' à plusieurs genres de jeunes femmes. Celles qui nous intéressent ici sont les continuatrices des
petites-maîtresses. Leur période est sous le second Empire (règne de Napoléon III de 1852 à 1870). L'estampe de la première photographie les présente jeunes, coquettes, originales et espiègles,
aux tenues extravagantes. La dernière photographie dépeint un genre plus bourgeois d'actrice (elle lit un journal intitulé 'Faust') à succès, entretenue, courtisée, empruntant certains plaisirs
et codes aux 'grandes dames' qui, comme nous avons vu précédemment, accordent beaucoup d'importance à la toilette (voir l'article intitulé La Toilette d'apparat des XVIIe et XVIIIe siècles) et à ce qui tourne autour de leur lit (Les Précieuses et les femmes de lettres).
Photographie de droite : Première page du journal L'Eclipse n°59 du 18 mars 1869. L'illustration a pour titre : « Le lever d'une petite
dame, par F. Régamey ».
Par La Mesure de l'Excellence
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Publié dans : La Mode
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Jeudi 18 mars 2010
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Photographie : Illustration de
La mode, datant de 1837, représentant un homme dans un intérieur inspiré du Moyen-âge.
« Un excellent homme a dit que la mémoire était comme une Imprimerie : Un Imprimeur qui n'a que des caractères Gothiques n'imprime rien qu'en caractères
Gothiques, quelque bel ouvrage qu'il mette sous la Presse : on peut dire de même, que ceux qui n'ont la mémoire pleine que de mauvais mots, n'ayant dans l'esprit que des moules Gothiques, leurs
pensées en se revêtant d'expressions, prennent toujours un air Gothique. » Ce passage de l'ouvrage intitulé De l'Art de Parler datant de 1676 utilise ici la métaphore de la
calligraphie gothique d'une façon qui n'est pas anodine. Jusqu'au début du XIXe siècle, le terme 'gothique' a une connotation péjorative. Il est inventé à la Renaissance pour désigner un style,
né au XIIe siècle en Île-de-France, considéré comme barbare (des Goths) par les 'redécouvreurs' du classicisme antique vers les XVe-XVIe siècles. C'est à cette époque que l'on appelle 'Moyen-âge'
la période de mille ans qui succède à l'Empire romain et qui se termine à la Renaissance qui annonce les 'temps modernes'. Avant eux, on désigne par francigenum opus ('Art français') ce
mouvement artistique qui se déploie dans toute l'Europe jusqu'au XVe siècle et dont l'architecture est encore très présente dans nos villes (ce n'est qu'avec la tour Eiffel en 1889 que Paris
détient un monument plus haut que la cathédrale Notre Dame du XIIIe siècle). Il est question de ce mouvement artistique (et scientifique) dans l'article du 19 mai 2008, intitulé :
Le bas Moyen-âge : Fin amor et Art français ou francigenum opus.
En France, jusqu'à peu près la période romantique, une personne qui n'est pas moderne et se complet dans la mode de la génération précédente est appelée 'gothique'. C'est en particulier vrai au
temps des Merveilleuses à la fin du XVIIIe siècle et au tout début du XIXe. Dans la comédie de P.-Charles Gaugiran-Nanteuil intitulée La Mode ancienne et la mode nouvelle (1803) dont il
est question dans l'article du 28 octobre intitulé Anglomanie, partie 1 : dans la seconde moitié du XVIIIe siècle
et dans les premières années du XIXe, la petite maîtresse emploie le mot de 'gothique' dans cette acceptation du terme en parlant d'une autre personne : « Un dragon de
vertu, dont l'esprit mal placé / Ne trouve rien de beau que dans le siècle passé [on est en 1803]. [...] Tenant, depuis mille ans, à sa mode gothique. » L'édition de 1762 du Dictionnaire
de L'Académie française, explique cet usage : « GOTHIQUE se dit aussi par une sorte de mépris, De ce qui paraît trop ancien & hors de mode. Cela est gothique. Un habillement
gothique. Il a les manières gothiques. » Le Dictionnaire critique de la Langue française de l'Abbé Jean-François Féraud de 1787 confirme cette définition : « Au figuré, il
se dit par mépris de ce qui est hors de mode. « Cela est gothique. » Habillement gothique, manières gothiques. » Dans Oeuvres en vers et en
prose (Paul Desforges-Maillard, 1759) on peut lire : « Certain Richard, superbe & magnifique, / Apercevant un Campagnard paré / D'un justaucorps à la mode gothique, / Trop court
pour lui, d'or crasseux chamarré ; / Ton trisaïeul t'a, dit-il, par degré / Transmis l'honneur de cet habit antique. / Oui, répond l'autre, & toi maître insolent, / Si tu portais celui
de ton feu père, / Nous te verrions encore à la légère, / Enharnaché comme un moulin à vent.»
À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, la mode est à l'anglomanie, à
l'anticomanie, aux mirliflors ... et le gothique n'est pas de mise ... du tout ! Les grands
cafés qui s'ouvrent alors s'inspirent de ces tendances en déployant un luxe et un chic nouveaux très anglais mélangés à une inspiration pompéienne (café Frascati ...). Cependant, rapidement le
Style troubadour remet au goût du jour l'époque médiévale. Désormais tout un pan des arts décoratifs du XIXe siècle, la mode même ainsi que les nouveaux cafés, s'inspirent de ce nouveau courant.
Le « gothique » devient à la mode. Les intérieurs prennent un style médiéval ...
Malgré son caractère considéré comme 'ringard' du XV siècle au XIXe, le gothique, ou plutôt le francigenum opus, n'en demeure pas moins un mouvement artistique phénoménal qui se caractérise notamment par des prouesses architecturales associant espace
et lumière, gigantisme et finesse de composition, dont on ne trouve pas d'équivalent dans tous les monuments faits de pierres aux autres époques. Ce savoir est transmis et propagé par des
compagnons dans toute l'Europe. Il témoigne d'une prospérité et d'une Renaissance tout à fait originale qui au XIIe siècle se caractérise par une activité scolastique éblouissante et un
épanouissement des occupations marchandes et scientifiques à l'origine d'une ouverture extraordinaire au monde. Paris s'inscrit alors définitivement comme la capitale de la France mais aussi
commence à être celle de l'Europe.
Par La Mesure de l'Excellence
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Lundi 15 mars 2010
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09:16
Depuis que ce blog a été créé, j'ai montré des aspects plutôt oubliés de la mode française. Celle-ci existe depuis très
longtemps. Le terme même de 'mode' se rencontre déjà au Moyen-âge ; et s'emploie à peu près dans la même acceptation qu'aujourd'hui : «manière collective de vivre, de penser propre à un pays, à
une époque». Le mot latin beaucoup plus ancien est lui aussi très proche du français. Mon blog s'appelant 'La Mesure de l'Excellence', il est intéressant de noter que modus (modus, i, m) signifie aussi : mesure, proportion, rythme, cadence (musicale, oratoire),
mélodie, chant, mode musical, musique, règle, loi, juste mesure, manière, façon, procédé, méthode, genre …
La mode naît dans cette « manière collective de vivre », cette harmonie sans cesse en mouvement, ce rythme toujours changeant constituant une véritable danse sociale, cette mesure de
ces notes telles qu'elles sont et s'inventent et qui constituent le bon ton. En France, mieux que nulle part ailleurs, on en connaît les gammes. Tous les supports utilisables pour transmettre la
mode sont employés ; en particulier au XVIIIe siècle, où écrivains et artistes s'ingénient à dévoiler ce que nous appellerions aujourd'hui les nouvelles tendances. Les almanachs et autres revues
dédiés à la mode contiennent des articles illustrés ou pas, et des images le plus souvent commentées sur la mode de la semaine, de la quinzaine ou du mois …
enfin ce qui se fait … avec parfois des
publicités pour telle maison ou telle autre. Plusieurs exemples sont présentés sur la page dédiée aux périodiques de modes de mon site www.lebonton.com, mais aussi dans plusieurs passages de ce blog. Au XVIIIe siècle
certains écrivains se font journalistes de mode publiant des articles et des chroniques ; et des artistes deviennent reporters : croquant sur le vif les dernières tendances. Il en résulte
un volume d'oeuvres très intéressantes et très nombreuses, témoignages de vie à travers la mode française qui rayonne alors dans tout l'Occident.
Dans l'article intitulé Café des Incroyables. Ma parole d'honneur ils le
plaisante. 1797., je présente une gravure d'époque (deux premières photographies), de 1797, où le dessinateur, qui
s'est représenté lui-même sur la droite, nous dévoile un instantané presque photographique de l'ambiance d'un café où se réunissent des jeunes à la mode de la fin du XVIIIe siècle. L'artiste qui
nous transmet cette scène, le fait tel un reporter photographe de mode ; ce qui ajoute beaucoup à la préciosité de cette image et à son caractère émouvant.
Dans la dernière photographie je présente une double page de La Matinée, la Soirée, et la Nuit des Boulevards de 1776 qui met en scène un de ces journalistes de mode :
« DESBROUTILLES. Quel est votre ouvrage ? FILASSE. Un Journal Encyclopédique de toutes les modes nouvelles. Il paraîtra quatre fois le mois. DESBROUTILLES. Pourquoi pas quatre la semaine ?
La mode du jour n'est pas celle du lendemain. FILASSE. Il est vrai ; la matière ne manquera pas. 1°. Les étoffes & leurs garnitures : les plaintes indiscrètes, la grande réputation, le
désir marqué, l'agitation, le doux sourire, la composition honnête, la … DESBROUTILLES. Et cetera, & cetera. FILASSE. 2°. Rubans & couleurs : puce, demi-puce, soupirs de Vénus, soupirs
étouffés, vive bergère, cuisse de nymphe émue. DESBROUTILLES. Eh ! oui, oui. FILASSE. 3°. Ajustements : collet monté, le chat, le venez-y-voir. DESBROUTILLES. C'en est assez. FILASSE. Et les
coiffures : toupet de physionomie, boucles d'attention, tempéraments, & plus bas sentiments. DESBROUTILLES. A merveille ! Suivez votre projet ... »
Au XVIIIe siècle les revues de mode sont très nombreuses … mais j'en reparlerai.
Par La Mesure de l'Excellence
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