La Mode

Vendredi 29 juillet 2011 5 29 /07 /Juil /2011 13:00

3enluminures300 Photographie 1 : Trois peintures en pleine page de l'exposition Enluminures du Moyen Age et de la Renaissance qui se déroule jusqu'au 10 octobre au musée du Louvre à Paris, avec de gauche à droite :
- « Arbre de consanguinité » par Guillaume Vrelant. Page provenant d'un manuscrit du XVe siècle des Pays-Bas – Bruges et conservée au département des Arts graphiques du musée du Louvre, RF 1698. © 2006 musée du Louvre / Martine Beck-Coppola.
8 Fouquet Ste Marguerite MI1093 300 - Peinture du Maître du livre d’Heures de Dresde des mêmes : siècle, provenance et lieu de conservation sous l'inventaire INV 20694 bis. © idem.
- « Bethsabée au bain » par  Jean Pichore. Iconographie issue d'un manuscrit français du XVIe siècle conservé au département des Arts graphiques du musée du Louvre, RF 4243. © 2004 musée du Louvre / Martine Beck-Coppola. La photographie ci-dessous à droite est un détail de cette peinture.
Photographie de gauche : Peinture pleine page  (de la même exposition) de Jean Fouquet (vers 1415 – vers 1480), représentant Saint Martin, conservée au département des Arts graphiques du musée du Louvre sous la référence MI 1093. © RMN / Thierry Le Mage. Ce saint chrétien est particulièrement populaire en France notamment parce qu'il est à l'origine des premiers monastères en Gaule. Un épisode largement représenté dans l'iconographie médiévale est celui où, encore soldat romain, il offre la moitié de son manteau à un pauvre. D'après Wikipedia : « La cape de saint Martin de Tours, qui fut envoyée comme relique à la chapelle palatine de Charlemagne d'Aix-la-chapelle, est aussi à l'origine du mot chapelle, c'est-à-dire l'endroit où l'on gardait la cape du saint qui était emportée lors des batailles et portée en bannière. » La peinture de Jean Fouquet semble situer son action lorsque saint Martin est encore soldat, avant ou après le partage de sa pelisse (cape). Il est amusant de constater qu'il s'apprête à passer au milieu de moutons et de fileuses : tout cela nous rapprochant beaucoup de la mode … ou du moins de l'importance protectrice de l'habit.
17 Pichore RF 4243dameselavant 300 Ayant fréquenté lors de mes études la section des manuscrits de la bibliothèque nationale de France, rue de Richelieu à Paris, je sais les trésors de miniatures que recèlent certains livres médiévaux, avec un patrimoine en latin et en ancien français d'une incroyable finesse : mille ans d'une évolution mise entre parenthèses par le classicisme et pourtant d'une richesse incommensurable … une véritable corne d'abondance qui attend dans des bibliothèques et réserves d'être divulguée, notamment sur internet. Bien sûr le Moyen-âge est une période difficile d'approche pour diverses raisons : la longueur de la période (Ve - XVe siècles) ; la nécessaire connaissance du latin, de l'ancien français, des écritures employées comme la calligraphie gothique, des histoires générales et particulières d'une France qui se construit avec une multitude de particularités régionales ; une esthétique très éloignée de la figuration classique, de la perspective réaliste du XXe siècle et de l'abstrait ;  le peu d'intérêt qu'il suscite à l'époque moderne depuis le XVIe siècle etc.
Non seulement ces manuscrits peuvent receler des textes très rares mais aussi des peintures avec de véritables chefs-d'œuvre. Certains livres contiennent de nombreuses merveilles iconographiques  toutes uniques. Si celles-ci ont beaucoup plus de valeur dans l'ouvrage même pour lequel elles sont conçues, certaines nous sont parvenues en dehors de celui-ci. Si une telle pratique est fâcheuse, il n'en reste pas moins que ces pages nous sont aujourd'hui ainsi transmises et restent des trésors. Le Louvre possède un fonds de telles enluminures. Henri Loyrette, président-directeur du musée du Louvre, nous explique que ce fonds réunit « un bel ensemble de peintures de livres, qui, suivant une pratique aussi ancienne que regrettable, ont été découpées dans des manuscrits souvent luxueux ou prestigieux quand la fonction liturgique, littéraire ou scientifique des ouvrages où elles se trouvaient apparaissait secondaire en regard de la valeur artistique de leur illustration. La conscience esthétique, de plus en plus forte à partir du XVIIIe siècle, a ici joué contre l’intégrité des livres. Le vandalisme ordinaire et les appétits du marché ont fait le reste. Dans un mouvement inverse, cette conscience a animé la volonté des coiffuresdames300 amateurs et des collectionneurs de préserver les feuillets épars des manuscrits dépecés ou découpés et nous devons à ceux-ci de posséder encore aujourd’hui des pièces incomparables de l’enluminure européenne : les miniatures peintes par le Maître du Parement pour les Très Belles Heures de Jean de Berry, les grandes pages peintes par Fouquet pour une Histoire ancienne, un feuillet des Heures noires de Charles le Téméraire et les deux pleines pages de Giulio Clovio comptent parmi ces œuvres inestimables.  »
La publication du catalogue raisonné de cet ensemble offre l’occasion d’en découvrir  pour la première fois les raffinements dans l'exposition Enluminures du Moyen Age et de la Renaissance qui se déroule jusqu'au 10 octobre au musée du Louvre avec près de « soixante-dix enluminures italiennes, françaises, flamandes et germaniques, provenant de manuscrits historiques, littéraires ou liturgiques où dominent les chefs-d’œuvre de Jean Fouquet, Lorenzo Monaco, Guillaume Vrelant, Simon Bening et Giulio Clovio. Une vision précieuse sans égale, née de la rencontre du livre et de la peinture du XIe au XVIe siècle. »
Je profite de cette exposition, à travers des exemples présentés dans celle-ci, pour reprendre un thème qui m'est cher : celui de la mode, en particulier au Moyen-âge, période dont la finesse des parures, langages et moeurs est sans commune mesure avec aujourd'hui.
Photographies de gauche et ci-dessous : Détails des trois peintures de la photographie précédente avec d'abord des coiffes de femmes puis d'hommes, aux XVe et XVIe siècles.
Les coiffes de femmes représentées sont du XVIe siècle pour les deux premières et du XVe pour toutes les autres avec les chapeaux à la mode durant ce siècle : hennin, coiffes à cornes et en turbans.

Voici d'autres modèles de : hennins (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et détail), coiffes à cornes (1 et 2), coiffure à nattes (1), coiffures en cheveux (1 et 2), diadème (1), autres coiffures (1 et 2).

L'exposition Fashion in the Middle Ages ('Des modes du Moyen-âge') du The J. Paul Getty Museum  de Los Angeles aux Etats-Unis présente jusqu'au 14 août plusieurs iconographies du XVe siècle avec des exemples de ces coiffes comme ici ou ici.
Les détails ci-dessous sont tous de la même peinture du XVe siècle et révèlent un aspect de la richesse des formes de chapeaux pour hommes alors.

coiffureshommes500 © Article LM

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Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 20:47

habits 522 D'après Wikipédia l’impression PartiesdeCampagne-prolongation.jpg sur du textile « daterait du IIe millénaire av. J.-C. et serait originaire des Indes. » A l'époque de la Compagnie des Indes (à partir de la fin du XVe siècle), les tissus sont un des articles importés. Ce commerce est interdit en France en 1686 afin de favoriser les productions locales, en particulier les soieries lyonnaises. On appelle aussi « indiennes » les tissus confectionnés en Europe entre le XVIIe siècle et le XIXe qui sont des 'imitations' des étoffes importées en particulier d'Inde. La manufacture de Jouy-en-Josas en fabrique de réputées. Elle est fondée en 1760 par Christophe-Philippe Oberkampf et donne le nom de « toile de Jouy » à un certain type de tissu imprimé fabriqué à cette époque (jusqu'à aujourd'hui) dans plusieurs endroits.
Le musée de la Toile de Jouy (www.museedelatoiledejouy.fr), situé dans le Château de l’Eglantine à Jouy-en-Josas en région parisienne (Yvelines), possède bien évidemment une collection d'indiennes et d'objets liés à la mode d'autrefois. Il y a quelques années de cela, une belle exposition y présentait un don d'une collection liée à la mode et à la toilette féminine au XVIIIe siècle. Jusqu'au 3 janvier 2012 le musée propose une exhibition consacrée à la représentation de la campagne et des jardins dans les toiles anciennes imprimées à Jouy-en-Josas et dans d’autres grandes manufactures françaises. Elle s'intitule Parties de Campagne : Jardins et champs dans la toile imprimée des XVIIIe et XIXe siècles.
Photographies : Affiche de l'exposition et vêtements anciens en toile de Jouy.

© Article LM

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Lundi 18 juillet 2011 1 18 /07 /Juil /2011 21:07

robeGres300 Photographie d'une robe de Madame Grès. © Musée Galliera.
Le musée de la Mode (musée Galliera) possède un fonds riche de 90 000 pièces qu'il conserve et expose. La charmante équipe qui le constitue propose en ce moment deux évènements particulièrement intéressants dans leur mise en scène. L'un se déroule au Grand-Trianon de Versailles. Deux articles de mon blog lui sont consacrés : Le XVIIIe au goût du jour  et Le bon goût à nouveau de mode ? La seconde exposition a lieu jusqu'au 28 août 2011 au musée Bourdelle à Paris et s'intitule : Madame Grès, la couture à l'oeuvre au musée Bourdelle. Des vêtements, des dessins et des photographies présentent l'oeuvre de la créatrice parisienne de haute couture Madame Grès (1903 - 1993) au milieu de sculptures d'Antoine Bourdelle (1861 – 1929). Les robes de cette artiste incarnent un idéal féminin et rappellent le classicisme des tuniques des femmes grecques et romaines, où la beauté s'exhibe avec pudeur et féminité dans la délicatesse des tissus et la justesse des plis qui soulignent le corps et son mouvement dans une séduction à chaque instant renouvelée.

© Article LM

 


Madame Grès - La couture à l'œuvre par paris_musees

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Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 17:27

grandtrianon650 Photographie ci-dessus : Cour d'honneur du Grand Trianon de Versailles construit par l'architecte Jules Hardouin-Mansart. Photographie LM.
robealafrancaise-copie-1 Photographies suivantes d'après © EPV / J-M Manaï, C Milet, de vêtements de l'exposition appartenant aux collections Galliera avec :
1- Dos d'une robe à la française de vers 1750-1760. « Cannetillé de soie broché polychrome, lames or et argent. »
2 - Habit de vers 1750-1760. : « Taffetas changeant, broderies au point de chaînette, fils de soie dégradé de bleus, décor brodé à disposition. »
3 - Dos de caraco et jupe de vers 1785.  « Gros de Tours en soie rayé bordé d’un ruban. »
4 - Caraco et jupe de vers 1780 – 1785.  « Taffetas de soie matelassé. »
Le château de Versailles présente dès aujourd'hui et jusqu'au 9 octobre 2011 une exposition intitulée Le XVIIIe au goût du jour. Celle-ci occupe presque entièrement le Grand Trianon. Dans ses appartements sont présentés des vêtements et quelques objets de mode du siècle des Lumières et des créations s'inspirant de ce style depuis le XIXe jusqu'à aujourd'hui, tout cela dans un bijou architectural du XVIIe décoré de vraiment splendides peintures du temps de Louis XIV et de meubles d'époque Empire.
habit-copie-1 Le goût est un élément important de la mode française … et en particulier le « bon goût » qui s'accorde très bien avec la nouveauté et la création dans ce mouvement des apparences et du changement.
Vers 1715 la robe volante ou 'battante' fait scandale lit-on sur le site des Arts décoratifs de Paris : « en raison de son inspiration issue des tenues d’intérieurs portées dans l’intimité comme la robe de chambre ». La 'robe à la française' lui succède. A cette époque et pendant tout ce siècle le vêtement masculin est principalement celui de 'l’habit à la française' composé de l’habit, du gilet et de la culotte. Evidemment il change en fonction des modes.
Dans le dernier tiers du XVIIIe « les formes se diversifient très rapidement et l’on voit apparaître la robe à la polonaise, à la circassienne, à la turque, à la levantine… toutes influencées par un exotisme plus ou moins lointain. Mais l’une des modes les plus scandaleuses est initiée par la reine elle-même. A la recherche de confort et de simplicité, Marie-Antoinette adopte à partir de 1778 une robe chemise de coton blanc qui évoque les pièces de lingerie et se fait représenter dans cette tenue en 1783 par madame Vigée-Lebrun [voir ici]. Le tableau est alors vivement critiqué lors du salon de la même année. » (Arts décoratifs).
caracoetjupejaunes A la fin du XVIIIe  on souhaite plus de commodité dans la mise. On emprunte au peuple l'usage du caraco.
Les iconographies découvertes lors de fouilles archéologiques inspirent les merveilleuses et les inconcevables qui se vêtissent 'à l'antique' : dénudées en partie, habillées de tuniques simples et transparentes à la taille haute (juste au dessous de la poitrine). Elles abandonnent le corset (corps à baleines) et portent parfois les cheveux courts. L'époque de transition de la Révolution permettra de mettre au goût du jour ces nouveautés.
Le siècle suivant, qui voit l'avènement à nouveau de la monarchie, reprend des codes vestimentaires de l'ancien régime, comme l'usage du corset et de robes décorées de rubans, de colifichets et de falbalas qui s'élargissent de plus en plus grâce à de nombreux jupons puis à la crinoline dont la crinoline 'cage' marque l'apothéose (voir un remarquable exemple ici) durant le second empire (1852-1870). 
caracoetroberouges Avec l'avènement de la troisième république (1870-1940) la robe s'affine largement pour ne garder à la fin du XIXe qu'une tournure dans le dos et une petite traîne.
Au début du XXe siècle le corset est à nouveau abandonné (mode du couturier Paul Poiret) et l'on s'inspire des inconcevables de la fin du XVIIIe pour créer de nouvelles robes beaucoup plus simples (à l'antique) et pratiques (ce qui était un des leitmotivs de la mode des merveilleuses), en particulier durant les 'années folles' qui sont aussi celles de la couturière Coco Chanel.
Dans l'après guerre Christian Dior crée des robes  'juponnantes' qui redonnent une silhouette marquée aux femmes qui les portent. Mais ce genre d'habillement est surtout l'apanage des robes du soir. Le prêt-à-porter occupe dorénavant une place hégémonique. Seuls certains créateurs comme Yves Saint-Laurent  réussissent à allier la haute-couture à une production assez massive. Mais les silhouettes restent beaucoup plus simples qu'au XVIIIe siècle, l'extravagance se cantonnant surtout aux défilés de mode qui reprennent des codes du siècle des Lumières mais souvent sans que cela ait des répercussions directes sur la mode.
Pour plus d'informations sur cette exposition voir l'article intitulé : Le XVIIIe au goût du jour.

Photographie ci-dessous : Au Grand Trianon. LM
beaumonde

© Article LM

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Mardi 5 juillet 2011 2 05 /07 /Juil /2011 21:03

detailtableau Photographie : Détail d'une peinture représentant Marie-Antoinette d'Autriche, reine de France, d’après Marie Louise Elisabeth Vigée - Le Brun.
Le musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon, qui possède une très belle collection de vêtements et de tissus anciens, présente jusqu'au  2 octobre 2011 certains habits du siècle des Lumières dans une exposition intitulée Si le XVIIIe siècle m’était conté ...
robeXVIIIe Photographie : Robe à la française. France, entre 1740 et 1750 (étoffe de 1710-1715). « Lampas fond satin de 8 liseré et broché, latté. Soie. »  © Photographie (+détail) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.
robealafrancaise Photographie : Robe à la Pompadour. France, époque Louis XV. « Satin de 8 chaîne, broderie. Soie. »  © Photographie (+détail) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.
robeblanche Photographie : Robe dite « parée ». France, entre 1780 et 1790. « Pékin liseré : taffetas, taffetas liseré et satin de 8, chaîne. Soie. Broderie : point lancé, de tige, de nœud. Soie, filé  métallique doré, paillettes. »  © Photographie (+détail) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.
habit Photographie : Habit d’homme. France, vers 1790. « Velours coupé simple corps, lancé ou liseré 1 lat, fond taffetas. Soie. Broderie : passé plat et empiétant, point lancé,  couchure. Soie, filé, cannetille et paillettes métalliques dorés, cannetille vernie de rouge.  » © Photographie (+détail) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.
caraco Photographie : Caraco avec gilet brodé. Europe, vers 1790. « Caraco : pékin rayé, ombré : satin de 8 et taffetas. Soie. Veste : pékin : satin de 8 et taffetas. Soie.  » © Photographie (+détail) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.
Ci-dessous des détails d'une broderie de veste d'homme du XVIIIe siècle d'une grande finesse.
boutonsdhabit500 Photographies : Détails au niveau des boutons d'une veste d’homme. France, fin du 18 siècle  « Taffetas calandré (?). Soie. Broderie : paillettes, cannetilles métalliques argentées, verre coloré (strass ?). Application  de broderie en relief, taffetas et tulle, de dentelles. »  © Photographies (+détails) du musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon.

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Vendredi 1 juillet 2011 5 01 /07 /Juil /2011 12:36

versailles2dames Photographies : A gauche La Marquise de Pompadour (1721-1764) peinte par François Boucher (1703-1770). © Photographie musée du Louvre à Paris. A droite Marie-Antoinette en 1778, en grand habit de cour par Elisabeth Louise Vigée - Le Brun. © Photographie châteaux de Versailles et de Trianon.
versaillesrobes Photographies ci-dessus : Vêtements d'époque du XVIIIe siècle provenant du musée Galliera à Paris. © EPV / J-M Manaï, C. Milet.
versaillesrobedevilleXIXe Photographie de droite : Robe de ville de vers 1850-1853. © © EPV / J-M Manaï, C. Milet.
Le titre de cet article est celui d'une exposition qui promet d'être intéressante car replaçant dans l'actualité contemporaine la mode du XVIIIe siècle. Même si dans nombre de mes articles, et bien que parlant de l'ancien, j'ai essayé de montrer que l'esprit compte plus que la forme, en particulier dans la mode où le renouvellement, le mouvement, l'invention, le style, et la modernité font office de  préceptes, il reste intéressant de constater comment des modes d'autrefois ont continué d'inspirer des créateurs et continuent de le faire. Et puis pourquoi ne pas puiser son inspiration dans ce qui a été fait quand c'est dans notre goût ?
Cette exposition, qui se déroulera du 8 juillet au 9 octobre 2011 dans les appartements du Grand Trianon du château de Versailles (www.chateauversailles.fr), présentera en miroir des costumes et accessoires du siècle des Lumières et une cinquantaine de modèles de grands créateurs des XXe et XXIe : des pièces provenant d'archives de maisons de couture et des collections du musée Galliera.
Photographie de gauche : Vivienne Westwood, collection prêt-à-porter, printemps-été 1990/1991. Vivienne Westwood est aux fondements de la mode vestimentaire punk, mouvement (florissant dans les années 1976-1979) qu'elle contribue avec Malcom McLaren son mari à créer et répandre. Tous les deux sont aussi à l'origine du mouvement post-punk appelé « New Romantic » et de la 'mode pirate' (1979-1983) lui étant associée : celle-ci utilisant des codes vestimentaires anciens en particulier venant du temps des incroyables et merveilleuses. Ce couple anglais est précurseur dans de nombreux domaines : la new-wave (si certains considèrent les New York Dolls comme annonciateurs du punk ils le sont aussi de la new-wave par certaines mises en scène), le punk, la mode pirate, le hip-hop ...  © EPV / J-M Manaï, C. Milet.
Photographie de droite :  Maison Christian Dior, collection haute couture printemps-été 2011. © Détail d'un montage photographique provenant du dossier de presse. versailleshautecouture

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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 09:17

1802costumesdebalblancLM300 Photographie : Couple dansant en 1802 avec un mirliflor et une inconcevable.
Il y a un phénomène sur lequel je crois tout le monde est d'accord : c'est que nous bougeons. Le mouvement est à la base de la vie. Les premières théories écrites sur le théâtre et la poésie en général partent de cette constatation. La question est de savoir comment rendre ces rythmes harmonieux ? Comment bouger de manière intelligente : avec cette inspiration, ce 'je ne sais quoi' qui transmet ce plus d'âme … qui donne une âme aux choses … qui transcende … offre cette joie profonde si importante dans l'esprit français … que certains appellent le plaisir ?
Apprécier un rythme cela dépend de beaucoup d'éléments : de la condition dans laquelle on se trouve, de la culture et de l'éducation (expérience de vie) que l'on a, des mouvements vers lesquels tend notre âme etc. Il n'y a donc pas de bons et mauvais rythmes mais des adéquats. Tous ne se mélangent pas. C'est une question de multiplicité des rythmes, ce qui en fait leur richesse. Pour vivre en communauté nous avons besoin qu'un mouvement d'ensemble soit donné. Durant l'Antiquité c'est à travers la fête que cela s'exprime de la façon peut-être la plus exemplaire. Le meilleur des poètes de la cité est choisi pour la guider en composant les danses, les chants et la représentation dans son ensemble, en harmonisant, en chef d'orchestre, toutes les qualités mises en oeuvre. Et puis il y a tous les autres mouvements : individuels, familiaux, amicaux, de travail, religieux, intellectuels etc.
Finissons par la vison poétique d'une promenade dans un jardin grec durant l'Antiquité avec deux philosophes conversant en marchant sous des essences odorantes filtrant doucement un soleil distribuant à tous sa lumière.

Photographie 2 : « Le Temps de l'Après dîner. Délicieux jardins, agréable verdure, / Beaux parterres que Flore enrichit de ses dons, / D'un livre ingénieux souvent sur vos gazons / On se plaît à goûter l'amusante lecture. / Plus vif dans mes plaisirs, pour moi j'aime bien mieux / Accompagner Philis, et lire dans ses yeux / Qu'au fond de vos bosquets un solitaire asile, A nos tendres ardeurs deviendrait fort utile. » Gravure de F. Aveline le fils (François- Antoine Aveline : 1718-1780) d'après Mondon. Cette estampe fait partie d'une série d'Aveline et Mondon qui sont à l'origine de très belles gravures baroques ayant une fantaisie charmante, où les perspectives sont tronquées et le merveilleux subtilement amené dans un style rocaille parfaitement plaisant. Dimensions : 33,5 x 41,2 cm.

© Article LM letempsdelapresmidirecadrelll

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Jeudi 16 juin 2011 4 16 /06 /Juin /2011 21:57

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Photographies : Estampe de 16,2 x 25,5 cm (feuille entière) intitulée : 'Les Champs Élysées.' avec pour signatures : d'après « Eugene Lami », gravée par « Chas. [pour Charles] Rolls. » Au dessous est indiqué « Aubert & Comnie. Place de la Bourse, Paris, Octobre 1, 1842. »
Eugene Lami (1800-1890) a produit notamment des dessins et peintures représentant la vie mondaine parisienne en particulier durant le règne de Louis-Philippe d'Orléans (roi des Français de 1830 à 1848) puis sous la présidence (1848) et le règne (1852-1870) de Napoléon III. Voici quelques liens vers certains de ses tableaux :
La Sortie de l'Opéra de la rue Le Peletier, 1835 (tableau inachevé) ;
Entrée de la duchesse d'Orléans dans le jardin des Tuileries à Paris, le 4 juin 1837 ;
Concert donné dans la galerie des Guise au château d'Eu, le 4 septembre 1843 ;
Réception en l'honneur de la reine Victoria et du Prince Albert au château d'Eu le 3 septembre 1843 ;
Visite de la reine Victoria à Paris en 1855.

© Article LM

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Jeudi 9 juin 2011 4 09 /06 /Juin /2011 09:56

 

18172 En 1817 règne Louis XVIII. Le dandysme est à l'état de prémisse en France. C'est l'époque des beaux, fashionables, gandins et des tenues à l'élégance militaire des mirlflors, calicots ... La photographie représente deux fashionables de 1817 provenant de deux planches du Journal des Dames et des Modes.

© Article LM

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Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 10:27

lions2ll lionsdetail300lll Photographies 1, 2 et 3 : Deux estampes de Gustave Doré intitulées « Panthères » et « Lions » de 26,5 x 34 cm. La première a aussi pour légende : « Animaux féroces qui dévorent les châteaux, les fermes, les terres et les rentes ». © LM
Photographie 4 : Estampe de G. Fontaffard intitulée « Le Lion et la Panthère » : « Mme de St... ne met pas de Corset, mais Mr en porte …. » provenant lelionetlapanthère300ll d'Aujourd'hui Journal des Modes Ridicules, planche 68, 4ème année, Juillet 1841. Elle fait 27,8 x 22,1 cm. Au XIXe siècle, les hommes portent fréquemment un corset. © LM
Photographie 5 : Estampe présentant quatre lions, dont un enfant, en 1855. « LE LION – Juin 1855 - Journal de Nouveautés et Modes d'Hommes. – Spécialités pour Tailleurs. - Draperies et hautes Nouveautés de la Maison Dubois Jeune – publié par la Société des Journaux de Modes réunis. - On s'abonne au Bureau : rue Ste Anne. 64 à Paris. - Ne peut être reproduit. -Impr. Mariton - Für ganz Deutschland ber C. H. Müller in Aachen. » Cette estampe de la seconde moitié du XIXe siècle semble être éditée spécifiquement par l'imprimerie Mariton pour l'ensemble de la France. Je n'ai retrouvé aucune référence concernant une publication intitulée : Journal de Nouveautés et Modes d'Hommes. Par contre la Maison Dubois Jeune existe bien à cette époque de même que l'imprimerie Mariton et la Société des Journaux de Modes réunis installée au 64 rue Ste Anne à Paris. Dimensions du cadre : 28 x 19,5 cm. © LM
lelionjournaldesnouveautes300lll Cet article fait suite au troisième article sur l'Anglomanie (voir ici) où j'ai commencé à définir les lions, lionnes et autres lionceaux (voir aussi cet article et cet autre). Je vais ajouter ici les panthères. Ces personnages sont très présents au XIXe siècle d'autant plus qu'ils représentent un aspect de la vie sociale parisienne qui 'rugit', avec ses : bourgeois 'high-life', dandys, romantiques, gants jaunes, aristocrates du renouveau de la royauté et de l'Empire, libertaires, politiques, artistes, bas bleus, demi-mondaines etc. (voir les précédents articles à leur sujet).
unelionne Le lion apparaît sous le règne de Louis Philippe (1830 à 1848), le dernier roi à avoir régné en France ; durant la période romantique : celle des jeune-France ou nouvelle-France, dont les cheveux longs et les manières passionnées font penser à de jeunes félins. Les lions sont ceux de ces rugissants qui occupent le haut de l'affiche, ou souhaitent en être. Leur pendant féminin est la lionne ou parfois la panthère. Leur notoriété peut être intellectuelle, pécuniaire, politique, mondaine … mais est toujours voyante et du moment : ce vers où l'attention se braque dans les sphères de ce que l'on appelle alors 'la haute vie' ou le 'high life'. Ce type de personnage est très fréquent dans la littérature d'alors. On le retrouve dans de très nombreux ouvrages comme dans celui intitulé : Les lions du jour : physionomies parisiennes où Alfred Delvau (1825-1867) en décrit une centaine. Il est bien sûr caricaturé. Gustave Doré (1832-1883) a croqué certains de ces 'animaux' dans 'La Ménagerie parisienne' publiée en 1854 à Paris, au bureau du Journal pour rire. 24 planches présentent vautours, paons, rats (d'opéra), loups, lions (photographie1), panthères (photographie 2) etc.
Photographie 6 : Illustration pleine page du chapitre consacré à 'La lionne' par Eugène Guinot (1812-1861) du tome deuxième de Les Français peints par eux-mêmes  : encyclopédie morale du XIXe siècle, publié par L. Curmer  de 1840 à 1842. © LM

© Article LM

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