Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 07:56

 

Jean-Le-Camus Très prochainement la maison Tajan présentera trois belles ventes aux enchères à Paris. Pour commencer voici une peinture (photographie), du catalogue de celle du 21 juin, représentant un « portrait présumé de Jean Le Camus » provenant de l'« entourage de Nicolas de Largillierre » (1656-1746), de 80 x 64 cm, et datant de vers 1700. Dans un temps où la mode occupe une place très importante, on aime cependant à se faire représenter dans un drapé à l'antique. La raison en est que si la mode passe, le portrait lui doit durer dans le temps. Dans l'exemple de la peinture de la photographie, la perruque et la cravate de dentelle marquent cependant une époque. La photographie provient du catalogue : Catalogue-Tajan-210610

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Mercredi 2 juin 2010 3 02 /06 /Juin /2010 19:05

viergealbatre300 L'albâtre est un matériau utilisé depuis la plus haute Antiquité. Sa blancheur et sa texture sont à l'origine de nombreuses figures poétiques : « un sourire d'albâtre », « une blancheur d'albâtre »  ...

Photographie : Le 11 juin prochain, la maison Néret-Minet & Tessier met en vente à Drouot Richelieu une petite statue représentant la : « Vierge de la Conception en albâtre. Sur le croissant de lune la Vierge, les mains croisées sur la poitrine, reçoit le message lui annonçant la naissance de Jésus. Le visage juvénile est entouré d'une abondante chevelure retombant dans le dos et sur les épaules. La robe parsemée de motifs dorés imitant le damassé est recouverte d'un ample manteau présentant le même décor polychromé. Socle d'origine à volutes avec un blason couronné. Sicile Trapani XVIIe siècle. Haut. 46 cm. (Restaurations, reprise à la dorure de la chevelure). Cette représentation de l'Immaculée Conception est influencée par l'iconographie Espagnole du Siècle d'Or (1580-1640), la Sicile et le Royaume de Naples étant espagnols au XVIIe siècle. Expert : M. SCHORP » photographie et description Néret-Minet & Tessier.

Voici un autre exemple en lien : Vase à parfum en albâtre provenant de la tombe de Toutankhamon et conservé au musée du Caire.

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Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 12:15

gravurerevueXVIIIecocardedetailclairretouchee300-copie-1 La cocarde tricolore de la Révolution française est un signe de ralliement qui à une période est même imposé. Elle est composée des bleu et rouge couleurs de Paris et du blanc symbole de la royauté. Avant elle, les révolutionnaires en portent une verte, les antirévolutionnaires une noire et les royalistes une blanche. C'est le marquis de La Fayette qui fait rajouter le blanc à la cocarde révolutionnaire par déférence envers Louis XVI qui le 17 juillet 1789 la met à son chapeau. « Son port est rendu obligatoire pour les hommes le 8 juillet 1792, pour les femmes le 21 septembre 1793. Le refus de porter la cocarde rend suspect la personne et peut lui valoir huit jours de prison. […] Après Thermidor, le port de la cocarde s'amenuise, même s'il est théoriquement obligatoire au moins jusqu'en 1796 » (Wikipedia). La mode doit donc faire avec.

Photographies : Gravure tirée d'une revue de mode de la toute fin du XVIIIe siècle. Le modèle de gauche porte les trois couleurs : des chaussures jusqu'au chapeau où sont attachés une cocarde et des rubans tricolores. Celui de droite est dans un style plus ancien régime, avec : un petit châle moucheté, des dentelles et une longue ceinture nouée avec des motifs pompéiens. gravurerevueXVIIIecocardetresclair300

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Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 09:51

 

soierie300.jpg Photographie 1 : « Soierie, Élévation perspective d'un grand dévidage placé au dessus des Moulins représenté ci-devant. » (orthographe de l'époque). Planche tirée de L'Encyclopédie de Diderot & d'Alembert et datant du XVIIIe siècle.

Si Paris est la capitale de la mode française et même encore mondiale, Lyon (et les alentours) est sans doute celle de l'industrie textile en France. Étant originaire de cette région, ou plus exactement de Saint-Etienne, je connais bien l'endroit. Dans tous les environs, le textile est jusqu'à la fin du troisième quart du XXe siècle une industrie fleurissante ; peut-être même la première ; et cela jusque dans les villages reculés où des particuliers possèdent un ou plusieurs métiers à tisser, certains en rassemblant plusieurs afin de former des ateliers avec des ouvriers.

Le metier du tisseur La « capitale des Gaules » est un carrefour commercial important ; depuis au moins les phéniciens qui venus de Méditerranée y accostent grâce au fleuve le Rhône. Au XVe siècle y transitent et se vendent de nombreuses soieries provenant d'Italie, d'où l'idée d'en fabriquer sur place, avec semble-t-il un premier essai en 1466 peu fructueux ; et un second en 1536 avec une manufacture de soie créée par un négociant piémontais fixé à Lyon et son associé. C'est ainsi qu'au XVIe siècle naît dans cette ville la corporation des ouvriers en « draps d'or, d'argent et de soie ». A partir de ce moment l'activité textile de la soie va être très fleurissante dans toute la région, suivant les évolutions technologiques avec des métiers à tisser de plus en plus sophistiqués. Entre 1827 et 1832, la ville est reliée à Saint-Étienne par l'une des premières voies ferrées au monde. Déjà à la fin du XVIIIe siècle (après 1772), l'introduction de métiers mécaniques fait de Saint-Etienne le grand centre de fabrication du ruban de soie. D'après Wikipédia : « En 1786, il y avait dans la région stéphanoise 15 250 métiers [...] produisant pour 17 millions de francs dont près de la moitié était exportée. Après les épreuves de la Révolution et de l'Empire, l'industrie du ruban connaît un essor très important et de 1815 à 1856, Saint-Étienne connaît un véritable âge d'or. Les Stéphanois réussissent à adapter la mécanique Jacquard au métier de ruban […] À la veille de la Première Guerre mondiale, la rubanerie occupait 30 000 personnes et faisait vivre avec les industries annexes plus de 80 000 personnes autour de Saint-Étienne. » Aujourd'hui on utilise peu les rubans ; mais autrefois ils sont un élément vestimentaire important. On en porte sur le chapeau, dans les cheveux, autour du cou, sur les habits, à la ceinture, aux articulations, aux chaussures ... en noeuds, cravates, cocardes, pour remplacer les boutons … En voici quelques exemples en liens : XVIIe, Marie-Antoinette, XIXe siècle.

Photographies 2 & 3 : Le Spectacle de la Nature, ou entretiens sur les particularités de l'Histoire naturelle, Qui ont paru les plus propres à rendre les Jeunes-Gens curieux, & à leur former l'esprit. Tome sixième, contenant ce qui regarde l'Homme en Société, Nouvelle Édition, Paris, 1747.

- Planche XI 'Le Métier du Tisseur vu de face' gravée par Jacques-Philippe Le Bas (1707-1783)

- Planche XXX 'La Rubanerie' par le même graveur.

Les numéros inscrits dans les planches renvoient à des définitions des parties représentées dans le livre. L'édition de 1746 est visible ici et celle de 1751 ici. La rubannerie

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Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 17:33

boule à éponge Dans l'article intitulé La Mode et l'Hygiène ..., je vous ai présenté une boule à savon en porcelaine blanche de Saint-Cloud. Il en existe en d'autres matières : comme en argent. La boule à éponge a la même forme mais est ajourée. Pierre Bergé & Associés en expose une dans le catalogue de la vente du 4 juin à Drouot Richelieu (photographie 1). Elle est « en argent entièrement repercée de rinceaux et feuillages. Base ronde à contours et moulures de doucine. Couvercle à armoiries comtales soutenues par des lévriers. PARIS, 1753. Maître-Orfèvre : Emmanuel-Louis CAUMARTIN, reçu Maître le 4 Août 1747. Poids : 190 g. D_8,7 cm. » flambeaux de toilette Il est nécessaire de rappeler qu'au XVIIIe siècle et avant on se lave avec des éponges utilisées pas seulement avec de l'eau et du savon mais aussi pour se nettoyer avec des vinaigres parfumés.
Les autres objets de cette vente qui ont attiré mon attention sont une paire de flambeaux de toilette en argent (
photographie 2) « à base triangulaire bordée d'une frise d'oves. Fût de forme balustre et moulures. Binets également ceinturés de moulures. STRASBOURG, 1720-1750. Maître-Orfèvre : Johan LUDWIG II IMLIN reçu Maître en 1719. Poids : 370g H_8,5 cm L_11 cm »  Ces flambeaux sont posés sur la table de toilette. Ils sont petits et maniables.
Les photographies et les descriptions entre guillemets proviennent du catalogue de cette vente.

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Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /Mai /2010 07:05

logofoiresaint-germain La Foire aux Antiquaires qui aura lieu sur la place Saint-Sulpice du 3 au 14 juin (tous les jours de 11h à 20h, avec une nocturne jusqu'à 22h le 4 juin) se situe dans le 6ème arrondissement de Paris, au milieu des libraires de livres anciens, à quelques rues du Carré Saint-Germain : dans un quartier vraiment culturel.

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Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /Mai /2010 17:24

potapharmaciecreme200 Photographie : Petit pot à pharmacie du XVIIIe siècle pouvant contenir des pommades et autres préparations cosmétiques. Ses bords saillants servent pour attacher le tissu ou la peau servant de couvercle. Il est en faïence avec un décor en bleu de lambrequins. Il fait à peu près 9 cm de large et de haut.

Lorsqu'on lit des livres du XVIIIe siècle sur la fabrication de produits de beauté, on y retrouve en grande majorité des substances naturelles. La plupart de ces recettes sont à redécouvrir ; évidemment pas les préparations que nous savons aujourd'hui toxiques du fait par exemple de leur teneur en plomb ; mais toutes les autres.

Comment se maquille-t-on avant le XIXe siècle ? On peut affirmer qu'on le fait beaucoup en rappelant la réponse datant je crois du XVIIIe d'un ambassadeur à qui on demande ce qu'il pense des femmes françaises : « je n'y connais rien en peinture » rétorque-t-il.
Le verbe 'maquiller' semble peu employé avant le XXe siècle. Il apparaîtrait vers 1840 comme synonyme de 'grimer' au théâtre puis ensuite dans l'acceptation de la définition actuelle. Avant le milieu du XIXe, on utilise le mot 'farder'. Le fard désigne toutes les compositions artificielles faisant paraître le teint et la peau plus beaux ; en particulier ce qui sert à les blanchir et masquer les imperfections. Le 'blanc' est depuis l'Antiquité le plus souvent à base de céruse et donc de plomb. L'autre teinte importante est le rouge qui donne de la fraîcheur au visage en rehaussant les joues. Ces deux couleurs se retrouvent chez les dames romaines comme chez les françaises du XVIIIe siècle.

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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 21:55

 

logonocturnerivedroite Dans un précédent article, je rappelle que les portes ouvertes du Carré Rive Gauche qui auront lieu à partir du jeudi 27 mai au soir, se situent dans l'ancien faubourg Saint-Germain qui avec le faubourg Saint Honoré sont les lieux les plus huppés de la capitale française (voir l'article Les faubourgs Saint-Germain et Saint-Honoré). C'est cette fois dans le faubourg Saint-Honoré (dans le 8ème arrondissement) que le mercredi 2 juin se déroulera la Nocturne Rive Droite, de 17h à 23h, avec la participation de galeries, antiquaires et libraires de l’avenue Matignon, du faubourg Saint-Honoré, des rues de Miromesnil, de Penthièvre et La Boëtie ... Une bonne occasion pour savourer ce lieu !

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Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 10:58

rafraichissoirs500 Photographies de gauche à droite et de bas en haut provenant de la vente Aguttes du 26 mai 2010 à Drouot Richelieu (Paris) :
- Rafraîchissoir à glace couvert en pâte tendre de Sèvres « de forme cylindrique à deux anses et prises formées de rinceaux. Il est décoré en camaïeu bleu de bouquets de fleurs réhaussés de filets dorés. Porte au revers la marque aux deux L entrelacés et la lettre date pour l'année 1775. (choc en étoile au fond) H. totale 23 cm. »
- Paire de rafraîchissoirs à bouteilles de la  Manufacture du Comté de Provence (Paris) « à deux anses formées de rinceaux sur piédouche. Ils sont décorés en polychromie de larges bouquets de fleurs. Fin XVIIIe siècle. H. 16 cm. »
- Verrière crénelée en pâte tendre de Sèvres « de forme ovale à deux anses formées de rinceaux ; elle est décorée en polychromie de larges bouquets de fleurs rehaussées de filets bleu et or. Porte au revers les deux L entrelacés et la lettre-date pour l'année 1760, marque de peintre ROSSET, actif à Sèvres de 1753 à 1795. XVIIIe siècle. L. 29 cm. »
fontaine300 - Paire de rafraîchissoirs à verre de forme cylindrique de Roanne, « les anses figurant des têtes de béliers. Ils sont décorés en polychromie de fleurs. Fin XVIIIe siècle. H. 9 cm. »
Les saints de glace des 11, 12 et 13 mai étant passés (à leur sujet voir
Wikipedia) nous ne devrions bientôt plus appréhender le froid. Et avec le beau temps, vient l'envie de se rafraîchir. Au XVIIIe siècle toutes les maisons respectables offrent l'été à leurs convives des boissons et des verres rafraîchis dans de la glace provenant d'une glacière ou d'un puits à glace aussi appelé puits à neige : les ancêtres de nos réfrigérateurs. Les bouteilles sont ainsi disposées lors de la réception dans un grand bassin rempli de glace pouvant en accueillir plusieurs ou dans de plus petits pour une ou une demie bouteille. De même pour les verres. La maison Aguttes présente plusieurs de ces objets en céramique du XVIIIe siècle lors de sa vente du 26 mai 2010 à Drouot Richelieu.
Photographie de droite (
Aguttes, même vente aux enchères) : Corps de fontaine de table du Midi « sur piedouche décoré en polychromie de fleurs, les anses figurant des branches avec fruits, et mascaron central pour le robinet. XVIIIe siècle. H. 34 cm. »
Enfin, pour continuer avec l'idée de se rafraîchir, le 26 mai c'est aussi la date la vente à Drouot de nombreux éventails anciens par Deburaux (voir
catalogue ici).

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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 09:01

lesdangersdelacoquetterietitre Il y a toutes sortes de coqs : le cocodes, la cocodette, la cocotte, le coqueplumet, le cocardeau, le coquet et la coquette. J'ai déjà écrit un long article sur les deux derniers : Coquettes et coquetteries du XVIIe siècle ; et il est question du 'Coq' dans celui intitulé : Les faux élégants.  Dans Les dangers de la coquetterie (Paris : Buisson, 1788, 2 tomes), Marie Armande Jeanne Gacon-Dufour (1753-1835) met en scène des coquettes dépeintes sous un très mauvais jour : inconscientes, voire méchantes, n'hésitant pas à mettre en danger leurs admirateurs par leurs lubies ; aimant tous les loisirs : bals, voyages (aux 'eaux' par exemple), fêtes, jeux d'argent, modes nouvelles ... Elles veulent être le point d'attention principal, s'entourant d'aimables dont je parlerai dans un autre article. L'auteur de cet ouvrage assez moral est une femme de lettres qui écrit de nombreux textes que l'on dirait aujourd'hui féministes comme : Mémoire pour le sexe féminin contre le sexe masculin (1787) ;  Les Dangers d'un mariage forcé (1801) ; Contre le projet de loi de S***. M***, portant défense d’apprendre à lire aux femmes, par une femme qui ne se pique pas d’être femme de lettres, ouvrage contenant des réponses argumentées remettant le sieur Maréchal à sa juste place de sot, d’esprit dérangé et de bouffon réactionnaire (1801) ; De la Nécessité de l'instruction pour les femmes (1805). Parmi d'autres ouvrages elle a aussi publié sur la toilette : Manuel du parfumeur, guide pour faire des parfums, lotions, sachets, vinaigres aromatiques, maquillages, poudres et dentifrices (1825) ; et un Manuel théorique et pratique du savonnier, ou l'Art de faire toutes sortes de savons (1827).
Photographies : Les dangers de la coquetterie de Marie Armande Jeanne Gacon-Dufour (1753-1835), Paris : Buisson, 1788, 2 tomes, in-12. Manque la première page de titre et sans doute la préface. Première édition dans sa reliure d'époque. Page de titre du second tome et cul-de-lampe représentant un coq. lesdangersdelacoquetteriecoqdetail150

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