Vendredi 21 mai 2010
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Photographie : Petit
pot à pharmacie du XVIIIe siècle pouvant contenir des pommades et autres préparations cosmétiques. Ses bords saillants servent pour attacher le tissu ou la peau servant de couvercle. Il est en
faïence avec un décor en bleu de lambrequins. Il fait à peu près 9 cm de large et de haut.
Lorsqu'on lit des livres du XVIIIe siècle sur la fabrication de produits de
beauté, on y retrouve en grande majorité des substances naturelles. La plupart de ces recettes sont à redécouvrir ; évidemment pas les préparations que nous savons aujourd'hui toxiques du fait
par exemple de leur teneur en plomb ; mais toutes les autres.
Comment se maquille-t-on avant le XIXe siècle ? On peut affirmer qu'on le
fait beaucoup en rappelant la réponse datant je crois du XVIIIe d'un ambassadeur à qui on demande ce qu'il pense des femmes françaises : « je n'y connais rien en peinture »
rétorque-t-il.
Le verbe 'maquiller' semble peu employé avant le XXe siècle. Il apparaîtrait vers 1840 comme synonyme de 'grimer' au théâtre puis ensuite dans l'acceptation de la définition actuelle. Avant le
milieu du XIXe, on utilise le mot 'farder'. Le fard désigne toutes les compositions artificielles faisant paraître le teint et la peau plus beaux ; en particulier ce qui sert à les blanchir et
masquer les imperfections. Le 'blanc' est depuis l'Antiquité le plus souvent à base de céruse et donc de plomb. L'autre teinte importante est le rouge qui donne de la fraîcheur au visage en
rehaussant les joues. Ces deux couleurs se retrouvent chez les dames romaines comme chez les françaises du XVIIIe siècle.
Par La Mesure de l'Excellence
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Mardi 18 mai 2010
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Dans un précédent article, je rappelle que les portes ouvertes du Carré Rive Gauche
qui auront lieu à partir du jeudi 27 mai au soir, se situent dans l'ancien faubourg Saint-Germain qui avec le faubourg Saint Honoré sont les lieux les plus huppés de la capitale française
(voir l'article Les faubourgs Saint-Germain et
Saint-Honoré). C'est cette fois dans le faubourg Saint-Honoré (dans le 8ème arrondissement) que le mercredi 2 juin se déroulera la Nocturne Rive Droite, de 17h à
23h, avec la participation de galeries, antiquaires et libraires de l’avenue Matignon, du faubourg Saint-Honoré, des rues de Miromesnil, de Penthièvre et La Boëtie ... Une bonne occasion pour
savourer ce lieu !
Par La Mesure de l'Excellence
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Vendredi 14 mai 2010
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Photographies de
gauche à droite et de bas en haut provenant de la vente Aguttes
du 26 mai 2010 à Drouot Richelieu (Paris) :
- Rafraîchissoir à glace couvert en pâte tendre de Sèvres « de forme cylindrique à deux anses et prises formées de rinceaux. Il est décoré en camaïeu bleu de bouquets de fleurs réhaussés de
filets dorés. Porte au revers la marque aux deux L entrelacés et la lettre date pour l'année 1775. (choc en étoile au fond) H. totale 23 cm. »
- Paire de rafraîchissoirs à bouteilles de la Manufacture du Comté de Provence (Paris) « à deux anses formées de rinceaux sur piédouche. Ils sont décorés en polychromie de larges
bouquets de fleurs. Fin XVIIIe siècle. H. 16 cm. »
- Verrière crénelée en pâte tendre de Sèvres « de forme ovale à deux anses formées de rinceaux ; elle est décorée en polychromie de larges bouquets de fleurs rehaussées de filets bleu et or.
Porte au revers les deux L entrelacés et la lettre-date pour l'année 1760, marque de peintre ROSSET, actif à Sèvres de 1753 à 1795. XVIIIe siècle. L. 29
cm. »
- Paire de
rafraîchissoirs à verre de forme cylindrique de Roanne, « les anses figurant des têtes de béliers. Ils sont décorés en polychromie de fleurs. Fin XVIIIe siècle. H. 9 cm. »
Les saints de glace des 11, 12 et 13 mai étant passés (à leur sujet voir Wikipedia) nous ne devrions bientôt plus appréhender le froid. Et avec le beau temps, vient l'envie de se
rafraîchir. Au XVIIIe siècle toutes les maisons respectables offrent l'été à leurs convives des boissons et des verres rafraîchis dans de la glace provenant d'une glacière ou d'un puits à glace
aussi appelé puits à neige : les ancêtres de nos réfrigérateurs. Les bouteilles sont ainsi disposées lors de la réception dans un grand bassin rempli de glace pouvant en accueillir plusieurs ou
dans de plus petits pour une ou une demie bouteille. De même pour les verres. La maison Aguttes présente plusieurs de ces objets en céramique du XVIIIe siècle lors de sa vente du 26 mai 2010 à Drouot
Richelieu.
Photographie de droite (Aguttes, même vente aux enchères) : Corps de fontaine de table du Midi « sur piedouche décoré en polychromie de fleurs, les
anses figurant des branches avec fruits, et mascaron central pour le robinet. XVIIIe siècle. H. 34 cm. »
Enfin, pour continuer avec l'idée de se rafraîchir, le 26 mai c'est aussi la date la vente à Drouot de nombreux éventails anciens par Deburaux (voir
catalogue ici).
Par La Mesure de l'Excellence
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Lundi 10 mai 2010
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Il y a
toutes sortes de coqs : le cocodes, la cocodette, la cocotte, le coqueplumet, le cocardeau, le coquet et la coquette. J'ai déjà écrit un long article sur les deux derniers :
Coquettes et coquetteries du XVIIe siècle ;
et il est question du 'Coq' dans celui intitulé : Les faux
élégants. Dans Les dangers de la coquetterie (Paris : Buisson, 1788, 2 tomes), Marie Armande Jeanne Gacon-Dufour (1753-1835) met en
scène des coquettes dépeintes sous un très mauvais jour : inconscientes, voire méchantes, n'hésitant pas à mettre en danger leurs admirateurs par leurs lubies ; aimant tous les loisirs : bals,
voyages (aux 'eaux' par exemple), fêtes, jeux d'argent, modes nouvelles ... Elles veulent être le point d'attention principal, s'entourant d'aimables dont je parlerai dans un autre article.
L'auteur de cet ouvrage assez moral est une femme de lettres qui écrit de nombreux textes que l'on dirait aujourd'hui féministes comme : Mémoire pour le sexe féminin contre le sexe
masculin (1787) ; Les Dangers d'un mariage forcé (1801) ; Contre le projet de loi de S***. M***, portant défense d’apprendre à lire aux femmes, par une femme qui ne se
pique pas d’être femme de lettres, ouvrage contenant des réponses argumentées remettant le sieur Maréchal à sa juste place de sot, d’esprit dérangé et de bouffon réactionnaire (1801) ;
De la Nécessité de l'instruction pour les femmes (1805). Parmi d'autres ouvrages elle a aussi publié sur la toilette : Manuel du parfumeur, guide pour faire des parfums, lotions,
sachets, vinaigres aromatiques, maquillages, poudres et dentifrices (1825) ; et un Manuel théorique et pratique du savonnier, ou l'Art de faire toutes sortes de savons
(1827).
Photographies : Les
dangers de la coquetterie de Marie Armande Jeanne Gacon-Dufour (1753-1835), Paris : Buisson, 1788, 2 tomes, in-12. Manque la première page de titre et sans doute la préface.
Première édition dans sa reliure d'époque. Page de titre du second tome et cul-de-lampe représentant un coq.
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Vendredi 7 mai 2010
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S'« Il est un air, pour qui je donnerais, Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber »[deux premiers vers d'un poème de Gérard de Nerval (1808-1855)]
ce serait sans doute celui d'un troubadour du Moyen-âge. Les XIXe et XXe siècles nous ont véhiculé de
ceux-ci une image de saltimbanques très éloignée de la sophistication de l'art de certains de ces poètes : fine manifestation de la connaissance du rythme ... de la poésie telle qu'elle est
entendue depuis l'Antiquité. C'est à partir du XIIe siècle que ces poètes du fin’amor : de l’amour courtois, prennent le nom de troubadours, puis de trouvères ; c'est à dire de
« trouveurs » de l'inspiration : de la Muse, du bon rythme ... Je parle de tout cela dans l'article intitulé : Le bas Moyen-âge : Fin amor et Art français ou francigenum opus ; mais profite ici de revenir dessus en vous présentant ces tomes du XVIIIe siècle des vies de nos poètes.
Photographies : Histoire littéraire des troubadours, contenant leurs vies, les extraits de leurs pièces, & plusieurs particularités sur les moeurs,
les usages, & l'histoire du douzième et treizième siècles, tomes premier et second (il manque le troisième), Paris, Durand neveu, 1774.
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Lundi 3 mai 2010
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L'art vit encore dans de nombreux endroits de
Paris ; comme au Carré Rive Gauche
où l'on sent sa respiration … Les galeristes y proposent des objets d'un grand raffinement, dans un des quartiers les plus huppés de
Paris : l'ancien faubourg Saint-Germain (voir l'article Les faubourgs Saint-Germain et Saint-Honoré), où se trouvent réunis
politiques, étudiants, grosses fortunes, galeristes et artistes. C'est le quartier des ministères, de l'Hôtel Matignon et de l'Assemblée nationale ; des grandes écoles (Sciences politiques, École
nationale des Ponts et Chaussées, E.N.A) ; de musées tels celui d'Orsay où le Musée Rodin que je conseille ne serait-ce que pour l'ambiance de l'hôtel du XVIIIe siècle dans lequel il se trouve et
de son jardin où on peut se restaurer ; de l'École supérieure des Beaux-Arts où se croisent des architectures et des oeuvres de styles divers depuis l'ancien couvent des Petits-Augustins du XVIIe
siècle jusqu'à aujourd'hui en passant par de nombreux aménagements et agrandissements des XVIIIe et XIXe siècles. De plus l'École des Beaux-Arts ouvre sur le 6ème arrondissement, ses cafés
prestigieux, ses galeries d'art moderne, ses intellectuels (et le quartier latin pas loin), ses maisons d'édition ... tout cela en face du Louvre, de l'autre côté de la Seine …
Les portes ouvertes du Carré Rive Gauche
sont donc un évènement important de la vie culturelle parisienne. Voici ce qui est dit sur le site de l'association : « Pour la
33ème année consécutive, le Carré Rive Gauche ouvre ses portes du 28 au 30 mai 2010 afin de nous proposer un rendez-vous culturel prestigieux et incontournable. Au cœur du 7ème arrondissement de
Paris, dans un cadre historique préservé, qu’ils soient jeunes marchands ou héritiers d’une longue lignée, les antiquaires et galeristes du Carré Rive Gauche ont tous à cœur de sauvegarder les
trésors de notre patrimoine et de transmettre leur passion commune à la jeune génération. Notons qu’une demi-douzaine de nouveaux marchands viennent d’ouvrir leur galerie au sein du Carré Rive
Gauche ; ces nouveaux adhérents témoignent ainsi de l’attrait et du dynamisme de notre quartier. Cette année encore, l’éclectisme côtoie l’excellence pour nous faire découvrir Le Meilleur de
l’Art, à travers la présentation d’œuvres marquantes sélectionnées spécialement pour cette occasion par chaque galerie. Laissez-vous d’ores et déjà emporter et séduire dans un univers où
l’Histoire se découvre au fil de l’Art et l’Art au fil de l’Histoire. Du 28 au 30 mai 2010. Vendredi et samedi de 11 heures à 21 heures. Dimanche de 11 heures à 18 heures. Vernissage : jeudi 27
mai 2010 de 17 h à 23 h »
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Vendredi 30 avril 2010
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Photographie 1 : Aiguière de 31,8 cm de haut, peinte en
grisaille selon la technique de l'émail sur cuivre ; avec sur la panse la représentation de Psyché reçue dans l'Olympe, par Pierre Courteys (1520-1591), d'après une gravure de Jacques Androuet du
Cerceau. Elle date du 3ème quart du XVIe siècle et est une réalisation de Limoges. Objet provenant de la galerie Bernard Descheemaeker.
La production des émaux de Limoges est réputée. Ses champlevés (XIIe-XIVe siècles) sont magnifiques. On peut en voir des exemples en cliquant ici : 1
- Plaque de revêtement d'une châsse avec deux apôtres, datant du premier quart du XIIIe siècle avec un décor caractéristique
; 2 - Détail d'un coffret du milieu du XIVe siècle représentant une sainte. Il semble qu'à partir du XVe siècle, l'émail peint prenne
le dessus sur le cloisonné avec en particulier des exemples de la Renaissance sur des objets plus profanes (assiettes, plats aiguières ...) et des décors historiés de plus en plus empruntés à la
mythologie antique.
Photographie 2 : Plaque ronde de 8,8 cm de diamètre, émail sur cuivre, de Limoges, datant du XIIIe siècle et représentant un couple de musiciens ... Elle
provient de la galerie De Backker. L'intérêt de cet objet réside surtout dans son iconographie : une des images stéréotypées
de la musique, de la danse et de la poésie. Généralement pour exprimer la danse le personnage a les jambes croisées. Il en aurait pu être ainsi pour la femme
tenant les crotales (sortes de castagnettes). Durant l'Antiquité et le Moyen-âge, jusqu'à l'avènement de l'imprimerie, des langages iconographiques sont transmis avec leurs codes. Dans le cadre
de mes recherches sur les iconographies antiques et médiévales de la Comédie nouvelle, j'ai découvert, dans les musées et surtout dans leurs réserves, des objets par centaines identiques dans
leurs codes et pourtant pour certains séparés de plusieurs siècles voir de plus d'un millénaire et trouvés dans des pays éloignés les uns des
autres.
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Lundi 26 avril 2010
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Photographie : Page de titre de Théâtre à l'usage des jeunes personnes (tome quatrième, Paris, M. Lambert & F. J. Baudouin, 1780) de la comtesse de Genlis. Il contient
: La Rosière de Salency, comédie en deux actes ; La Marchande de modes, comédie en un acte ; La Lingère, comédie en deux actes ; Le Libraire, comédie en un
acte ; Le Vrai sage, comédie en deux actes ; Le Portrait ou les Rivaux généreux, comédie en trois actes.
Si le terme de 'baroque' est un style dont le nom a été donné par les critiques d'art au milieu du XIXe siècle, il désigne aussi depuis déjà au moins le XVIIIe
siècle quelque chose d'irrégulier, de bizarre, d'inégal. On dit : un esprit baroque, une expression baroque, une figure baroque. Dans la pièce intitulée La Marchande de modes extraite du
Théâtre à l'usage des jeunes personnes (Paris : M. Lambert et F.-J. Baudouin, 1779-1780) de Mme Stéphanie-Félicité Du Crest comtesse de Genlis (1746-1830), la grisette (fille de
boutique) Josephine imite de façon plaisante une cliente : « Mademoiselle, de quel prix est cela ? … Deux louis, Madame … C'est horrible ! … c'est hideux ! … d'un goût … baroque ! … (Toutes les
jeunes filles rient) ... »
Le mot 'rococo' lui aussi nomme un courant des beaux-arts. Il est souvent joint au style rocaille ; et désigne parfois une personne qui a une prédilection pour les choses anciennes passées de
mode : une personne rococo, ayant des idées rococo ; un rococo ... On peut donc associer les gens baroques, rococos, et gothiques (voir article intitulé : Les modes gothiques et le style troubadour
du XIXe siècle) des XVIIIe et XIXe siècles, car tous suivent des modes passées.
Personnellement je trouve le style rocaille
particulièrement beau. Il associe : harmonie et fantaisie, terre et esprit ... une grâce où la volupté s'allie à l'agrément du rythme (des volutes), la beauté aux plaisirs de l'intelligence.
C'est un mouvement qui s'étend en France durant la Régence (1715-1723) et sous le règne de Louis XV (1715 à 1774), jusqu'à l'avènement du néoclassicisme vers 1750. Cette époque particulièrement
riche précède donc la redécouverte de l'Antique par l'intermédiaire notamment de l'archéologie ; mais aussi l'explosion des Lumières.
Photographie (Copyright Coatalem) : Huile sur toile (H. 96 cm, L. 126,5 cm) de Jacques de Lajoüe (1686-1761) intitulée La fontaine d'Amphitrite et proposée à
la vente sur le site de la Galerie Eric
Coatalem.
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Vendredi 23 avril 2010
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21:12
Il est
souvent question dans ce blog des mouvements de mode français : ce que j'appelle la petite maîtrise de l'élégance. Jusqu'à présent je me suis arrêté aux existentialistes des années cinquante. Il
est vrai que l'après guerre change énormément la donne : et le débarquement américain est aussi celui d'une culture de masse. Finis les tailleurs et les couturiers pour les profits du
prêt-à-porter. Les années soixante qui prônent un retour à la liberté avec les hippies sont rattrapées par les débuts d'une crise qui n'est toujours pas finie en Occident aujourd'hui et qui
s'exprime dans la jeunesse par le no-future punk dans les années soixante-dix. Durant les années quatre-vingt l'inspiration continue à venir d'Angleterre avec quelques esthètes libertaires
anglais comme Malcolm McLaren et d'Amérique avec le hip-hop. En France cela se passe un peu dans la Haute couture, dans les boîtes de nuit /concerts parisiennes de Les Bains-douches et du Palace
(ajouter le Gibus plus rock-and-roll et moins 'bourgeois'), dans le mouvement « sono mondiale » avec Jean-François Bizot à Bastille, la musique latino du Balajo rue de Lappe, les
sapeurs (SAPE = Société des ambianceurs et des personnes élégantes) au nord de Paris (surtout dans les 2ème, 10ème, 11 ème et 18ème arrondissements), les rappeurs chantant en français en banlieue
etc. Le président de la République de l'époque (François Mitterrand) utilise le mot de « branché » à la télévision afin de montrer qu'il est dans le coup et Jacques Lang lance le
concept de la soupe culturelle néo baba subventionnée qui sonne la fin des branchés. Mais qu'est-ce qu'en fait un branché ? C'est un new-wave à la française, qui exprime son no-future post-punk
non pas seulement en jouant sur le second degré en s'habillant en col-blanc et en dansant comme une machine, mais surtout en étant toujours au fait des dernières nouveautés afin de s'y délecter
et de jouir de ce sentiment de liberté que suscitent les avant-gardes. Les branchés peuvent donc être classés dans cette lignée des petits maîtres telle qu'elle est établie dans ce blog et
résumée ici.
Photographie : Première de couverture de la bande-dessinée intitulée La Fin des Branchés de Jean Rouzaud (1983) présentant la pérégrination d'un
branché dans la première moitié des années quatre-vingt.
Durant les années quatre-vingt les sapeurs occupent une place importante dans la petite-maîtrise de la vie parisienne. Si certains se fondent dans la 'sono
mondiale', la plupart restent en parallèle de celle-ci avec leurs soirées, concours, lieux … En ce moment à Paris, jusqu'au 11 juillet 2010 au Musée Dapper (35 bis, rue Paul Valéry ; 75016
Paris), tout un pan de l'exposition 'L'Art d'être un homme' fait la part belle à 'L'Univers de la Sape' : www.dapper.com.fr. « Des photos d'artistes mises en espace témoignent de la vitalité de la Société des
ambianceurs et des personnes élégantes, dont l'acronyme « Sape » désigne un art de se vêtir à l'occidentale initié par des Africains fort inventifs. Une célébration visuelle qui
documente en finesse ce mouvement vestimentaire né dans les métropoles congolaises, notamment Brazzaville et Kinshasa. » Je ne suis pas encore allé voir cette exposition mais les deux
photographies libres de droit du musée sont intéressantes.
Photographies :
Visuels sur l'exposition "L'univers de la SAPE" toutes deux prises à Brazzaville au Congo. La première (quartier de Bacongo) est l'oeuvre d'Héctor Mediavilla et date du 18 décembre 2005. La
seconde s'intitule 'La Sape' ; est de Baudouin Mouanda, et semble de 2008. © Héctor Mediavilla / Pandora / Picturetank. © Photo Baudouin Mouanda, 2008. A noter en particulier les couleurs,
les cravates : et la façon particulièrement originale dont est nouée la violette … dans un pur style créatif ! Pour les sapeurs, Paris est la capitale de la SAPE. Il est indubitable qu'ils font
partie de la lignée des petits maîtres de l'élégance française telle que redécouverte dans ce blog.
Par La Mesure de l'Excellence
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Lundi 19 avril 2010
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Trois premières
photographies : Avec de gauche à droite des gravures de la première moitié du XIXe siècle : - « Le Bon Genre, N° 97. Les Montagnes Russes de la Barrière du Roule. » Elle se situe à
l'actuelle Place des Ternes. - « Le Bon Genre, N° 99. La Ramasse. » - « Le Bon Genre, N°105. Montagne artificielle de Belleville. » L'emplacement de la barrière de Belleville
est sur le boulevard du même nom au niveau de la rue du Faubourg-du-Temple à Paris. Elle est réputée aussi pour ses guinguettes particulièrement durant la période du Carnaval. Il est émouvant de
voir les collines champêtres de ce lieu aujourd'hui recouvert d'immeubles, de goudron et de béton. Ceci dit, depuis un certain temps Belleville renoue avec la fête et s'engage dans l'Art
avec de plus en plus de galeries.
Photographies suivantes : Détails des gravures.
Théâtres, concerts, bals, guinguettes, parcs d'attractions, fêtes, spectacles variés, cafés, jardins … les lieux de délassement ne manquent pas à Paris au début du
XIXe siècle. Durant cette période, de
nouvelles distractions font leur apparition comme les montagnes russes ; ainsi appelées car le concept est emprunté aux constructions enneigées
construites en
Russie pour y faire de la luge. Celles-ci étant très populaires, on en érige ailleurs mais en utilisant des voitures roulant sur des rails. À Paris, 'La montagne de Belleville' semble être la
première en France. Elle ouvre vers 1812-1816 et est vite suivie de nombreuses autres comme les « montagnes françaises » aussi appelées « promenades aériennes » du parc
d'attractions de la Folie Beaujon (voir article Wikipedia). Les barrières de Paris, qui sont des bâtiments ouvrant sur la campagne autour de la capitale, proposent de l'espace
pour de telles constructions. Elles sont situées aux portes de la ville et ont pour fonction de récupérer le droit de douane (octroi) de certaines marchandises rentrant dans la cité. Il en existe
dans la capitale au moins depuis le XIIe siècle ; et sous Louis XVI on en compterait 57. On donne par extension le nom de 'barrière' à la campagne entourant celles-ci. Ces terres environnantes
sont souvent dédiées à la fête avec de nombreuses guinguettes ou d'autres attractions comme ces 'montagnes' qui sont les nouveaux lieux à la mode pour les jeunes élégants du temps des
calicots comme le montre le titre du vaudeville en un acte de Scribe et Dupin intitulé : Le Combat des Montagnes ou la folie Beaujon datant de 1817 (voir article intitulé
: Le calicot)
Photographies en liens : Voici des images glanées sur Internet
représentant les Montagnes françaises du Jardin Beaujon : 1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6.
Enfin en cliquant ici, vous trouverez un article intéressant sur les montagne parisiennes : russes, françaises, suisses, égyptiennes
…
Par La Mesure de l'Excellence
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