La Toilette

Jeudi 11 septembre 2008 4 11 /09 /Sep /2008 20:04

Les iconographies et les textes anciens nous présentent l’homme de qualité français accordant une certaine importance à son paraître et à la mode. Se raser est un acte de propreté spécifiquement masculin. C’est un art qui a un nom : la pogonotomie, comme nous l’apprend Jean-Jacques Perret dans son ouvrage : La Pogonotomie, ou l’art d’apprendre à se raser soi-même, avec la manière de connaître toutes sortes de Pierres propres à affiler tous les outils ou instruments ; & les moyens de préparer les cuirs pour repasser les rasoirs, la manière d’en faire de très-bons … (1769). Ce livre est consultable sur http://books.google.fr et disponible sur le site de L'Intersigne.

Dans un passage du Discours nouveau sur la mode, poème datant de 1613, Vigier fait dire à la personnification de la Mode :
(l’orthographe a été remaniée)
« Mille fois j’ai changé le blondissant coton
Que l’Avril de leurs ans leur fait croître au menton,
Fait leur barbe tantôt longue, tantôt fourchue,
Tantôt large ; à présent on prise la pointue,
C’est celle maintenant dont plus de cas on fait,
Qui ne la porte ainsi n’est pas homme bien fait ;
Non plus que l’on ne peut être de bonne grâce
Si l’on n’a pas aux sourcils relevé la moustache [écrit ‘moustasse’],
Moustache qu’on avait jadis accoutumé
Porter rase, qui lors voulait être estimé. »

Le plat à barbe est un des objets de toilette de la pogonotomie avec le rasoir, son étui et l’éponge pour la barbe (bien que l’éponge soit un accessoire mixte de toilette). C’est un bassin rond ou ovale, avec un large rebord et une échancrure pour pouvoir emboîter le récipient sous le menton afin de faciliter le savonnage et le rinçage. Certains modèles ont sur l’aile un creux pour loger une boule, en buis ou d’une autre matière, qui une fois placée dans la bouche, aide à un rasage parfait. Nous avons un exemple dans cette photographie de plat à barbe en faïence (objet L M) à décor polychrome d'un semi de barbeaux. Production du milieu du 19ème siècle de Lunéville (marque utilisée de 1836 à 1850).

Tout un nécessaire de toilette est donc indispensable car se raser est une opération délicate. L’antiquaire Le Curieux (http://www.lecurieux.com/) propose sur son site un ensemble de rasage du Premier Empire (France, vers 1815) en argent, métal doublé, ivoire, acier et maroquin à long grain doré aux petits fers. Il est composé d'un bassin, d'une boîte à éponge, d'une boîte à savon, d'un rasoir, d'un blaireau et d'un cuir.

Le nécessaire se pose près d’un miroir, par exemple sur une table de toilette pour homme, ressemblant à celle pour femme, mais d’aspect plus simple avec un plateau d’un seul tenant. La barbière est un autre meuble propre à l’homme et au rasage. Elle est verticale, avec des tiroirs les uns sur les autres. Les premières apparaissent à la fin du dix-huitième siècle et sont des commodes hautes et étroites dont les tiroirs forment le socle. Parfois, le plateau pivotant est un miroir qui dégage les accessoires nécessaires pour se faire la barbe.

L’élégant se rase lui-même ou le fait faire par un autre (barbier, valet de chambre). Au XVIIIe siècle, le métier de barbier est assimilé à ceux de perruquier, baigneur et étuviste. Dans cette gravure originale (de LM), on rentre dans l’intérieur d’un perruquier/barbier avec des exemples des ustensiles qui sont utilisés. Planche du XVIIIe siècle de la partie consacrée aux 'Arts de l’habillement’ de l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences,des arts et des métiers de Diderot et D'Alembert. Voici la description que l’on trouve dans cette encyclopédie : « Le haut de cette Planche représente un atelier ou boutique de perruquier où plusieurs garçons sont occupés à divers ouvrages de cet art ; un en a, à faire la barbe ;  un en b, à accommoder une perruque ; une femme en c, à tresser ; deux ouvriers en d, à monter des perruques ; un autre en e, à faire chauffer les fers à friser, tandis qu'un particulier en f ôte la poudre de dessus son visage. Bas de la Planche . Fig. 1. Bassin à barbe d'étain ou de faïence. A, l'échancrure qui reçoit le menton lorsque l'on rase. 2. Bassin à barbe d'argent ou argenté. A, l'échancrure. 3. Coquemar à faire chauffer l'eau. A, le manche. B, l'anse. C, le couvercle. 4. Bouilloire. A, l'anse. B, le bouchon ou couvercle. 5. Bouteille de fer blanc à porter de l'eau en ville, lorsque l'on y va raser. A, la bouteille. B, le goulot. C, le bouchon. 6. Autre bouteille de fer-blanc destinée au même usage. A, la bouteille. B, le bouchon. 7. Cuir à deux faces à repasser les rasoirs. A, le cuir. B, le manche. 8. Cuir à quatre faces à repasser les rasoirs. Ces faces sont préparées de manière à affiler les rasoirs de plus en plus fin. A, le cuir. B, le manche. 9. Pierre à repasser les rasoirs. 10. Pierre enchâssée à repasser les rasoirs. A, la pierre. B, le châssis. C, le manche. »

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Vendredi 4 juillet 2008 5 04 /07 /Juil /2008 18:41

Photographie : Image provenant de Bertall, La Comédie de notre temps, vol. 1, Plon, Paris, 1874.

Le terme de coiffeuse apparaît, semble-t-il au tout début du XXe siècle (je n'ai pas trouvé le mot employé avant), pour désigner un meuble spécifiquement féminin constitué d’une tablette, d'un ou plusieurs miroirs et généralement de tiroirs ou petits étagères permettant à la femme de ranger tout les objets dont elle a besoin pour s'apprêter : se parer, se maquiller, se parfumer et évidemment se coiffer. La coiffeuse évolue avec les styles. On en a de très beaux exemples datant de la période Art déco travaillés avec goût en bois précieux (bois de rose, acajou).

L’ancêtre de la coiffeuse est la table de toilette, devant laquelle l’élégance s’assied depuis qu’on se pomponne. Des exemples datent de l’Antiquité. La femme représentée assise dans la Villa des Mystères à Pompéi semble être devant une table de toilette. Comme son nom l’indique, elle se compose d’une table sur laquelle on dispose une très fine toile (la toilette) qui au Moyen-âge sert à envelopper certains vêtements et objets précieux afin de les protéger. On la dispose le soir dans une cassette de nuit pour la redéployer le matin. Subséquemment, au XVIIe siècle, le sens du mot ‘toilette’ s’élargit pour désigner aussi l’ensemble des objets de la garniture pouvant comprendre un miroir chevalet, une aiguière avec son bassin, des flambeaux, des coffrets, des boîtes à poudre, à éponge, à savon, des flacons, des pots à fard, à onguent, des tablettes à gants, une brosse, une houppette, une baignoire d’yeux, un mortier à fard, un plat à barbe pour les hommes etc. Certaines de ces garnitures sont en matières précieuses : en argent, vermeil ou même en or. De nombreuses gravures de cette époque nous présentent des femmes ou des hommes devant une table juponnée sur laquelle sont disposées la toilette et sa garniture. Ce simple meuble est généralement dans la chambre, près de la ruelle, l’endroit où les précieuses invitent et font salons, allongées sur leur lit.

C’est au siècle des Lumières que le terme de toilette désigne en plus le meuble. Il s’agit le plus souvent d’une table rectangulaire, à quatre pieds, avec en façade une tablette escamotable, des faux et des vrais tiroirs, parfois même certains simulés. Le dessus est plat afin d’accueillir les toiles mais peut se relever pour découvrir chez les hommes un long miroir s’ouvrant sur un plan en marbre ... Chez la femme il est en trois parties, avec un miroir rabattable au centre, et deux vantaux latéraux dissimulant des caves dans lesquelles sont disposés les objets de toilette (boîtes, pots, flacons etc.). Le XVIIIe nous a légué de ces objets fabriqués en porcelaine particulièrement fins et délicatement ouvragés. Certaines de ces tables de toilette sont en bois précieux comme en acajou (voir article : Une table de toilette du XVIIIe siècle) et délicatement marquetées.

La table de toilette est le meuble en particulier de la seconde toilette qui fait suite à celle de propreté qui consiste à prendre un bain ou se laver avec des vinaigres parfumés ou autres lotions. Et si contrairement au Moyen-âge, au XVIIe siècle on se lave un peu moins à l’eau (il existe cependant toujours de nombreuses maisons de bains) on le fait avec des vinaigres parfumés et autres lotions qui garantissent une propreté impeccable. Au XVIIIe, l’usage des bains est fréquent, et les dames et les hommes de qualité passent plusieurs demi-heures voir heures à la première et seconde toilette. La table de toilette qu’on appelle aujourd’hui coiffeuse est le meuble emblématique de la seconde toilette. De nombreuses peintures et gravures du XVIIIe siècle nous présentent la femme ou l’homme de qualité assis face à elle, en train de se parer, se farder, poser des mouches, se coiffer. La deuxième toilette est plus mondaine. On y accueille des visiteurs, des marchands, des courtisans. On y reçoit des billets doux. Le Dictionnaire de L'Académie française de 1762 nous explique qu’on appelle familièrement Pilier de toilette, Un homme qui assiste assidument à la toilette d'une ou de plusieurs femmes.
Après la Révolution, la toilette d’apparat disparaît ; avec elle la fine toile se fait plus rare, bien que souvent présente. De plus en plus, le meuble cesse d’être polyvalent. Le miroir est apparent et prend la place principale. La coiffeuse peut être placée dans le cabinet de toilette, c'est-à-dire dans un lieu d’intimité. Barbières et autres athéniennes (l’ancêtre du lavabo) se généralisent. Si chez les plus riches, la table de toilette peut être d’un grand raffinement, elle peut chez les autres être très simple : une table avec un tiroir et un miroir, sur laquelle on place le bassin et pot à eau. C’est peut-être pour la différencier de ce meuble rustique que le terme de coiffeuse apparaît.
Si la coiffeuse du XXe siècle n’est plus le meuble emblématique autour duquel se joue le spectacle du raffinement des XVIIe et XVIIIe siècles, elle reste celui où on peint sur un miroir, l’éphémère de la journée qui va se dérouler. Elle fait de chacun un artiste total … seul devant sa glace …


DEFINITION DU MOT 'TOILETTE' DU DICTIONNAIRE DE L'ACADEMIE FRANCAISE, QUATRIEME EDITION (1762) :

TOILETTE. subst. f. Toile qu'on étend sur une table, pour y mettre ce qui sert à l'ornement & à l'ajustement des hommes & des femmes. Toilette unie. Toilette à dentelle.

On appelle Toilette de point, Le point préparé pour garnir une toilette. Elle a acheté une belle toilette de point, de point d'Angleterre.

On appelle plus particulièrement Toilette, Les flambeaux, les boîtes, les flacons, les carrés, &c. de la toilette d'une femme. Toilette d'argent. Toilette de bois de sainte Lucie.

On appelle Dessus de Toilette, Une pièce de velours, de damas, bordée de dentelle ou de frange, avec laquelle on couvre tout ce qui est sur la toilette. Dessus de toilette de velours. Dessus de toilette de damas.

On appelle aussi Toilette, Le tout ensemble. Belle toilette. Riche toilette. Sa toilette étoit magnifique. La toilette de ses noces. Mettre la toilette.

On appelle aussi & le plus souvent Toilette, La table même chargée de ce qui sert à la parure d'une femme. La toilette n'est pas bien là. Approchez la toilette de la cheminée.

On dit, Voir une Dame à sa toilette, l'entretenir à sa toilette, pour dire, La voir, l'entretenir pendant qu'elle s'habille.

On appelle familièrement Pilier de toilette, Un homme qui assiste assidument à la toilette d'une ou de plusieurs femmes.

En parlant De certaines femmes accoutumées à porter à la toilette des Dames, des nipes & des étoffes à vendre, on dit, que Ce sont des revendeuses à la toilette: & c'est dans cette acception qu'on dit, Vendre à la toilette. Revendre à la toilette.

On dit proverbialement, Plier la toilette, pour dire, Enlever, emporter les meubles d'un homme, d'une femme. Il plia un beau matin la toilette, & s'en alla. Il se dit aussi d'Un valet qui vole les hardes de son maître. Ce valet plia la toilette de son maître, & prit la fuite.

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Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /Juin /2008 22:06

Photographie : Sur de l'Eau de Fleur d'Orange, titre d’un des chapitres du livre d'Antoine Torche (1631-1675) : Cassette des bijoux (1668).

Dans l'article du 16 mai 2007 Les Objets de parfums que l'on porte sur soi au XVIIIe siècle, j’ai donné quelques noms de préparations de parfums. Pour en savoir un peu plus, il existe quelques ouvrages d’époque sur ce sujet. Simon Barbe écrit à la fin du XVIIe siècle : le Parfumeur Royal, ou l’art de parfumer avec les fleurs & composer toutes sortes de parfums, tant pour l’Odeur que pour le Goût. L’ouvrage est divisé en neuf traités avec 1. Les gants parfumés, 2. Les poudres de violettes, 3. Les eaux de senteurs, 4. Le tabac, 5. Les essences, 6. Les pommades, 7. Les poudres pour les cheveux, 8. Les savonnettes, 9. Les liqueurs & parfums bons à la bouche. Si ce livre ouvre le XVIIIe siècle sur ce sujet, celui de Jean-Louis Fargeon le referme, puisqu’il date de 1801 : L’Art du parfumeur, ou traité complet de la préparation des parfums, cosmétiques, pommades, pastilles, odeurs, huiles antiques, essences, bains aromatiques, et des gants de senteur, etc. L’ouvrage en deux parties de Joseph-Pierre Buc’hoz (1731-1807) est quant à lui dans le siècle (première publication en 1771) : Toilette et laboratoire de Flore, Réunis en faveur du beau Sexe, ou Essai sur les Plantes qui peuvent servir d’ornement aux Dames, & qui sont utiles dans la distillation, contenant les différentes manières de préparer les Essences, Pommades, Rouges, poudres, Fards, Eaux de senteur, Liqueurs, Ratafias, Huiles, Eaux Cosmétiques & Officinales, & c. On y remarque que, malgré la mauvaise réputation de certains procédés cosmétiques de cette époque, ceux proposés ici, et dans tous les livres de cette période que j'ai lus sur ce sujet, usent d’ingrédients naturels, de formules souvent très simples et bonnes pour le corps et la santé en général. On y rencontre des plantes anodines de nos campagnes et des essences rares venant de loin. Si les recettes concernent avant tout les soins du physique, elles regardent aussi tout le métabolisme. C’est ainsi qu’on trouve de très nombreuses recettes de parfums dans des livres de pharmacie (terme qui comprend aussi l'art du confiseur et celui de la préparation des eaux de senteur & liqueurs de table). C’est le cas dans l’ouvrage d’Antoine Baumé datant de 1762 et intitulé : Eléments de pharmacie théorique et pratique contenant les principes fondamentaux de plusieurs arts tels que ceux du confiseur, distillateur et parfumeur. Il contient de très nombreuses formules : de baumes (du commandeur, tranquille, de la Mecque, hypnotique ... ), du cachou à la violette, des eaux (de chaux d'écailles d'huître, de saturne, de jasmin ...), d’élixirs (antiathmatique, aurisique, de vitriol …), de pommades (en crème, en fleurs de lavande, pour le teint, ....), de poudres (dentifrices, d'or des chartreux ... ), de sirops (de berberis, d'absinthe, de cannelle, de choux rouges ...) … avec quelques principes de distillation. L’art de la distillation est du reste particulièrement développé au XVIIIe siècle. Antoine Dejean (pseudonyme de Hornot) écrit en 1753 un Traité de la distillation avec un traité des odeurs, suivi en 1764 du Traité des odeurs. Suite du Traité de la distillation et Jacques-François Demachy en 1773 L’Art du distillateur liquoriste.  Enfin citons l’ouvrage de Polycarpe Poncelet : Chimie du goût et de l'odorat, ou Principes pour composer facilement, et à peu de frais, les liqueurs à boire et les eaux de senteurs..., datant de 1755.

On le voit, les parfums au XVIIIe siècle ont de très nombreuses formes. Différentes essences, eaux de senteurs, huiles, vinaigres, font office de fragrances. Au sujet des eaux spiritueuses, voir l’article du 16 mai 2007 précité. Mais les senteurs liquides ne sont pas les seules. Certaines pâtes odorantes sont encore utilisées, mais surtout avant le XVIIe siècle quand « l’esprit-de-vin » (l’alcool) ne sert pas encore de véhicule aux odeurs agréables. Ajoutons à cela les poudres parfumées et de nombreuses autres formules. Et puis il y a ce qu’on brûle et qui fleure dans les pièces des demeures (voir article : Les vases à parfums du XVIII ème siècle).

Photographie : Ouvrage d’Antoine Baumé (1728-1804), Eléments de pharmacie théorique et pratique… dans l’édition de 1769 largement augmentée par rapport à la première version de 1766. 

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Mardi 29 avril 2008 2 29 /04 /Avr /2008 10:29

Si nous avons vu qu'au 18e siècle on se parfume le corps, on le fait aussi de l’habitation et cela de maintes façons.

Sans doute garde-t-on dans certaines campagnes la pratique médiévale de l'épandage qui consiste à parsemer le parterre des demeures de fleurs et d'herbes fraîches coupées connues pour leur fragrance, leur beauté ou leurs propriétés médicinales. On emploie pour cela des fleurs d'iris, de roses, de pâquerettes, les sommités fleuries de lavande, tanaisie, sarriette, sauge officinale…, ou juste des herbes fraîches. Dans des vases, des bouquets de fleurs ou des plantes en pots agrémentent le regard autant que l’odorat. Il semblerait qu’au 18e on parfume même les murs des pièces. On distille aussi d’agréables odeurs grâce à des vases à parfums comme les brûle-parfums, cassolettes, pots-pourris … aux multiples formes.

Photographie : Paire de brûle-parfums, d’époque Louis XVI, en bronze doré et patiné, présentée sur le site de la Galerie Wanecq. Ils ont un couvercle orné d’une graine, et reposent sur un piètement tripode avec palmettes terminé par des sabots de caprin et ornés dans leur partie haute, de têtes de faunes dont les longues cornes torsadées courent sur le pourtour du réceptacle. La base en marbre blanc est posée sur trois petits pieds toupie, et le tout fait 33 cm de haut et 12 cm de diamètre.

Le brûle-parfum ou cassolette comporte un bassinet dans lequel sont disposées des braises ardentes, parfois de résine et de bois odorants, sur lesquelles sont jetées des pastilles de Chypre, à la mode d’Angleterre, du Portugal, d’Espagne ou de roses … Ces parfums de fumigations peuvent être composés de bien des plantes. Les odeurs s’échappent par une galerie ajourée dans le col ou par des yeux ménagés dans le couvercle. Brûle-parfums et cassolettes sont munis d’un pied ou posés sur un socle en forme de trépied. Leur partie inférieure (bassinet) reçoit les matières odorantes et les vapeurs s’exhalent par la partie supérieure. Aux 17e et 18e siècles, des brûle-parfums sont surélevés sur de hauts trépieds. Avec le style Louis XVI quelques-uns évoquent des vases antiques munis d’anses à volutes. Certaines cassolettes reposent sur trois ou quatre pieds en griffes de lion (ou autres) ou sur piédouche, eux-mêmes parfois fixés sur un socle quadrangulaire.

D’autres cassolettes sont destinées à être suspendues au bout d’une longue chaîne. On invente à la fin du 17e siècle des brûle-parfums à liquide. Les eaux parfumées contenues dans le bassinet sont chauffées à l’aide de petits réchauds ou brûleurs à braises souvent en argent à manche d’ébène ou de bois noir, ou à l’aide d’une lampe à esprit de vin. Ces parfums d’évaporation sont donc en particulier des eaux simples versées dans des cassolettes en cuivre, vermeil, argent…, placées sur un réchaud à feu doux.

Photographies de gravures provenant de livres du XVIIIe siècle ou du tout début XIXe avec des brûle-parfums représentés dans un environnement associé à Aphrodite et son fils Eros.

Au 18e siècle, on crée la fleur à parfum en porcelaine, dont le bulbe, contenant de l’eau parfumée est placé sur un réchaud. Les vapeurs suivent le conduit des tiges et se répandent à l’extérieur au milieu des pétales. Dans la lampe à parfum, une mèche trempe dans de l’huile aromatisée qui en se consumant dispense de douces odeurs.

Il semblerait que le vase pot-pourri apparaisse en France vers le milieu du 18e siècle. A l’époque rococo les formes sont nombreuses : la soupière, le vase-balustre, la girandole, les rochers, les animaux… A Meissen, Kandler crée un type de pot-pourri particulier constitué d’une urne placée sur un rocher où une scène est représentée. Les trous ronds, ou yeux, par lesquels s’exhalent les vapeurs parfumées sont habituellement pratiqués dans le couvercle ou, plus rarement, dans le col ou l’épaule du vase.

Photographie : Paire de pots-pourris en faïence de Turin (fabrique Giovanni Antonio Ardizzone), à décor polychrome d'angelots parmi des ornements rocailles et prises en forme de tête de chien, de 13,8 cm de haut, datant de vers 1765, présentée sur le site de l’antiquaire Christian Béalu.

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Lundi 8 octobre 2007 1 08 /10 /Oct /2007 08:28

Table-de-toilette-Louis-XV.jpg

 

Dans l'article : La Toilette d'apparat des XVIIe et XVIIIe siècles, du mercredi 23 mai 2007, nous expliquons l'origine du mot « toilette » et son utilisation. Nous exposons ici une table de toilette d’époque Louis XV en acajou et placage d’acajou de Cuba de forme mouvementée proposée à la vente sur le site de la Galerie Delvaille (15, rue de Beaune à Paris).

Cette table de toilette s’ouvre en façade par quatre tiroirs dont trois simulés et une tablette centrale. La partie supérieure présente un miroir rabattable et deux vantaux latéraux dissimulant des rangements dans lesquels on disposait les objets de toilette (boîtes, pots, flacons …). L’ensemble repose sur quatre pieds galbés à cinq pans coupés. L’Ornementation de bronzes ciselés et dorés est discrète tel que sur les entrées de serrure et les sabots. L’acajou a été importé en France dès le milieu du XVIIIème siècle par les ports d’importation de Nantes, la Rochelle et Bordeaux. Les plus beaux acajous venaient de l’île de Cuba, et avaient dès cette époque une valeur marchande considérable. Depuis plus d’un siècle, l’exportation d’acajou de cuba est interdite. Dimensions : 75cm x 90cm x 50cm.

 

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Mardi 4 septembre 2007 2 04 /09 /Sep /2007 11:59

BosseDame300.jpg   BosseCourtisan300.jpg

Dans le livre Modèles de conversations pour les personnes polies de l'Abbé de Bellegarde (1648-1734), un des protagonistes du dialogue fait remarquer que : « Quoique les Français aiment je ne sais quoi d'aisé & de galant dans leurs habits, ils aiment encore mieux ce qui est commode. Ils se sont défaits de tout cet embarras de rubans, dont leurs habits étaient couverts depuis le haut jusqu’en bas, & qui étaient d’un grand ornement pour la jeunesse : ils se sont si bien trouvés des chausses étroites & serrées, qu’ils ont renoncé pour jamais à ces grands Canons, où leurs jambes étaient comme des entraves, & à ces hauts de chausses plus larges que des cotillons. Nous voulons que nos habits se ressentent de l’air aisé, que nous avons dans nos manières. » (ce livre est disponible à la vente sur : http://richard.lemenn.free.fr/rubriques/modes.html). Cependant les Français n’abandonnèrent pas ces fioritures vestimentaires par simple souci de confort mais par véritable obligation. Louis XIII publia plusieurs édits tentant d’imposer plus de sobriété dans les vêtements ; comme celui de 1633 qui défendait aux sujets "de porter sur leur chemise, coulets, manchettes, coiffe et sur autre linge aucune découpure et broderie de fil d'or et d'argent, passements, dentelles, points coupés, manufacturés, tant de dedans que dehors le royaume". Sans doute ces prescriptions n'étaient-elles guère respectées puisqu'il fallait les répéter régulièrement. Abraham Bosse (Tours 1604 – Paris 1676) a illustré ce thème par une suite de trois estampes, dont deux d’entre elles (celles exposées ici) présentent une femme et un homme à leur toilette. On peut voir la troisième sur http://expositions.bnf.fr/bosse/grand/087.htm.
Dans la première la Dame dit : « Quoique j’ai assez de beauté pour assurer sans vanité qu’il n’est point de femme plus belle ; il semble pourtant à mes yeux qu’avec l’or et la dentelle je m’ajuste encore bien mieux. J’aime à porter tous les jours, ou le satin, ou le velours ; et ne connais point l’estime ; car je sais véritablement que l’on a toujours meilleure mine, quand on s’habille richement. Il me faut tourner néanmoins mon esprit à de nouveaux soins, en quittant la galanterie ; et désormais ne porter ni ‘poinct’ coupé ni broderie, ni tels ouvrages superflus. » Il est intéressant de voir l’agencement de la table de toilette ; avec la toilette elle-même en dentelle sur laquelle sont posés un miroir et un sachet de senteur (voir article du 16 mai 2007 : Les Objets de parfums que l'on porte sur soi au XVIIIe siècle) sur lequel la Dame pose sa main gauche.
Quant au courtisan qui abandonne ses anciens vêtements, il constate en se regardant dans la glace : « Que ce m’est une chose étrange de remarquer combien me change cet habillement réformé ! Que j’ai de mal à m’en défendre, et qu’il me fâche de le prendre pour ne l’avoir accoutumé ! Je violente ma nature, me voyant en cette posture, et demeure tout interdit. Mais à quoi me sert cette plainte, si par raison ou par contrainte il faut obéir à l’édit ! Il est juste qu’on s’accommode au temps, au pays, à la mode, suivant le saint décret des lois, sans chercher de preuve plus ample que celle qui luit dans l’exemple de Louis le plus grand des Rois. »
En résumé, disons que le ‘Français’ des XVII-XVIIIe siècles aime ce qui lui procure de l’agrément, que ce soit dans la simplicité, ou le raffinement qu’il apprécie tout particulièrement. Toutes les fioritures de ses costumes recouvrent toujours un linge propre et blanc, très confortable, changé parfois plusieurs fois par jour, au-dessus duquel il exerce son goût en s’ajustant selon la félicité du moment. Il faut que dans toutes choses il y trouve sa joie. Il exècre la contrainte. Et la mode n’est pour lui qu’un moyen d’exercer son plaisir.
Nous vous rappelons que tous les objets photographiés présentés dans ce blog sont à vendre ; et qu’il suffit de cliquer sur la photographie pour accéder à une description détaillée comprenant le prix. N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations.

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Mardi 29 mai 2007 2 29 /05 /Mai /2007 18:38

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Eventail du XVIIIe siècle en ivoire et papier représentant une dame à côté de sa table de toilette.

L’éventail est un objet d’élégance et d’expression. Sa manipulation est un langage. La façon de le tenir suit un phrasé dont les codes ne sont pas figés mais s’adaptent aux situations. Ce vocabulaire est subtil et surtout plaisant. Il n’est pas le seul. Chaque parure, chaque mouvement, chaque trait de la parole, deviennent des messages : quelques regards équivoques, des gestes lascifs, un mouchoir qui tombe ... D’une manière générale le style est un verbe lié au plaisir, souvent une approche amoureuse, toujours une manifestation délicate. Amour en est régulièrement le maître d’œuvre.

favretable300.jpg Amour verse des flèches sur une table de toilette.
Gravure provenant de Les Quatre heures de la toilette des dames, Poëme érotique en quatre chants. Dédié à son altesse sérénissime Mme la Princesse de Lamballe, de M. de Favre, Paris-Genève, Jean-Emmanuel Didier, 1780.

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Mercredi 23 mai 2007 3 23 /05 /Mai /2007 16:56

C’est devant le miroir de la toilette qu’une grande partie du spectacle des mœurs des XVIIe et XVIIIe siècles se joue. Il est le plus souvent au pied du lit, dans l’endroit ‘magique’ de ce que l’on appelle « la ruelle », là où depuis longtemps déjà les dames de qualité invitent les gens d’esprit, où les salons se forment et l’art courtois s’exhale. C’est dans ce lieu de plaisir, de raffinement et de passage entre le monde du rêve et le mondain, dans cet état intermédiaire de tous les possibles, que la toilette se crée. On y découvre et invente les nouvelles modes, met en scène la journée, badine, se détend, s’accommode … Là les mystères se déploient sans pudeur mais avec tact.

quenditlabbe.jpg L'estampe ci-dessus présente les occupations d'une femme durant la toilette d'apparat. Cette estampe est du XVIIIe siècle gravée par Nicolas Delaunay (1739-1792) d’après Nicolas Lavreince (1737-1807). La dame demande à son abbé ce qu’il pense du tissu que lui présente une vendeuse de mode, tout en se faisant coiffer, accueillant des visiteurs (l’un attend avec une servante, et la maitresse tient dans sa main une lettre qui montre que c’est aussi un moment où l’on travaille) et partageant amours (l’homme qui la tient par le bras est sans doute son mari) et plaisirs (un musicien accorde sa guitare) … 

Le mot de « toilette » vient d’une petite toile, très fine, qui au Moyen-âge est employée pour envelopper les vêtements et les protéger des insectes et de la poussière. On y range aussi des objets divers, en particulier ceux dont la femme a besoin pour embellir son visage et ajuster sa coiffure. Les toilettes sont placées chaque soir dans des cassettes de nuit, puis déployées le matin. Cette étoffe luxueuse est déjà appelée ainsi au XVIe siècle. Au XVIIe, le sens du mot s’élargit pour définir l’ensemble des objets de la garniture. Cependant, on désigne toujours le même tissu par le nom de « toilette ». Ce serait au XVIIIe siècle que le terme désigne en plus le meuble sur lequel on place ce qui est nécessaire à se parer. On l’appelle aujourd’hui ‘table de toilette’ ou ‘coiffeuse’. Elle est généralement rectangulaire, sur quatre pieds, avec deux ou trois tiroirs de face et parfois une tirette formant écritoire. Le dessus s’ouvre en trois volets, celui du milieu portant un miroir et les deux autres découvrant deux caves latérales dans lesquelles on dépose des pots, flacons, boites…
Au XVIIIe siècle, les dames de qualité font deux toilettes : de propreté et d’apparat. L’une est intime. L’autre est mondaine car on y reçoit. La toilette d’apparat est un instant où on échange des billets doux, où on reçoit ses amants C’est aussi le moment de rendez-vous officiels. On y accueille des marchands de rubans ou autres fournisseurs... On se fait coiffer. De nombreux peintres ont immortalisé le moment de la toilette d’apparat dans des peintures, dessins ou gravures, repris dans de fragiles statuettes en porcelaines dont la manufacture de Sèvres nous donne plusieurs exemples d’une grande finesse.

Au XVIIe siècle, plusieurs séries de gravures mettent en scène les cinq sens ; et souvent celle qui symbolise ‘ La Vue’ montre une femme à sa toilette devant son miroir. C’est le cas sur cette estampe qui dépeint le moment de la toilette d’apparat.
IMGP1009.JPG
Les Modes en France du XVIIe au début du XIXe siècles.
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Modes.jpg

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Toilette
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Mercredi 16 mai 2007 3 16 /05 /Mai /2007 07:53

Au XVIIIe siècle, on se parfume de plusieurs façons : en se lavant avec des vinaigres odoriférants ou autres lotions, en parfumant les gants... L’une d’entre elles est de porter sur soi de petits objets spécifiques et raffinés contenant des substances odorantes : des boîtes, des étuis, des bijoux, des flacons, des sachets de senteurs ...

Necessaire-de-poche.jpg Cliquez sur la photographie pour plus de détails
Nécessaire de poche Rare étui gainé de maroquin vert longs grains. Il contient un nécessaire à parfum (2 flacons et un entonnoir en verre et argent) et un nécessaire à écrire composé d'une tablette d'ivoire à 4 feuillets et d'un petit porte-crayon et son étui en ivoire et ivoire teinté vert, finitions argent. France, Circa 1780.
Cet étui-nécessaire est vendu dans la boutique et sur le site de :
Le-Curieux.jpg

LES NECESSAIRES. Les nécessaires de poche (ou étuis-nécessaires) recèlent de petits articles : boîte à mouches, brosse à dent, couteau pliant, crayon, cuillère, cure-oreille, entonnoir (servant à mélanger les parfums se trouvant dans les flacons), flacons, gratte-langue, passe-lacet, peigne, pince à épiler, porte-crayon, racloir pour les dents, tablettes pour écrire des messages, inscrire son emploi-du-temps ou s’en servir comme carnet-de-bal. L’intérieur est doublé de velours ou de soie.
LES FLACONS.Au XVIIIème siècle on utilise des flacons à parfum qui gardent des essences et des eaux de senteurs, de même que des huiles et des vinaigres parfumés avec des fleurs ou autres. Les eaux spiritueuses sont de l’esprit-de-vin (de l’alcool, terme qui n’apparaît dans les manuels de parfumerie semble-t-il qu’au XIXème siècle) chargé par la distillation du principe de l’odeur des substances. Parmi les eaux spiritueuses il y en a de simples. On les qualifie d’« esprits ». D’autres sont composées, car plusieurs matières aromatiques entrent dans leur combinaison. On les nomme eaux spiritueuses ou cosmétiques. Certaines prennent le nom de « bouquets ». A cela s’ajoutent les extraits et les esprits « persants » particulièrement chers étant donné leur fabrication (les doses sont augmentées et les distillations nombreuses). Les flacons à parfum sont munis d’un bouchon et d’une chaînette. Certains sont des flacons-pendentifs dans lesquels on dépose des senteurs liquides, et qui, hermétiquement fermés, se suspendent autour du cou, attachés à un ruban de velours ou une chaîne, portés à la taille au dessus d’une jupe élargie par un vertugadin (sorte de cerceau faisant bouffer la jupe autour de la taille). Les parfums liquides sont conservés dans des flacons en cristal de roche, eux même mis dans des caves à parfum ou cabinets à parfum ou cassettes ou nécessaires à parfum qui sont des petits coffrets dans lesquels sont disposés des flacons, un entonnoir et un gobelet (une timbale) pour les mélanges, de même que parfois une coupelle et un rince-oeil. Les flaconniers comportent flacons et entonnoirs. Quant aux nécessaires de toilette, ce sont de petits coffres assez grands pour contenir divers objets de toilette.
LES CANNES DE BEAUTE. Les cannes, éléments de l’élégance féminine et masculine, peuvent receler des objets de toilette, souvent au niveau du pommeau : comme un tirebouchon de bottine caché, des flacons à parfum, des articles de manucure, une boîte à pilules ... On les appelle aujourd’hui des cannes de beauté.
Diverses boîtes à odeurs se portent sur soi. Les boîtes à pilules peuvent renfermer des pastilles de bouche comme le cachou. Les boîtes à mouches gardent les mouches et le pinceau pour les appliquer sur le visage. 
LES BOITES. Les boîtes à parfum contiennent un morceau de coton ou d’éponge imbibé de vinaigre aromatique ou d’eau parfumée et placé sous une petite grille métallique articulée. Elles ont pour autres noms : boîtes à senteur et vinaigrettes. Elles ont un grand succès aux XVIIème et XVIIIème siècles, et un peu moins au XIXème.
LES POMANDERS. Les pomanders sont les ancêtres des boîtes de senteur. On les appelle aussi pommes de senteur, pommanders, pomandres, pommes d'ambre, pommes à musc... On en utilise au Moyen-âge et encore au XIXème siècle. Le terme vient de « pomme d'ambre ». Ils peuvent avoir plusieurs formes, mais contiennent toujours des parfums secs ou des pâtes qui se composent de produits aromatiques mêlés. Les grands pomanders sont suspendus à la ceinture ou au cou. Les petits, de la taille d'un dé à coudre, se portent de différentes façons. Ceux reliés à une bague par une chaîne se nichent dans le creux de la main. Certains sont fixés en breloques à un bracelet, à un collier, sur un carcan, ou servent de boutons de cape.
LES CHATELAINES. La châtelaine est un bijou en forme de clip ou de crochet ouvragé se fixant généralement à la robe, au niveau de la taille, et qui est prolongé par de petites chaînes auxquelles on suspend toutes sortes d'objets (vinaigrettes, étuis, montres ...) comme des glands de différentes matières dans lesquels on dispose des préparations odoriférantes semble-t-il à l’aide de coton...
LES SACHETS DE SENTEURS. On fabrique aussi des coussinets odorants en soie que l’on porte sur soi. Ils sont généralement remplis de coton parfumé. Ils ont pour noms : sachets de senteurs, poches de senteur, des déshabillés de senteur, sachets d’Angleterre ... 

'Sur un Sachet de Senteur', chapitre d’un livre du XVIIe siècle de Torche, Antoine (1631-1675), Cassette des bijoux, Paris, Gabriel Quinet, 1668. 8 x 13 cm. Ce livre en édition originale (première édition), a été relié au XVIIIe siècle à un autre : Les Galanteries Angloises ... Deux chapitres sont intitulés 'Sur un Sachet de Senteur' et d'autres sont particulièrement intéressants comme : 'Sur de l’Eau de Fleur d’Orange' ; 'Les Coins, Ou la Défense des Cheveux Postiches, contre les entreprises de Lysandre' …

Sur-un-sachet-de-senteur.jpg
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