Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /Mars /2010 08:37
faience-de-moulins Photographie 1 : « Assiette en faience de Moulins décor polychrome dit "à la campanule". Diam.: 23,5cm. XVIII°siècle. » La perspective employée ici est très fantaisiste : ce qui fait le charme de ce genre de décor.
Dans un précédent article, j'ai présenté des exemples de décors « des Indes » sur de la faïence de Delft des XVIIe et XVIIIe siècles (voir article ici). Ce thème se répand dans tout le reste de l'Europe. De nombreuses manufactures de faïence françaises suivent ce goût pour la porcelaine dure asiatique et  les décors « indiens » ; imitent les motifs, et s'inspirent de son merveilleux. Il en résulte des exemples d'une grande fantaisie et d'un imaginaire qui parfois étonne. Christophe Perlès, qui a un goût très sûr et raffiné pour la céramique en particulier française des XVIIe et XVIIIe siècles, propose sur son site plusieurs exemples de cette époque.
Les photographies et descriptions entre guillemets proviennent du site : www.cperles.com.
chinoiseriemarseillemoulins
Photographie 2 : « Assiette en faience de Marseille décor polychrome dit aux chinois et asteroïdes. Atelier de Leroy. Diam. 24,5cm. XVIII°siècle. »
Photographie 3 : « 
Assiette en faience de Moulins, décor polychrome de deux chinois attablés dans un paysage oriental. Diam. 23cm. XVIII° siècle. »
pagodesrouen Photographie 4 : « 
Plat en faience de Rouen, décor polychrome dit "à la pagode". Attribué à l'atelier de Guillebaud. Restauré. Diam. 34.2cm. XVIIIe siècle. »
Photographie 5 : « 
Assiette en faience de Rouen, décor polychrome dit "à la pagode". Atelier de Guillebaud. Marquée. Diam. 24cm. XVIII° siècle. »
faience-de-strasbourg chinoiserie Photographie 6 : « 
Plat en faience de Strasbourg, décor polychrome au chinois. Marqué JH 108/74. Atelier de J.Hannong. Long. 37cm. XVIII°siècle. »
faience-de-rouen Photographie 7 : « 
Assiette en faience de Rouen, décor polychrome dit "à la guivre". (accidentée) Diam. 25cm. XVIII°siècle. » En France, Nevers et Rouen sont les premières manufactures de céramique à imiter les scènes chinoises à la fin du XVIIe. Le décor « à la guivre » est assez caractéristique. La guivre est un serpent fantastique dont le nom caractérise le dragon des décors occidentaux sur céramiques des XVIIe et XVIIIe siècles.
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Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /Mars /2010 07:39
petitesdames500 leleverdunepetitedame300 Photographies : Gravure du XIXe siècle, de 34,6 x 25,7 cm, de la série Ces Petites Dames, feuillet 11, de « CH Vernier » avec pour texte : « Hé bien ! Après, qu'est-ce qu'il y a d'étonnant que j'aie des Cors-de-chasse aux oreilles, vous portez bien au milieu du visage un nez en trompette ! ... »
Au XIXe siècle, on donne le nom de 'petites dames' à plusieurs genres de jeunes femmes. Celles qui nous intéressent ici sont les continuatrices des petites-maîtresses. Leur période est sous le second Empire (règne de Napoléon III de 1852 à 1870). L'estampe de la première photographie les présente jeunes, coquettes, originales et espiègles, aux tenues extravagantes. La dernière photographie dépeint un genre plus bourgeois d'actrice (elle lit un journal intitulé 'Faust') à succès, entretenue, courtisée, empruntant certains plaisirs et codes aux 'grandes dames' qui, comme nous avons vu précédemment, accordent beaucoup d'importance à la toilette (voir l'article intitulé La Toilette d'apparat des XVIIe et XVIIIe siècles) et à ce qui tourne autour de leur lit (Les Précieuses et les femmes de lettres).
Photographie de droite : Première page du journal L'Eclipse n°59 du 18 mars 1869. L'illustration a pour titre : « Le lever d'une petite dame, par F. Régamey ».
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Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /Mars /2010 10:11
modegothique300 Photographie : Illustration de La mode, datant de 1837, représentant un homme dans un intérieur inspiré du Moyen-âge.
« Un excellent homme a dit que la mémoire était comme une Imprimerie : Un Imprimeur qui n'a que des caractères Gothiques n'imprime rien qu'en caractères Gothiques, quelque bel ouvrage qu'il mette sous la Presse : on peut dire de même, que ceux qui n'ont la mémoire pleine que de mauvais mots, n'ayant dans l'esprit que des moules Gothiques, leurs pensées en se revêtant d'expressions, prennent toujours un air Gothique. » Ce passage de l'ouvrage intitulé De l'Art de Parler datant de 1676 utilise ici la métaphore de la calligraphie gothique d'une façon qui n'est pas anodine. Jusqu'au début du XIXe siècle, le terme 'gothique' a une connotation péjorative. Il est inventé à la Renaissance pour désigner un style, né au XIIe siècle en Île-de-France, considéré comme barbare (des Goths) par les 'redécouvreurs' du classicisme antique vers les XVe-XVIe siècles. C'est à cette époque que l'on appelle 'Moyen-âge' la période de mille ans qui succède à l'Empire romain et qui se termine à la Renaissance qui annonce les 'temps modernes'. Avant eux, on désigne par francigenum opus ('Art français') ce mouvement artistique qui se déploie dans toute l'Europe jusqu'au XVe siècle et dont l'architecture est encore très présente dans nos villes (ce n'est qu'avec la tour Eiffel en 1889 que Paris détient un monument plus haut que la cathédrale Notre Dame du XIIIe siècle). Il est question de ce mouvement artistique (et scientifique) dans l'article du 19 mai 2008, intitulé : Le bas Moyen-âge : Fin amor et Art français ou francigenum opus.
En France, jusqu'à peu près la période romantique, une personne qui n'est pas moderne et se complet dans la mode de la génération précédente est appelée 'gothique'. C'est en particulier vrai au temps des Merveilleuses à la fin du XVIIIe siècle et au tout début du XIXe. Dans la comédie de P.-Charles Gaugiran-Nanteuil intitulée La Mode ancienne et la mode nouvelle (1803) dont il est question dans l'article du 28 octobre intitulé
Anglomanie, partie 1 : dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et dans les premières années du XIXe, la petite maîtresse  emploie le mot de 'gothique' dans cette acceptation du terme en parlant d'une autre personne : « Un dragon de vertu, dont l'esprit mal placé / Ne trouve rien de beau que dans le siècle passé [on est en 1803]. [...] Tenant, depuis mille ans, à sa mode gothique. » L'édition de 1762 du Dictionnaire de L'Académie française, explique cet usage : « GOTHIQUE se dit aussi par une sorte de mépris, De ce qui paraît trop ancien & hors de mode. Cela est gothique. Un habillement gothique. Il a les manières gothiques. » Le Dictionnaire critique de la Langue française de l'Abbé Jean-François Féraud de 1787 confirme cette définition : « Au figuré, il se dit par mépris de ce qui est hors de mode. « Cela est gothique. » Habillement gothique, manières gothiques. » Dans Oeuvres en vers et en prose (Paul Desforges-Maillard, 1759) on peut lire : « Certain Richard, superbe & magnifique, / Apercevant un Campagnard paré / D'un justaucorps à la mode gothique, / Trop court pour lui, d'or crasseux chamarré ;  / Ton trisaïeul t'a, dit-il, par degré / Transmis l'honneur de cet habit antique. / Oui, répond l'autre, & toi maître insolent, / Si tu portais celui de ton feu père, / Nous te verrions encore à la légère, / Enharnaché comme un moulin à vent.»
À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, la mode est à l'anglomanie, à l'anticomanie, aux mirliflors ... et le gothique n'est pas de mise ... du tout ! Les grands cafés qui s'ouvrent alors s'inspirent de ces tendances en déployant un luxe et un chic nouveaux très anglais mélangés à une inspiration pompéienne (café Frascati ...). Cependant, rapidement le Style troubadour remet au goût du jour l'époque médiévale. Désormais tout un pan des arts décoratifs du XIXe siècle, la mode même ainsi que les nouveaux cafés, s'inspirent de ce nouveau courant. Le « gothique » devient à la mode. Les intérieurs prennent un style médiéval ...
Malgré son caractère considéré comme 'ringard' du XV siècle au XIXe, le gothique, ou plutôt le
francigenum opus, n'en demeure pas moins un mouvement artistique phénoménal qui se caractérise notamment par des prouesses architecturales associant espace et lumière, gigantisme et finesse de composition, dont on ne trouve pas d'équivalent dans tous les monuments faits de pierres aux autres époques. Ce savoir est transmis et propagé par des compagnons dans toute l'Europe. Il témoigne d'une prospérité et d'une Renaissance tout à fait originale qui au XIIe siècle se caractérise par une activité scolastique éblouissante et un épanouissement des occupations marchandes et scientifiques à l'origine d'une ouverture extraordinaire au monde. Paris s'inscrit alors définitivement comme la capitale de la France mais aussi commence à être celle de l'Europe.
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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 09:16
cafedesincroyablesdessinateur Depuis que ce blog a été créé, j'ai montré des aspects plutôt oubliés de la mode française. Celle-ci existe depuis très longtemps. Le terme même de 'mode' se rencontre déjà au Moyen-âge ; et s'emploie à peu près dans la même acceptation qu'aujourd'hui : «manière collective de vivre, de penser propre à un pays, à une époque». Le mot latin beaucoup plus ancien est lui aussi très proche du français. Mon blog s'appelant 'La Mesure de l'Excellence', il est intéressant de noter que modus (modus, i, m) signifie aussi : mesure, proportion, rythme, cadence (musicale, oratoire), mélodie, chant, mode musical, musique, règle, loi, juste mesure, manière, façon, procédé, méthode, genre …
La mode naît dans cette « manière collective de vivre », cette harmonie sans cesse en mouvement, ce rythme toujours changeant constituant une véritable danse sociale, cette mesure de ces notes telles qu'elles sont et s'inventent et qui constituent le bon ton. En France, mieux que nulle part ailleurs, on en connaît les gammes. Tous les supports utilisables pour transmettre la mode sont employés ; en particulier au XVIIIe siècle, où écrivains et artistes s'ingénient à dévoiler ce que nous appellerions aujourd'hui les nouvelles tendances. Les almanachs et autres revues dédiés à la mode contiennent des articles illustrés ou pas, et des images le plus souvent commentées sur la mode de la semaine, de la quinzaine ou du mois …
cafedesincroyables1-300 enfin ce qui se fait … avec parfois des publicités pour telle maison ou telle autre. Plusieurs exemples sont présentés sur la page dédiée aux périodiques de modes de mon site www.lebonton.com, mais aussi dans plusieurs passages de ce blog. Au XVIIIe siècle certains écrivains se font  journalistes de mode publiant des articles et des chroniques ; et des artistes deviennent reporters : croquant sur le vif les dernières tendances. Il en résulte un volume d'oeuvres très intéressantes et très nombreuses, témoignages de vie à travers la mode française qui rayonne alors dans tout l'Occident.
Dans l'article intitulé
Café des Incroyables. Ma parole d'honneur ils le plaisante. 1797., je présente une gravure d'époque (deux premières photographies), de 1797, où le dessinateur, qui s'est représenté lui-même sur la droite, nous dévoile un instantané presque photographique de l'ambiance d'un café où se réunissent des jeunes à la mode de la fin du XVIIIe siècle. L'artiste qui nous transmet cette scène, le fait tel un reporter photographe de mode ; ce qui ajoute beaucoup à la préciosité de cette image et à son caractère émouvant.
desboulevardsjournauxdemode Dans la dernière photographie je présente une double page de
La Matinée, la Soirée, et la Nuit des Boulevards de 1776 qui met en scène un de ces journalistes de mode : « DESBROUTILLES. Quel est votre ouvrage ? FILASSE. Un Journal Encyclopédique de toutes les modes nouvelles. Il paraîtra quatre fois le mois. DESBROUTILLES. Pourquoi pas quatre la semaine ? La mode du jour n'est pas celle du lendemain. FILASSE. Il est vrai ; la matière ne manquera pas. 1°. Les étoffes & leurs garnitures : les  plaintes indiscrètes, la grande réputation, le désir marqué, l'agitation, le doux sourire, la composition honnête, la … DESBROUTILLES. Et cetera, & cetera. FILASSE. 2°. Rubans & couleurs : puce, demi-puce, soupirs de Vénus, soupirs étouffés, vive bergère, cuisse de nymphe émue. DESBROUTILLES. Eh ! oui, oui. FILASSE. 3°. Ajustements : collet monté, le chat, le venez-y-voir. DESBROUTILLES. C'en est assez. FILASSE. Et les coiffures : toupet de physionomie, boucles d'attention, tempéraments, & plus bas sentiments. DESBROUTILLES. A merveille ! Suivez votre projet ... »
Au XVIIIe siècle les revues de mode sont très nombreuses … mais j'en reparlerai.
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Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /Mars /2010 06:39

domino300 Entre autres choses, je me suis amusé dans ce blog à vous faire découvrir au fur et à mesure de mes trouvailles les petits maîtres de la mode hexagonale. Je vais essayer de continuer à établir cette filiation de la petite maîtrise de l'élégance française sur cette page : http://www.lamesure.fr/rubriques/chronologie.html. Celle-ci est encore très incomplète car toutes les images proviennent de documents originaux m'appartenant. Bien sûr il existe des témoignages iconographiques beaucoup plus intéressants et très nombreux ; mais n'ayant pas les droits de reproduction je ne me permets pas de les divulguer. N'hésitez pas à apporter vos connaissances et vos témoignages.

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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /Mars /2010 14:08

semainiers300 Photographies 1 et 2 (de gauche à droite) : « Semainier en merisier marqueté de filets d’amarante. Montants arrondis, pieds galbés. Époque Louis XV. H: 161; L: 54; P: 33 cm ». « Semainier en placage de bois de rose marqueté [...] ouvre à sept tiroirs en façade. [...] Plateau de marbre gris. Estampille de Hericourt. Époque Louis XVI. H: 155; L: 56,5; P: 40 cm. Nicolas HERICOURT (1729-1790). » Photographies et descriptions Aguttes.

Un des thèmes récurrents de ce blog est celui des objets liés à la toilette, des plus petits aux plus grands. Certains meubles font partie de ceux-ci. La Maison Aguttes en présente plusieurs cat pdf 15032010 dans son catalogue de la vente du 15 mars 2010 à Lyon Brotteaux. Parmi eux, certains sont destinés au rangement. Si les plus anciens sont peut-être les coffres qui sont encore très utilisés au XVIIIe siècle, il y en a d'autres comme les commodes : avec les semainiers, chiffonniers, chiffonnières, pantalonnières, commodes chiffonnières ...

chiffonnierlouisXVI200 Photographie 3 : «  Chiffonnier en acajou blond mouluré ouvrant à quatre tiroirs soulignés de laiton, pieds cannelés. Plateau de marbre blanc. Époque Louis XVI. H: 48; L: 49; P: 32 cm. Porte une marque au fer " BESCH DIT LE SUISSE. Ébeniste Rue de la Pecherie Maison Jardiny N°96 à LYON. Fait et raccommode toutes sortes de meubles en acajou et autres bois à juste prix ". » Photographie et description Aguttes.

Le chiffonnier est une commode comprenant plusieurs tiroirs, parfois de hauteurs inégales, pour ranger le linge. La chiffonnière est une commode légère avec souvent un plateau coulissant formant écritoire et un tiroir latéral appelé chétron. Certains modèles de ce petit meuble féminin seraient munis d’un écran coulissant que l’on peut dresser verticalement pour se protéger de la trop vive chaleur d’un foyer. La commode chiffonnière est une toute petite commode étroite à trois tiroirs. Le semainier compte six ou sept tiroirs superposés, un pour chaque jour de la semaine. La plupart de ces meubles sont des inventions du XVIIIe siècle.

pantalonnierelouisXVI300 Photographie 4 : « Pantalonnière en noyer, ouvrant à onze tiroirs. Montants à pans. Pieds avant en gaine. Époque Louis XVI. H: 118; L: 131; P: 56 cm. » Photographie et description Aguttes.

Photographies 5, 6, 7, 8 et 9 de gauche à droite : « Commode légèrement galbée en placage de bois de satiné en réserve dans des encadrements de filets. Ouvre à trois tiroirs en façade, pieds galbés. Plateau de marbre gris Sainte-Anne. Époque Louis XV (restaurations au plateau). H: 90; L: 132; P: 65 cm ». « Commode galbée en placage de bois de rose en réserve dans des encadrements de placage d’amarante. Ouvre par deux tiroirs sans traverse. Elle repose sur des pieds cambrés terminés par des sabots de bronze. Ornementation de bronzes dorés tels que chutes, poignées de tirage et entrées de serrure. Dessus de marbre gris veiné blanc. Estampillée L.Boudin et P.A. Jacot et marque JME. Époque Louis XV. H: 85, L: 105, P: 53 cm. Léonard Boudin, (1735-1807), reçu maître en 1761. Pierre-Antoine Jacot, reçu maître en 1766 ». « Commode galbée en bois de rose marqueté en feuille dans des encadrements de placage d’acajou. Ouvre à cinq tiroirs sur trois rangs, repose sur de petits pieds galbés. Riche garniture de bronze: chutes poignées de tirage, entrées de serrure. Époque Louis XV. Plateau de marbre gris (accident au placage). H: 98; L: 133; P: 65 cm » « Commode sauteuse. En placage de bois de rose et amarante marqueté dans des encadrements. Ouvre par deux tiroirs séparés par une traverse. Montants à pans. Pieds galbés. Garniture de bronzes dorés et ciselés tels que des culs de lampe en forme de mascaron. Plateau de marbre blanc veiné gris. Époque Transition. H: 88; L: 100; P: 44 cm ». « Petite commode en bois de rose marqueté en feuille dans des encadrements de bois de violette soulignés de filets de bois teinté. Ouvre à trois tiroirs, montants à canaux et asperges en bronze, repose sur des pieds toupies. Plateau de marbre brêche. Époque Louis XVI. H: 87; L: 83; P: 48 cm ». Photographies et descriptions Aguttes. commodes650

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Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /Fév /2010 20:05

lebddegandaparis400 Photographies : Gravure intitulée 'Le Boulevard de Gand à Paris' ('Le Suprême Bon-Ton N°27.').

gandins300 Le gandin est un petit-maître de l'époque des fashionables et des dandys. Il se distingue de ceux-ci notamment par son nom qui n'a pas de connotation anglo-saxonne. Alfred Delvau le date du milieu du XIXe siècle ; ce qui ne semble pas exact si l'on considère l'estampe de la photographie qui représente une scène de l'époque de la Seconde Restauration (1815-1830). Dans son Dictionnaire de la langue verte de 1867, Alfred Delvau écrit : "Le mot n’a qu’une dizaine d’années. Je ne sais plus qui l’a créé. Peut-être est-il né tout seul, par allusion aux gants luxueux que ces messieurs donnent à ces demoiselles, ou au boulevard de Gand (des Italiens) sur lequel ils promènent leur oisiveté." Le terme de 'gant' s'écrit parfois 'gand' ; et il est vrai qu'un des côtés (ou une partie) du boulevard des Italiens est appelé boulevard de Gand sous la Seconde Restauration en souvenir de l'exil à Gand du roi Louis XVIII pendant les Cent-Jours (en 1815) ... Et comme ce quartier de Paris est très fashionnable, on y rencontre des flopées d'élégants. Une gandinerie est une action à la manière de gandin : gandiner. "Le gamin a une chaîne de montre, des habits très chers, un chapeau de soie de 22 francs. Et tout le petit homme est dans cette toilette. Rien de l'enfant, ni l'abandon ni la gaîté ni les pensées de jeu ; mais déjà des idées de relations, le flair des convenances sociales, l'arrangement de la vie dans tel monde réputé pour bon, l'appétit de tel cercle, d'une voiture ainsi attelée. Le gandin en herbe : voilà l'enfant moderne. Une génération s'élève à l'heure qu'il est, qui ne sera que cela : une génération de gandins." Goncourt, Journal (1861). Il y aurait donc de la prétention dans le gandin ; enfin dans celui que l'on désigne ainsi dans la seconde partie du XIXe siècle. Peut-être est-il ainsi vu parcequ'il naît avec le retour de la royauté (Louis XVIII) et se donne des airs militaires. Comme on le constate sur l'estampe, il lui arrive de porter un corset comme beaucoup d'élégants à cette époque.

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Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /Fév /2010 21:54
chinoiserie1740 Photographs copied with permission from Aronson Antiquairs, © 2009 Aronson.com

Photographie du haut : Large assiette en faïence de Delft, polychrome, datant de circa 1740 et faisant 33.4 cm de diamètre. Si l'aile est très décorée, l'intérêt réside dans le bassin entièrement occupé par la représentation d'une scène comprenant de nombreux éléments de chinoiseries avec des décors : aux chinois, à la haie, aux pagodes ... avec des rochers, des architectures, des personnages, des fleurs, des oiseaux ressemblant aux oiseaux de paradis etc.

chinoiserieplaque1740 Photographie de gauche : Plaque polychrome de 35,1 x 31 cm. Il s'agit d'une faïence de Delft, de circa 1740-60, avec une scène dans un extérieur chinois.

Même si mes connaissances dans les arts et philosophies de l'Asie restent restreintes, la vision occidentale de ce continent, en particulier celle du XVIIIe siècle, m'amuse beaucoup, car idéalisée et superficielle.

Le terme de 'chinoiserie' semble apparaître au XIXe siècle, et a une connotation péjorative ; alors qu'aux XVIIe et XVIIIe on utilise les appellations d’« indien » ou « des Indes ».

Les 'chinoiseries' occidentales occupent une place importante dans les beaux-arts européens. L'Extrême-Orient est considéré en Europe comme le lieu de l'Imaginaire. Le thème apparaît dans le prolongement des voyages et des rapports commerciaux entretenus par l'intermédiaire des différentes compagnies des Indes ; et se répand dans toute l'Europe. La Compagnie néerlandaise des Indes orientales va contribuer du XVIIe siècle au XVIIIe à diffuser ce rêve de l'Orient lointain et si différent, par les produits importés : épices, tissus .... et des porcelaines (voir article : La Compagnie des Indes) que les  faïenciers de Delft connaissent bien, et en imitent les décors.

Photographie du bas : Plat en faïence de Delft, polychromie et or, datant de circa 1680-85 et faisant 39 cm de diamètre. Marque au dos de Jacob Wemmersz.

Aronson Antiquairs has not contributed to this article, nor have they verified the content. chinoiserie1680

 

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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 06:34
BrueghelAllegoriedelaTerre Interencheres présente sur son site une jolie vente aux enchères organisée par Oriot & Dupont à Morlaix en Bretagne qui aura lieu le dimanche 21 février 2010 (catalogue ici).
Pour commencer voici un tableau (
photographie 1) attribué «à Jean II BRUEGHEL (1601-1678) et son atelier. "Allégorie de la Terre". Huile sur panneau transposée sur toile. 46 x 63 cm. [...] Reprise avec variantes de la composition de Jean BRUEGHEL l'Ancien, conservé à la Galerie Doria à Rome. » (photographie et description
Interencheres).
legumierXVIIIe Cette vente propose parmi d'autres choses, quelques exemples d'orfèvrerie française, très réputée pendant de nombreux siècles. Ceux présentés ici sont du XVIIIe siècle et de la première moitié du XIXe. Ils se caractérisent par la simplicité et la sobriété de leurs formes qui en font des objets modernes tout en étant véritablement élégants. Parmi eux plusieurs légumiers. Le mot 'légumier' date du XIXe siècle ; avant on emploie celui de 'pot à oille'. Cette forme apparaîtrait dans l’orfèvrerie sous le régime de Louis XIV. C’est un récipient rond, avec deux anses, doublure et couvercle, contenant l’oille ou olla qui est un ragoût de viande épicé d’origine espagnole mis à la mode par la reine Marie Thérèse.
Photographie 2 : « Légumier couvert en argent uni. Le corps circulaire pose sur un piédouche mouluré, il porte deux anses entrecroisées de moulures terminées par des attaches feuillagées. Le couvercle à doucine est sommé d'un fruit éclaté reposant sur une terrasse feuillagée. Paris 1786-1787, Maître orfèvre : Claude Isaac Bourgoin. Largeur aux anses : 23,5 cm Poids: 942 g ». « Jatte ronde en argent uni, à contours soulignés d'une moulure de godrons. Gravée au centre d'armoiries surmontées d'un heaume. Paris 1739-1740. Diam : 24 cm, Poids : 460 g ». Photographie et descriptions
Interencheres.
2platsrondsetlegumierXVIIIe Photographie 3 : « Légumier en argent uni, couvercle à doucine, prise en forme de fruit sur tertre feuillagé. Le corps souligné d'une moulure de filets. Anse à attaches feuillagées. Couvercle : Paris 1788-1789, Maître orfèvre : Louis Clery. Diam : 20 cm. Poids : 1215 g ». « Paire de plats ronds en argent, les bords à contours et moulures de filets. Ils sont gravés sur le marli d'armoiries d'alliance à supports de lions et sous couronne de comte. Paris 1740-1742, Maître orfèvre : Nicolas Clément Vallières Diam : 29 cm (réargentés) Poids : 1388 g . Les armoiries sont celles d'un membre de la grande famille bretonne Ferron (de la Ferronays, de Langevinais). Pour un grand plat (Rennes, 1783-1785) aux mêmes armes, voir N°497. » Photographie et descriptions
Interencheres.
legumierXIXe Photographie 4 : « Légumier couvert en argent uni. Les anses à sections ajourées, à section carrée se rattachent au corps par de longues palmettes. Le couvercle à doucine est sommé d'une pomme de pin reposant sur une terrasse à décor de palmettes et lancéoles. Paris 1819-1838 Maître orfèvre : Jacques Victor Masson. L. aux anses : 25 cm Poids : 916 g ». « Plat ovale en argent uni les bords soulignés de moulures de filets. Monogramme. Paris 1798-1809 Maître orfèvre: Pierre Vallière. Dim: 28 x 43 cm Poids : 1160 g ». « Plat rond et creux en argent à contours et moulures de filets . Paris 1798-1809 Maître orfèvre : Augustin Desnoyers-Hubert Diam : 27,5 cm Poids : 694 g ».  Photographie et descriptions Interencheres.
aiguiereetsonbassin Photographie 5 : Voici une aiguière « et son bassin en argent uni. » Ces objets servent à se laver les mains avant d'aller à table. Ils sont aussi utilisés lors de la toilette. « L'aiguière de forme balustre pose sur un piédouche mouluré de filets. L'anse à volutes est ornée d'acanthes et d'une chute de joncs. Le couvercle, à bord mouluré, est surmonté d'une graine formée d'un fruit éclaté sur une terrasse feuillagée gravée et ciselée. Le bassin, de forme ovale à bord chantourné est trilobé aux extrémités, il est souligné de moulures de filets. L'aiguière et le bassin sont gravés d'un monogramme contemporain à support de sirènes, dont la couronne a été effacée. Paris 1786, Maître orfèvre : Charlotte Petit, veuve de Guillaume Pigeron. Haut. : 27 cm, Longueur du bassin : 33 cm. Poids : 1808 g ». Photographie et descriptions Interencheres.
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Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /Fév /2010 22:19

talmacinnarecadre300clair Photographie : Gravure d'époque 1802, représentant le comédien Talma dans Cinna, pièce de Pierre Corneille (ici marquée de Racine).

J'ai à plusieurs reprises dans ce blog fait des allusions aux cheveux courts de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe qui marquent une rupture abrupte avec la coutume précédente des perruques, cheveux longs et hautes compositions formant de véritables monuments au-dessus des têtes féminines. 'Chevelures en porc-épic', 'coiffures à la victime', 'coiffures à la Titus' … sont alors adoptées par la jeunesse des deux sexes. C'est, paraît-il, l’acteur François-Joseph Talma (1763 - 1826) qui met à la mode cette coupe pour les hommes ; dans un élan qui demeure jusqu'à aujourd'hui, avec des exceptions aux époques romantique, hippie et par la suite. Les femmes l'adoptent aussi, mais seulement pour quelques années ; avec des retours dans les années folles et ensuite. Les cheveux courts ne sont pas la seule mode du début du XIXe siècle qui influence toute la mode masculine jusqu'à nos jours. La silhouette reste aussi semblable et bien différente de celles des XVIIe et XVIIIe siècles et même avant.

tuniquejuiveestampeetdetail300 Photographie : Planche 487 de 1802 provenant du Journal des Dames et des Modes avec comme inscriptions au-dessus : 'Costume Parisien' et en dessous : 'Tunique Juive en Guinée.' Dans le chapitre consacré au Consulat et à l'Empire de son Histoire de la mode en France de 1858 (ce livre est consultable sur : books.google.com), Émile de La Bédollière écrit au sujet de ce genre de tunique : « Au commencement du Consulat subsistait encore l'usage des robes transparentes, qu'un écrivain compare à l'onde qui voile les baigneuses. En l'an XI (1802), on mettait par-dessus les robes des tuniques juives d'organdi ou de soie, bleu de ciel, gros bleu, rayé ou couleur de chair. » Plus loin, dans ce même chapitre, l'auteur fait référence à la coiffure 'à la Titus' : « La titus avait fait de tels ravages, qu'on ne voyait point dix femmes sur mille qui eussent conservé leurs cheveux ; elles avaient recours aux tours ou cache-folies, aux postiches en tortillons, et aux perruques à raies de chair, inventées à propos par Tellier, coiffeur, rue ci-devant Richelieu, en face le théâtre de la République. »

chebeuxcourts500 Photographie : 'Chevelure en porc-épic' et 'cheveux à la Titus' (voir : Récapitulatif de l’exposition Modes anciennes - suite -) à la mode à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe.

Par La Mesure de l'Excellence - Publié dans : La Mode
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