Les Mesures

Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /Déc /2009 20:13

171209jardinsenatfontaine4300 Il a neigé aujourd'hui toute la journée sur Paris.
J'ai pris cette photographie dans le jardin du lieu où je travaille.

J'EN PROFITE POUR VOUS SOUHAITER A TOUS DE TRES BONNES FETES !

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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 21:02


Photographies : "Le Triomphe du Goût."

Trois gravures de 1767, d’après Charles Nicolas Cochin le Fils (1715-1790) gravées par Nicolas De Launay (1739-1792), avec : "Le Goût gémit sous les lois de la Folie." "Le Goût commence à s’affranchir des liens de la Sottise." "Le Triomphe du Goût."


Avoir du goût est une notion importante de la culture française. Le bon goût est considéré comme plus ‘élevé’ que le bon sens comme l’indique cette définition du XVIIIe siècle du Dictionnaire critique de la langue française de J.-F. Féraud datant de 1787-1788 : "On borne la sphère du bon sens, aux choses plus sensibles, et le bon goût à des objets plus fins et plus relevés. Encycl. Entre le bon sens et le bon goût, dit La Bruyère, il y a la différence de la cause à l'effet. — La distinction de l'Encyclopédiste est plus juste." Il s’agit d’un principe primordial de l’élégance française. La finesse, l’esprit, sont des marques du bon goût.

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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 14:07

Les arts décoratifs et les sciences du XVIIIe siècle sont florissants. Les objets mesurant le temps sont parmi ceux qui synthétisent le mieux le mariage de ces deux éléments en une harmonie qui redouble la beauté de ces oeuvres. Il en résulte la plupart du temps une grâce où les contraires s'assemblent et se fondent. Les formes sinueuses du XVIIIe siècle s'insinuent dans la finesse des mécanismes. Les volutes rocailles imaginaires soutiennent le parfait agencement du fonctionnement industrieux. La raison scientifique rejoint l'âme créatrice ; la connaissance retrouve l'imaginaire. Le rythme des rouages s'écoule au fil de l'art. L'horloge embrasse l'espace sur sa mesure en un flottement musical cadencé ; elle le condense en une marche calquée sur l'univers, ou plutôt sur la danse de la terre parmi les étoiles. Les anciens disent que l'art est une imitation ... la montre imite le temps ; le montre, et place au milieu de ce gigantesque mouvement l'homme qui semble pouvoir le tenir dans sa main. Certaines montres du XVIIIe siècle et d'avant sont des objets d'une extrême finesse. Le Louvre en expose parfois des exemples magnifiques, des condensés de beauté, des gouttes de vie cristallisée dans son rythme.

La galerie Wanecq (www.wanecq.com) propose les cartels de la photographie ci-dessus. Les deux premiers possèdent un socle. L'un est d'époque Régence (1715-1723), en marqueterie de bronze et d'écaille. Le second est d'époque Louis XV (qui règne jusqu'en 1774). Il est de « forme violonée », « marqueté en contrepartie de motifs de branchages fleuris en corne teintée verte, rouge, bleue et en étain ». L'ornementation est de bronze ciselé et doré, avec au sommet un cartouche feuillagé sur une petite terrasse rocaille ajourée. Les épaulements sont agrémentés de rinceaux ainsi que les pieds et le socle. La porte est décorée d'une applique à motif de branchages sur fond de chicorée. Le cadran émaillé est de Patris à Bruxelles. Quelques détails de cet objet sont présentés dans la photographie de fin d'article. Les deux autres sont du même auteur : Jean-Joseph de Saint-Germain (1719-1791) dont la passion pour la botanique se retrouve sur ces exemples. L'un est en bronze « ciselé et doré de forme mouvementée à décor d’agrafes feuillagées, de lys, tournesols et roses. » Le tournesol symbolise l'astre solaire, la rose l'amour et le lys la pureté et la royauté. Il a un cadran émaillé avec des chiffres romains pour les heures, arabes pour les minutes, et des aiguilles en bronze doré, comme pour l'autre cartel d'époque Louis XV. Ce dernier est en bronze ciselé et doré, de style rocaille avec un décor de rinceaux feuillus portant des fruits, avec sur la partie basse un cartouche.

Si le temps passe, il est difficile pour l'homme d'en avoir une notion précise sans recourir à des instruments. Le petit-canon du Palais-Royal est une de ces références, car il tonne tous les jours à midi précise jusqu'en 1911. On peut y lire l'inscription : « horas non numero nisi serenas » (« Je ne compte que les heures heureuses »). C'est en 1786 que l'horloger Sieur Rousseau l'offre au jardin. Les jours de soleil, une loupe est censée allumer la mèche. Alfred De Musset (1810-1857) écrit dans un article du journal Le Temps du 27 octobre 1830 : « les provinces ! Qui se règlent toujours sur Paris avec plus d'exactitude que la montre d'un pédant sur le canon du palais-royal ». Une autre manière d'ajuster sa montre est de le faire à partir d'un régulateur : une horloge de référence dont le mécanisme est précis sur plusieurs jours. Il s'agit généralement d'une horloge de parquet, plus au moins d'une hauteur d'homme, avec un corps (le cabinet) en bois et un mécanisme à poids avec un balancier battant la seconde. On en trouve chez les horlogers et les grandes maisons aristocratiques et bourgeoises. Elle est souvent finement ouvragée comme dans l'exemple de la photographie qui appartient à la galerie Wanecq. Ce régulateur de parquet est d'époque Louis XV (circa 1755) en « placage de satiné dans des encadrements d’amarante et des filets de bois de rose. » La boîte, de « forme violonée sur plinthe », est ornée de bronzes rocailles fleuris dans leur dorure d’origine. Le mouvement entraîne un mécanisme sur huit jours. Le cadran est un disque de métal sur fond de bronze doré guilloché, avec des chiffres arabes pour les minutes, des chiffres romains pour les heures, des aiguilles pour les heures, les minutes, et une trotteuse en acier bleu. « L’échappement à chevilles de type Lepaute » marque « les heures et les demi-heures sur timbre ». Cadran et platine sont signés 'Ageron, Paris'. L'estampille 'B. Lieutaud' est inscrite derrière la tête du régulateur et en bas de la caisse. »

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Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /Juin /2008 15:42

Dans plusieurs traditions, les œuvres poétiques sont appelées des ‘fleurs’. Voici plusieurs fleurs mélangées et fermentées assemblées en un pot-pourri qui espérons-le offrira à votre âme une agréable odeur. 

Certaines lapalissades contiennent des vérités : comme dire que ce qui est petit n'est pas obligatoirement le moins grand, ou que ce qui est peu impressionnant n'est pas toujours le moins influent ... Il existe un enseignement tibétain très élaboré (avec de nombreux développements et commentaires) constitué à partir de quelques lignes de poésie. On ne mesure pas toujours le côté ‘anecdotique’ de certains faits influençant durablement la culture. Même le terme de ‘lapilassade’ vient d’une erreur de lecture (voir Wikipedia). Dans un prochain article, nous donnerons l’exemple des contes de fées d’abord publiés d’une façon très discrète et toujours dans des petits formats. Pourtant ils influencent tout un imaginaire occidental. Mais tout cela arrive-t-il vraiment par hasard ? Derrière ‘l’anecdote’ se cache souvent un contexte qui n’attend qu’à s’exprimer. Les choses simples recèlent parfois de grandes vérités. Il suffit de regarder autour de soi. Le Mystère est partout … Il est nécessaire parfois de garder sur le monde une vision douce : re-garder, d’avoir conscience que nous n’appréhendons qu’une toute petite partie de la réalité. Il y a de la relativité dans ce que nous disons ou faisons, ce que nous sommes ; mais aussi de la magie qui nous accompagne tout le temps. Dans l’iconographie des beaux-arts, le putto représente un peu cela. On met en scène cet enfant en train de faire doctement des activités sérieuses d’adulte. Son origine est antique et nous a été transmise par l’Italie. Dès le XVe siècle, ce pays est le modèle de l’Europe et en particulier de la France. Artistes et artisans italiens sont appelés et accueillis, puis imités. Ils apportent avec eux l’usage d’inclure dans nombre de leurs productions des iconographies d’enfants batifolant en se consacrant à différentes occupations qui gardent le nom italien de ‘putti’ (‘putto’ au singulier). Le XVIIIe siècle français en inclut partout. Ils sont plus ou moins indirectement associés à cupidon (Eros) bien que ne portant pas d’ailes.  On les représente parfois appliqués à des tâches humaines « sérieuses », mettant celles-ci en perspective et rappelant peut-être que même si les adultes semblent graves, ils sont avant tout préoccupés par le jeu, le divertissement et l’amour, et qu’au-delà des contingences vitales, c’est cela souvent qu’ils recherchent. 

L’estampe ci-dessus est du XVIIIe siècle. Elle met en scène des putti architectes prenant des mesures. Jean-Michel Mathonière a gentiment écrit pour nous au sujet de cette gravure ce qui suit. Nous l’en remercions vivement. Cela dévoile, si c’est nécessaire, combien certaines choses, plus ou moins anodines d’apparence, peuvent cacher de grandes significations. Avant de le citer je dois dire que c’est vraiment par hasard  que je l’ai rencontré (j’ai été plus prompt que lui à me procurer cette estampe), et que si je suis un passionné de mesures, d’architectures, de banquets, de Platon, de Pythagore et des orphiques, je ne me suis jamais intéressé à la franc-maçonnerie, contrairement à Jean-Michel Mathonière (www.compagnonnage.info) qui est historien des compagnonnages de métier ; comme tel, il s'est penché aussi sur la symbolique de la franc-maçonnerie ancienne et est également collectionneur d'objets d'époque sur ces sujets souvent confondus, au demeurant à tort. « On trouve de nombreux putti tailleurs de pierre et/ou architectes sur certains frontispices des "Rôles" des Compagnons Passants tailleurs de pierre du XVIIIe siècle. Les Rôles sont tout à la fois l'emblème sacré de la société compagnonnique (ils ne sont présentés qu'exceptionnellement à la vue des Compagnons, notamment durant leur initiation), son règlement administratif et le support de la recension des passages des Compagnons dans la ville (chaque ville-siège détient son Rôle). Les quelques Rôles qui nous sont connus pour le XVIIIe siècle possèdent généralement des frontispices illustrés, plus ou moins symboliques. C'est le cas pour les Rôles de Paris de 1726 et 1769 (il s'agit d'archives privées, compagnonniques, et encore "secrètes" car toujours plus ou moins en usage rituel). Sur celui de 1769 notamment, les Compagnons tailleurs de pierre se sont représentés sous les traits de putti. Faute de suffisamment d'archives sur les Compagnons, il est difficile de savoir si cette iconographie est un simple emprunt ou non à l'iconographie architecturale du XVIIe siècle, où l'on trouve très souvent des putti architectes et/ou artisans. On trouve plusieurs beaux exemples dans les gravures des frontispices de traités d'architecture des XVIIe-XVIIIe siècles, et aussi dans l'oeuvre gravée de Sébastien Le Clerc. Il est cependant à noter que cette iconographie architecturale d'origine savante ou artistique, comporte de nombreux clins d'oeil à la symbolique compagnonnique (on pourrait souvent croire qu'il s'agit de symbolique maçonnique... sauf que la franc-maçonnerie spéculative ne naît qu'au début du XVIIIe) : équerre, compas, sphère armiliaire ou globe terrestre (la gnomonique fait partie des connaissances très prisées par les Compagnons tailleurs de pierre), tracés géométriques, Minerve, etc. La gravure reproduite ici est intéressante quant aux éléments géométriques mis en évidence : le théorème de Pythagore (avec les trois carrés de progression 3-4-5) et un des corps platoniciens, le dodécaèdre. »

Pour ce qui est du Pythagorisme, certaines des ‘théories’ de cette secte (durant l’Antiquité on appelle ‘sectes’ les mouvements philosophiques et parfois religieux comme les orphiques, les stoïciens, les épicuriens …) me sont particulièrement chères, comme celles liées à l’harmonie, à la musique et aux rythmes, dont j’ai fait plusieurs fois des allusions. Rappelons encore que les chiffres liés à l’Harmonie n’ont rien de secret. Il faut cependant avoir une certaine réceptivité à l’Intelligence, la Beauté, l’Amour, pour les comprendre et surtout les vivre.

Cochin fils (Charles Nicolas Cochin – 1715-1790) est le dessinateur et graveur de cette estampe anciennement découpée du livre Traité d’Architecture. Au sujet du dessinateur, on peut lire une courte biographie le concernant sur www.artheque.com : « La notice sur Cochin le fils est forte, en effet l’oeuvre dessinée et gravée est considérable, ne relève de la gravure de moeurs et de genre que pendant les premières années de sa longue, brillante et féconde carrière ; ce sont les portraits et surtout les illustrations qui remplissent tout le reste. Encore faut-il, pour représenter ici Cochin le fils, oublier qu’il est le plus souvent son propre graveur (voir, par exemple, l’un de ses types de Paris, le Tailleur pour femme), et que c’est par exception, et surtout dans la période de ses débuts, qu’on le voit travailler d’après les autres (témoin sa planche de la Foire de campagne de Boucher). Né à Paris le 22 février 1715, il avait de qui tenir et taillait le cuivre dès l’âge de 12 ans ; il acheva sa formation chez Le Bas, et l’observateur né, l’excellent dessinateur qu’il était se doubla ainsi d’un graveur possédant à fond toutes les ressources du métier. Remarqué de bonne heure, du reste fort adroit à profiter des occasions et servi par une chance exceptionnelle, Cochin fut nommé, à 24 ans, dessinateur et graveur des Menus Plaisirs (1739), à point nommé pour assister à une série de fêtes qui devaient 1ui fournir l’occasion de plusieurs chef-d'œuvres : il s’agit des vastes et magnifiques compositions commémorant les réjouissances données à Versailles lors des deux mariages du Dauphin, fils de Louis XV, en 1745 et 1747, gravées les unes par son père : les autres par lui-même (Cérémonie du mariage de 1745 dans la chapelle de Versailles. Décoration de la salle de spectacle ; le Jeu du Roi,), et aussi des planches, guère moins importantes, qui conservent le souvenir des pompes funèbres célébrées à la même époque. Désigné par Mme de Pompadour pour être l’un des compagnons de son frère, M. de Vandières (le futur Marquis de Marigny) lors du voyage d’œuvres de 1749-1751, Cochin se révèle, au retour, comme critique et comme apôtre du grand art ; il abandonne l’observation et l’étude de mœurs, il vise au style et ne voit dans ses compositions que matière à d’inépuisables allégories ; en même temps, sans cesser de produire, il conseille, il dirige, et tant par sa place de secrétaire et historiographe de l’Académie que par ses relations d’amitié avec Marigny, il exerce une influence marquée dans le monde de l’art. Agréé à l’Académie le 29 avril 1741, académicien le 4 décembre 1751, secrétaire et historiographe en 1755, conseiller en 1774, Cochin le fils mourut le 29 avril 1790, ayant joué un rôle et tenu une place remarquables dans sa production. «On trouve dans ses ouvrages, écrit l’abbé de Fontenay (Dictionnaire des artistes, 1776), cet esprit, cette pâte, cette harmonie et cette exactitude qui constituent l’excellence de la gravure.»

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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /Avr /2008 14:02

Pour commencer, il y a le mouvement qui est inhérent à l'individu et aux choses vivantes en général. Il en résulte du rythme. Ensuite des associations se forment et des styles en découlent qu'on invente et/ou que l'on suit. Le mouvement est donc associé au rythme qui l'est évidemment à la musique, à la danse, à la poésie et à la langue. Les rythmes collectifs nécessitent une entente cordiale et solidaire, une certaine finesse et un respect de l’autre. L’invention de nouveaux rythmes est dévolue durant l’antiquité grecque aux poètes, au moins en ce qui concerne le culte du dieu du vin Dionysos avec les prémisses puis l’invention du théâtre.
Certains ont étudié les meilleurs moyens de diriger ce besoin d'action collectivement sous la forme de choeurs et à travers les sciences telles que la philosophie, la poésie, les mathématiques, l'art, la religion ... Par 'choeurs', nous entendons le groupement de plusieurs personnes associant différents rythmes : chants, musiques, paroles, mouvements et danses. Deux catégories de rythmes prévalent : ceux du corps et ceux de la parole, les uns étant souvent liés aux autres. La musique est leur combinaison. Cette double conception, vocale et gymnique, est en particulier présente dans l'éducation athénienne où les exercices physiques sont aussi importants que ceux relevant du verbe. Dans ceux du corps, il y a la danse, la gymnastique et la guerre. Ceux de la parole incluent le chant, la poésie, la musique et toutes les autres formes écrites ou parlées. Ces rythmes sont réglés selon différents rites. Le théâtre qui en est un des principaux est né dans les rituels donnés en l'honneur de Dionysos et en particulier dans le détachement de comédiens des choeurs. Les muses sont parmi les inspiratrices et les révélatrices de ces rythmes. Dans cette fonction, elles président à l'éducation des enfants. Si aujourd’hui on les compte comme étant au nombre de neuf, et si elles sont bien définies, autrefois, elles sont invoquées sous diverses appellations distinctes dans plusieurs parties de la Grèce, considérées comme des nymphes, associées par exemple aux cours d’eau, aux sources et aux grottes. Primitivement, on communie donc avec elles surtout dans des lieux naturels.

Les changements continuels, les mouvements inhérents à toutes choses (même celles inanimées sont mues) impliquent les créations et les modifications des styles. Le style réside dans la capacité de s’adapter et de créer des rythmes. Une personne ayant du style a une connaissance intuitive des bons rythmes, une intelligence se caractérisant par une extrême sensibilité. Elle agit en conséquence uniquement sur le moment présent qu’elle entend avec acuité et dans lequel elle s’insinue par voie de fait avec beaucoup d’habileté. Chaque style a sa musique, sa mode, son art, sa philosophie, sa langue …, tout ce qui résulte de mouvements qui lui sont propres.

Photographie
 : Mercure Galant, Avril 1688, comprenant un Essai de Pastorale, Pour un Concert à Madame la Dauphine, avec une petite pièce musicale se déroulant « dans les Campagnes de Versailles » et mettant en scène Hymen, Amour, Bergers, Bergères, un Chœur etc.

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Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /Jan /2008 13:42

undefined Photo : Bergère inscrivant le Chiffre d'Amour sur un arbre (voir description plus loin).

Le chiffre est un symbole (ou plutôt un logogramme) associé le plus souvent à une valeur numérique, mais pas seulement. Le symbole implique une convention et donc sa connaissance, d'où le caractère plus ou moins secret de certains chiffres qui prennent l’apparence d'un langage spécifique s'adressant à des initiés. L'Alchimie utilise une écriture chiffrée. Le soufre est le chiffre du feu etc. Les chiffres agissent à la façon de ceux représentés dans le livre de magie appelé aussi grimoire, altération du mot grammaire. Le Verbe et sa grammaire sont en effet témoins de vie. Un autre mot appartient à la même famille que ‘grammaire’ et ‘grimoire’, c’est ‘grimace’. Son origine est le mot francique (de la tribu des Francs) grîma signifiant « masque ». Le masque est porteur de grammaire, de signification et d’action (voir article du 17 décembre 2007 sur Le théâtre antique et les conventions … classiques …). On peut le comparer à un chiffre car comme lui il imite, symbolise, représente. Si un chiffre en tant que valeur numérique sert pour appréhender, comprendre et agir, il en est de même pour les autres chiffres et le masque (surtout dans le cadre de rituels pour ce dernier). Le terme de ‘chiffres’ est utilisé en musique pour représenter des notes sous la forme de lettres ou de nombres, ou indiquer des accords. De même, par ce mot on entend (cela est attesté au moins depuis le XVIe siècle par chyfres) les lettres initiales des prénoms et du nom d’une personne. Ainsi retrouve-t-on nombre de ceux-ci inscrits dans divers endroits (reliures de livres, frontons, vaisselle …) afin de signifier la personne même et dans le cas des objets, à qui ils appartiennent. Les pythagoriciens donnent aux chiffres comme valeur numérique une action. Ils permettent de « parler » de la divinité, de choses difficilement explicables. Plusieurs écoles philosophiques de l’Antiquité les utilisent pour expliquer l’Un en le divisant etc., afin de signifier le Cosmos dans son entier et les rythmes qui sont impliqués, la musique qui en découle, celle du nombre, des rythmes imités dans la parole, les chants, les danses … mais nous verrons cela dans un autre article.

De nombreuses théories sous-tendent que nous sommes entourés de signes, comme celle ‘des signatures’ en botanique élaborée de façon « officielle » (par écrit) au IIe siècle après J.-C. par le médecin grec Claude Galien (131-201). Ne dit-on pas que la Nature est un livre ouvert ? Dans ce cas les signes sont des êtres vivants (ou des choses) ou des parties de ceux-ci. Ils font référence à une vérité ou à la probabilité de celle-ci et à sa manifestation, ou bien à une imagination créatrice . Ils peuvent représenter quelque chose sous une forme ou une autre (dessin, son, couleur, geste…) par similitudes ou conventions. Au terme ‘signe’ sont associés dans la langue française ceux de  : signification, signifiant, signifié, signature, signal etc. Les couleurs, formes, symboles, signes … ont leurs significations qui varient selon les sociétés. En Chine, le jaune est réservé à l’Empereur. En France, certaines familles ont toujours leurs couleurs, leurs armoiries … Rien n’empêche une personne de posséder les siennes. Le blason a valeur d’énoncé, de langage, avec sa science : l’héraldique. Ces emblèmes peuvent être utilisés d’une manière raffinée. Ils marquent l’indépendance de chaque famille, maison, région, pays, parfois d’une seule personne … D’autres signes ont valeur de formulation : ceux d’une tenue vestimentaire ou qu’on affiche autour de soi. A la Révolution, la cravate et le collet noirs (couleur portée en signe de deuil en mémoire des victimes) ou verts des Incroyables suscitent des réactions violentes de la part de certains révolutionnaires qui les leur arrachent. Ceux qui ne portent pas la cocarde d’abord bicolore puis tricolore peuvent être punis de prison. Et lorsque certains la manipulent pour la rendre discrète et plus élégante, ils sont rappelés à l’ordre. Pourtant ces trois couleurs ne sont pas contre la royauté puisque le bleu et le rouge sont celles de Paris, et le blanc celle du Roi, de la France et du royaume.  

Les tapisseries de La Dame à la Licorne, du XVe siècle et conservées au Musée national du Moyen-âge (Thermes et Hôtel de Cluny) à Paris, proposent de magnifiques exemples de symboles assemblés d’une façon particulièrement harmonieuse dans la pure tradition courtoise. On y retrouve armoiries, bestiaire, plantes, gestes, postures, vêtements …, agencés en tableaux allégoriques d’une grande finesse d’exécution et de langage. Cela peut nécessiter un déchiffrage. A ceux pour qui l’entreprise semble trop grande, qu’ils fassent comme les mélomanes qui apprécient certaines musiques profondément sans savoir pourquoi ou certains poètes inspirés par la Muse qui écrivent en suivant une grammaire élaborée mais comme de façon fortuite, comme guidés par la divinité et ceux qui se laisseront aimer leur chant … se laisser séduire, accepter la convention d’Amour, sa cour toujours renouvelée, en sachant relativiser en connaissance de la mesure de soi-même. En Asie, il y a une pratique dont les tibétains sont passés maîtres : le mandala, dont le terme provenant du sanskrit signifie cercle. Il est le plus souvent employé pour représenter et entrer dans le palais d’une divinité et servir de support de méditation. Il symbolise la plupart du temps un environnement sous une forme symbolique pouvant être considéré comme protecteur. 

Dans tous les cas, ces symboles sont l’expression d’une relation avec le monde, l’entourage, des moyens de s’affirmer, de créer, de recevoir … de communiquer … Dans un prochain article nous parlerons plus spécifiquement de la langue française.

Photo : Bergère, habillée à l’antique et parée de couronnes de fleurs, inscrivant le Chiffre d’Amour sur un arbre. Elle tient de la main droite sa houlette (bâton de berger) et de la gauche un ‘crayon’. Près d’elle se trouve son troupeau de moutons et à ses pieds coule un ruisseau. Frontispice d’Idylles et Poèmes champêtres, de M. Gessner, traduits de l'allemand par M. Huber, Lyon, chez Jean-Marie Bruyset, 1762. Format in-8°. Cette estampe est gravée par Claude Henri Watelet (1718-1786) d’après Poussin.
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Lundi 1 octobre 2007 1 01 /10 /Oct /2007 08:06

La France a une figure d'hexagone régulier particulièrement harmonieuse. Cette forme, telle qu’on la connaît aujourd'hui, est déjà plus ou moins établie au XVIIIe siècle. Pour une grande partie, ses frontières (mers, montagnes …) sont naturelles. Paris, sa capitale, est située en plein milieu de son horizontale et au quart nord de sa verticale. L’équilibre est parfait ! Voilà une mesure d’excellence !

etrennesmignonnes650.jpg

La carte dépliante présentée ici est celle d’un almanach de 1756 de très petites dimensions : mesurant 6 x 9,5 cm, au joli titre d’Étrennes Mignonnes … Dans le prochain article un autre almanach sera exposé mais de mode !

 

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