Les Céramiques

Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 19:40
Photographie du tableau : « Bouquet de fleurs, flûte et partition sur un entablement » Huile sur toile (H. 56 cm, L. 43 cm) signée "Bachelier" en bas à gauche sur la partition. Il s'agit d'une peinture de J-J Bachelier (Paris 1724 – 1806) vendue par la galerie parisienne Coatalem. Image Copyright Galerie Coatalem, Paris. 
Le
bouquet de la photographie se compose de diverses variétés de fleurs : lys blanc, bleuet, pivoine (semble-t-il), liseron, oeillet, une graminée, narcisse, rose blanche … Un papillon se cache au milieu. Si de la partition on ne distingue que la signature du peintre et n
on pas les notes cachées sous la flûte et le panier de fleurs, c'est parce que les signes musicaux sont dans la composition même du tableau. En pl us de sa beauté d'ensemble l'intérêt de cette peinture réside dans sa musique, chaque élément donnant à écouter ... C'est un air délicat que le peintre a composé dans cette image : formes, couleurs, sujets ... Les fleurs en expriment en particulier les notes et les paroles. Autrefois plus qu'aujourd'hui on s'intéresse au langage des fleurs que la plupart connaît. Si on se réfère à cette langue, ce tableau joue une chanson d'amour tendre qui dit à peu près ceci : « Mon âme [le papillon : Psyché] ne voit que vous, alors que vous ne me voyez pas [le comble pour une représentation visuelle]. Mon amour est timide et sincère mais riche, d'une humble détermination et ardent en mon coeur. » Le blanc (pureté) et un bleu gris-pastel (amitié tendre) dominent avec seulement un ton de rouge (passion) mais au centre et un peu de jaune (richesse) qui est la couleur de la flûte. Wikipedia propose un recensement de ce Langage des fleurs.
Certains disent que la nature est un livre ouvert qui peut se lire si on connaît son langage : formes, sons, odeurs, propriétés culinaires, pharmaceutiques, pratiques …, un ouvrage d'une richesse illimitée. Cette langue n'a pas de frontières ,mais les mots ne sont pas toujours les mêmes puisque les variétés changent d'un pays ou d'une région à l'autre.
Les différentes cultures usent de ces symboliques. En architecture la rosace est une figure récurrente depuis la Haute antiquité jusqu'à aujourd'hui. Celles des églises de Notre Dame de Paris en sont des exemples majestueux. Leurs représentations ainsi que celles que l'on retrouve aux plafonds de nombreux monuments antiques ou néo-antiques s'inspirent de la fleur et plus particulièrement de la rose très présente dans l'art occidental. Dans la Grèce antique ce sont aussi des feuilles qui décorent céramiques et chapiteaux : palmettes des vases à figures noires ou rouges et feuilles d’acanthe des chapiteaux corinthiens. Autant de plantes différentes qui s’épanouissent au gré des civilisations.
Si la rose est importante dans l'art occidental, il n'en demeure pas moins que les contreforts de l’Himalaya ont la plus grande quantité d’espèces de roses sauvages au monde. Pourtant c'est le lotus qui est la fleur emblématique de l'Asie. Les mandalas qui sont le plus souvent des plans de palais divins, ont la structure de cette fleur d’où naît généralement la divinité et sur laquelle elle est le plus souvent représentée.
Pour les indiens du Mexique d'avant la colonisation, « fleurs » désigne aussi des productions, comme les œuvres poétiques.
Les artistes ont représenté dans l’art plastique de multiples personnages tenant une fleur : Tara divinité féminine tibétaine, femme étrusque sur des sarcophages, aristocrates femmes ou hommes de toutes les époques… Ainsi les fleurs parsèment non seulement l’ouvrage de la nature mais aussi celui des hommes. Certaines sont en or et pierres précieuses : couronnes, diadèmes, bijoux ... Durant l’Antiquité, on porte des couronnes de fleurs fraîches mais aussi de finement ciselées dans d e l’or ou de l’ivoire. De beaux exemples de couronnes de feuilles et fleurs en or sont conservées au Musée archéologique de Mythilène en Grèce. Au musée de Cluny à Paris sont exposées des roses d’or, au Louvre des sceptres avec des fleurs faites avec ce métal précieux et autres pierres précieuses. Les tapisseries aux mille fleurs sont fréquentes au Moyen-âge. Celle de la Dame à la Licorne en est un exemple. Les fleurs sont un sujet cher aux arts décoratifs, comme sur les décors de céramiques avec des fleurs imaginaires ou connues tels les décors : à la fleur de pomme de terre (ou fleur de solanée ou solanacée), à la fleur des Indes, à l'oeillet, à la jacinthe, à la fleur de chicorée, floraux au naturel, aux barbeaux, aux guirlandes ou corbeilles de fleurs, à la corne fleurie, aux bouquets fleuris, aux semis (ou jetés) de fleurs … Certaines de ces fleurs sont contournées (ou chatironnées) alors que d'autres sont de qualité fine (sans contours).
Enfin voilà pour un rapide survol.

Photographies des céramiques : Deux assiettes, l'une en faïence, sans doute du XVIIIe siècle, et l'autre en porcelaine du XIXe. La première représente une tulipe contournée. Dans la seconde les fleurs blanches du rosier sont de qualité fine.
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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /Avr /2009 08:19

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, certains cadeaux de mariage sont presque rituels. Il en existe pour toutes les catégories sociales. Les plus aisés offrent de l'argenterie comme une coupe de mariage ; et les moins riches une céramique (un plat de mariage en terre vernissée, une assiette de mariage en faïence ...), un coffre ou un coffret de mariage (dont certains peuvent être très finement ouvragés et peints), une corbeille de mariage ... Le cadeau peut aussi être un éventail ou tout autre présent à l'iconographie emblématique. Certains de ces objets sont plus récurrents que d'autres et font partie du rite qui peut changer selon les régions. Ce sont toujours des articles précieux ... ceux provenant de l'art populaire inclus car emprunts de beaucoup de tendresse.

Tous les symboles de l'amour sont les iconographies les plus fréquentes de ces objets : Deux coeurs enlacés, parfois enflammés, posés sur un autel, souvent surmontés d'une couronne champêtre ... sont les thèmes les plus fréquents avec ceux d'Eros et de ses attributs (carquois, arc et flèches ...) et le couple d'oiseaux (colombes ...) ...

Photographies : Assiette de mariage en faïence polychrome, sans doute du XVIIIe siècle et de Roanne, avec sur le bassin le carquois, l'arc et les flèches d'Eros (Cupidon, Amour ...), un couple d'oiseaux et une couronne d'hymen, et sur la chute et le marli une guirlande et autres ornements.

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Jeudi 15 janvier 2009 4 15 /01 /Jan /2009 21:51

Les vases anciens des apothicaires sont des objets particulièrement intéressants. Ils sont fabriqués pour conserver les préparations médicinales qui guérissent et entretiennent la vie mais aussi pour être montrés dans les officines. Ils contiennent des extraits de la nature et du savoir des hommes. Ils témoignent de la connaissance de la terre, des êtes humains et d'une pratique altruiste. Les potions qu'ils gardent ont pour but de rétablir l'harmonie en l'homme et de celui-ci avec son environnement ; et de l'établir dans la joie. Ce sont des objets précieux. Ceux faits en faïence d'autant plus qu'ils sont constitués d'argile : ainsi le contenant et son contenu résultent de la connaissance de la terre et de son utilisation à des fins harmonieuses.

Pot de montre, albarello, chevrette, pot-canon, pilulier, bouteille, pot à onguent ... sont quelques genres de ces pots de pharmacie. Les onguents, les cérats (onguents qui unissent huile et cire), les baumes, les remèdes à base de miel, les poudres, les sirops, les électuaires (médicaments d’usage interne à consistance de pâte molle d’aspect hétérogène, résultant du mélange de poudres fines avec du sirop, du miel ou des résines liquides ...) et les opiats (compositions molles, semblables aux électuaires, dans lesquelles entre l’opium), sont mis à l’abri dans les pots canons ou autres albarelli. Les chevrettes renferment les sirops ou des préparations liquides comme les eaux distillées, liqueurs, vins cuits … pouvant être aussi gardées dans des bouteilles. D’autres pots plus ou moins grands et cylindriques contiennent diverses matières, onguents, pommades … Les jarres et les cruches conservent les réserves d’eaux distillées, des huiles douces et sirops souvent utilisés. Il y a aussi les vases couverts. Dans les pots à thériaque se trouve la panacée appelée thériaque. Ces pots font partie des grands vases dits de « monstre » ou de « montre », car leurs formes et décorations sont particulièrement soignées et leurs tailles imposantes. Ils sont donc faits pour être montrés. Dans les apothicaireries, les objets en céramique sont installés dans des étagères en bois de chêne, de noyer ou de frêne. La partie inférieure de ces ensembles de meubles est appelée le droguier et sert au stockage des produits les plus volumineux et d'usage fréquent. La partie supérieure est le poudrier. Aux ustensiles s’ajoutent les tasses à malade ou les crachoirs. Les mortiers, parfois en céramique et pouvant être de très grande taille, sont un élément important des apothicaireries où on croise d’autres objets comme les coquemars (pots munis d’une anse placés près du feu afin de maintenir un liquide au chaud), les godets de mesure … Toutes ces formes ont peu changé depuis la Renaissance jusqu’au XIX e siècle. Au Moyen-âge, les récipients qui renferment ces drogues sont appelés 'layes' ou encore 'silènes'. Ils sont fréquemment décorés de figures allégoriques, de fleurs ou d'animaux fantastiques. Ce sont surtout des boîtes en bois sur lesquelles sont souvent peintes des figures frivoles ou joyeuses. On continue à en utiliser bien après le Moyen-âge. Il semble qu'elles soient en sapin, en chêne ou en châtaignier, mais ce n'est pas sûr. Rabelais écrit à leur sujet :

« Les silènes étaient jadis des petites boîtes, peintes à l'extérieur de figures joyeuses et frivoles, tels des harpies, satyres, oisons harnachés, lièvres cornus, canes bâtées [dispositif que l'on attache sur le dos de certains animaux pour leur faire porter une charge], boucs volant, cerfs limonniers [attelés], et autres peintures semblables faites à plaisir pour exciter le monde à rire. Tel fut Silène, maître du bon Bacchus. Mais au-dedans, on réservait les fines drogues, comme le baume, l'ambre gris, l'amome, le musc, la civette, les minéraux et autres choses précieuses. »

« Silènes estoyent iadis petites boytes, painctes au-dessus de figures ioyeuses et frivoles, comme de harpyes, satyres, oysons bridez, lieuvres cornuz, canes bastées, boucqs volans, cerfz limouniers, et aultres telles painctures contrefaites à plaisir pour exciter le monde à rire; tel feut Silène, maistre du bon Bacchus; mais au-dedans, l'on réservait les fines drogues, comme baulme, ambre gris, amomon, muscq, zinette, pierreries et aultres choses précieuses . »

Ici, l'auteur explique l'origine des motifs qui sont encore pendant les siècles qui suivent le Moyen-âge peints sur les pots d'apothicaire. Il dévoile tout un concept esthétique médiéval qui utilise à foison les grotesques. Ceux-ci ont une fonction de catharsis (en grec κάθαρσις ce qui signifie purification), retenant la laideur dans la grossièreté de leurs traits ou l'imagination débridée, pour guider vers l'essentiel : ce qui est bon. L'exemple de Silène est caractéristique. Précepteur du demi-dieu grec du vin appelé Dionysos (Bacchus en latin), il est toujours représenté laid et saoul ou dormant, dans des situations d'inconscience ou d'amusement alors qu'il est au contraire reconnu pour sa sagesse. Il est le chef des satyres qui le soutiennent quand il est ivre et qui suivent Dionysos. Certains rites dédiés à ce dernier sont à l'origine du théâtre (Comédie, Tragédie, Satyre), dont Aristote explique la fonction de catharsis dans ce qu'on appelle sa Poétique. Les cathédrales gothiques entourées de gargouilles en leur extérieur ont une esthétique similaire. De nombreux objets médiévaux sont agrémentés de grotesques, sans doute dans ce même but amusant et purificateur.

Photographies

Coll. C.Perlès : « Chevrette en faïence de Montpellier, décor polychrome dit "a quartieri" de palmes feuillagées sur des fonds bleus et ocres alternés. Haut. 27cm. Début XVII° siècle. »

Coll. C.Perlès : « Paire de piluliers en faïence de Nevers décorés en camaïeu bleu de branchages fleuris dans le goût oriental. Haut. 13,5cm. Circa 1700. »

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Vendredi 26 septembre 2008 5 26 /09 /Sep /2008 00:11

Les motifs de la faïence de Moulins du XVIIIe siècle sont d’une exceptionnelle fantaisie et délicatesse. Chinoiseries, oiseaux de paradis, évoluent au milieu de volutes et perspectives imaginaires dans une harmonie régie par des lois féériques parfaitement plaisantes. Les thèmes n’ont rien de surprenant à cette époque ; mais c’est la façon de les mettre en scène en exagérant les proportions, de composer et de donner du rythme aux traits et aux couleurs, dans une symphonie qui joue pour le regard : offre le même effet que la plus merveilleuse des musiques pour les oreilles.

Deux assiettes en faïence de Moulins, du XVIIIe siècle, la première au décor polychrome d'oiseaux de paradis (paradisiers) évoluant dans une fantaisie rocaille empruntant divers motifs ornementaux : feuilles d’acanthe, grenades, pampre, bouquets fleuris, papillons ; la seconde avec un décor en plein de deux personnages dans un paysage chinois stylisé. Coll. C. Perlès.

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Vendredi 18 avril 2008 5 18 /04 /Avr /2008 11:05

Nous allons dans cet article donner une définition de la faïence française et prendre pour exemple celle emblématique de Moustiers.

Photographie : Cette assiette en faïence de Moustiers est caractéristique de la production française des XVIIe et XVIIIe siècles. Elle est exemplaire avec son décor en camaïeu bleu de dentelles en bordure et son médaillon en plein sur le bassin avec une scène mythologique. Cette dernière mélange la fable antique à celle du terroir. Ainsi retrouve-t-on Aphrodite naissant de l’écume des flots voguant sur un dauphin, entourée d’Eros et d’une naïade en forme de sirène, associée à une divinité féminine de la nature et de l’amour : une nymphe aquatique des cours d’eau évoluant dans un paysage bucolique français avec la nature en premier plan et un village à l’arrière. Les quatre éléments découpent en parties égales la scène avec la terre (plantes, arbres, terre, village), l’eau (la rivière), l’air (avec le ciel et les nuages), et le vent (symbolisé par la divinité). Cet objet d’art est du XVIIIe siècle et fait 23,5 cm de diamètre. Il est à noter le crémeux de l’émail. Il appartient à l’antiquaire Christian Béalu et est présenté sur son site :

La faïence est un genre de terre cuite : une poterie (céramique argileuse à pâte poreuse) constituée d'un mélange de terres composé d'une argile plus ou moins pure, de sable et de marne calcaire, et recouverte d'un émail stannifère (stanum = étain, l'étain rendant l'émail opaque). L'émail stannifère est une couche vitrifiée. Il est composé d'oxyde de plomb (fondant), de silice et d'étain opacifiant (cache la couche d'argile, rend imperméable, blanchit, et sert de support au décor peint). On peut le colorer dans la masse en y incorporant des oxydes métalliques tels que le cobalt pour le bleu et l'antimoine pour le jaune et obtenir des fonds de couleur. La faïence est opaque, contrairement à la porcelaine qui est transparente à la lumière. Après le modelage, on cuit une première fois le biscuit vers 500° (cuisson de dégourdi) ; on le trempe dans de l'émail stannifère. Dans la faïence de grand feu, après cette première cuisson dite « au dégourdi », on recouvre la terre de l'émail qu'on laisse sécher, et on peint le décor sur l'émail cru, pulvérulent, avec des émaux (oxydes métalliques) aussitôt absorbés. Les repentirs sont interdits. On cuit à 980° l'ensemble, chaleur nécessaire à la fixation de l'émail. Cinq oxydes métalliques résistent à cette température : le bleu (cobalt), le vert de cuivre (il fuse, c'est à dire bave un peu), le jaune d'antimoine, le violet (manganèse) et le rouge « tomate » (fer). Pour les faïences de petit feu (début vers 1740), on cuit la pièce recouverte de l'émail stannifère vers 980°. On peint ensuite le décor sur l'émail. Il s’en suit une cuisson pour les couleurs à température inférieure, et une autre s'il y a de l'or. La palette des teintes est beaucoup plus riche : pourpre de Cassius, or etc. Les étapes de la fabrication de la faïence sont les suivantes : recueillir la terre, la laver, la décanter, la broyer, la tamiser, la dégraisser (en mêlant du sable aux argiles trop grasses), la faire « pourrir » (en la faisant attendre dans des caves), la façonner par tournage, moulage ou modelage, coller les éléments rapportés (bec, anses, etc.) avec de la barbotine (pâte liquide) ; puis il y a la cuisson de « dégourdi », le bain d'émail (eau ou flottent en émulsion des particules de sable broyé, d'oxyde de plomb et d'étain et éventuellement d'un colorant) ; on fait ensuite sécher avant le décor de grand feu ou la cuisson.

On suit les origines de la faïence jusqu’en Perse. Elle se développe dans le monde musulman, en Espagne surtout aux XIVe et XVe siècles et en Italie en particulier au début du XVIe avec notamment la ville de Faenza qui serait à l’origine de son nom. Elle arrive en France au XVIe avec les artisans italiens qui s’installent dans ce pays : à Rouen, Lyon, Anvers (Belgique), Nevers … pour fabriquer ce qu'on appelle de la majolique. De 1700 à 1730 environ c'est le triomphe du camaïeu bleu. A partir de 1730 on a la polychromie de grand feu. Les fabriques de grand feu sont alors nombreuses en France. Après 1750 c'est surtout la faïence à décor de petit feu qui se développe.

La faïence fine est destinée à imiter la porcelaine. Elle est découverte en Angleterre dans la région de Staffordshire semble-t-il. On incorpore à la pâte du kaolin et un autre minéral : le feldspath. Il existe de nombreuses variantes de cette recette mises au point par chaque fabricant, avec : la faïence feldspathique, la faïence fine dure, la demi-porcelaine, la porcelaine opaque, la terre de fer, la terre de pipe, la terre de Lorraine, le cailloutage ou terre anglaise. La faïence fine est une pâte dont l'intérêt premier est d'éviter la couverture par un émail qui cache la terre. Elle est ainsi recouverte d’une simple glaçure transparente. Sa malléabilité rend le moulage aisé et permet une grande finesse des décors. On en fabrique en France à partir du milieu du XVIIIe siècle mais surtout au XIXe.

La faïence de Moustiers est une des plus réputées de France des XVIIe et XVIIIe siècles avec notamment celles de Nevers et Rouen. Ce village du sud recèle plusieurs manufactures renommées. Avant le XVIIe, on y fabrique déjà de la poterie en terre cuite d'abord puis vernissée. Ensuite arrive l'émail blanc. C’est Pierre Clérissy (1651-1728) qui offre à Moustiers une expansion économique à partir de vers 1660 qui va durer jusqu'à la fin du XVIII e s. Il s'entoure tout d'abord de François Viry (auquel succéderont ses fils Gaspard puis Jean-Baptiste Viry) et d'Olérys. En 1702, son fils aîné Antoine s'associe avec lui puis lui succède. En 1728 le village compte déjà au moins 8 ateliers de faïenciers dont plusieurs sont tenus par de la famille des Clérissy. Pierre II devient l'associé de son père Antoine en 1732, puis reste seul à la tête de la fabrique. En 1783, il la vend à Joseph Fouque. Les Clérissy commencent par faire des décors en camaïeu bleu. L'émail est onctueux. On copie des gravures en particulier d'après Tempesta (scènes de chasses, mythologiques...) ou Bérain. On y retrouve des influences italiennes (mufles de lion), orientales (fleurs), des broderies délicates, des décors d'armoiries ... C'est au début du XVIII e, que les Clérissy créent le décor Berain. Les fabriques les plus connues de Moustiers avec celles des Clérissy sont celles de Joseph Olérys & Jean-Baptiste Laugier, de Joseph Fouque & Jean-François Pelloquin, des Ferrat et Feraud.

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Jeudi 18 octobre 2007 4 18 /10 /Oct /2007 14:32

CrachoirCiedesIndes175030085.jpg

Crachoir en porcelaine de Chine, dite de la Compagnie des Indes, décoré dans les émaux de la famille rose (diamètre: 11,3 cm) et en vente sur le site de l'antiquaire Antoine Lebel spécialiste des porcelaines de la Compagnie des Indes. De forme légèrement inhabituelle, cet objet est richement décoré d'un coq parmi des fleurs. Il est de la Période Qianlong : vers 1740. Le crachoir est un ustensile dont on se sert pour la toilette, après s’être lavé les dents avec une eau (de Madame de la Vrillière, Vulnéraire, Spiritueuse ou d’autres propres à nettoyer et fortifier les dents et les gencives), des éponges préparées ou bien encore des racines comme celles de la guimauve dont une recette consiste à les faire bouillir dans du vin et du miel blanc.

L’invention de la véritable porcelaine (dite dure) est considérée comme étant chinoise. C’est dans l’actuelle Chine qu’au moins à partir de la dynastie des Tang (619-906) elle se développe. Les occidentaux qui l’admirent et essaient de l’imiter sans réussir à trouver l’arcane (mélange de kaolin, quartz et feldspath), la font massivement importer dans d’immenses vaisseaux ; et cela dès le début du commerce avec l’Asie. A partir de 1498, les Portugais achètent les porcelaines de Jingdezhen mondialement connues. Les Hollandais établissent en 1602 l’East India Company qui s'occupe du transport et de l'écoulement de ces marchandises. Outre les poteries de Jingdezhen, la dynastie des Ming (1368-1644) exporte de grandes quantités de céladons longquan. La Compagnie française des Indes est fondée par Colbert en 1664. Jusqu’au XVIIIe siècle et la découverte de la formule de la porcelaine dure par J.-F.Böttger (Meissen), l’Occident ne connaît que la porcelaine dure chinoise. Elle est donc très réputée et synonyme d’un grand raffinement. La Chine est même souvent idéalisée dans ce qu’on appelle aujourd’hui ‘les chinoiseries’ qui se répandent dans les Beaux-arts du XVIIIe siècle.

Logoprint80.jpg http://www.antoinelebel.com

On fait fabriquer en Asie des services entiers avec des formes et motifs occidentaux dont certains commandés avec les chiffres (blasons) familiaux, comme sur le bassin octogonal présenté ci-dessous, décoré en polychromie et or (Largeur: 36,8 cm), de la période Qianlong (vers 1740) où sont peintes sur l’aile les armes de Pierre-Benoit Dumas (1696 - 1746) au service de la Cie des Indes à Pondichéry, ayant reçu du Grand Moghol le titre de Nabab et la concession de Karikal en faveur de la France, et nommé Chevalier de St Michel en 1737.

plat300.jpg

Pour plus d’informations sur la porcelaine lire l’article du Mercredi 9 mai 2007 : La Porcelaine française du XVIIIe siècle.

 

 

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Mercredi 9 mai 2007 3 09 /05 /Mai /2007 09:13
Le XVIII e siècle français est une période riche en délicatesses. La beauté, le raffinement, la grâce sont de mise. Les céramiques de cette époque en sont des exemples, en particulier les porcelaines tendres et dures. C’est au début de ce siècle des Lumières, qu’en Europe, l’alchimiste J.-F. Böttger découvre la formule de la porcelaine dure et en fait fabriquer à Meissen. Auparavant, les Compagnies des Indes européennes l’importent d’Asie, en particulier de Chine. En France, on essaie depuis longtemps d’en créer par diverses formules : ce que l’on nommera la porcelaine tendre. On en produit à Saint-Cloud, Chantilly, Mennecy, Vincennes, Sèvres… La fabrication de la porcelaine dure en France est en grande partie due à la découverte de gisements de kaolin en Limousin au milieu du XVIIIe siècle. Les principaux centres de porcelaine dure sont Strasbourg, Niderviller, Sèvres, Limoges et Paris.
 Les porcelaines françaises que nous présentons ici sont vendues par Monsieur : Christophe-Perles.jpg  
  Chantilly.jpg
Groupe en porcelaine blanche de Chantilly représentant Séléné
et le berger Andymion sus les traits de jeunes enfants. XVIIIème siècle.
  
Vincennes.jpg
Petit pichet couvert et son bassin en porcelaine de Vincennes
décorés de bouquets de fleurs en camaïeu rose. Datés 1755.
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