Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 07:05

ceramiquemedievaleparis300 Martine Houze est une importante spécialiste de l'art populaire en France. Elle sait trouver et transmettre le précieux de certains objets 'simples' d'autrefois. Par leur intermédiaire, c'est une beauté et une intelligence qui sont révélées, à travers le quotidien. Ces pièces témoignent de la vie : du travail, du mariage, du baptême … et du rêve … des objets qui portent en eux une part de l'âme de ceux qui les fabriquent, les offrent ou les utilisent. L'élégance est aussi intérieure … parfois cachée par la force des choses (justement !). Comme le dit ce passage de Le Petit Prince d'Antoine de Saint Exupéry : « … on ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux. »

assietteterrevernissee300 Je vais présenter dans quelques articles certains des objets du site de cette experte : www.folkcollection.com. Pour commencer voici quelques terres vernissées anciennes :

Photographie 1 : « Pichet. Terre blanche vernissée jaune. Sur piédouche évasé, petite panse méplate prolongée par un long col évasé. Anse étirée, pourvue d’un poucier à deux ergots. La panse est protégée par des petits colombins inclinés tandis que le haut du col est rehaussé d’une rangée de quatre pastilles. Ce type de pichet ne possède pas de bec verseur mais la lèvre est incurvée faisant office de casse gouttes. PARIS. Seconde moitié du XIVe siècle. H : 15 cm »

Photographie 2 : « Plat de Martincamp. Terre blanche vernissée à décor d’un cheval stylisé dans un entourage de rinceaux. Hachures vertes et rouges sur l’aile. (Fêlures). Normandie - Seine maritime – Martincamp. Fin du XVIIIe siècle D : 35 cm »

Photographie 3 : « Platine à repasser. Terre crème vernissée vert. Plaque circulaire bombée, montée sur trois pieds. Bretagne - Herbignac XIXe siècle D / 42 cm. On disposait un réchaud rempli de braises sous la platine sur laquelle on étirait le linge encore humide pour le lisser et le faire sécher. » repassage300

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : Les Céramiques
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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 18:34

pyxis Photographie de la galerie de Bernard Descheemaeker.

La pyxis, aussi appelée 'pyxide', est un objet particulièrement important dans la toilette médiévale. Son origine est antique. Il s'agit d'un petit vase rond généralement doté d'un couvercle, renfermant des baumes, huiles parfumées, bijoux ... Dans l'iconographie du Moyen-âge, cet objet est souvent associé à Marie-Madeleine, sans doute parce qu'il est le symbole des plaisirs assimilés au bain et à la toilette ; aussi parce que la sainte oint les pieds de Jésus-Christ avec un parfum de nard pur de grand prix.

La galerie de Bernard Descheemaeker en présente une qui est intéressante (photographie) pour plusieurs raisons. Tout d'abord parce qu'elle date de vers 1220-1230, et qu'il s'agit d'un exemple de la production d'émail champlevé polychrome de Limoges (oeuvre de Limoges : opus lemovincense d'après Wikipedia) qui offre du milieu du XIIe siècle jusqu'à la première moitié du XIVe des exemples d'objets d'art particulièrement beaux voir sublimes. Celui-ci, de 7,2 cm de haut et 6,4 cm de diamètre, peut aussi être utilisé pour contenir les hosties de la messe. Il comporte sur les pourtours du couvercle comme du bassin des bustes d'anges représentés dans des médaillons. Le musée national du Moyen-âge de Cluny à Paris conserve et expose des émaux de Limoges dont des pyxides et des représentations de Sainte Marie-Madeleine portant un tel objet comme une statue en bois de la fin du XVe siècle ou une autre particulièrement belle, parfois présentée comme étant une sybille. Voici d'autres exemples trouvés sur le net du Moyen-âge : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 ; et des pyxides antiques : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12 - 13 - 14.

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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /Jan /2010 20:20

chambre300b Photographie provenant de www.interencheres.com.

L'art est aussi une invitation au rêve. Voici une chambre à coucher de la fin du XIXe siècle ou du début du XXe qui en promet de beaux, si on apprécie les rêves baroques ! Elle provient de la vente aux enchères du 25 janvier à Rennes par Bretagne enchères dont le catalogue est disponible sur : www.interencheres.com.

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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /Jan /2010 00:33

marchandesdemode500 Photographie 1 : Gravure du XVIIIe siècle provenant du Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers de l'Encyclopédie Diderot et d'Alembert, de la partie consacrée aux 'Arts de l’habillement’. Le titre est 'Marchande de Modes', avec en son haut la représentation d'une boutique.

lamarchandedemodecomedie300 Photographie 2 : Comédie en un acte intitulée La Marchande de modes de la comtesse de Genlis (1746-1830) d'une édition datant de 1780.

Dans son Manuel historique, géographique et politique des négociants … (1762), Jean Paganucci donne cette définition de ce métier : « On appelle Marchandes de modes celles qui travaillent aux ajustements des Dames, & qui vendent tout ce qui y a rapport. » La Marchande de modes invente et colporte les modes dans une boutique ou en se rendant chez ses clientes en particulier lors de leur toilette matinale. Elle est au faîte des nouveautés, et s’habille en conséquence. Elle occupe une place primordiale dans la mode du XVIIIe siècle, mais disparaît peu à peu au XIXe, avec l’apparition des grands magasins et l’assagissement des ornements. La mode engendre de nombreux grands et petits métiers qui ont leurs élégants connaissant les dernières pratiques à la mode. Certaines importantes marchandes de modes (ou de grandes couturières) sont connues. Dans Tableau de Paris (seconde moitié du XVIIIe siècle), Louis-Sébastien Mercier (1740-1814) écrit : « Rien n’égale la gravité d’une marchande de modes combinant des poufs, et donnant à des gazes et des fleurs une valeur centuple. […] C’est de Paris que les profondes inventrices en ce genre donnent des lois à l’univers. La fameuse poupée, le mannequin précieux, affublé des modes les plus nouvelles, enfin le prototype inspirateur passe de Paris à Londres tous les mois, et va de là répandre ces grâces dans toute l’Europe. Il va au nord et au midi : il pénètre à Constantinople et à Pétersbourg ; et le pli qu’a donné une main française, se répète chez toutes les nations, humbles observatrices du goût de la rue Saint-Honoré ! […] Les nations voisines ont beau vouloir nous imiter ; la gloire de ce goût léger nous demeurera en propre. […] Ces amusements de l’opulence enrichissent une foule d’ouvrières ». Il s'agit des petites mains de la mode : grisettes, cousettes puis mimis, trottins, midinettes ... De nombreux textes expliquent combien les employées, les petites marchandes de mode et celles qui gardent la boutique, sont très jolies. Certains viennent rue Saint-Honoré ou ailleurs non seulement pour acheter mais aussi pour profiter de leur beauté et compagnie.

Qui donc est plus au courant de la mode que la marchande de modes qui l’invente ? Elle est à la fois artiste, chef d’entreprise, esthète … Elle vend en particulier des rubans, gazes, bonnets et ornements. Pour la compléter s’ajoutent la couturière, le corsetier ou tailleur de corps, le coiffeur. On peut citer d’autres métiers comme le gantier ou le fabriquant de chaussures, le bijoutier, le mercier, la marchande de linges … Au XVIIIe siècle, la rue Saint-Honoré et le Palais Royal offrent les principales grandes boutiques de France de ces métiers.

delamarchandedemode400.jpg

Photographie 3 : Titre de la partie consacrée à la marchande de modes de l'Art du tailleur, Contenant le Tailleur d'habits d'hommes, les Culottes de peau, le Tailleur de corps de femmes & enfants, la Couturière, & la Marchande de modes, par M. de Garsault, provenant du tome XIV de Descriptions des arts et métiers : Contenant l'art du perruquier, l'art du tailleur, renfermant le tailleur d'habits d'hommes, les culottes de peau, le tailleur de corps de femmes & enfants, la couturière & la marchande de modes, l'art de la lingère, l'art du brodeur, l'art du cirier … de Jean-Elie Bertrand, édité par l'imprimerie de la Société typographique, 1780.

Photographie 4 : Marchandes de modes, chapitre de Tableau de Paris de Louis-Sébastien Mercier, tome III, nouvelle édition corrigée et augmentée de 1783.

tableaudeparistomeIIImarchandesdemode300detailclair Dans Tableau de Paris, Louis-Sébastien Mercier occupe tout un chapitres aux : « Marchandes de modes. Assises dans un comptoir, à la file l'une de l'autre, vous les voyez à travers les vitres. Elles arrangent ces pompons, ces colifichets, ces galants trophées que la mode enfante et varie. Vous les regardez librement, et elles vous regardent de même. Ces boutiques se trouvent dans toutes les rues. A côté d'un armurier qui n'offre que des cuirasses et des épées, vous ne voyez que touffes de gaze, des plumes, des rubans, des fleurs et des bonnets de femme. Ces filles enchaînées au comptoir, l'aiguille à la main, jettent incessamment l'œil dans la rue. Aucun passant ne leur échappe. La place du comptoir, voisine de la rue, est toujours recherchée comme la plus favorable, parce que les brigades d'hommes qui passent offrent toujours le coup d'œil d'un hommage. La fille se réjouit de tous les regards qu'on lui lance, et s'imagine voir autant d'amants. La multitude des passants varie et augmente son plaisir et sa curiosité. Ainsi, ce métier sédentaire devient supportable, quand il s'y joint l'agrément de voir et d'être vue ; mais la plus jolie du comptoir devrait occuper constamment la place favorable. On aperçoit dans ces boutiques des minois charmants à côté de laides figures. L'idée d'un sérail saisit involontairement l'imagination ; les unes seraient au rang des sultanes favorites, et les autres en seraient les gardiennes. Plusieurs vont le matin aux toilettes avec des pompons dans leurs corbeilles. Il faut parer le front des belles, leurs rivales ; il faut qu'elles fassent taire la secrète jalousie de leur sexe, et que, par état, elles embellissent toutes celles qui les traitent avec hauteur. Quelquefois le minois est si joli, que le front altier de la riche dame en est effacé. La petite marchande en robe simple se trouve à une toilette dont elle n'a pas besoin ; ses appas triomphent et effacent tout l'art d'une coquette. Le courtisan de la grande dame devient tout à coup infidèle ; il ne lorgne plus dans le coin du miroir que la bouche fraîche et les joues vermeilles de la petite qui n'a ni suisse ni aïeux. Plus d'une aussi ne fait qu'un saut du magasin au fond d'une berline anglaise. Elle était fille de boutique; elle revient un mois après y faire ses emplettes, la tête haute, l'air triomphant, et le tout pour faire sécher d'envie son ancienne maîtresse et ses chères compagnes. Elle n'est plus assujettie au comptoir; elle jouit de tous les dons du bel âge. Elle ne couche plus au sixième étage dans un lit sans rideaux, réduite à attraper en passant le stérile hommage d'un maigre clerc de procureur. Elle roule avec le plaisir dans un leste équipage ; et d'après cet exemple, toutes les filles, regardant tour à tour leur miroir et leur triste couchette, attendent du destin le moment de jeter l'aiguille et de sortir d'esclavage. En passant devant ces boutiques, un abbé, un militaire, un jeune sénateur y entrent pour considérer les belles. Les emplettes ne sont qu'un prétexte ; on regarde la vendeuse, et non la marchandise. Un jeune sénateur achète une bouffante ; un abbé sémillant demande de la blonde ; il tient l'aune à l'apprentie qui mesure : on lui sourit, et la curiosité rend le passant de tout état acheteur de chiffons. […] Mais j'oubliais que le travail des modes est un art ; art chéri, triomphant, qui dans ce siècle a reçu des honneurs, des distinctions. Cet art entre dans le palais des rois, y reçoit un accueil flatteur. La marchande de modes passe au milieu des gardes, pénètre l'appartement où la haute noblesse n'entre pas encore. Là on décide sur une robe, on prononce sur une coiffure, on examine tout le jeu d'un pli heureux. Les grâces, ajoutant aux dons de la nature, embellissent la majesté. Mais qui mérite d'obtenir la gloire, ou de la main qui dessine ces ajustements, ou de celle qui les exécute ? Problème difficile à résoudre. Peut-on dire ici : Invente, tu vivras ? Qui sait de quelle tête féminine part la féconde idée qui va changer tous les bonnets de l'Europe, et soumettre encore des portions de l'Amérique et de l'Asie à nos collets montés ? La rivalité entre deux marchandes de modes a éclaté dernièrement, comme entre deux grands poètes. Mais l'on a reconnu que le génie ne dépendait pas des longues études faites chez mademoiselle Alexandre, ou chez monsieur Baulard. Une petite marchande de modes de l'humble quai de Gesvres, bravant toutes les poétiques antécédentes, rejetant les documents des vieilles boutiques, s'élance, prend un coup d'œil supérieur, renverse tout l'édifice de la science de ses rivales. Elle fait révolution, son génie brillant domine, et la voilà admise auprès du trône. Aussi, quand le cortège royal s'avance dans la capitale, que le pavé étincelle sous le fer des coursiers que monte une noble élite de guerriers, que tout le monde est aux fenêtres, que tous les regards plongent au fond du char étincelant, la reine, en passant, lève les yeux et honore d'un sourire sa marchande de modes. Sa rivale en sèche de jalousie, murmure de ses succès, cherche à les rabaisser, ainsi que fait un journaliste dans ses feuilles contre un auteur applaudi. Mais la reine est l'arbitre des modes ; son goût fait loi, et sa loi est toujours gracieuse. Les marchandes de modes ont couvert de leurs industrieux chiffons la France entière et les nations voisines. Tout ce qui concerne la parure a été adopté avec une espèce de fureur par toutes les femmes de l'Europe. C'est une contrefaçon universelle ; mais ces robes, ces garnitures, ces rubans, ces gazes, ces bonnets, ces plumes, ces blondes, ces chapeaux font aujourd'hui que quinze cent mille demoiselles nubiles ne se marieront pas. Tout mari a peur de la marchande de modes, et ne l'envisage qu'avec effroi. Le célibataire, dès qu'il voit ces coiffures, ces ajustements, ces panaches dont les femmes sont idolâtres, réfléchit, calcule et reste garçon. Mais les demoiselles vous diront qu'elles aiment autant des poufs et des bonnets historiés que des maris. Soit. »
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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /Jan /2010 00:52

BONNE ANNÉE 2010 !

Comme étrennes ... des articles tout le long de l'année !

Par La Mesure de l'Excellence
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Mercredi 30 décembre 2009 3 30 /12 /Déc /2009 11:38

camee Cliquez sur la photographie pour accéder à la vidéo

La vidéo & l'image proviennent de : www.interencheres.tv

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Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /Déc /2009 19:54

educationau18esieclejeunefille240.jpg almanachallemeandXVIIIelareverencerecadre300 Photographie 1 : Détail d'une estampe intitulée « L'instruction » [texte en allemand et en français] d'un almanach allemand de l'année 1779. Photographie 3 : feuille complète. Photographie 2 : Gravure avec pour titre 'La révérence', du même almanach, présentant un homme dans une posture ressemblant tout à fait à la figure du Petit-maître en Chenille décrite dans l'article du 16 mars 2009. Il est donc fort probable que cette attitude découle de la révérence.

Comme je l'ai dit dans un précédent article, Charles Duclos (1704-1772) écrit que le français est le plus sociable des hommes. De là vient son goût pour la mode, le bon ton, la politesse, l’éducation, le savoir-vivre … Antoine de Courtin (1622-1685) publie en 1671 un Nouveau traité de la civilité qui se pratique en France parmi les honnêtes gens. Il écrit que la civilité « n’est que la modestie et l’honnêteté que chacun doit garder dans ses paroles & ses actions. » almanachallemandeducationau18esieclecalendrier300-copie-1 Il commence par expliquer qu’elle doit venir de l’intérieur, puis formule différentes règles de langage, de maintien, de propreté, de politesse, d’usages (à table, au bal …), d’hospitalité, d’écriture, de bienséance … Le but est de ne pas déplaire et de plaire non seulement aux yeux du corps mais aussi à ceux de l’âme ; d’être naturel, modeste, faire des présents, avoir de l’hospitalité, de la contenance, de l’humilité et de la bienséance, d’être propre et à la mode, d’estimer les autres plus que soi-même, d’être mesuré, respectueux, d’avoir du discernement, de la bonne humeur. Le livre finit par ces mots : « Il est donc certain que l’usage pourra polir, abolir & changer peut-être une partie des règles que nous donnons ; mais néanmoins comme la civilité vient essentiellement de la modestie, & la modestie de l’humilité, qui est le souverain degré de la charité, & qui comme les autres est appuyée sur des principes inébranlables : c’est une vérité constante, que quand même l’usage changerait, la civilité ne changerait pas dans le fond ; & que l’on sera toujours civil, turcaretdujour3000.jpg quand on sera modeste, quand on sera humble ; & toujours humble, quand on aura la charité chrétienne, qui nous porte à obliger tous ceux que nous pouvons, même contre nos propres intérêts. » Pour finir voici une définition de la civilité que j'apprécie tout particulièrement et qui est tirée du même ouvrage : « d’après les anciens », la civilité est « une science qui enseigne à placer en son véritable lieu ce que nous avons à faire ou à dire ».

Photographie 4 : Gravure n°2 tirée de Manières et Modes, avec pour légende : « Turcaret du Jour prenant une leçon de tournure. » C'est en 1709 qu'Alain-René Lesage (1668-1747) publie la pièce de théâtre intitulée Turcaret. Cette satire des milieux financiers fait scandale à sa parution. Elle dépeint notamment le personnage de 'Turcaret', financier parvenu dépourvu d'éducation. L'image ici date de la toute fin du XVIIIe siècle ou du début du XIXe, et présente un de ces financiers cherchant à acquérir du style. Les deux personnages représentés sont à la mode à cette époque, mais la tenue d'incroyable du petit Turcaret accentue son ridicule.

Photographie 5 : Dans La Comédie de notre temps (1874-1876), Bertall (1820-1882) occupe tout un chapitre à « La civilité » qui commence par cette vignette. civilitel300.jpg

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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 06:50

cavalierenescharpe300.jpg « […] je ne goûte point trop que d'une idée galante, on me rappelle à une autre qui est basse, et sans agrément. » écrit Bernard Le Bouyer de Fontenelle (1657-1757).

Photographie : " Cavalier en écharpe. Il est galant déterminé. Jetant ses cheveux en arrière. Et prêt à fournir la Carrière dans un bal après le dîner. Chez I Bonnart, au Coq. Avec privilège du Roi. " Gravure du XVIIe siècle déjà exposée dans ce blog.

La définition qu'en donne la première édition (1694) du Dictionnaire de l'Académie française est la suivante : «  GALANT, [gal]ante. adj. Honnête, civil, sociable, de bonne compagnie, de conversation agréable. Galant homme. galante femme. Il signifie aussi, Un homme habile en sa profession, & qui entend bien les choses dont il se mêle, qui a du jugement, de la conduite, de l'agrément. Vous lui pouvez donner votre affaire à conduire, il s'en acquittera bien, car c'est un galant homme. c'est un homme de mérite, un galant homme. Il se dit aussi par flatterie ou par familiarité, pour Louer une personne de quelque chose que ce soit. Vous êtes un galant homme d'être venu exprès pour nous voir. vous seriez un galant homme si vous me faisiez ce plaisir là. Il signifie aussi, Un homme qui cherche à plaire aux Dames, & dans ce sens on met Galant après de substantif. C'est un homme fort galant. On dit, d'Une femme coquette, qu'Elle est galante. Il se dit aussi, Des choses. Il a l'air galant, la façon galante, l'esprit galant, les manières galantes, pour dire, Agréables, polies, &c. Un habit galant. une lettre galante. un style galant. un discours galant. tout ce qu'il fait est galant. Il est aussi substantif, & signifie Amant, amoureux. C'est mon galant. je suis son galant. elle a bien des galants. Mais il se dit plus ordinairement de celui qui fait l'amour à une femme mariée, ou à une fille qu'il n'a pas dessein d'épouser. Le mari & le galant ne s'accordent pas. il en fait le galant, pour dire, Il en fait l'amoureux. Il signifie aussi, Un ruban qu'on met sur les habits, sur le chapeau ou en quelque autre endroit par ornement. Il a toujours plein de galants sur lui. elle m'a donné un galant. […] On dit, d'Un jeune homme, vif, alerte, & vigoureux, que C'est un vert galant. Galamment. adv. D'une façon galante, de bonne grâce. Il fait cela galamment. il a dit cela galamment. il écrit, il s'habille galamment. Il sign. aussi, Habilement, adroitement, finement. Il s'est tiré galamment d'intrigue. il a mené galamment cette affaire-là. Galanterie. sub. f. Qualité de celui qui est galant, gentillesse. Cet homme-là a de la galanterie dans l'esprit. il a de la galanterie dans tout ce qu'il fait. Il se prend plus particulièrement pour les devoirs, les respects, les services que l'on rend aux Dames. Il fait profession de galanterie. il s'adonne à la galanterie. il faut avoir de la galanterie pour les Dames. Il signifie aussi, Commerce amoureux. Cette femme a une galanterie avec un tel. Il se prend aussi Pour les choses que l'on fait pour les Dames, ou qu'on leur donne par galanterie. Cet homme-la fait tous les jours cent galanteries. il lui a envoyé une galanterie aux étrennes. On dit par exténuation, Ce n'est qu'une galanterie, pour dire, que C'est une chose de peu d'importance. Galantiser. v. a. Faire le galant auprès des Dames. Il ne fait que galantiser toutes les Dames. Ce mot commence à vieillir. »

mercuregalant1686 300 Dans son Dictionnaire critique de la langue française de 1787-1788 Jean-François Féraud écrit : « Un Petit-maître, avec ses grimaces, est aussi loin du caractère d'un galant homme, qu'un faux dévot, avec son air sanctifié, est éloigné du caractère d'un homme véritablement religieux … "

Il semble qu’au XVIIe siècle (à cette époque on écrit surtout ‘galand’) la galanterie soit surtout l’apanage des hommes et la coquetterie celle des femmes. La galanterie occupe une place très importante en France. Pierre Ortigue de Vaumorière offre une Histoire de la galanterie des anciens datant de 1671. En 1644 est publié un petit opuscule intitulé Les Lois de la galanterie. Le début est entièrement retranscrit dans l'article du 24 août 2009 intitulé Le Parisien. En voici un autre passage : « Il faut que chacun sache que le parfait Courtisan, qu'un Italien a voulu décrire, et l'Honnête Homme, que l'on nous a dépeint en français, ne sont autre chose qu'un vrai Galant, tellement que toutes les bonnes qualités que l'on a souhaitées à d'autres séparément doivent être toutes réunies en lui ; mais outre cela il doit avoir la somptuosité, la magnificence et la libéralité en un degré souverain, et pour y fournir il doit avoir un grand revenu. »

Photographie : Mercure galant, Juillet 1686, Lyon, Thomas Amaulry. Il s'agit d'un périodique dont la première parution date de 1672. Il est une des principales publications des 'modernes' (Charles Perrault, Fontenelle ...) de cette époque.

Dans la Suite d'estampes pour servir à l'histoire des moeurs et du costume des français dans le dix-huitième siècle (1775) on apprend qu’« Un Homme galant & un galant Homme sont deux personnages bien différents ». Le premier se sent obligé de mentir, de parjurer, de séduire en amour ; il y met un point d’honneur ; alors que le second ne passe pas sa vie à mentir.

Certaines précieuses appellent Paris : « le centre de la galanterie ».

La galanterie, c'est aussi un attachement profond à une terre et des valeurs courtoises très anciennes qui sont universelles.

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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /Déc /2009 20:13

171209jardinsenatfontaine4300 Il a neigé aujourd'hui toute la journée sur Paris.
J'ai pris cette photographie dans le jardin du lieu où je travaille.

J'EN PROFITE POUR VOUS SOUHAITER A TOUS DE TRES BONNES FETES !

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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 14:08

loriginalXIXeme300.jpg L'Évaporée n'est pas seulement un joli morceau de pièce de clavecin de François Couperin (1668 – 1733), c'est aussi un qualificatif donné à certaines jeunes personnes. François Hédelin abbé d’Aubignac (1604-1676) écrit dans son Histoire du temps ou relation du royaume de coquetterie extraite du dernier voyage des Hollandais aux Indes du levant (1654) : « Les évaporées, qui dansent partout sans violon, qui chantent tout sans dessein, qui parlent de tout sans garantie, et qui répondent à tout sans malice, à ce qu'elles disent. » Le terme s’emploie au masculin ou au féminin du XVIIe siècle jusque dans la première moitié du XIXe pour désigner des jeunes étourdis, loriginalXIXechatelaine.gif dissipés, s'enivrant de ce que d'autres considèrent comme des futilités et n'ayant parfois aucun sens commun. C’est surtout au XVIIe siècle qu’il définit aussi un (ou une toujours) extravagant(e). Les évaporé(e)s sont des petit(e)s maître(sse)s ou de simples jeunes gens pas très futés ou plus ou moins étourdis, qui par leurs discours et leur conduite font preuve d'une grande légèreté d'esprit.

L'original a une conscience plus aiguë de ce qui le démarque. Il se caractérise par le besoin de se trouver aux frontières de ce que le bon ton commande.

Photographies : Gravure intitulée « L'Orignal » du début du XIXe siècle. Le jeune homme porte les cheveux en arrière, une cravate attachée par un noeud sur un haut col, un jabot … ainsi qu'une châtelaine, comprenant un coeur, un carquois de Cupidon, un sceau ...

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