Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 19:09
Le porte-montre du XVIIIe siècle est souvent un objet plein de charme comme les montres de cette époque parfois d'une remarquable finesse.

Trois premières photographies : Porte-montre de forme rocaille supporté par deux lions bruns assis sur une base bleue. Décor polychrome de volutes, coquilles, paniers et cornes d'abondance, avec des motifs champêtres. Au centre sont représentées les quatre saisons avec trois femmes assises pour l'automne, l'été et le printemps, et un vieillard couché pour l'hiver. Hauteur : 34 cm. Vente à Drouot Richelieu le 30 novembre 2009 par SVV Rieunier & Associés. Retrouvez le catalogue de la vente ici.

Dernière photographie : Montre bassine pendentif de vers 1630, en or émaillé polychrome avec divers thèmes dont celui du « Repas de Damoclès ». Dans la bassine, en camaïeu sépia, sur fond bleu est représentée Aphrodite dans un jardin de style français. Elle fait 3,44 cm de diamètre et 1,9 cm d'épaisseur. Elle sera en vente à Drouot Richelieu le 19 novembre par Drouot Estimations.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : Les Céramiques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 06:28

Saladier en faïence ayant pour date 1799, de 31 cm de diamètre. Cette céramique a un décor polychrome intitulé : « L'Arbre d'Amour » (Vente à Drouot Richelieu le 4 décembre 2009 par SVV Piasa). Au XVIIIe siècle, ce thème est largement reproduit. Il représente des hommes réfugiés dans un arbre que des femmes coupent afin de les cueillir tout en leur proposant des cadeaux. Deux d'entre elles scient l'arbre avec comme texte (à peu près car tout n'est pas très lisible) : « Courage Margot, nous auront une pièce ou un morceau ». Une autre donne de grands coups de hache. « La charmante Isabeau lui présente un beau chapeau ». Celle en haut de l'échelle propose : « Monsieur d'agréables manières, recevez cette tabatière ». Et puis : « D'une main la belle Suzanne avec son cordeau fixe le gros badaud. Et de l'autre lui présente une canne ». Sur le pourtour de cette céramique on peut lire à peu-près ces mots : « Belles, quittez-moi ces amants qui ne sont pour vous que glacés. Dénichez-les de dessus cet arbre. Cessez de leur faire des présents. Coupez-moi l'arbre au tronc et moquez-vous de leur audace. Faites-les tomber sur la paillasse ces lâches et ces poltrons. - Mais dames nous allons descendre. Apaisez toute votre fureur. Nous vous allons donner nos coeurs. Que voulez-vous donc entreprendre ? - Alors descendez chers amants et ne soyez plus rebelles. Vous serez chéris de vos maîtresses. » Il est à noter une indication de nom : « Louise » ; et une date : « 1799 ».

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : Les Céramiques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /Nov /2009 22:12

Dernièrement j'ai eu la chance d'assister à la présentation des objets phares des prochaines ventes à Drouot des mois de novembre et décembre 2009 par Claude Aguttes. Je vais donc en présenter quelques-uns dans ce blog le long de quelques articles.

Photographie 1 : Pièce en or antique du peuple gaulois des parisii qui vivaient dans la région parisienne. Ils avaient pour capitale Lutetia (Paris). Ce motif est un de ceux que j'affectionne le plus. Je n'ai pas noté la date de la vente et la Maison qui s'en occupe.

Photographie 2 : Tapisserie de la manufacture des Gobelins, d'après Charles Le Brun, et représentant « La Terre ». Elle date du début du XVIIIe siècle et fait partie de la suite « Les Éléments ». Elle fait 282 x 322 cm et est mise en vente le 27 novembre par SVV Marc-Arthur Kohn.

Par La Mesure de l'Excellence
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /Nov /2009 07:37

Après le premier empire (1804-1814), il semble que la France n'ait plus produit de couvre-chefs aussi extravagants qu'auparavant. Au début du XIXe siècle, en particulier sous Napoléon 1er, certains bicornes des hommes sont particulièrement volumineux ; et les femmes peuvent porter des visières très longues. Ces deux genres de chapeaux proviennent du temps des muscadins, des inconcevables, des incroyables et des merveilleuses, à la fin du XVIIIe siècle. Les premières photographies présentent des exemples du temps de la carrière politique de Napoléon Bonaparte : la première datant de 1802 et la dernière de 1814. Après, le haut-de-forme devient de rigueur chez les hommes à la mode puis d'une certaine classe sociale ; alors que chez les femmes les fantaisies s'avèrent beaucoup plus 'sages' que précédemment avec cependant quelques coiffes  fantaisistes. Déjà au Moyen-âge, les élégantes rivalisent entre elles à qui aura la plus haute composition avec le hennin, la coiffe à cornes (voir dernière photographie) et bien d'autres modes ... Cette compétition des hauteurs continue jusqu'au XVIIIe siècle avec les fabuleuses créations des maîtres coiffeurs qui ajoutent postiches (les postiches sont fréquentes déjà au Moyen-âge et sans doute avant) et autres accessoires, en passant par les hautes tours (les fontanges) des dames de l'époque de Louis XIV. Les homme n'usent pas de coiffures aussi élaborées, car la mode commence généralement sa propagation chez les aristocrates qui sont des gens de guerre pour qui de telles compositions ne peuvent convenir à leurs exercices. Souvent les coiffures et les perruques même font office de protection, un peu comme des casques. C'est le cas des cadenettes dont j'ai déjà fait mention. Cependant une belle chevelure est un signe de beauté aussi chez les hommes ; et des perruques parfois volumineuses la remplacent. Leurs chapeaux peuvent aussi être très impressionnants suivant les modes et pleins de fantaisies : très larges, hauts, à panache …

Pour finir, voici un chapitre de Tableau de Paris (XVIIIe siècle) de Louis-Sébastien Mercier (1740-1814) sur la hauteur des panaches (photographie 6) : « Hauteur des panaches. Il n'y a pas longtemps que les hautes coiffures, les plumes, panaches, &c. étaient sur toutes les têtes de femmes. Et au spectacle une rangée de femmes, placées à l'orchestre, bouchait la vue à tout un parterre ; la même chose à l'amphithéâtre & dans les loges. C'était un vrai désespoir pour les spectateurs : on murmurait tout haut ; mais les femmes en riaient , & la politesse parisienne se contentait de gronder, mais n'allait point au-delà. Il n'y eut qu'un seul homme, Suisse de nation & fort impatienté, qui tirant une paire de ciseaux, fît mine dans une loge de vouloir couper l'excédent qui l'empêchait de voir ; alors pour s'y soustraire, la dame fut obligée de se mettre derrière & de laisser passer à sa place l'homme qui y consentit très-bien. Ce n'est donc plus le temps où le parterre criait place aux dames, & où l'on ne pouvait être sûr d'avoir une place au spectacle tant qu'il pouvait y arriver une femme, fût- elle douairière ou borgne. »

Photographies 1 : Planche 19 de 1802 provenant du Journal des Dames et des Modes. Elle porte comme les autres estampes de ce périodique l’inscription 'Costume Parisien'. En dessous, un texte stipule qu’il s’agit d'un 'Costume de Bal'. La dame est en effet en train de danser. Le numéro de la planche indique qu'elle provient sans doute d'une édition spéciale ou étrangère. On remarque le haut bicorne typique de cette période.

Photographies 2 et 4 : Détails d'une gravure des toutes premières années du XIXème siècle intitulée 'La Parisienne à Londres ' dont il est question dans l'article sur La parisienne.

Photographie 3 : Moitié droite d'une gravure de Louis Darcis d'après Carle Vernet (1758-1836) datant de 1796 et intitulée 'Les Mérveilleuses [sic]'. Technique du pointillé. Dimensions : 25,3 x 14,4 cm.

Photographie 5 : Planche 1403 de 1814 provenant du Journal des Dames et des Modes fondé à Paris en 1797, et dont Pierre de La Mésangère est le directeur.  'Chapeau de gros de Naples, orné d'une aigrette de plumes de Coq.' Dimensions : 21 x 13 cm

Photographie 6 : Chapitre intitulé : 'Hauteur des panaches' de Tableau de Paris de Louis-Sébastien Mercier (1740-1814).

Photographie 7 : Détail de la planche 3 de l'Art du tailleur de M. de Garsault (XVIIIe siècle) représentant différents couvre-chefs à travers le temps. Le sixième en partant de la gauche est un hennin et le septième ressemble à une coiffe à cornes.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 08:01

Trois premières photographies : Gravure du XVIIIe siècle intitulée 'Tailleur d'Habits, Outils'.

Le tailleur est un personnage important de la mode française, dont l'utilité s'estompe pourtant petit à petit avec l'apparition des grands magasins au milieu du XIXe siècle, de la haute couture à la fin de ce même siècle puis de la confection et du prêt-à-porter au XXème (dans les années cinquante).

Honoré Daumier (1808-1879) en caricature un pour sa série des Types Français avec le texte suivant. : « Le tailleur. Il marche cambré, les épaules en porte manteau et les coudes en dehors. Ses habits coupés dans le dernier genre jurent souvent avec ses bottes et son chapeau, il a presque toujours un nom très euphonique, tel que Wahatekermann ou Pikprunmann. » La Caricature du 10 décembre 1881 présente le tailleur comme l’homme d’affaire du gommeux et expose ainsi l’importance qu’il occupe dans la vie de l’élégant du XIXe siècle. Aujourd’hui les tailleurs parisiens sont peu nombreux. Les métiers liés à la mode en général se raréfient. Même les créateurs importants et les grandes maisons ne font plus que du prêt-à-porter, la haute couture se cantonnant à un rôle de vitrine du savoir-faire de la maison. Il n’est pas improbable qu’avec la mondialisation et l’enrichissement des pays autrefois producteurs à bas prix, le marché de la mode revienne en France et que les créateurs et tailleurs refassent leur apparition ! Il est certain que l’élégance y gagnerait même chez ceux qui ont peu d’argent ; car quand on regarde comment s’habillent une merveilleuse ou un incroyable, on remarque que leurs habits sont parfois assez simples de réalisation. La richesse n’occupe qu’une petite part des éléments qui font l’élégance ; le goût étant beaucoup plus important. Le tailleur permet d'exprimer cela. Il donne plus de liberté individuelle à celui qui lui commande ses habits. Le client peut demander d'ajouter certaines fantaisies, accorder à sa convenance les matières … Chaque habit est unique, fait parfaitement pour celui qui l'a commandé. Jusqu’au milieu du XXe siècle, ce sont les tailleurs et les couturières qui sont avant tout sollicités pour la fabrication des vêtements. Jusque dans les années cinquante, presque chaque village français de 2000 habitants a au moins une couturière et un tailleur. Ceux qui ont connu ces époques vous le diront. Nos gandins peuvent se faire faire leurs habits sur mesure, et apporter les changements ‘tendances’ qui font toute la différence. Pas besoin de passer par les grands couturiers ni de suivre leur mode qui a elle aussi son importance dans cette vogue ; car la haute couture (ou les grandes marchandes de mode du XVIIIe siècle) est l’ambassadrice de la mode française à l’étranger. Son rôle est déterminant en cela. Le grand couturier emploie des batteries de midinettes alors que le tailleur possède un petit atelier de deux ou trois personnes. Les premiers représentent un luxe dans lequel la jeunesse à la mode (dite dorée) est souvent loin de baignée quoi qu’étant chic. La disparition des tailleurs en France marque celle de la mode française qui se retrouve coupée de ses racines, c'est-à-dire de ses créateurs improvisés qui font faire selon leur goût et la mode du moment. Le même problème existe aujourd’hui dans la restauration fine qui comme la haute couture essaie de survivre quoique totalement coupée de son terrain : les restaurants familiaux bons mais économiques et les petits fermiers proposant des produits simples mais de grande qualité. La haute couture survit aux tailleurs encore jusque dans les années 70, puis le renouvellement ne semble plus se faire … et le prêt-à-porter tout envahir. Mais les choses ne font que se modifier ; phénomène que les adeptes de la mode et du bon ton connaissent bien !

Dans d'autres articles je parlerai de la couturière et de la marchande de modes.

Photographies : Art du tailleur, Contenant le Tailleur d'habits d'hommes, les Culottes de peau, le Tailleur de corps de femmes & enfants, la Couturière, & la Marchande de modes par M. de Garsault. Édition du XVIIIe siècle avec des planches d'habits français à travers le temps, d'objets d'habillement, corsets, patrons … Cette partie provient du tome XIV de Descriptions des arts et métiers : Contenant l'art du perruquier, l'art du tailleur, renfermant le tailleur d'habits d'hommes, les culottes de peau, le tailleur de corps de femmes & enfants, la couturière & la marchande de modes, l'art de la lingère, l'art du brodeur, l'art du cirier … de Jean-Élie Bertrand édité par l'imprimerie de la Société typographique, 1780.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /Oct /2009 08:40

Photographie : Copied with permission from Aronson Antiquairs, © 2009 Aronson.com

Paire de tulipières 'bleu et blanc' provenant d'Aronson Antiquairs of Amsterdam (depuis 1881), en faïence de Delft de vers 1695-1705, présentée en situation. Chaque bouquetière fait 54.3 cm de haut.

La tulipe est une fleur emblématique d'une époque d'ouverture de l'Occident sur le monde et de découvertes ... en particulier des débuts d'une des grandes épopées commerciales : la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Ce renouveau est à l'origine d'une très belle page d'histoire de nos beaux-arts. Créée en 1602, la « Compagnie unie des Indes Orientales » domine de sa richesse et de sa puissance près de deux siècles et entretient le rayonnement de la peinture flamande (Vermeer, Rubens, Rembrandt …), de la faïence de Delft etc.

La tulipe provient des zones tempérées chaudes, en particulier de la Turquie et de Constantinople. Elle est introduite en Occident, dans le nord de l'Europe, depuis au moins le XVIe siècle. Au tout début du XVIIe, les bulbes de cette plante se vendent aux Pays-Bas. Les riches commerçants néerlandais se passionnent pour les plus exceptionnelles d'entre elles et en plantent à l’arrière de leurs maisons dans leurs jardins privés notamment en plein centre d'Amsterdam. Des hybrides et de nouvelles variétés sont créées, aux aspects et teintes magnifiques : marbrées, flammées … La tulipe devient rapidement une image de réussite et les bulbes les plus rares se vendent de plus en plus cher. Ceci engendre une spéculation avec quelques records. Une sorte de bourse de commerce des tulipes est même mise en place. Mais en 1637 le cours des bulbes remarquables s'effondre.

Pendant ces années, posséder les tulipes les plus recherchées est un gage de richesse. Pour les exposer on invente de nouvelles formes en particulier créées par les faïenceries hollandaises et du nord de l'Europe, très réputées (surtout celles de Delft). La fabrication de telles bouquetières se poursuit après la « tulipomanie » ; mais c'est pendant cette période que l'on a les plus prestigieux exemples. En France, on a l'habitude d'appeler ces objets, souvent impressionnants, et fabriqués par les faïenciers de Delft ou des environs : des tulipières. Ce sont de magnifiques objets.

Photographies : Copied with permission from Aronson Antiquairs, © 2009 Aronson.com

Les bouquetières présentées ici proviennent toutes du site : http://aronson.com/ Ce sont des faïences de Delft en 'bleu et blanc'. La première date de vers 1686-95 et fait 73.7 cm de haut et 53 cm de large. La paire date de vers 1695-1705 (54.3 cm de haut). La quatrième est de vers 1720 et a une hauteur de 63,5 cm.

Aronson Antiquairs has not contributed to this article, nor have they verified the content.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : Les Céramiques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /Oct /2009 08:24
« On nomme corps, un vêtement qui se pose immédiatement par-dessus la chemise, & qui embrasse seulement le tronc depuis les épaules jusqu'aux hanches : c'est, pour ainsi dire, une cuirasse civile ; car il ne doit pas plier, mais cependant avoir assez de liant pour se prêter aux mouvements du corps qu'il renferme, sans altérer la forme, & en même temps le soutenir & l'empêcher de contracter de mauvaises situations, principalement dans l'enfance, âge faible & délicat, dans lequel les ressorts ne sont pas encore parvenus au degré de force qu'ils auront par la fuite. Il s'applique encore à un objet aussi intéressant, celui de conserver la beauté de la taille des femmes, agrément qu'il joint à tous ceux qu'elles ont en partage. Le maître tailleur qui a choisi cette branche de son art, se nomme tailleur de corps de robes & corsets ... » (Art du tailleur ... voir photographie 3) Il est chargé de fabriquer toutes les sortes de corps, corsets et quelques autres habits en rapport. Ses matériaux sont la baleine, différentes sortes de toiles et de lacets. Les baleines sont des lames dures et flexibles provenant de la mâchoire de « la grande baleine » (Descriptions des arts et métiers …).
Photographies 1, 2 et 3 : Texte et dessins de corsets provenant de l'Art du tailleur, Contenant le Tailleur d'habits d'hommes, les Culottes de peau, le Tailleur de corps de femmes & enfants, la Couturière, & la Marchande de modes de M. de Garsault (édition du XVIIIe siècle). Cette partie provient du tome XIV de Descriptions des arts et métiers : Contenant l'art du perruquier, l'art du tailleur, renfermant le tailleur d'habits d'hommes, les culottes de peau, le tailleur de corps de femmes & enfants, la couturière & la marchande de modes, l'art de la lingère, l'art du brodeur, l'art du cirier … de Jean-Élie Bertrand édité par l'imprimerie de la Société typographique en 1780. Photographie 1 : Détail d'une feuille avec de gauche à droite quatre profils de corps - « vu en-dedans, pour voir la disposition des garnitures. » - « à demi-baleine, ou corset baleiné. » - « plein de baleines » - « avec la mesure prise par le tailleur de corps, marquée par des lignes doubles sur un corps vu de profil. ». Photographie 2 : La moitié haute de la feuille représente, de gauche à droite et de haut en bas, des profils de corps - « ouvert par les côtés, pour les femmes enceintes. » - « pour les dames qui montent à cheval. » - « de cour, ou de grand habit. » - « de fille. » - « de garçon. » - « de garçon à sa première culotte. » La moitié basse présente divers autres corps et vêtements. Photographie 3 : « Le tailleur de corps de femmes et enfants. »
Au XVIIIe siècle, le corps à baleines est à différencier du corset qui lui n'en possède que parfois. Si l'on s'en réfère au Dictionnaire de l'Académie française de 1762, il y a au XVIIIe siècle deux sortes de corsets : le « Corps de cotte de Villageoises » et le « petit corps ordinairement de toile piquée & sans baleine, que les femmes mettent lorsqu'elles sont en déshabillé ». Dans cette définition, le corset se porte sur le déshabillé et ne contient pas de baleines ; ce qui n'est évidemment pas le cas du corps à baleines. Au XIXe siècle, il semble que l'on ne fait plus vraiment la distinction entre les deux : la sixième édition du Dictionnaire de l'Académie française de 1832-5 donne cette définition du corset : « Partie du vêtement des femmes qui enveloppe et serre exactement la taille, et qui se met d'ordinaire sur la chemise. » Dans son Essai sur l'influence des modes et des habillements sur la santé des hommes de 1798 (photographies 4 et 5), J. J. Brunet mentionne seulement le corps à baleines qu'il présente comme le prolongement de la ceinture : « les femmes s'en servirent pour rétrécir la taille : ce que l'on a fait depuis avec plus de succès par le moyen des corps à baleine ». Dans cet essai d'une trentaine de pages sont aussi évoqués : les bains, les habillements, la mode grecque, les bas, les jarretières, les colliers, les anneaux, les bagues, les chaussures, les chapeaux, les voiles, les cheveux, les coiffures, les poudres, les perruques, les cosmétiques ... Cette thèse étant soutenue en 1798 (à l'École de Médecine de Montpellier ville très réputée dans l'art de soigner pendant longtemps), il y est fait de nombreuses fois des allusions à la mode de l'époque s'inspirant de l'Antiquité initiée par les inconcevables et les merveilleuses comme les habillements à la grecque, les chaussures plates, les cheveux courts … C'est aussi à cette époque que l'on abandonne les corps à baleines et corsets avant d'en reprendre l'usage assez rapidement.
Photographie 6 : Illustration du chapitre intitulé : 'Le corset' de Bertall, La Comédie de notre temps : La civilité - Les habitudes - Les moeurs - Les coutumes - Les manières et les manies de notre époque, P. Plon, 1874, 2° édition.
Photographie 7 : Détail d'une gravure de la seconde moitié du XVIIIe siècle provenant d'un magazine de mode de l'époque. On remarque la silhouette de la personne sculptée en grande partie par son corset mais aussi par ses autres habits.
Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 21:43

Photographie de gauche : " Une cocotte. " Bertall (1820-1882), La Comédie de notre temps, 1874-1876.

Celle de droite : " COMMENT SE METTAIT UNE COCOTTE " du même livre.

Alfred Delvau écrit (Dictionnaire de la langue verte, 1867) que la cocotterie est « le monde galant, la basse-cour élégante où gloussent les cocottes. » La cocotte est dans la continuation des petites-maîtresses, même si on appelle aussi ainsi au XIXe siècle et encore au XXe, une femme aux mœurs volatiles richement entretenue. Il semble que l’on parle auparavant dans ce sens de poulette. On dit d’une personne qui se conduit en femme légère qu’elle cocot(t)e, que c’est une cocotteuse, et que celui qui la côtoie est un cocoteur. La cocotte est aussi à rapprocher des cocodettes et des cocodes, tous ces noms venant de 'coq', coquet(te)s et coquetterie.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 19:12

Photographie : « Une biche. (Dans le désert cela s’appelle autrement.) », Bertall (1820-1882), La Comédie de notre temps, 1874-1876.

Le XIXe siècle a de nombreux noms pour désigner différentes sortes d'élégants. Les romantiques, passionnés, méprisent la vulgarité ; les dandys ou autres gommeux glissent dans une affectation pleine de tics chics ; les lionnes et lions illuminent leur monde … ; et puis les biches qui s’amusent du spectacle parisien de leur siècle. Elles sont jeunes. Certaines d’entre elles sont des actrices. Leur vie est trépidante et riche. Elles ont une nombreuse cour constituée d’hommes fortunés et de daims : de jolis jeunes hommes, plus ou moins aisés et mondains, recherchant le voisinage des biches.

On qualifie de 'haute bicherie' une classe sociale bourgeoise et fashionable. D’après Alfred Delvau (Dictionnaire de la langue verte, 1867), la définition de la biche est une création de Nestor Roqueplan datant de 1857. Voici la formulation que donne ce même dictionnaire de la ‘haute bicherie’ : « Les plus élégantes et les plus courues d’entre les coureuses parisiennes, reines d’un jour qui ne font que paraître et disparaître sur le boulevard, leur champ de bataille. »

Le nom de 'biche' est sans doute à mettre en parallèle avec celui de 'bicheuse' qui est un terme employé dans un sens voisin de celui de 'cajoleuse'. Bicher signifie embrasser. Quand deux personnes vont bien ensemble on dit qu’elles bichent bien, sinon qu’elles ne bichent pas.

Photographie : « Un daim. » Bertall (1820-1882), La Comédie de notre temps, 1874-1876.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 22:28

Dans l'article du 11 septembre 2008 intitulé La toilette masculine : l'art du rasage, il est un peu question de la barbière. Si le meuble de toilette le plus courant pour les femmes comme pour les hommes est au XVIIIe siècle la table de toilette, les galants utilisent aussi parfois une barbière. Elle est généralement faite pour se raser debout, haute et étroite, et comprend au moins un plateau (fréquemment avec du marbre), quelques tiroirs (pas tout le temps comme pour l'objet de la photographie), ainsi qu'un miroir souvent amovible. Rare au siècle des lumières, ce meuble est fréquent par la suite. Certains ressemblent à de hautes et étroites tables de toilette pour homme avec un aspect alliant les tiroirs du semainier ou de la commode avec au-dessus le plateau en marbre et la glace de la coiffeuse. Il est sans doute d'origine anglaise mais je n'ai trouvé aucun document permettant de l'affirmer. Il apparaît en même temps que de nombreux autres nouveaux meubles comme la psyché (grand miroir amovible permettant de se voir de pied) ou l'athénienne (aussi appelé 'lavoir' qui est sur trois pieds avec une vasque au dessus d'un plateau sur lequel on pose l'aiguière : le vase à eau pour l'ablution, le tout étant l'ancêtre de nos éviers) tous deux associés à la toilette. Un très bel exemple de barbière / commode-toilette en acajou et bronze datant du Premier Empire (1804-1814) est présenté sur le site de la Réunion des Musées Nationaux.

Photographie : Cette barbière en forme de serviteur muet provient de la Galerie Delvaille. En « acajou et placage d’acajou à base tripode et fût central en cannelures », elle est estampillée de l'ébéniste Fidelys Shey « reçu maître le 29 juillet 1788. Ébéniste d’origine allemande (Bade), il produisit des meubles Transition et surtout Louis XVI. Il accordait un soin extrême à la confection de ses meubles et n’utilisait que très rarement la marqueterie. Il fabriqua essentiellement des meubles en acajou massif travaillés avec une extrême délicatesse et ornés de bronzes sobres et fins. » Dimensions : H : 166 cm, Diam : 58 cm

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Toilette
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

RégiePub collaborative

guide-entretien-reliure

Présentation

Syndication

  • Flux RSS des articles

A savoir

PLUS DE 300 ARTICLES PUBLIES, PLUS DE 180000 VISITEURS UNIQUES...

 
Pour recevoir gratuitement par courriel la
LETTRE D'INFORMATION régulièrement, faites parvenir votre adresse électronique à:
lamesure@lamesure.fr  

 

DROIT D'AUTEUR

Les textes, les photographies et les vidéos de ce blog sont protégés. LM autorise les autres à reproduire, distribuer et communiquer cette création au public en échange de :
-         Ne pas modifier le contenu pour créer une œuvre dérivée ;
-         Ne pas utiliser cette création à des fins commerciales - à moins qu'ils n'obtiennent notre autorisation ;
-         Toujours citer la source et son adresse
www.lamesure.org ...

Copyright La Mesure de l'Excellence et Le Menn Richard

COPYRIGHT

You are free to copy, distribute, display, and perform the work under the following conditions :
- You must give the original author credit.
- You may not use this work for commercial purposes.
- You may not alter, transform, or build upon this work.
- You must indicate the source : www.lamesure.org ...
Any of the above conditions can be waived if you get permission from the copyright holder.

LE BILAN MENSUEL. Au mois d'octobre, ce sont 4110 visiteurs uniques et 7490 pages vues. Si vous souhaitez voir les statistiques de l'administration du blog, cliquez ici. Date de création du blog : 11 avril 2007. Nombre d'articles publiés : 316 (dont 313 de LM). Nombre de visiteurs uniques (au 31/10/11): 188717. Nombre de pages vues (au 31/10/11): 363403.

Il y a actuellement 8 personne(s) sur ce blog

PROPOSEZ VOS ARTICLES


JE SUIS A LA RECHERCHE DE COLLABORATIONS
N’HESITEZ PAS A ME CONTACTER: lamesure@lamesure.fr 

Recommander

Informations

PAGERANK DE LM
PageRank Actuel


La plupart des réalisations internet de LM sont faites à partir de
LOGICIELS LIBRES

 

 

La-Mesure80.jpg

Copyright © 2007 - 2011
La Mesure de l'Excellence
L
e Menn Richard

Tous droits réservés


lesamusementsdeparisreliurefacedetaila300lll

EN CHANTIER !

     
lamesure.org

  Est-ce que quelqu'un sait comment intégrer un moteur de recherche sans pub ??

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés