Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /Déc /2009 10:11

Images faites à partir de photographies provenant de www.interencheres.com

Si les musées offrent des expositions thématiques parfois passionnantes, la passion de l'Art se rencontre souvent d'une manière encore plus intime dans d'autres endroits comme certaines ventes de collectionneurs. Le mardi 8 décembre à Drouot Richelieu (Paris) sera proposée aux enchères par Million & Associés (www.millon-associes.com) la collection de M. Jean de Cayeux de porcelaines tendres de Chantilly du XVIIIe siècle aux décors en camaïeu bleu et Kakiémon, visible sur interencheres.com.

La production de porcelaine tendre de Chantilly parcourt depuis 1725 tout le XVIIIe siècle. Féru de céramiques extrêmes-orientales, Louis IV Henri de Bourbon-Condé (1692–1740) a l'idée de faire élever dans son domaine cette manufacture dont le premier but est d'imiter la porcelaine du Japon. La France ne sachant pas encore fabriquer de la porcelaine dure comme en Asie elle en fait une imitation appelée 'tendre'. La riche collection de porcelaines dures japonaises d'Imari de style Kakiemon du prince de Condé (aussi duc de Bourbon, duc d'Enghien, de Guise, de Bellegarde, pair de France et comte de Sancerre) sert de premier modèle à ses céramistes. Après 1750, le style se diversifie avec l'ajout de nouveaux décors. La production de la fin du XVIIIe siècle privilégie semble-t-il le décor de camaïeu bleu. La marque habituelle est un cor de chasse. Après la fermeture de la manufacture de Chantilly, des fabriques fondées dans la même région poursuivent une production similaire, et leurs réalisations portent la même marque.

Photographie 1 : « Pot à eau et son bassin à côtes à bord festonné en porcelaine tendre à émail stannifère à décor Kakiémon polychrome de branchages fleuris. La prise du couvercle est en forme de bouton de fleur. XVIIIe siècle. Marqués au cor de chasse rouge. Hauteur verseuse : 13,2 cm Hauteur bassin : 5,5 cm Diamètre : 15 cm Couvercle accidenté, égrenures au bord du bassin, usures. » (www.interencheres.com)

Photographie 2 : Détail de la photographie 6.

Photographie 3 : « Rare pot à fard à couvercle concave en porcelaine tendre à émail stannifère à décor floral Kakiémon polychrome. Monture argent. XVIIIe siècle. Marquée au cor de chasse rouge. Hauteur : 6,5 cm Diamètre : 5,3 cm Diamètre base : 4,3 cm » (www.interencheres.com) Cette céramique est particulièrement intéressante car le dessus a sans doute pour fonction de servir de mortier pour broyer le rouge ou faire des mélanges.

Photographie 4 : « Saladier rond à bord en douce accolade en porcelaine tendre à émail plombifère à décor d’un petit bouquet de roses avec insectes en camaïeu bleu. Filet bleu en bordure. XVIIIe siècle. Marqué au cor de chasse bleu et de la lettre « F » de même. Profondeur : 9,5 cm Diamètre : 32 cm » (www.interencheres.com)

Photographie 5 : « Pot à sucre rond couvert sur piédouche en porcelaine tendre à émail plombifère au décor à la brindille en camaïeu bleu. Filet bleu en bordure. La prise du couvercle est en forme de bouton. XVIIIe siècle. Hauteur totale : 12 cm Diamètre : 10 cm Diamètre base : 6 cm » (www.interencheres.com) Le décor en bleu à la brindille est récurrent dans la production de Chantilly.

Photographie 6 : « Rafraîchissoir à bouteille sur piédouche en porcelaine tendre à émail plombifère. Décor à l’œillet en camaïeu bleu avec brindilles, et insecte sous une prise. Filet bleu en bordure. Les anses rocaille sont sommées d’une coquille. XVIIIe siè cle. Marqué au cor de chasse bleu et de la lettre « B » de même. Hauteur : 18,3 cm Diamètre base : 13,5 cm » (www.interencheres.com) L'oeillet est une fleur qu'affectionne, semble-t-il, en particulier Louis II de Bourbon-Condé (1621-1686), dit "Le Grand Condé ».

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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 07:29

Photographies : Exemple d'un détail d'une image d'une revue (d'Amérique du sud semble-t-il) datée de 1845 avec pour texte : « El Corréo de Ultramar » [pouvant se traduire par 'Le Courrier d'Outre-mer'] « En Paris rue du Faubourg Montmartre 10 ».

Dans son Traité de la vie élégante, Honoré de Balzac (179 9-1850) fait référence au tic que certains élégants ont de porter leur canne à leur bouche : « En se faisant dandy, un homme devient un meuble de boudoir, un mannequin extrêmement ingénieux, qui peut se poser sur un cheval ou sur un canapé, qui mord ou tète habilement le bout d’une canne … »

Aujourd'hui le mot 'tic' désigne une contraction convulsive et répétitive d'un muscle ou une manie. Au XIXe siècle et avant, ce terme qualifie aussi plus largement des habitudes comportementales récurrentes souvent associées à la socialisation et à la manière de paraître. Certains tics peuvent être ridicules comme une vieille femme se donnant le tic d'airs de jeune fille. D'autres peuvent être chics, un must en matière d'élégance. De ce fait on trouve parfois ce terme associé à des élégants afin de désigner certains comportements, usages dans la façon de tenir sa canne, de s'asseoir, de saluer, de s'habiller etc. Dans ce dernier cas, il s'agit de tics de toilette, comme la ticket-pocket du XIXe siècle qui consiste en une petite poche placée à la hauteur droite du paletot, de la jaquette ou du veston dont je fais déjà référence dans l'article intitulé : Anglomanie, partie 3 : Lions, lionnes, lionceaux, faux anglais, high life, snobs, perfect gentlemen.

Le tic exprime un style. « Il y a des tics littéraires qu'il est si facile d'imiter, qu'ils deviennent épidémiques. C'est ce qu'on remarque en lisant cet almanach, composé par tant de plumes différentes ; c'est une couleur, un ton uniformes. Vous jurerez que la moitié du livret est de la même main. On y aperçoit le même tour, la même manière, la même prétention à l'esprit ; & jusqu'au choix des mots & des images, tout vous répète l'accent du persiflage à la mode. » Tableau de Paris par Louis-Sébastien Mercier, tome III (fin du XVIIIe siècle).

Il y a de nombreuses autres sortes de tics, comme celui de « … tourner la tête en marchant, tic incorrigible du Français, et qui le signale dans tous les pays ... » : tome cinq de Revue de Paris (1854).

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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /Nov /2009 08:55

Cliquez sur la photographie pour accéder à la vidéo

« Le 3 décembre prochain, la maison de ventes Coutau-Bégarie organise à l’Hôtel Drouot la vente du mobilier de la Maison Opéra, résidence privée due à l’architecte Charles Garnier (1825-1898) qui en conçut l’extérieur et supervisa sa décoration intérieure de style Napoléon III. Pierre Minuissi,  clerc de l’étude, nous présente cette vacation (interview réalisée par Capucine Bordet) »

Vidéo & texte proviennent de : www.interencheres.tv

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Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /Nov /2009 08:20

Photographies : Almanach allemand de l'année 1779 (Zachenbuch zum Nuken und Bergnugen, Goetingen, J. C. Dieterich).

Voici un article qui fait suite à plusieurs autres dont celui du 22 juin 2009 intitulé Promenades. Il est le résultat de l'acquisition d'un almanach d'outre-Rhin de 1779 contenant de nombreuses gravures avec des thèmes tirés de la mode et de la civilité françaises. Si les estampes sont d'une médiocre qualité, les sujets sont très intéressants. L'une d'entre elles est intitulée « La petite Maîtresse à la Promenade » (première image de droite) et présente une jeune femme portant une des fameuses coiffures à étages à la mode à cette époque. Celle-ci tombe jusqu'au bas des reins et remonte pour constituer au dessus du visage un volume aussi haut que le buste dans son entier. Une autre image, intitulée « La promenade », expose une petite maîtresse moins excentrique mais charmante avec son bâton, son chien qu'elle tient dans ses bras et sa cambrure qui souligne son petit nez en trompette. J'ai largement parlé des promenades à la mode à Paris dans d'autres articles ; de la façon dont on 'fauche le persil' et les 'yeux' comme dans : Lorgner et oeillades, et Le Cours : L'empire des oeillades, l'un des lieux de l'élégance française où l'on fauche le persil, le Cours-la-Reine, les Champs Élysées ... Voici ici un extrait de Tableau de Paris (seconde moitié du XVIIIe siècle) où Louis-Sébastien Mercier décrit la beauté de certains des regards que l'on peut rencontrer en se promenant : « Promenades publiques. […] On s'aperçoit dans toutes ces promenades, que les femmes ont grand besoin de voir & d'être vues. L'OEIL fait à lui seul presque toute la physionomie. Point de visages gracieux, quelques réguliers qu'ils puissent être, sans l'expression du regard. On rencontre de ces fronts polis & colorés qui font des figures fort insipides, faute de l'œil qui n'exprime pas quelques qualités de l'esprit. L'œil doit être transparent comme le diamant. Une certaine langueur douce le rend bien plus beau que ne fait la vivacité. L'œil ne doit prendre aucune forme géométrique. Les yeux ronds ou absolument oblongs, ou saillants ont peu d'agrément. Comme c'est l'âme qui fait le regard & que les belles âmes sont en petit nombre, les beaux yeux sont assez rares. Il y a le feu de la jeunesse qui, à un certain âge, leur prête du brillant ; mais l'on reconnaît que ce sont des yeux passionnés, & non des yeux qui aient l'expression du sentiment. LORSQUE les plumes flottaient sur les têtes de nos belles, c'était un coup-d'œil fort agréable que de contempler du haut de la terrasse des Tuileries tous ces panaches mobiles & ondoyants, qui brillaient parmi les flots de promeneurs […] » Une seconde estampe de cet almanach est intitulée "La Promenade" et présente un couple et ses enfants dans cette occupation.

Une autre gravure a pour titre : « Le petit Maître allant en bonne fortune » et montre un jeune élégant dans l'accoutrement caractéristique : habits à pois, chapeau assez volumineux, cadenette, cravate, canne …, en action de se promener et faire de galantes rencontres. La sixième édition (1835) du Dictionnaire de l'Académie française donne une définition de la 'bonne fortune' qui est la suivante : « Bonne fortune, en termes de Galanterie, se dit Des faveurs d'une femme. Il se vante d'avoir eu cette bonne fortune. Il a eu beaucoup de bonnes fortunes. Un homme à bonnes fortunes. Aller en bonne fortune. Être en bonne fortune. » La définition de l'édition de 1765 du même dictionnaire donne : « BONNE FORTUNE, se dit en termes de Galanterie, pour signifier Les bonnes grâces d'une femme. Il est aimé des Dames, il a eu beaucoup de bonnes fortunes. C'est un homme à bonnes fortunes. Aller en bonne fortune. » Au XVIIIe siècle, l'expression 'aller en bonne fortune' signifie donc aller cueillir les faveurs des dames.

Comme nous venons de le voir, il y a  de nombreuses façons de se promener : faucher le persil, aller en bonne fortune … muser etc.. Divers mots sont employés pour désigner les personnes qui aiment baguenauder comme les museurs et les museuses qui musent, musardent, flânent, et qu'on appelle aussi musards et musardes (aujourd'hui on dit plus volontiers flâneurs et flâneuses).

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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /Nov /2009 10:28

Photographie : Copied with permission from Aronson Antiquairs, © 2009 Aronson.com
Cette jolie plaque ovale
hollandaise en 'bleu et blanc' appartient à la galerie Aronson (à Amsterdam depuis 1881). Elle fait 39.2 cm x 51.3 cm et date de circa 1700-1710. Elle représente peut-être les quatre principaux moments de la journée d'une dame de qualité : avec la toilette, les occupations (promenade, broderie …) , les repas, les distractions (sorties, bals, musique …). Il est aussi possible que le thème de cette faïence soit seulement la matinée d'une dame avec : la toilette, la promenade (ou la broderie), le petit-déjeuner, le cours de chant. Dans cette composition picturale il est à noter la part belle faite aux costumes, aux coiffures et aux décors (nombreux miroirs, garnitures en porcelaine ou faïence, meubles …).

Ces dames sont à la mode du début du XVIIIe siècle. Elles portent une coiffure ressemblant à celle dite 'à la Fontanges' ou 'fontange' (bien que ce genre comprend généralement une sorte de tour au dessus des cheveux du front déjà montés en escaliers) ou celle qui suit mise à la mode par Madame de Maintenon. Les deux utilisent souvent de la dentelle avec des barbes ou/et des voiles tombant dans le dos ou sur les épaules. Le nom de la première proviendrait de Marie Angélique de Scoraille, duchesse de Fontanges (1661-1681). C'est en 1680, lors d'une partie de chasse qu'après s'être prise les cheveux dans la branche d'un arbre elle improvise une coiffure en les relevant pour les attacher avec sa jarretière. Le roi, dont elle est une des maîtresses, est séduit par cette vision et lui demande de ne rien y changer. Du jour au lendemain cette coiffure devient à la mode jusque vers 1713. Les élégantes les portent de plus en plus hautes, retenues par des fils de fer et pouvant semble-t-il être garnies de mousseline, de rubans, de fleurs et de plumes.  Voici ce que l'on peut lire au sujet de cette mode dans Wikipedia : « Au début ce n'était qu'un simple noeud de cheveux relevés en boucles sur le sommet de la tête. C'est avec la complicité ingénieuse d'un serrurier que la coiffe devint une sorte de pièce montée. Comme les dames n'avaient pas assez de cheveux pour ériger cette pyramide, elles portèrent des "Fontanges-postiches" toutes montées. Leurs propres cheveux étaient tirés en arrière, serrés en chignon. Elles coiffaient par dessus le faux, puis posaient un échafaudage de fils de fer sur lequel venaient s'arrimer des dentelles, pierreries ou autres babioles. Parfois, la coiffe était même pourvue d'un mécanisme permettant de tasser le tout pour passer les portes … Madame de Maintenon, elle, refusa cette coiffure extravagante, et adopta le chignon simple sous de grandes mantes de dentelles assorties à ses robes, noires la plupart du temps ... » Les exemples de l'image semblent porter une coiffure intermédiaire entre ces deux types.

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http://aronson.com/

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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 10:16

Photographies : Cravates de la fin du XVIIe siècle : 1678 (Mercure galant), 1688 (L'Art de plaire dans la conversation), XVIIe siècle ('Cavalier en Escharpe').

cravates 2femmes 300 Si certain trouvent le port de la cravate monotone, c'est qu'ils ne savent pas que ce nom désigne un nombre considérable de différentes variétés ; qu'elle se noue d'une infinité de manières, et qu'il existe autant de matières, couleurs, motifs et de formes qu'il y a de sortes de tissus (ou rubans) …

Le terme de cravate est défini dans la première édition (1694) du Dictionnaire de l'Académie française : « CRAVATE. s. f. Sorte de mouchoir fait de toile ou de taffetas qui entoure le col, & tient lieu de collet. Cravate de toile. cravate de taffetas. cravate à dentelle. » Si ce mot est fréquent dans la seconde moitié du XVIIe siècle, je ne l'ai pas trouvé dans la littérature d'avant 1650, sans doute parce que ce sont les collets qui sont alors à la mode. Comme on le voit sur les premières photographies, les cravates de la seconde moitié du XVIIe siècle ressemblent alors à des rubans noués autour du cou, le plus souvent semble-t-il en dentelle.
Photographies
: Cravates pour femmes au XVIIIe siècle.

Les femmes portent aussi des cravates, en particulier au XVIIIe siècle. Du reste, ce n'est qu'à partir de la sixième édition du Dictionnaire de l'Académie française (1832-1835) que la cravate est définie comme un élément de l'habit proprement masculin : « CRAVATE. s. f. Mousseline, batiste, ou autre étoffe légère que les hommes se mettent ordinairement autour du cou, et qui se noue par devant. Cravate de mousseline, de soie. Cravate de taffetas noir. Cravate blanche. Cravate noire. Cravate de couleur. Le noeud, les bouts d'une cravate. Mettre sa cravate. » Pourtant, à cette époque, certains tissus de la garde-robe féminine portés autour du cou sont toujours appelés 'cravates'.

Photographie : Cravate (122 cm de longueur et 16 au plus large) pour femme en dentelle de soie de Chantilly faite main aux fuseaux, datant de la seconde moitié du XIXème (Napoléon III).  Motifs assez rares pour une telle technique de dentelle de noeuds et rubans entrelacés se prolongeant par des pompons. Il pourrait aussi s'agir de barbes qui sont des bandes de toile ou de dentelle qui pendent à certaines coiffures des femmes et en particulier au XVIIIe siècle aux cornettes. Il semblerait que les barbes sont alors d'étiquette à la cour.

Photographies : Cravates et jabots au XVIIIe siècle.

A cette époque, la cravate est aussi d'usage chez les hommes. Souvent on préfère entourer le cou plusieurs fois avec, sans laisser pendre un morceau sur le torse car on met à cette place un jabot qui est de toile et/ou de dentelle et que l'on attache par ornement à l'ouverture d'une chemise.

Photographies : Cravates à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe.

La cravate est un des éléments de la tenue des incroyables de la fin du XVIIIe siècle. Durant le directoire et dans les années proches, elle se finit souvent par de la dentelle que l'on fait passer en dessous du tissus qui entoure le cou pour la laisser tomber jusqu'à peu près la hauteur des seins.

Photographies : Cravates de la première moitié du XIXe siècle.

Photographie : Détail d'une estampe d'une revue de mode de 1845 avec deux sortes de cravates à la mode à cette époque.

Au XIXe, la tenue masculine étant beaucoup plus sobre, c'est dans les détails que s'exprime surtout la subtilité et en particulier dans l'art de la cravate. Un livre de 1831 exprime cela de façon quelque peu parodique : L'Art de mettre sa cravate de mille et une manières, Enseigné par Principes, précédé de l'histoire de la cravate, depuis son origine jusqu'à ce jour ; de considérations sur l'usage des cols, de la cravate noire et des foulards ; et suivi d'une liste par ordre alphabétique, des marchands de cravates, de foulards, de cols, etc., par le bon Emile de l'Empesé, Membre de la plupart des Sociétés les plus à la mode de la capitale, orné de figures explicatives du texte et de portraits représentant trois époques de la cravate, onzième édition, Paris, chez Jacques Ledoyen, libraire, Palais-Royal, Galerie d'Orléans, n°16, 1831. (Voir le livre ici : http://books.google.fr/) Voici quelques passages : « Aucun habitué des classiques Tuileries, du musqué boulevard des Italiens, voire même du docte Luxembourg, ne révoquera en doute l'utilité de l'Art de mettre sa cravate, puisqu'elle apprend à connaître celui qui la porte. Il est une vérité, c'est que la cravate d'un homme de génie ne ressemble nullement à celle d'un petit esprit […] La cravate est un thermomètre sur lequel le degré de goût et d'esprit d'un fashionable doit être jugé. […] De la façon primitive dont est préparée une cravate dépend l'exécution de sa mise et l'entente de son nœud. […]

Photographies : Cravates dans la seconde moitié du XIXe siècle.

La cravate vient sans doute de ce goût très français pour les rubans et les dentelles. Au XVIIe siècle et au XVIIIe, femmes et hommes s'en mettent de partout. A la fin du XVIIIe et au début du XIXe, la cravate enveloppe plusieurs fois le cou et peut monter jusqu'au bas du nez, couvrant menton et parfois la bouche. La cravate suit aussi la mode des cols (ou le contraire). Elle se confond parfois avec le foulard et d'autres morceaux de tissus que l'on place autour du cou. Alors qu'elle semble aujourd'hui d'une forme unique, on peut en vérité, tout en restant dans un style 'sobre' la varier de bien des façons. Après le Directoire, au début du XIXe siècle, les hommes ne portent que très rarement de la dentelle à leur cravate.

Photographies : Deux cravates du début du XXe siècle (vers 1920). Celles-ci ne se nouent pas mais s'accrochent autour du cou ou au devant du col. Ce genre est assez court, car il est d'usage à cette époque de porter un gilet.

Photographie : Lithographie de vers 1910. La cravate ici est sans doute le même genre que l'exemple ci-dessus de couleur marron) Il s'agit là des prémices de celle qui se porte pendant toute la seconde moitié du XXe siècle : assez étroite dans les années 50, large dans les années 60 et 70, à nouveau étroite par la suite, avec évidemment toujours de nombreuses variantes.

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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 17:58

- « Amphore attribuée au peintre de Tarquinia RC 3984. Terre cuite vernissée. Attique, ca. 550 av. J.-C. Haut. : 35 cm » Vente à Drouot Montaigne, les 14 et 15 décembre 2009 par SVV Pierre Bergé & Associés.

- « Vierge à l'Enfant avec saint Joseph ». Tableau attribué à Pieter Coeck Van Alost (vers 1527-1559). « Panneau de chêne, deux planches, non parqueté. » Dim. : 53 x 44 cm. Vente à Drouot Richelieu, le 11 décembre 2009 par SVV Ferri & Associés.

- « Portrait de Louis XV avec l'Étoile du Saint-Esprit et l'Ordre de Saint-Louis » par François-Hubert DROUAIS (1727-1775). Toile de forme ovale de 71 x 58,5 cm. Vente à Drouot Richelieu le 18 novembre 2009 par SVV Blanchet & Associés.

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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 07:41

Photographies : - « Commode en placage d’ébène et d’écaille rouge, bronzes ciselés et dorés à décor à la Bérain d’après des motifs de Claude III AUDRAN. Le plateau à décor d’Amours, de musiciens, d’une Diane chasseresse au centre, de mascarons, oiseaux fantastiques et guirlande de fruits. Époque Louis XIV. Dim. : 83 x 122, 5 x 62 cm. » Vente à Drouot Richelieu le 2 décembre 2009 par SVV Fraysse & Associés.

- « Paire d'encoignures en vernis Martin polychrome sur fond or [une seule a été prise en photo]. L'une estampillée Mathieu CRIAERD, reçu maître le 29 juillet 1738. Dessus de marbre. Époque Louis XV. Haut. : 88 cm – Prof. : 62 cm » Vente à Drouot Richelieu en décembre 2009 par SVV Rieunier & Associés.

- « Large fauteuil à haut dossier de forme mouvementée, les accotoirs et supports d'accotoirs sculptés de godrons, feuillages, cartouches asymétriques, les traverses ornées de cartouches en quadrillage. Pieds cambrés entièrement sculptés. Garniture de velours frappé bleu appliqué d'un galon de filets d'argent. Époque Louis XV. Dim. : 103 x 74 x 66 cm » Vente à Drouot Richelieu le 2 décembre 2009 par SVV Fraysse & Associés.

- « Commode à façade à ressaut ouvrant à cinq tiroirs sur trois rangs. Ornementation de bronzes dorés. Estampillée LANNUIER. Époque Transition. » Vente à Drouot Richelieu, le 18 décembre 2009 par SVV Beaussant -Lefèvre.

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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /Nov /2009 19:09
Le porte-montre du XVIIIe siècle est souvent un objet plein de charme comme les montres de cette époque parfois d'une remarquable finesse.

Trois premières photographies : Porte-montre de forme rocaille supporté par deux lions bruns assis sur une base bleue. Décor polychrome de volutes, coquilles, paniers et cornes d'abondance, avec des motifs champêtres. Au centre sont représentées les quatre saisons avec trois femmes assises pour l'automne, l'été et le printemps, et un vieillard couché pour l'hiver. Hauteur : 34 cm. Vente à Drouot Richelieu le 30 novembre 2009 par SVV Rieunier & Associés. Retrouvez le catalogue de la vente ici.

Dernière photographie : Montre bassine pendentif de vers 1630, en or émaillé polychrome avec divers thèmes dont celui du « Repas de Damoclès ». Dans la bassine, en camaïeu sépia, sur fond bleu est représentée Aphrodite dans un jardin de style français. Elle fait 3,44 cm de diamètre et 1,9 cm d'épaisseur. Elle sera en vente à Drouot Richelieu le 19 novembre par Drouot Estimations.

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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 06:28

Saladier en faïence ayant pour date 1799, de 31 cm de diamètre. Cette céramique a un décor polychrome intitulé : « L'Arbre d'Amour » (Vente à Drouot Richelieu le 4 décembre 2009 par SVV Piasa). Au XVIIIe siècle, ce thème est largement reproduit. Il représente des hommes réfugiés dans un arbre que des femmes coupent afin de les cueillir tout en leur proposant des cadeaux. Deux d'entre elles scient l'arbre avec comme texte (à peu près car tout n'est pas très lisible) : « Courage Margot, nous auront une pièce ou un morceau ». Une autre donne de grands coups de hache. « La charmante Isabeau lui présente un beau chapeau ». Celle en haut de l'échelle propose : « Monsieur d'agréables manières, recevez cette tabatière ». Et puis : « D'une main la belle Suzanne avec son cordeau fixe le gros badaud. Et de l'autre lui présente une canne ». Sur le pourtour de cette céramique on peut lire à peu-près ces mots : « Belles, quittez-moi ces amants qui ne sont pour vous que glacés. Dénichez-les de dessus cet arbre. Cessez de leur faire des présents. Coupez-moi l'arbre au tronc et moquez-vous de leur audace. Faites-les tomber sur la paillasse ces lâches et ces poltrons. - Mais dames nous allons descendre. Apaisez toute votre fureur. Nous vous allons donner nos coeurs. Que voulez-vous donc entreprendre ? - Alors descendez chers amants et ne soyez plus rebelles. Vous serez chéris de vos maîtresses. » Il est à noter une indication de nom : « Louise » ; et une date : « 1799 ».

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